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Publié par Edouard Boulogne

Sarkozy et le Pape : un entretien privé mais précieux, par Guillaume Tabard

Publier cet article du Figaro n'est pas pour moi l'indice d'une sympathie plus grande pour une candidature de M. Sarkozy, parmi d'autres candidatures « de droite » à l'élection présidentielle de 2017.

Plus que jamais je suis attentif aux idées, et programmes des candidats, plus qu'à leurs personnes, même si celles-ci entrent en ligne de compte dans nos choix.

Mais la personne de Sarkozy est à tel point malmenée par la gauche et certains de ses adversaires «  de droite » que j'aurai le sentiment de céder à une sorte de chantage en négligeant ses efforts dans le combat politique actuel.

Et l'on sait que « céder à un chantage » quelconque n'est pas dans les usages scrutatoriens.

Sarkozy malmené sur les médias, malmené par la gauche, par ceux qui ont voté pour ce pauvre François Hollande qu'ils continuent à « ménager ».

Il y aurait de quoi rire, si la bêtise pouvait susciter une réaction libératrice.

Voici donc, un écho à l'entretien qu'ont eu aujourd'hui l'ancien chef de l'Etat et le pape François.


 

Le Scrutateur.


 

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« Soudain, traversant l’épaisse  porte de la bibliothèque  papale, un éclat de rire.  Celui du pape François. Nicolas Sarkozy, qu’il reçoit en audience privée, vient de lui dire son admiration pour le système d’élection des papes. « On vous enferme, il n’y a aucune communication, aucune transparence, aucune démocratie, et aussitôt vous êtes reconnu comme le chef d’une communauté d’un milliard de personnes. » Bien loin en effet du long parcours du combattant de la primaire et de l’élection présidentielle, sous le regard de l’opinion et le contrôle des sondages.

L’éclat de rire reflète l’ambiance de ce tout premier rendez-vous entre François, celui de Rome, et l’ancien chef de l’État. Rendez-vous privé, donc sans photographe, mais qui a dépassé symboliquement la demi-heure théorique des audiences accordées par le Saint-Père. Détail remarqué par les vaticanistes : ce sont les gentilshommes pontificaux qui ont accueilli Nicolas Sarkozy à son arrivée dans la cour Saint-Damase, protocole habituellement réservé aux seuls chefs d’État ou de gouvernement en fonction.

Faute de photo, le président des Républicains échappera au reproche d’être venu chercher une image destinée à lui attirer les bonnes grâces de l’électorat catholique. Dans ce tête-à-tête, les sujets politiques ou internationaux n’ont d’ailleurs guère été abordés. Il ne fut question directement ni de la question des migrants sur laquelle le pape François critique souvent vertement le repli des pays européens, ni de l’avenir de la loi Taubira, à propos de laquelle Sarkozy a changé de position. Et pour cause, il ne s’agissait pas d’une rencontre bilatérale entre deux chefs d’État. Et le Pape ne pouvait ni ne voulait donner le moindre signe, même allusif, de s’immiscer dans la vie politique française. Même si, dans la longue galerie décorée par Michel-Ange conduisant aux appartements pontificaux, un prélat, pas français, lui confie prier pour sa réélection.

Les deux hommes ont donc parlé de la « transcendance », thème cher à celui qui avait écrit La République, les religions et l’espérance et qui était venu à Rome, en décembre 2007, défendre une « laïcité positive », expression qui avait suscité la polémique mais que Sarkozy maintient. Même si la progression de l’islam en France et la montée du radicalisme le conduisent aujourd’hui à une ligne plus intransigeante sur le rôle des religions dans la société.

De l’islam, il fut d’ailleurs question entre les deux hommes, le Pape insistant sur la tradition ancienne dans l’Église de l’exégèse des Écritures, c’est-à-dire de leur interprétation.

Si, partageant leur admiration de Benoît XVI, le pape François a rappelé que la prière était « ce qu’il y a de plus important », Nicolas Sarkozy sait que la seule prière pas plus que le pèlerinage à Rome ne sont une potion magique pour remonter dans les sondages. Mais aucun symbole n’est à négliger. Surtout pour un candidat aujourd’hui en mal de popularité, l’onction, même discrète, d’un pape si populaire ».


 

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