Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pages

Publié par Edouard Boulogne

Brexit : Encore un coup des xénophobes ? par Naracha Polony.

Les questions techniques, d'ordre juridique, qui suivront inévitablement la manifestation d'indépendance par rapport, non à l'Europe géographique et HISTORIQUE, mais à la Commission de Bruxelles, à ses technocrates, à ses commanditaires de la finance apatride, auront lieu, durant des mois, peut-être deux ans. Déjà, ceux qui hier encore nous prédisaient l'apocalypse en cas de Brexit, se font plus rassurants.

Le jeune juriste guadeloupéen qui, sur les antennes de Guadeloupe 1ère, a commenté l'évènement du jour, l'a expliqué clairement, et avec une modération dont il faut le féliciter : il n'y aura pas de catastrophe, et les prophètes de malheur étaient surtout des agents des puissances financières qui veulent faire de cette extraordinaire civilisation européenne qui est la nôtre, une zone de consommation sous le contrôle et pour le profit des Etats-Unis d'Amérique.

Pourquoi donc croyez-vous que Barrack Obama se soit déplacé en personne pour dire aux Britanniques ce qu'ils devaient voter.

Mais les sujets de sa gracieuse majesté ont répondu à Barrack : « Rule Britannia ! ».

Cela dit le rejet de la communauté européenne actuelle n'est pas le rejet de toute Europe.
Les premiers pionniers de l'Europe ne voulaient certainement pas d'une pale et inacceptable copie des USA. En particulier le général de Gaulle qui ne voulait pas d'une Europe fédérale, mais d'une Europe des Nations, des Etats, où l'on ne parlerait ni l'espéranto, ni le Volapuck, ni surtout un Yankee encore simplifié par rapport à l'original, mais les grandes langues de culture européenne le français, l'allemand, l'espagnol, l'italien, et bien entendu l'anglais de Londres.

Ils voulaient qu'une coordination, une intrication des économies des grandes puissances européennes rendit impossibles, ou hautement improbables les conflits inter-nationaux qui ont si gravement endommagés le continent au cours du XX ème siècle.

C'est cette Europe là qui est inacceptable aux yeux de la finance internationale, avide et apatride.

Ses agents, souvent au pouvoir dans nos pays, et les médias qu'ils possèdent vont encore nous taner dans les temps à venir.

L'article vrai et subtil, et ironique de Natacha Polony dans le Figaro de demain nous rappelle quelques-uns de leurs « arguments », gros slogans plus que bons arguments, que les peuples commencent à découvrir pour ce qu'ils sont.

Lisons « Encore un coup des xénophobes » de Natacha Polony.

 

Le Scrutateur.

 

 

Encore un coup des xénophobes !

Natacha Polony

Ils sont de retour. Les xénophobes, les racistes, ceux qui avaient accompagné le résultat du 29 mai 2005. Ceux qui courent à longueur d’éditoriaux ou de discours, sous la plume de Bernard-Henri Lévy ou de Franz-Olivier Giesbert, dans la voix de Jacques Attali ou de Pascal Lamy. Le peuple a voté, qu’il soit britannique aujourd’hui ou français hier, il a mal voté, il est donc xénophobe. Raciste, même. Voter pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, c’est militer pour la hiérarchie entre les races.

Voilà déjà longtemps que les tenants de la « seule politique possible » usent de ces notions de racisme et de xénophobie - user étant bien le terme - pour éviter de débattre de la nature et des motivations de leurs choix économiques et politiques. Évidemment, on aurait des raisons non négligeables de soupçonner une entourloupe idéologique, particulièrement de la part de gens qui nous expliquaient il y a peu que la Grande-Bretagne était un modèle de prospérité économique dont nous ferions bien - paresseux et réactionnaires que nous sommes - de nous inspirer, et qui affirment aujourd’hui avec gravité que le vote pro-Brexit n’est qu’une réponse un peu trop éruptive d’une classe ouvrière déboussolée par la crise. Et l’on connaît la suite : qui dit crise, dit besoin de boucs émissaires, dit flambée raciste contre les immigrés…

Qu’il existe dans tous les pays d’Europe (comme dans toute l’humanité, faut-il le rappeler ?) des racistes rêvant de préserver une supposée pureté, personne ne le niera. Mais voter contre l’Union européenne est-il une marque de xénophobie ? Et, question corollaire, voter pour l’Union européenne relève-t-il de l’amour de l’Autre et, plus largement, de l’adhésion à une citoyenneté européenne ? Et d’ailleurs, citoyenneté ou identité ?

Ceux qui nous vendent aujourd’hui une Union européenne essentiellement occupée à organiser la libre circulation des profits vers le paradis fiscal luxembourgeois et la libre circulation des travailleurs détachés vers des lieux où les protections sociales sont scandaleusement garanties vont-ils nous expliquer enfin quelle est leur définition de l’Europe ? De fait, on n’en trouve pas trace dans les traités précédemment signés.

L’Europe est-elle cette civilisation qui naît sur les ruines de l’Empire romain, dans des royaumes convertis de justesse au catholicisme après un passage par l’arianisme ? Doit-on garder le souvenir de la frontière marquée par les missions de Cyrille et Méthode qui la partage entre monde grec et monde latin, cette frontière qui a ressurgi quand l’Allemagne et le Vatican ont reconnu de manière unilatérale la Croatie (catholique et pro-allemande) qui voulait se séparer de la Serbie (orthodoxe et slave) ? L’identité de l’Europe est-elle dans cette communauté de penseurs humanistes qui, après 1453 et la prise de Constantinople par les Turcs, ont redécouvert l’Antiquité grâce aux lettrés byzantins ? Est-elle dans le libéralisme d’Adam Smith ou la déconstruction cartésienne, dans les Lumières de Montesquieu ou dans celles de Kant ?

Il est curieux que les contempteurs de la xénophobie soient justement ceux qui effacent consciencieusement cette histoire complexe de la civilisation européenne. Ni souvenir lointain de Rome et d’Athènes, ni royaumes chrétiens… surtout pas ! On risquerait de constater que la Turquie, décidément, n’a rien à faire dans l’Europe. On pourrait s’apercevoir que la France a au moins autant à voir avec les pays du pourtour méditerranéen, le Mare Nostrum des Romains, qu’avec les tolérants et froids scandinaves. Bref, mieux vaut nier l’autre, les autres, effacer leur histoire, pour permettre le grand marché. Nier l’histoire spécifique de la Grande-Bretagne, et même accuser le peuple le plus tourné vers le monde d’être désormais fermé sur lui-même. Un comble !

La négation des nations européennes et de leur histoire, maquillée en lutte contre la xénophobie, ne saurait se prévaloir d’une quelconque « ouverture à l’autre » (surtout de la part de gens qui ont soutenu et parfois suscité les guerres les plus hasardeuses et dont les réfugiés qui frappent aux portes de l’Europe sont les tristes témoins), pas plus que la négation des langues européennes au profit d’un « globish » de technocrates et de financiers ne saurait se faire passer pour un amour de l’Europe et de sa civilisation. Respecter la différence, c’est construire l’Europe sur l’articulation de ses différences et la liberté de ses peuples. C’est se souvenir que le peuple anglais n’a jamais eu besoin des leçons des élites françaises pour résister aux folies meurtrières.

Mais la vérité, c’est que la globalisation, unique programme de l’Union européenne, déteste les différences et s’accommode mal de l’esprit des peuples et de l’histoire des nations. Alors, remercions les Anglais qui, une fois de plus, nous ont rappelés aux devoirs des grands pays. « Ce n’est pas la fin, disait Churchill en 1942, ni même le commencement de la fin, mais c’est peut-être la fin du commencement. » Le commencement d’une construction de l’Europe des peuples et des nations, traduction politique d’une grande civilisation.

 

Commenter cet article

MOREL 27/06/2016 15:02

"Quand on ouvre les frontières, on hérisse des frontières dans les têtes" Régis Debray.

loulou 25/06/2016 15:13

les loups sont dans la bergerie par la faute des anti xénophobes.
quand on fera les comptes ceux là ne seront pas oubliés!

Louis de Poméranie 25/06/2016 13:59

Le simple titre "Encore un coup des xénophobes" traduit parfaitement l'état des lieux. Ou plus exactement l'état de la propagandastaffel - déchaînée - aussi envahissante qu écrasante. La seule manière d'y échapper, c'est la dérision. Seule porte de sortie, se foutre de la gueule de ceux qui se foutent de notre gueule, ce qui semble être devenu un mode privilégié de "gouvernance". C'est le seul moyen que l'on puisse trouver pour secouer un peu les neurones engourdis par une irradiation massive aux slogans déformants. Il va de soi que quand Nat. Pol. écrit "encore un coup des Xénophobes", tout le monde comprend : "Ils essaient encore de nous faire le coup de l'incendie du Reichstag". Eh oui ! Les méthodes "euopéistes" en rappellent d'autres. Les Anglais ont eu jadis une centaine d'années pour méditer sur la question de la souveraineté. Aujourd'hui, il faut aussi se souvenir que seul Churchill avait compris - en tout cas qu'il était le seul à l'avoir exprimé publiquement - que les accords de Munich étaient bien plus qu'un innocent poisson d'avril (ou de éphémère). Car aujourd'hui, devant la profusion des sauts de cabris, on ne peut poser le problème il faut poser le problème en ces termes : Traité de Rome, où accords de Munich ?