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Publié par Edouard Boulogne

1 ) Entrée en matière ! 2 ) Le livre de J-P Le Goff. 3 ) Bobo qui s'éclate.
1 ) Entrée en matière ! 2 ) Le livre de J-P Le Goff. 3 ) Bobo qui s'éclate.
1 ) Entrée en matière ! 2 ) Le livre de J-P Le Goff. 3 ) Bobo qui s'éclate.

1 ) Entrée en matière ! 2 ) Le livre de J-P Le Goff. 3 ) Bobo qui s'éclate.

Je lis depuis quelques jours, un livre tout à fait passionnant de l'historien et philosophe Jean-Pierre Le Goff, Malaise dans la démocratie ( Stock ) analyse profonde de la crise en France, et dans l'occident en général, qui est, plus encore qu'une crise économique, une crise culturelle et civilisationnelle. Il me faudra revenir sur cet ouvrage, dont l'auteur parlait ce vendredi 06 mai sur la chaine Histoire, et dans l'excellente émission Historiquement Show.

Au premier chapitre du livre ( intitulé « Un individualisme d'un type nouveau » ) J-P Le Goff est conduit çà évoquer, ces modèles d'individualisme décivilisationnel que représentent ceux que l'on a convenu d'appeler d'un terme ironique et polémique : les bobos.

Comme ce mot est assez souvent utilisé, y compris sur le Scrutateur, j'ai décidé de publier trois pages du premier chapitre, consacrées à ces décadents, comptant qu'elles seront lues, puisque notre lectorat n'est pas limité aux lecteurs et auteurs de SMS.

Les passages soulignés l'ont été par moi, de même que l'illustration assez abondante, et plus vraie que vraie ( psc ).

 

Le Scrutateur.

 

________________________________________________________________________

 

 

( …. ) Les années de basculement

 

( P. 29 ) « Christopher Lasch, dans son livre La Culture du narcis­sisme, publié aux États-Unis en 1979, relève nombre de traits de la société américaine que l'on retrouve dans des sociétés européennes : dépréciation du passé et incapacité de faire face à l'avenir, déclin du sens historique, « inva­sion de la société par le moi », souci de l'image de soi et de l'épanouissement personnel, recherche effrénée de la santé, « illusion momentanée d'un bien-être personnel »...

L'Ère du vide2, de Gilles Lipovetsky, décrit en 1983 une mentalité individualiste semblable marquée par la désaffection pour les questions politiques, le culte narcis­sique de l'ego, le règne de l'image et de la séduction... Au tournant des années 1970-1980, tout un courant intellectuel considère le développement du souci de soi, du bien-être individuel, des sports et des loisirs indivi­duels... comme le progrès indéniable d'une démocratie pacifiée, débarrassée de toute idéologie. En 1988, une publicité d'Ikea avait ironiquement salué la nouvelle situation en ces termes : « En 68, on refaisait le monde, en 88, on refait sa cuisine. »

 

1. Christopher lasch, La Culture du narcissisme, première édition Robert Laffont, 1981.

2. Gilles lipovetsky, L'Ère du vide, Gallimard, Paris, 1983.

 

( Page 30 ) : Ces aspects sont manifestes dans ce qu'on pourrait appeler l'« individualisme bobo », particulièrement pré­sent au sein des grandes métropoles et dans les milieux du journalisme, du showbiz, de la communication, du management et de la pédagogie modernistes. La notion de « bobo », pour polémique qu'elle soit, n'en désigne pas moins un phénomène social bien réel qui s'est développé dans les années 1980 aux Etats-Unis et dans les sociétés démocratiques européennes. Dans son livre Bobos in Paradise], le journaliste américain David Brooks décrit avec finesse le style de vie de ces nouvelles « élites socioculturelles », constitué d'une alliance para­doxale du « bohème » et du « bourgeois », du « rebelle » et de l'« arriviste ». Cette mentalité et ce comportement hybrides sont propres aux nouvelles couches moyennes ayant suivi des études supérieures qui ont participé à la contre-culture des années 1960 et ont fini par se recon­vertir au culte de la réussite des années 1980 : « Quand vous vous retrouvez au milieu de cette classe haut de gamme et cultivée, vous ne pouvez pas savoir si vous vivez dans un monde de hippies ou d'actionnaires. En réalité, vous êtes entrés dans un monde hybride où cha­cun est un peu les deux à la fois2. » Arrivés au pouvoir, les .« bobos » ont formé un « nouvel establishment » qui a érigé son mode de vie et de consommation en nou­vel idéal social, exerçant son influence par le biais des médias, de la publicité, du design... secteurs où ces bour­geois bohèmes ont déployé leurs talents.

 

1. David brooks, Bobos in Paradise, 2000 ; Les Bobos, traduit de l'anglais (États-Unis) par Marianne Thirioux et Agathe Nabet, Florent Massot, 2000 ; Les Bobos, Le Livre de Poche, 2002.

2. David brooks, Les Bobos, op. cit., p. 47.

 

( page 31 ) Cet « individualisme bobo » ne sévit donc pas dans l'ensemble de la population, mais il a joué et joue encore aujourd'hui un rôle important dans la diffusion et la reproduction de son modèle dans l'ensemble de la société et l'éducation des nouvelles générations. En ce sens, ce nouvel individualisme n'est pas réductible à un camp poli­tique, même si la gauche, convertie au gauchisme cultu­rel, en a été l'un des principaux vecteurs. Et il y aurait quelques illusions à penser qu'il suffit de le dénoncer pour ne pas « en être » et s'en débarrasser. On ne mesure pas forcément à quel point il imprègne les comportements, y compris de ceux qui s'en indignent et poussent des cris d'orfraie. Il m'apparaît par contre qu'en un demi-siècle il a été poussé à l'extrême et qu'il est peut-être arrivé à un point limite. En tout cas, il suscite l'exacerbation et de fortes oppositions au sein même de la société qui vont bien au-delà des différences de classes et des clivages partisans.

Analysant la « montée de l'insignifiance », Cornélius Castoriadis parle de « crise du processus identificatoire », décrit la nouvelle individualité comme un « patchwork de collages »'. Marcel Gauchet, pour sa part, écrit : « II [l'individu contemporain] n'est pas organisé au plus profond de son être par la précédence du social et par l'englobement au sein d'une collectivité, avec ce qu'elle a voulu dire, millénairement durant, de sentiment de l'obligation et de sens de la dette2. »

Cet individualisme de type nouveau a franchi un seuil correspondant à une étape critique du développement

.

1. Cornélius castoriadis, La Montée de l'insignifiance. Les carrefours du labyrinthe IV, Seuil, 1996, p. 134.

2. Marcel gauchet, « Essai de psychologie contemporaine. I. Un nouvel âge de la personnalité », Le Débat, n° 99, mars-avril 1998.

 

( page 32 ) des sociétés démocratiques qui nous éloigne de la situa­tion décrite par Tocqueville. Sans prétendre dresser un tableau complet de l'individualisme contemporain, il est possible de dresser une sorte d'idéal-type de ses versants les plus problématiques, qui sont une des sources du malaise existant. ( … ).

( In pages 29 à 31 )

 

Pour conclure, …. avec le chanteur Renaud

 

Renaud : 1 ). bobos : https://www.youtube.com/watch?v=LZzR7-apnKA

4 ) Une crise qui touche...tous les milieux. 5 ) Leurs petites passions snobs. 6 ) La description de .... Renaud. 7 ) Et pour finir ( provisoirement ) la griffe du Scrutateur : psc, Petit sourire en biais ( mais douloureux ).
4 ) Une crise qui touche...tous les milieux. 5 ) Leurs petites passions snobs. 6 ) La description de .... Renaud. 7 ) Et pour finir ( provisoirement ) la griffe du Scrutateur : psc, Petit sourire en biais ( mais douloureux ).
4 ) Une crise qui touche...tous les milieux. 5 ) Leurs petites passions snobs. 6 ) La description de .... Renaud. 7 ) Et pour finir ( provisoirement ) la griffe du Scrutateur : psc, Petit sourire en biais ( mais douloureux ).
4 ) Une crise qui touche...tous les milieux. 5 ) Leurs petites passions snobs. 6 ) La description de .... Renaud. 7 ) Et pour finir ( provisoirement ) la griffe du Scrutateur : psc, Petit sourire en biais ( mais douloureux ).
4 ) Une crise qui touche...tous les milieux. 5 ) Leurs petites passions snobs. 6 ) La description de .... Renaud. 7 ) Et pour finir ( provisoirement ) la griffe du Scrutateur : psc, Petit sourire en biais ( mais douloureux ).

4 ) Une crise qui touche...tous les milieux. 5 ) Leurs petites passions snobs. 6 ) La description de .... Renaud. 7 ) Et pour finir ( provisoirement ) la griffe du Scrutateur : psc, Petit sourire en biais ( mais douloureux ).

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L
Un bobo, ce n'est rien d'autre qu'un CACA (un CApitaliste CAmouflé), autrement dit un matérialiste pur déguisé en quasi hippie pour tromper son monde sur le mode "peace & love", alors que son catéchisme personnel serait plutôt "fric & confort". La voilà, la vérité ! Les avantages de la fortune sans la responsabilité sociale qui incombe à ceux que l'on qualifie aujourd'hui de privilégiés, parce que l'on aime tout comparer. Le bobo est gentil, l'aristocrate est méchant. Quant au bourgeois !!! C'est l'illustration de la chanson de Michel Fugain "Les gentils et les méchants" :

Qui c'est qui est très gentil ? Les gentils
Qui c'est qui est très méchant ? Les méchants
Qui a tous les premiers prix (les gentils)
Qui roupille au dernier rang (les méchants)

Qui fait des économies (les gentils)
Et qui gaspille son argent (les méchants)
Qui c'est qui vend des fusils ? Les gentils
Qui c'est qui se retrouve devant ? Les méchants

(...)

Pour qui t'as de l'antipathie (les gentils)
Pour qui t'as un gros penchant (les méchants)
C'est travail famille patrie (les gentils)
C'est la retraite a vingt ans (les méchants)

Oh papada papada
Papada papada

Ils font l'amour le samedi (les gentils)
Ils font ça n'importe quand (les méchants)
Ils crèveront le cul béni (les gentils)
Ils crèveront le cœur content (les méchants)
Les gentils méchants

Bref ! les bobos, c'est les gentils méchants... Ils sont tellement gentils !
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