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Publié par Edouard Boulogne

La bonne trouvaille de Fillon.

Je ne prends pas partie pour Fillon, à un moment où l'on ne sait même pas encore qui concourra vraiment à l'élection présidentielle de 2017.

Je me contente de publier cet article d'Yves de Kerdrel, qui m'a paru intéressant, dans le Figaro du 20 avril.

 

Le Scrutateur.

 

 

La bonne trouvaille de Fillon

http://kiosque.lefigaro.fr/ouvrir-liseuse-milibris/le-figaro/e11fb14b-6ac2-43de-b345-86ea94141d24

 

nfin voit-on apparaître, du moins à droite, un retour du débat d’idées en perspective de la primaire de l’automne et surtout de l’élection présidentielle de 2017. Nicolas Sarkozy a ouvert le bal en proposant de fortes baisses d’impôts destinées à recréer un choc de confiance, quitte à laisser filer le déficit budgétaire, à nouveau, pendant deux ans. Ce qui a suscité un tollé de la part des ayatollahs du traité de Maastricht. Tollé un peu excessif dans la mesure où ce traité, vieux d’un quart de siècle, ne correspond plus à rien, tant les fondamentaux économiques de la zone euro ont évolué depuis sa ratification.

Bruno Le Maire et Alain Juppé semblent toujours ignorer les grands défis économiques du moment, pour leur préférer des opérations de pure communication politique. À chacun, sa nature. En revanche, François Fillon, dont le programme économique est le plus abouti, comme nous l’avons plusieurs fois souligné dans ces colonnes, continue d’avancer de nouvelles idées, de bousculer certains totems idéologiques et de proposer de vraies solutions au problème de l’emploi. Ainsi a-t-il récemment déroulé une série de propositions à destination des travailleurs indépendants avec pour objectif de créer pas moins d’un million d’emplois.

Pour l’ancien premier ministre, la pierre angulaire de son dispositif, c’est la création d’un statut de prestataire indépendant pour les autoentrepreneurs. Irrévocable pendant trois ans, ce texte devrait protéger les chefs d’entreprise d’une potentielle requalification du statut d’autoentrepreneur en contrat de travail. Il s’accompagnera de mesures en faveur des autoentrepreneurs telles que le relèvement des niveaux de chiffres d’affaires plafonds ou la transformation des seuils de qualification nécessaires pour exercer une profession en niveaux de compétence.

De manière plus générale, Fillon voudrait s’appuyer sur l’ensemble des mesures prises par Hervé Novelli (qui fait aujourd’hui partie de son équipe) pour développer un écosystème favorable aux travailleurs indépendants. À l’image de ce qui a été fait en Grande-Bretagne au cours des dix dernières années. Les jeunes pourront accéder au statut d’autoentrepreneur dès 16 ans, de même que les fonctionnaires. C’est une autre manière de flexibiliser le droit social en autorisant la poursuite du travail au-delà d’un temps plein, en facilitant le télétravail ou en permettant à la même personne de travailler pour plusieurs donneurs d’ordres.

Au-delà des créations d’emplois possibles et du regain d’activité qui en résulterait, cette remise en valeur du statut de l’autoentrepreneur est essentielle pour deux raisons. D’abord, lorsqu’un ouvrier, un agent de maîtrise ou un cadre décide de s’établir à son compte et de devenir son propre patron, cela signifie que du jour au lendemain il reprend possession de « sa force de travail », pour reprendre un terme marxiste. Et au lieu de limiter ses horaires à 35 heures, il est prêt s’il le faut à travailler 40, 50, voire 70 heures par semaine, comme le font beaucoup d’artisans. Ensuite, il découvre que ses revenus ne dépendent que de son travail, de sa production ou de l’énergie personnelle déployée. Cela fait donc tomber deux tabous : le temps de travail et le salaire minimum.

C’est bien plus efficace que la loi El Khomri. Cela se fait sans la moindre manifestation. Et surtout, cela redonne aux Français le sens de la liberté et de la responsabilité individuelles. Ce qui est une révolution pour un pays où moins de la moitié des ménages paient l’impôt sur le revenu et où plus de la moitié d’entre eux vivent davantage des allocations en tous genres que du fruit de leur travail. De surcroît, le statut d’autoentrepreneur est le mieux adapté à la révolution numérique et à l’« ubérisation » de l’économie. Pour preuve, la plupart des chauffeurs de VTC fonctionnent sous ce statut. Et tant pis pour les esprits chagrins qui considèrent que l’autoentrepreneuriat est un retour à la loi Le Chapelier. Ce statut fait vivre aujourd’hui près de 600 000 Français.

Seul un chef d’entreprise comme Hervé Novelli - l’unique ancien ministre doté d’un CAP ! - pouvait avoir une idée, aussi incongrue dans un monde d’énarques, que de lancer ce statut d’autoentrepreneur. D’autant plus que proposer un tel statut en pleine dépression de 2009 revenait à parler de corde dans la maison d’un pendu. C’est tout le mérite de Fillon, qui avait alors largement soutenu son ministre, de reprendre aujourd’hui cette idée, de l’améliorer et de l’adapter aux nouvelles contraintes en termes de formation ou de fiscalité. À l’heure où certains parlent de remettre le pays en marche et de faire sauter les verrous, sans proposer la moindre solution, il est intéressant de constater que l’opinion préfère ceux qui replacent l’entreprise et la liberté individuelle au cœur du débat d’idées.

 

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RFVITE 20/04/2016 17:35

Dommage que la chaine du "vite très vite" ne lui a pas laissé le temps de développer ses propositions. Du temps, Fillon en avait a avoir annulé des rendez vous importants pour être à l'écoute de nos problèmes et proposer des solutions.