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Publié par Edouard Boulogne

Du genre, de l'espèce, de la race et....du « racisme ».
Du genre, de l'espèce, de la race et....du « racisme ».

Sur facebook un de mes amis, M. Luc André, publiait ce matin le billet suivant :

 

« Le déni du métissage entretient durablement certains complexes.

J'ai longuement écouté et cherché à comprendre comment les individus abordaient le problème des races, des couleurs et du métissage.
Pour mon dernier post, j'ai voulu dénoncer ce complexe entretenu et alimenté par un passé douloureux.
Au lieu de se débarrasser de ces chaines qui emprisonnent les cerveaux, l'on préfère accepter la définition et la répartition des races qui viennent la plupart des autres.
Hier encore, une enseignante me disait qu'un homme ayant dix pour cent de "sang noir" devait être rangé parmi les "Noirs" et que tout métis ne pouvait être que noir.
Celà signifierait-il que tout ce qui n'est pas blanc est noir?
La pureté ne concernerait que la "race dite blanche"?
Le métissage a sa place dans plusieurs domaines et pour ce qui est de l'humain je ne peux refuser d'admettre que le metissage des peuples interdit une quelconque hiérarchie ou classification en fonction de couleurs qui ont trop longtemps pollué le cerveau humain.
Pourquoi devrions nous renier nos origines diverses pour tenter d'exister à travers une race ou une couleur.

"La race n'est qu'un prétexte pour nourrir un complexe"( Luc André ).

Le sujet, chez nous, on le sait, est « chaud » et sujet à polémique.

Je reproduis ci-dessous mon propre commentaire à la « provocation » ( à penser ) de Luc André.

 

Le Scrutateur.

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Un des meilleurs traités de logique, celui de M. Goblot, définit le genre et l'espèce :

« Les deux mots genre et concept se distinguent par une nuance assez délicate, mais presque toujours observée : le genre est l'idée générale envisagée surtout au point de vue de son extension; le concept, l'idée générale envisagée surtout au point de vue de sa compréhension. Ainsi on dit plutôt le genre homme, si on songe aux individus en nombre indéfini auxquels ce mot peut être attribué; on dit plutôt le concept d'homme, si on songe aux qualités qui sont communes à tous les hommes ».

 

( « L'extension » d'un concept, en logique, désigne le nombre d'individus auxquels s'applique la « compréhension » du concept. Par exemple, il y a sur la terre, aujourd'hui 30 juin 2016, environ 7 milliards d'hommes.

Cette humanité rassemble ( du point de vue de la « compréhension » – ce que le mot comprend et range sous son signe - ) les caractères propres à tous ceux qui sont : des mammifères de l'ordre des primates, à station verticale, à langage verbal articulé, à main préhensile, ( la capacité d'opposer le pouce aux autres doigts ). Humanité  regroupe donc tous les individus qui rassemblent ces caractères fondamentaux, quelle que soit leur « race ».

Quant à « l'espèce » du point de vue des sciences naturelles elle est définie ainsi : « 

Ensemble de tous les individus semblables ayant en commun des caractères qui les distinguent au sein d'un même genre et qui sont capables d'engendrer des individus féconds ».

 

Cette notion d'espèce est la plus proche de ce que le langage ordinaire dénomme la « race ». Le mot race est surtout employé en un sens pratique, dans la vie quotidienne : « c'est un noir, un blanc, un jaune, un métis ».

Il a pris un sens péjoratif surtout à partir du XIX ème siècle, le siècle du positivisme, du scientisme, qui a inspiré l'idée d'une inégalité des « races », et plus particulièrement au XX ème siècle l'idéologie nazie ( national socialisme ).

 

Chez nous aux Antilles, à l'origine de la colonisation il n'y avait pas de « racisme » au sens strict du terme ( voir par exemple L'esclavage avant 1789, de Lucien Peytraud, édité chez Dessormeaux ).

Mais peu à peu pour des raisons d'ordre économiques, une idéologie hiérarchisante des races ( le racisme ) s'est créée. Les blancs ont été au sommet de la hiérarchie. Et de même qu'en Europe, les gens d'origine modeste pouvaient se ridiculiser en imitant les nobles « hommes au sang bleu » ( notion sans support scientifique ), comme dans la pièce de Molière Le bourgeois gentilhomme, de même des noirs, hommes de condition « inférieure » ( socialement parlant ) ont voulu « se blanchir ». Il reste de cela des séquelles, qui devraient, me semble-t-il disparaître, avec le temps, et à condition qu'on le veuille. Disparaître, à condition qu'elles ne soient pas entretenues par des idéologues à des fins de manipulations des masses.

C'est la raison pour laquelle je considère que « l'antiracisme » à la mode rend un mauvais service à l'évolution positive des moeurs en matière de racisme. « L'antiracisme » étant conçu, selon moi, par des ambitieux qui veulent se servir de résidus de « complexes » anciens ( et de ses séquelles ) pour conquérir et asseoir leur pouvoir sur ceux qu'ils appellent leurs « frères », et qui constituent, de fait, une matière première de leurs ambitions.

Nous ne sommes pas, sur ces questions dans l'ordre de la physique ou de la chimie, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de mettre en rapport des substances physico-chimiques, dont le rapport engendrerait mécaniquement des résultats nécessaires et prévisibles.

Nous sommes dans le domaine des passions humaines, où rien n'est simple, et où, cette modeste analyse, pourrait bien me valoir des réactions indignées, et haineuses, surtout de la part de ceux qui se seraient sentis visés par mon allusion à un « antiracisme » comme forme humaine de manipulation à des fins politiciennes. Sur ces questions je me suis expliqué à maintes reprises sur mon blog Le Scrutateur ( www.lescrutateur.com ).

 

Le Scrutateu

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pierre 27/08/2016 03:39

Quelque soit l'origine géographique et la couleur de peau, c'est l'individu avec son éducation et sa correction qui force le respect. En Guadeloupe ces deux principes ont toujours fait la cohérence de notre population malgré les tentatives de déstabilisation de nos 1% d'idéologues de l'anti "fwanss."
quant aux idéologues socialistes de "l'anti-racisme" et du "vivre ensemble" qui désigne des pseudos racistes (toujours les mêmes, les blancs) comme des criminels, ceux là feraient mieux de s'interroger sur les situations de conflits ethniques et de violence, qu'ils ont créés.
à chaque fois que les socialistes ont été aux commandes de la France, ils ont été à l'origine des situations de conflits et des deux guerres mondiales que l'on sait.

castets 01/07/2016 07:02

Bonjour Mr Boulogne,
Si l'enveloppe est lisible de l'extérieur, le descriptif de l’espèce apparaît identique et pourtant tellement différent sur la couleur universelle du sang, marqueur des origines ethniques ! sur ce sujet grave et caché, seule la médecine est attentive pour la survie des individus, et là les antiracistes n'y peuvent rien !
http://www.20minutes.fr/magazine/don-de-sang/tout-savoir/lorigine-ethnique-un-element-plus-important-quon-ne-le-pense-21414/
Bonne journée, cordialement Cjj

Louis de Poméranie 30/06/2016 21:08

Ah ! la race ! Cher souci (qui ne devrait pas en être un) un des racistes et des anti-racistes qui tournent en rond autour du pot dans lequel ils aimeraient tant se satisfaire... Y a-t-il race ou n'y a-t-il pas race ? L'art moderne de poser les "révélations" dit qu'il n'y a pas de races puisque nous sommes tous des êtres humains. La belle affaire que voilà, puisque l'avenir est au métissage. Mais pour qu'il y ait métissage, il faut bien qu'il y ait race originelle à partir de laquelle s'opère le mélange appelé métissage. Où est le problème ? L'homme est un animal (presque) comme les autres, et ce n'est ni Esope ni La Fontaine qui contrediront cette sorte d'évidence. Comme chez les autres (animaux ou espèces), il existe des races (qu'il ne saurait être question de hiérarchiser, en tous cas d'un point de vue chrétien, c'est-à-dire spécifiquement occidental ou encore européen, même si certains se sont déshonorés en dérogeant à ce principe sacré d'égalité devant DIeu, c'est-à-dire dans l'absolue vérité des choses selon l'acception chrétienne). Pour prendre l'exemple des chiens, un berger allemand et un chien créole n'en sont pas moins des chiens, c'est-à-dire des animaux appartenant à une même espèce, l'espèce canine. De la même façon, un asiatique (jaune) un indo-européen (blanc) ou un africain (noir) sont des hommes à part entière du fait qu'ils appartiennent à l'humanité, c'est-à-dire l'espèce humaine. Là où le racisme et l'antiracisme sont une seule et même chose, c'est que l'antiracisme entend imposer comme préalable la négation des races en professant - police de la pensée aux aguets - que d'un point de vue scientifique les races n'existent pas. On peut à partir de la même observation objecter que les races canines n'existent pas et qu'il est délictueux de nommer "chihuahua" ou "saint-Bernard" tel ou tel type de chien pour la simple et bonne raison qu'il s'agit d'un chien et rien que d'un chien. Avec ça, on peut aller loin, et très loin. Sans compter l'exigence de métissage qui procède de l'antiracisme militant : comment pourrait-il y avoir métissage (mélange de races) si les races n'existent pas, disions-nous plus haut ? Par ailleurs que devient la pensée de Césaire qui parle abondamment de races, si les races n'existent pas ? Dans "Cahier d'un retour au pays natal", Césaire écrit : « Ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que haine/ Car pour me cantonner en cette unique race/ Vous savez pourtant mon amour tyrannique/ Vous savez que ce n’est point par haine des autres/ Races/ Que je m’exige bêcheur de cette unique race. » Hé oui ! on peut aussi tout mettre dans le mot "race". C'est peut-être là un des problèmes. En tout cas, quand un Chinois naît avec les cheveux noirs, lisses et brillants, qu'il a les yeux bridés et une peau tirant sur une couleur que l'on dit jaune par simplification - comme on dit indiens d'Amérique, par simplification même s'il s'agit d'asiatiques en termes d'origine, alors que les Indiens (les vrais) viennent d'Inde et appartiendraient à une subdivision indo-européenne de l'humanité, réputée, toujours par simplification, de race blanche malgré une couleur de peau qui souvent ne l'est pas. Les races ne font que référence aux origines (relativement récentes, si l'on raisonne en dizaines de milliers d'années seulement, et à la fixation d'un certain nombre de caractères qui se sont généralisés. Rien de plus, rien de moins. Nier les races, c'est plus ou moins nier ses propres origines. Très bien ! Mais alors pourquoi les revendications liées à la négation des races sont-elles toutes des revendications "ethniques", voire "réparatrices" et mettant obligatoirement la question des origines au centre du débat ? Personne ne peut douter du caractère odieux du racisme nazi, ni du caractère satanique de cette idéologie sous toutes ses formes. Mais quand on se réfère au noirisme de Duvalier (dont les origines familiales sont martiniquaises, signalons-le au passage) ou à la négritude chère à Césaire, n'est-on pas dans une zone un peu grise ou un peu brune ? Ce n'est pas la race, qui constitue le problème. C'est l'étendard qu'on en fait qui est le mal. Et c'est là où le racisme naît : quand on fait de la race une obsession, soit pour la nier avec autorité, soit pour l'exalter avec tout autant d'autorité. Pour finir sur une petite note que je trouve pour ma part sympathique, je voudrais raconter l'anecdote suivante : quand deux Martiniquais de bonne compagnie, et d'une couleur plutôt chère à Césaire se rencontrent, il n'est pas rare qu'ils se disent : « Ça ou fait, nèg' ? ». Moi qui n'ai pas cette qualité (au sens étymologique du terme, c'est-à-dire "spécificité"), je rencontre hier une de mes vieilles connaissances au caractère démonstratif et joyeux, aussi noir que je suis blanc (tel que le bon Dieu et mes parents m'ont fait), et qui me dit : « Ça ou fait milat', fout' ni longtemps nous pas ouè". Il sait très bien que je ne suis pas mulâtre, mais j'ai pu savourer toute la finesse créole (enfin, telle que je me plais à l'éprouver en mon for intérieur) dans cette façon de tout dire en en biaisant un peu. Cela voulait tout simplement dire : “ Bonjour mon ami, différent de moi, mais pas si différent puisque dans la réalité de ce que nous sommes et de ce que nous éprouvons, nous avons quelque chose chose en commun d'intime et qui coule forcément dans nos veines à tous les deux : le sang de l'humain. Je ne te dis pas "béké", ne serait-ce que pour ne pas te gêner - on dit tellement de saloperies sur "vous" que je ne voudrais pas que tu sentes le moindre "contenu domotesque" dans ce rappel de e que tu es. Alors je t'appelle milat' (mulâtre) pour bien te montrer que nous avons tant en commun, même si les autres ne le voient pas forcément.” Et voilà ! Personnellement, c'est ce que j'aime aux Antilles : que nous soyons une famille dans laquelle chacun connaît et reconnaît l'autre, l'appréciant comme il est et pour ce qu'il est, à des années - ô combien - lumière des imbroglios dont se repaissent des zintélektyels qui ne savent pas qui ils sont et qui, le plus souvent ne sont pas capables de voir ce qu'ils voient autrement qu'avec leurs yeux qui cherchent à tout déformer et à tout salir y compris le sens des mots les plus courants. Pour la petite histoire, personne ne saura jamais combien le béké que je suis aura été fier que le second personnage de l'État (français, évidemment) fût un guyanais (d'origine martiniquaise, il faut le préciser), toujours parce que les Antilles, c'est une sorte de famille, précisément parce que les origines y sont visibles et traduisent une longue histoire commune dont les origines sont connues de part et d'autre, ce qui rend inutiles et surtout importunes les perpétuelles intrusions des zintélektyels dans un "cumvivere" qui n'a jamais eu besoin de bâtons merdeux.