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Publié par Edouard Boulogne

Le pape, en procès, a trouvé son défenseur.
Le pape, en procès, a trouvé son défenseur.

Les propos récents du pape où il met quasiment sur le même plan au chapitre de la violence l'islam et le christianisme a soulevé, dans de nombreux milieux, y compris catholiques, au moins le malaise, souvent l'indignation.

Mais chez les catholiques, la colère cohabite, parfois ( et c'est compréhensible ) avec une certaine gêne, devant la géhenne où ils se sentent rejetés par le premier de leur pasteur.

Un prêtre qui m'écrit me dit « Il y a l'obéissance qui s'impose à ceux qui ont prononcé des voeux d'obéissance, même quand l'ordre est contraire à nos convictions ».

Je ne traiterai pas maintenant du thème de l'obéissance, qui peut être une vertu, mais qui ne l'est pas toujours. Cela demanderait de trop longs développements. Peut-être y reviendrai-je dans un article particulier.

L'essentiel est de se demander A QUOI l'on doit obéir, QUI vous intime l'obéissance, et EN VUE DE QUOI.

Une lectrice, qui ne prend pas position, m'écrit simplement, à propos de l'article que vous allez lire : «  j'ai trouvé ceci. Je vous l'envoie ».

« Ceci » est un article de la revue Aléthéia, ( Alethéia est un mot grec qui signifie « dévoilement »; dévoilement d'une vérité cachée ) revue chrétienne, qui se fait, subtilement ( mais non sans cette fameuse « gêne » perceptible ), l'avocat du « saint père ».

Sans me faire, moi, l'avocat du diable ( je ne fais pas de François, le diable, mais j'utilise seulement l'expression consacrée qui, dans les procès en béatification, ou en canonisation ), désigne celui qui est chargé de rechercher dans la vie de la personne proposée, par ses admirateurs, pour devenir, officiellement un « saint » offert à la vénération des fidèles, tous les faits, tous les actes de sa vie qui seraient incompatibles avec son impétration.

Mais je ne partage pas les arguments de la plaidoirie d'Aléthéia.

Je ne voudrais pas être long, ayant déjà ces jours derniers publié plusieurs articles sur la question.

Je voudrais citer ici trois passages de la plaidoirie aléthïenne, et les commenter brièvement.

Le premier est celui-ci : « Le raisonnement du Saint Père est un raisonnement par analogie que l’on pourrait résumer de la façon suivante : si, quand vous êtes face à de la violence commise par des musulmans, vous parlez de « violence musulmane », parlerez-vous aussi de « violence catholique » quand un baptisé aura commis un meurtre ? Non, bien sûr. Alors, ne parlons ni de « violence musulmane » en général, ni de « violence catholique » en général ».

Je réponds que l'analogie est trompeuse et même fausse. Monsieur François Bergoglio joue sur l'ambiguïté des mots, celui de « violence » en particulier.

Il est vrai que la violence est en tout homme, en chacun d'entre nous, chrétien ou musulman.

Si la force est une vertu, («  virtus » en latin signifie : la force ), la violence ne l'est pas.

Celle-ci est une folie, comme la colère. Toute une pédagogie s'organise autour du thème de la conversion de la violence, irraisonnée, destructrice, en force constructrice, un peu comme fait l'ingénieur qui canalise le torrent destructeur en force calme au service de la cité des hommes.

Longtemps les jésuites se voulurent « ingénieurs des âmes ».

Mais comme dirait le poète « avec le temps, oh! avec le temps! Tout s'en va, va! Tout s'en va! ».

Il y a donc de la violence en chaque homme quelle que soit sa religion ( ou... son irréligion ! ). Mais pour reprendre l'exemple même ( grossièrement sophistique ) de François Bergoglio, l'Italien, le Français, ou l'Argentin qui bat sa femme, la tue, dans un accès de colère, ne le fait pas en criant «  Dieu est grand, Allahu Akbar. C'est élémentaire mon cher « Saint père ".

Et ce n'est pas dans les Evangiles que l'on trouve ce passage du Coran, parmi tant d'autres : « Vous couperez les mains des voleurs, homme ou femme, en punition de leur crime. C'est la peine que Dieu a établi contre eux. Il est puissant et sage » ( Coran V, 42 ).

 

Le rédacteur d'Aléthéia déclare encore : « Le pape François ne fait pas de l’Histoire des religions, ni de l’anthropologie des religions, ni de la théologie des religions. Il ne renvoie pas non plus « dos à dos » la religion musulmane et la religion catholique. Il invite à réfléchir sur des actes concrets, sur des enjeux éthiques et spirituels, non sur des généralités de sciences des religions. Le Pape est un berger, pas un théoricien. Un guide spirituel, pas un professeur »

Maiiiis, c'est trèèès bien de réfléchir sur des « cas concrets », et d'être « un berger ». Ou encore un « guide spirituel ».

C'est biiieen!   C'est très bien même.

Mais comment se débrouiller dans le maquis de la vie concrète quotidienne sans un minimum de compétence in-tel-lec-tuelle? 

Nous avons une faculté de discernement qui s'appelle la raison et l'une des tâches de la philosophie est d'en découvrir, - c'est la discipline qu'on appelle la logique, - le mode de fonctionnement, avant de l'appliquer à l'analyse de la réalité, du concret ( mot qui n'aurait même pas de sens si la raison ne l'avait pas distingué de l'abstrait, par lequel l'homme se distingue de l'animal qui, lui, vit dans la buée vague d'un « concret » impensé, seulement guidé par ses instincts qui le conduisent à tuer sans que cela l'empêche ensuite d'aller dormir, comme un vulgaire.... ( stop! J'allais m'abandonner, pour jouer, à mon petit démon polémique qui n'a pas sa place ici, sur un sujet grave et concret ).

Tout cela je suis sûr que le pape le sait. Mais alors?

Prendrait-il les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages?

Je voudrais convaincre mes lecteurs de ne pas accepter d'être ainsi considérés.

Pas nécessairement sur le ton, volontairement polémique du scrutateur ( la polémique est un art, qui entre autres choses, par des procédés et des techniques, éventuellement provocatrices, veut réveiller les sentinelles endormies. Car la nuit, autour du camp, les fauves ne se reposent pas ) . Plus conventionnellement peut-être,  mais CONCRETEMENT, dans notre vie réelle, et pas celle, songée du souverain poncif.

Veilleurs? Où en est la nuit? Prenez garde aux fauves et aux loas.

 

Le Scrutateur.

 

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Opinion

Non, le Pape n’a jamais parlé de violence « islamique »

Une traduction maladroite de ses propos tenus en italien a mis le feu aux poudres.

mortenn

Jean-Marie Salamito

3 août 2016

 

http://fr.aleteia.org/2016/08/03/non-le-pape-na-jamais-parle-de-violence-islamique/

 

« Avant de traduire en français des propos tenus par le pape François en italien, il faudrait s’assurer que l’on connaît les différences, souvent subtiles, entre ces deux langues !

Quand le pape François dit : « Se parlo di violenza islamica… », la presse française s’imagine pouvoir traduire aussitôt : « Si je parle de violence islamique… ». Cela fait penser inévitablement à « violence islamiste », et cela produit un effet désastreux. D’où les polémiques qui, en ce moment même, vont bon train.

Or, pour être tout simplement rigoureux, il faut absolument traduire de cette façon, la seule correcte : « Si je parle de violence musulmane… ». En effet, les Italiens, pour désigner les musulmans, disent spontanément « gli islamici » et non « i musulmani ». Et les francophones, à condition qu’ils sachent un peu d’italien, ne traduiront évidemment pas « gli islamici » par « les islamiques », encore moins par « les islamistes ». Parmi les « faux-amis » qui pullulent dans nos langues qui semblent si proches, jugez seulement qu’ « islamismo » signifie « islam », et qu’ « islamista » désigne un « islamologue » !

Un raisonnement par analogie sans arrière pensée

Bien plus, le contexte montre que, dans les propos de François, « violenza islamica » signifie « violence commise par des musulmans ». Traduire « violenza islamica » par « violence islamique » et non par « violence musulmane », c’est créer dans l’esprit du public français un rapprochement phonétique, sinon sémantique, avec l’expression « violence islamiste ».

Le raisonnement du Saint Père est un raisonnement par analogie que l’on pourrait résumer de la façon suivante : si, quand vous êtes face à de la violence commise par des musulmans, vous parlez de « violence musulmane », parlerez-vous aussi de « violence catholique » quand un baptisé aura commis un meurtre ? Non, bien sûr. Alors, ne parlons ni de « violence musulmane » en général, ni de « violence catholique » en général.

François ne renvoie absolument pas dos à dos islam et christianisme

Le Pape ne compare pas deux religions considérées dans leurs idées respectives, mais des faits concrets du quotidien, des actes individuels. Il invite les catholiques, non à une réflexion sur une « essence » de l’islam et sur une « essence » du catholicisme, mais tout simplement à un examen de conscience personnel, à une réflexion sur la tentation de violence qui guette chaque être humain, quelles que soient ses convictions religieuses.

Le propos du Saint Père est pastoral et même spirituel. C’est une parole de directeur spirituel (un jésuite, ne l’oublions pas !) appelant les catholiques à ne pas seulement combattre le mal qui existe autour d’eux, mais aussi le mal qui existe en eux-mêmes. C’est là un propos très profondément catholique. Cela relève de la spiritualité, non de la réflexion sur l’histoire des grandes religions.

Le pape François ne fait pas de l’Histoire des religions, ni de l’anthropologie des religions, ni de la théologie des religions. Il ne renvoie pas non plus « dos à dos » la religion musulmane et la religion catholique. Il invite à réfléchir sur des actes concrets, sur des enjeux éthiques et spirituels, non sur des généralités de sciences des religions. Le Pape est un berger, pas un théoricien. Un guide spirituel, pas un professeur ».

 

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Eloi Dhérain 04/08/2016 16:46

Certes, il est dit : "Tu honoreras ton père et ta mère", mais combien doivent souffrir les enfants des parents alcooliques ! surtout quand ils se donnent (inutilement) en spectacle.

castets 04/08/2016 07:11

Bonjour Mr Boulogne,

Si je procède moi aussi par analogie à la lecture de " si je parle de violence musulmane" seule traduction possible d'après l'auteur, il faut quand même recentrer les causes et les effets de cette violence typique et sanglante, égorgement, décapitation explosion, attentats de tous ordres !

En effet, dictée par le Coran, cette violence n'est portée qu'à l'encontre de la mécréance en général, représentée par des massacres massiques de différentes origines mais concourant pour l'essentiel, à déstabiliser ou faire peur aux démocraties endormies, l'avènement du califat mondial et promouvoir l'islam est bien le but initial, (les violences domestiques ou accidentelles musulmanes ou d'autres provenances étant hors sujet).

Faire un parallèle avec des violences venant d'auteurs de crimes et délits d'autres religions est quand même osé (j'ai un opinel dans mon sac mais n'ai encore égorgé personne au nom de Dieu), ni confondu islam et islamisme comme le fait l'auteur .
Comme Maurice, en poussant le bouchon un peu plus loin, l'auteur pourrait ainsi exonérer l'hitlérisme d'avoir pratiqué un massacre de masse à l'adresse des seuls juifs, pour en éradiquer la race ou la religion, étant bien compris qu'à la même époque, d'autres atrocités ont pu avoir lieu avec d'autres auteurs de provenance diverses ; Nuremberg, lui, a bien fait le tri !
Bonne journée, cordialement Cjj

Claue HOUEL 04/08/2016 03:07

Je n'ai jamais compris l'ostracisme envers les canards sauvages qui les oppose aux enfants du bon Dieu.
Pourquoi eux et pas les canards domestiques ou tout autre animal ?
St François d'Assise avait bien compris, lui, que cette comparaison était bénéfique au chrétien, tout canard, même sauvage, pouvant tout à fait nous être comparé, ou alors il aurait fallu parler des oies dont le rôle au Capitole peut être discuté...

Edouard Boulogne 04/08/2016 04:34

PSC !