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Publié par Edouard Boulogne

Malek Boutih : "Le quinquennat de Hollande ressemble à un bilan municipal"

Intéressante interview d'un socialiste, Malek Boutih, sur le bilan de François Hollande en fin de mandat. Il est intéressant de noter que mon propos est proche de ceux de Boutih, sauf sur quelques points quand il dit par exemple à propos d'une réforme qui trouve grâce à ses yeux : « On va dire le mariage pour tous. D'un point de vue républicain, c'est une bonne réforme parce qu'elle désacralise la question du couple et de la famille. On échappe un peu plus à la sphère du religieux. Sinon, il y a quelques aménagements par-ci, par-là mais qui ne rentreront pas dans l'histoire, c'est le moins qu'on puisse dire ». Sur ce point me semble-t-il Malek Boutih a tort. Les militants de la « Manif pour tous » ne se dressaient pas principalement, du moins pour la plupart des meneurs cultivés de cette réaction salutaire, au nom d'une conception sacrale ou religieuse contre la loi chère à la divine Taubira, ou à Pierre Bergé, mais d'un point de vue anthropologique. C'est-à-dire au nom d'une critique considérant la banalisation du mariage entre hommes , ou entre femmes, comme dangereuse du fait de ses conséquences inévitables : l'adoption d'enfants qui ne pourraient provenir, - du fait de la configuration physiologique et naturelle de chacun des sexes considérés à part, ( ne leur permettant pas la procréation naturelle ) - que de la légalisation du commerce d'enfants, ( par la GPA : gestation pour autrui ), forme nouvelle d'un esclavage qui ne dit pas son nom ) et de leur vente à des couples qui ne sont pas connus ( entre autres ) pour leur stabilité.

C'est un tel point de vue ( que l'on peut discuter, ce n'est pas mon propos dans cette brève introduction de l'interview ) que défendait Platon ( et l'auteur du célèbre Banquet peut être difficilement assimilé à un homo « phobe ») dans plusieurs de ses ouvrages notamment dans Les Lois ( livre VIII, deuxième volume des oeuvres du célèbre Geac, dans la Bibliothèque de la Pléïade, page 931 ) où le principe anthropologique est la base du raisonnement : « il n'est pas bien d'avoir un commerce amoureux avec de jeunes garçons comme si c'était une femme » ( … ).

Ce point de détail une fois signalé, les propos de M. Boutih méritent d'être médités.

 

Le Scrutateur.

 

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Malek Boutih : "Le quinquennat de Hollande ressemble à un bilan municipal"

 

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Alors, "ça va mieux" ou pas ? A gauche, la formule de François Hollande est loin d'être partagée. Alors que le chef de l'Etat a entamé contre vents et marées le service après-vente de ses réformes, Malek Boutih, député socialiste de l'Essonne, dresse pour "Marianne" un réquisitoire implacable contre son bilan. Fidèle à son franc-parler, il estime que le chef de l'Etat "a géré son propre destin, pas celui du pays". Et prône l'émergence d'une autre candidature au sein du PS pour 2017.

Malek Boutih reproche à François Hollande son "comportement individualiste". - Stephane Allaman/SIPA

Marianne : Est-ce que, comme François Hollande, vous diriez que "ça va mieux" en France ?

Malek Boutih : Non, pas du tout ! C'est de bonne guerre d'utiliser la méthode Coué, mais les indicateurs macro-économiques ne veulent plus rien dire aujourd'hui. Il est indéniable que nous avons de meilleures perspectives en matière de croissance et que nous avons réussi un exploit en étant dans les clous du déficit budgétaire. Mais les chiffres sur l'exclusion, l'insécurité, les violences sont là et la peur de l'avenir est très ancrée. Cette expression "ça va mieux", c'est un point de vue technocratique, pas politique.

Vous voulez dire que l'état du pays ne peut pas être seulement jugé sur les résultats économiques ?

La question sociale et la question identitaire sont très interpénétrées. Le trouble de destin de la communauté républicaine française aggrave la crise économique, parce qu'elle paralyse le pouvoir politique, crée une culture de défiance à tous les étages de la société et favorise le chacun pour soi. La décomposition républicaine fragilise la France dans la reprise.

"Le vrai problème, c'est que Hollande n'a même pas mouillé le maillot"

Vous n'avez donc pas changé d'avis depuis mars, lorsque vous affirmiez dans L'Obs que vous ne soutiendriez pas Hollande en 2017 ?

Non. Pourtant, j'avais été l'un des derniers à le soutenir avant 2012, quand tout le monde avait rallié Dominique Strauss-Kahn. François Hollande est un homme intelligent mais le problème, c'est que le gars a eu un comportement individualiste. Il a géré son propre destin, pas celui du pays. Il a sacrifié la gauche, qui n'a jamais perdu autant de positions politiques, électorales, territoriales que depuis son élection. Il a troublé, déconstruit, improvisé. Je ne lui fais pas le faux procès d'être de droite ou d'être un renégat. Le vrai problème, c'est qu'il n'a même pas mouillé le maillot.

Ce que je lui reproche le plus, c'est de s'être enfermé dans cette fausse posture de sphinx où il ne dit plus rien, y compris sur des réformes qu'il a lui-même initiées. L'épisode de la réforme sur la déchéance de nationalité est le symbole de tout son quinquennat. C'est son idée, c'est lui qui la met dans le débat et à aucun moment il ne la défend. En revanche, il intègre dans son gouvernement des gens qui ont voté contre. On est dans l'embrouille la plus totale.

Retenez-vous tout de même des réformes à mettre à son crédit ?

« 

Vous oubliez les recrutements dans l'Education nationale, l'encadrement des loyers, le tiers payant généralisé…

Ouais… Franchement, on dirait le bilan d'une élection municipale. "J'ai fait la piscine, j'ai réparé tous les trous qu'il y avait dans le trottoir..." D'accord mais là, c'est la France !

François Hollande a été confronté aux attentats terroristes. N'a-t-il pas bien géré ce dossier ?

Le travail est bien fait sur le terrain sécuritaire. C'est une bonne chose d'être revenu sur le démembrement des dispositifs militaires et d'avoir adopté un certain nombre de lois indispensables. Mais il reste un vide patent et très surprenant pour un président de gauche : c'est l'absence totale de volet politique, en particulier sur les ghettos, la banlieue, l'islamisme radical. Le pire, c'est qu'on sent que c'est un sujet qui le gêne. Ça se voit à ses silences, ses ambiguïtés. On a l'impression qu'il ne veut pas trancher, que tout le monde a raison, aussi bien ceux qui estiment que le voile, ce n'est pas si grave, que ceux qui pensent que c'est grave.

"Il aurait dû être le premier combattant laïc"

Vous estimez dans Le Monde que la laïcité est l'un des rares sujets qui "peut scinder le PS". Est-à cause de cette ambiguïté de François Hollande que vous dénoncez ?

A partir du moment où il est président, son influence sur l'ensemble de la gauche a été déterminante pendant les évènements. Oui, il porte une responsabilité dans la perte des repères à gauche sur les questions de laïcité. Il aurait dû être le premier combattant laïc. Ce n'est pas un engagement particulier, c'est l'ADN de base de la gauche, beaucoup plus que la question du code du travail.

François Hollande semble laisser Manuel Valls monter au front sur ce terrain…

C'est le plus haut responsable politique français qui doit mener ce combat aujourd'hui, et il ne le fait pas.

Etes-vous d'accord avec Valls lorsqu'il déclare que "l'essentiel, c'est la bataille culturelle et identitaire" ?

Oui. Mais - et ce n'est pas le point de vue de Valls - je pense qu'il s'agit là de toute l'histoire politique de la France. Si la France est un pays plus politique que d'autres, c'est parce que des questions qui ne parlent pas à son estomac, mais à son esprit, pèsent très fortement sur son destin. Rappelez-vous que la crise algérienne est intervenue pendant les Trente Glorieuses. Il y avait moins de 5% de chômeurs mais le pays était en crise.

L'une des dérives d'une partie de la classe politique, en particulier à gauche, est d'avoir "économisé" le discours politique. Le débat politique, ce n'est pas simplement entre la relance par l'investissement ou par la consommation. Il est ailleurs : quels sont les contours de la communauté nationale ? Comment fait-on face aux coups que le djihadisme porte sur notre territoire ? Comment on affronte la mondialisation d'abord par ce qu'on est, et pas par ce qu'on fait ? La présidentielle ne sera pas un débat d'économistes mais un débat sur les contours de la communauté nationale.

Qui soutiendrez-vous en 2017, si ce n'est pas François Hollande ?

Il y a une différence entre le football et la politique. En football, je soutiens le PSG quel que soit son classement ! Mais en politique, je ne fonctionne pas comme ça donc on va voir ce qui va se passer.

"La primaire de la gauche est un attrape-gogo"

La primaire de la gauche peut-elle faire émerger une alternative ?

Non, je n'y ai jamais cru. C'est un attrape-gogo pour ceux qui voulaient faire semblant d'entrer dans des oppositions mais qui ne veulent que négocier des sièges.

Vous seriez prêt à voter pour le candidat d'un autre parti ?

Non car je suis un acteur de la vie politique, pas un consommateur. Il me reste un peu de temps pour ne pas me retrouver devant un non-choix, en créant les conditions pour qu'il n'y ait pas de fatalité au fait que seul le président sortant puisse se représenter, donc en aidant à l'émergence d'une candidature alternative.

En octobre dernier, vous voyiez Marine Le Pen gagner la présidentielle. C'était une provocation ou le scénario vous paraît-il crédible ?

Malheureusement, mon pronostic me semble plus crédible aujourd'hui qu'au moment où je l'ai formulé. Je ne dis pas ça pour être la Pythie qui annonce un malheur. Je constate simplement qu'on est maintenant dans une crise de régime. Ajoutez à cela une crise des migrants à nos frontières et des attentats terroristes, et vous avez une équation qui peut énormément favoriser la victoire de Marine Le Pen. Elle n'est pas une candidate comme les autres, c'est une candidate de la décomposition. Elle peut être instrumentalisée par l'électorat pour mettre fin à la Ve République.

 

 

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Pierre 14/05/2016 16:47

le seul pays au monde -France- qui reste attaché à sa décomposition et sa puanteur. c'est incroyable! De plus ils appellent ça "valeurs" qu'ils veulent exporter!
après 40 ans de ce que l'on sait sur toutes les lubies des bobos droites et gôches confondues . Ce qui en reste :
chômage massif,
migrants à nourrir loger et vêtir, explosion des impôts,
dettes à payer, déficits et
et faillite Mais... avec ça festivités pour tous payés par "cette conne" de France. le bel homme le d'jack lang (paraît-il ancien pédophile au Maroc), inventeur des fêtes cul-turelles en tous genre, concerts, festivals, danse du ventre et du culs payés par les con-tribuables. Peut importe que vous payés à vous faire saisir, jacqkiki est là pour vous faire danser!
étonnant que ce rat des p'ti culs ne débarque pas à Marie galante lancer le festival de blues à 2 millions d'euros? pas grave c'est la France qui paie, comme en 1916 "les poilues" ont payés.
wait &see le dénouement des "affaires." que ce soit par un Mélenchon ou une Marine. Là çà sera festif ça va pétailler comme les feux d'artifices!

castets 14/05/2016 12:08

Bonjour Mr Boulogne,
L'Histoire qui a favorisé l"émergence de la France est ce qu'elle est et il faut s'en accommoder !
Cependant dans l'Histoire plus récente, qui, de la Chrétienté ou de la laïcité a autorisé l'autre à émerger du " néant " en utilisant des bases historiques anciennes pour le bien de tous !
Qu'en reste-t-il après deux siècles de tâtonnement, de renoncement et d'errance politique ?
l'Egalité devant Dieu ...
la Fraternité pour certains...
la Liberté fragmentée pour tous...
Bonne Pentecôte,
Cordialement Cjj

André Derviche 13/05/2016 18:31

Ah ! ces socialos ! Ils parlent décidément trop. Entre le pingouin qui dit que la France va mieux alors que jamais les Français n'ont eu le moral aussi arctique, si je puis dire, et que tout est gelé sur la banquise, et Manuel Valls qui déclare que "l'essentiel, c'est la bataille culturelle et identitaire", il ne fait aucun doute que l'inversion, comme dit Panou, est le poto mitan de la gauche. La france va mieux, dit Groland alors que c'est le contraire. Quand au combat identitaire et culturel, si essentiel à en croire Valls, ce ne peut être qu'un combat contre l'identité de la France et contre la culture française qu'il met au premier rang de ses préoccupations. N'en éplaise à nos socialos (qui ne sont peut-être pas tous Français de puis assez longtemps pour avoir bien assimilé la Francité), la France n'est pas comme l'Amérique ou l'Australie un pays neuf. Elle est comme le Japon un pays de vieille sédimentation culturelle qui lui a donné ces caractéristiques qui ont fait son rayonnement dans le monde et un art de vivre qui ne doit pas être si médiocre puisque tout le monde a l'air de vouloir vivre en France et même de devenir Français. CLe problème du combat identitaire et culturel se résume pour ceux qui veulent le livrer à ne pas accepter ce qu'ils sont et à vouloir empêcher les autres d'être ce qu'ils sont. Précisons que ceux qui veulent livrer une bataille identitaire et culturelle contre la France telle qu'elle a été façonnée par sa culture gallo-romaine pour ne pas dire grecquo-latine, et donc petit à petit chrétienne, ont été de fervents colonisateurs partisans de chasser les Français notamment du continent africain où ils n'avaient, selon eux, rien à faire n'étant pas chez eux et voulant attenter à la culture et à l'identité des populations indigènes. Faut-il rappeler à tous les illétrés de la socialie que les seuls vrais indigènes de la République sont les Français qui les ont depuis un certain nombre de générations, ce qui inclut évidemment les Antillo-Guyanais, Réunionnais et Calédoniens. Il serait temps que les Français d'une seule génération comprennent que les Français de souche plus ancienne, s'ils ne sont pas plus Français qu'eux en termes de droits, sont comme des frères aînés dans la francité et qu'ils pourraient, à ce titre, bénéficier du respect que l'on doit à ses aînés et de la confiance que leurs frères plus jeunes doivent avoir en l'expérience... de la France... que leur ont transmis leurs familles.

Antoine de Panou 13/05/2016 18:12

Halluciant ! « Désacraliser la famille (...) échapper un peu plus à la sphère du religieux ! » On rêve ! Ça et ce qu'on a entendu hier à l'Assemblée nationale quand la petite machine de l'Éducation nationale (tout autre qualificatif équivalent à celui de curé quand il s'agit de désigner un prêtre ou l'Église étant interdit en raison du monopole d'insulte du politiquement correct) s'est vautrée dans sa médiocrité habituelle en accusant la droite "d’avoir dévalorisé l’école en préférant le curé à l’instituteur". C'est ça la France ? On ne rêve plus du tout. Alors oui, la contrariété, un peu la honte et un ersatz de bon sens face aux inévitables conséquences de l'inversion qui sont l'armature idéologique de la gauche donnent à Monsieur Boutih la justesse d'analyse que l'on pourrait comparer à l'heure juste que donne une montre arrêtée quand on la regarde au bon moment. Hollande, ce faiseur de miracle, en plus d'avoir fait la France aller mieux aurait-il réussi l'exploit de propulser la parole de gauche dans l'espace de la vérité, pour un court instant ?

Léo Parre 13/05/2016 17:59

En fait de quinquennat, le mot conconnat serait peut-être plus approprié, non ?

pierre 14/05/2016 17:22

je plussoie Léo ha! ha!