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Publié par Edouard Boulogne

« Il n'y a pas d'école de maire », dit Frédéric Dauphin.
« Il n'y a pas d'école de maire », dit Frédéric Dauphin.

Frédéric Dauphin, maire de Peipin, est un ancien élève du Scrutateur. J'ai été son professeur en 1984 ou 1985. C'était un élève doué, peut-être un peu dilettante, mais brillant quand il le voulait.

Je me souviens de ses brillants succès au Concours national de la résistance, et surtout bien sûr au baccalauréat.

Doué, s'intéressant à la chose publique, il s'est lancé dans la politique en partant de la base, ce qui est une excellente chose.

Le Journal La Provence vient de lui consacrer un article, qu'il m'envoie et que je publie, notamment à l'attention de ses anciens condisciples du lycée de Massabielle.

Et je lui souhaite bon travail et bonne chance.

 

Le Scrutateur.

 

 

Mercredi 15 Juin 2016 www.laprovence.com

 

 

LA POLITIQUE EN C0ULISSES Frédéric Dauphin, maire de Peipin, découvre depuis son élection, en mars 2014, l'envers du décor d'une fonction, voire d'une " profession" atypique pour laquelle il n'existe aucune école

 

Je vis parfois de grands mo­ments de solitude," Dans son bureau ouvert sur une terrasse qui surplombe sa commune, Frédéric Dauphin a les traits tirés devant son ordinateur portable et les quelques pa­piers entassés,

Plombier, électricien, ingé­nieur génie civil, urbaniste.., Le maire d'une petite commune a parfois tellement de casquettes, qu'il est très complexe de s'y retrouver si l'administré ne voit bien souvent que les discours ou poignées de main. Fré­déric Dauphin a bien voulu le-ver le voile sur une profession atypique.

 

Des responsabilités nouvelles

 

C'est un concours de circonstance qui m'amène à occuper ce poste. En août 2013 je décidais de poser mes valises dans le villa­ge àe mon enfance et en mars 2014 j'étais élu maire", se sou­vient le premier magistrat

Le communicant parisien de 48 ans, de retour sur ses terres sentait depuis quelque temps des tensions et des mécontentements quant à la gestion com­munale..

"'La France est un pays de râleurs. J'ai dit à certains Peipinois, vqus avez l'opportunité de prendre les choses en main à l'approche des élections, alors al­lez-y. D'auditeur à la première réunion, je deviens acteur en aidant pour la communication et je me retrouve quelques semai­nes après tête de liste", résu­me -t -il

En mars 1014 les urnes ont parlé et Frédéric Dauphin passe l'écharpe tricolore. S'il n'a ja­mais occupé aucun poste dans l'administration auparavant. les élus du conseil municipal sont également tous des néo­phytes à l'exception d'un conseiller.

Des responsabilités nouvelles, l'univers politique à découvrir, celui des institutions aus­si,., Mais pas de manuel et enco­re moins "d'école de maire pour apprendre la fonction.

Frédéric Dauphin se tourne alors vers l'Association des maires de France,

Là il fait la connaissance d'autres élus et reçoit quelques enseignements rudimentaires et documents pour affronter ce qui l'attend. "On a souvent la dent dure contre les élus. Mais tant qu'on n'a pas occupé un poste comme celui-ci, on ne peut pas savoir. Malgré la cam­pagne virile, les renseignements pris en amont, on est toujours loin de la réalité. Et quand en plus on récupère une commune dans l'état où nous avons trouvé Peipin, je me demande pourquoi je me suis lancé là-dedans » poursuit-il, un soupçon exaspé­ré.

 

Un véritable sacerdoce

 

Se retroussant les manches et jonglant avec son travail de communicant en freelance, Fré­déric Dauphin apprend à manier les chiffres de la comptabilité municipale pour préparer un budget. Il se familiarise avec les plans de sa cité, Il a beau la connaître comme sa poche. lorsqu'il s'agit de parler urbanis­me, il faut un minimum de recul : réseau routier, d'eau, d'assainissement...

"Il y a des experts pour tout cela. Heureusement que je peux m'appuyer sur mes agents qui, eux ont ce savoir et cette riche expérience du terrain. En tant que maire je n'ai pas vocation à devenir un spécialiste sur tous ces sujets, mais j'admets qu'il faut avoir une certaine capacité à apprendre très vite et à passer d'un dossier à un autre ».

Une gymnastique infernale qu'il faut pourtant très vite maî­triser, car l'administré ne fait pas de cadeau,

Dans l'enceinte de la mairie, dans les rues de sa commune, on l'interpelle : "Bonjour Mon­sieur le maire, il n'y plus d'eau au cimetière"- "J'ai un problème avec mon voisin" ; "il y a des trous dans la route". Frédéric Dau­phin encaisse. "Avec le sourire parce qu'on représente une fonc­tion. Je me surprends moi-mê­me, Je ne pensais pas pouvoir prendre autant sur moi. Le plus difficile, ce n'est pas d'être sollicité. Le plus énervantt ce sont les mauvais coucheurs.

 

Des touches de couleur.

 

Dans ce tableau assez som­bre, il y a tout de même quel­ques touches de couleurs. Pro­noncer le fameux "par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare mari et femme" procure une immense joie, tout comme la réception de baptême civil.

La préparation des dossiers clés pour l'avenir de sa ville re­présentera aussi une certaine fierté. Un véritable sacerdoce pour cet homme qui avoue par moment avoir hâte que le man­dat se termine.

"Les regrets ne servent à rien. Tout ce que je fais aujourd'hui c'est pour le bien de la commu­ne et de ses habitants, j'en prends plein la figure, mais j'ai passé un contrat moral avec les citoyens ».

 

Aurélie Biagini.

 

« Il n'y a pas d'école de maire », dit Frédéric Dauphin.

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Ch. ETZOL 17/06/2016 02:54

Cela fait plaisir d'avoir des nouvelles de Frédéric et de constater qu'il a su s'engager au service du bien commun. Je me souviens du jeune homme sympathique qui participait régulièrement et activement aux réunions du Cercle Saint - Exupéry. Souhaitons lui du courage à un niveau de responsabilités où la volonté et la persévérance paraissent indispensables.