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Publié par Edouard Boulogne

Nina Simone : Visage noir, idées pâles.
Nina Simone : Visage noir, idées pâles.

Ce blog, Le Scrutateur n'est pas raciste, du moins il s'inscrit de tout son être contre le racisme, tous les racismes, qu'ils émanent des blancs, des noirs, des jaunes, des métis, et de tous les multicolores possibles et imaginables.

Je ne suis pas non plus « antiraciste », parce que ce terme est devenu l'étendard de racistes subtils ( enfin, plus ou moins ), qui transforment « l'antiracisme » en arme de guerre au service de leurs passions et de leurs intérêts du moment. Je me suis exprimé sur ce sujet dans un article documenté et sans équivoque, que vous pouvez lire ICI : http://www.lescrutateur.com/page-4988716.html

Je suis a/raciste, c'est-à-dire que je tente par delà les inévitables influences historiques qui expliquent partiellement la survivance de cette déraison qu'est le racisme, et les possibles tentations de répondre sur le même ton ( bien involontaires et tout à fait déraisonnables ) agressions racistes qui viennent souvent de ses «contempteurs » professionnels patentés et hypocrites, que je tente donc de juger impartialement de me situer au dessus de ces criailleries que j'aimerais pourvoir dire « d'un autre âge ».

C'est cette attitude qui me fait dénoncer ici régulièrement la tactique bassement politicienne, lancée en France sous le principat de François Mitterrand de racialiser tout et n'importe quoi dans le débat public.

Cette « méthodologie » électoraliste, finit par créer une ambiance détestable, à rendre suspect de « racisme » tous ceux qui déplorent, par exemple, une immigration massive et sans contrôle d'éléments étrangers à la nation et tend à disqualifier ceux qui, par exemple, critiquant la politique d'une Christiane Taubira, se trouvent aussitôt suspectés de le faire parce qu'elle est une femme noire.

Cette « tactique » subversive est dangereuse pour tout le monde, les blancs et les autres.

Il se crée à partir d'elle une mentalité suspicieuse où chacun épie chacun pour le dézinguer, une mentalité de paranoïaques affligés de la folie de la persécution, qui contribue à créer une société invivable, malheureuse et bientôt mûre pour les pires des guerres civiles.

Les signes de ce que j'annonce se multiplient.

L'article ci-dessous tiré dde Libération me paraît expliciter pour ceux qui savent lire l'analyse que je viens de faire.

Il est consacré à une « anecdote » concernant un film qoi devait être consacré à l'artiste noire américaine Nina Simone ( Lire sur Nina Simone : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nina_Simone ).

Les passages soulignés l'ont été par moi.

Avant de conclure cette présentation je voudrais insister sur le titre choisi par lLibération : Visage noir, idées pales.

Je me suis demandé si le quotidien parisien titrait consciemment, de cette façon, un article bien intentionné, ou si plutôt, inconsciemment il n'annulait pas les bonnes intentions proclamées en assimilant la "pâleur" des idées au mal ( raciste ), et la noirceur au Bien.

Serais-je trop soupçonneux? Peut-être.

Mais la politique de ces messieurs est génitrice de soupçons. Une société du soupçon, est-ce une société humaine, ou une préfiguration de l'enfer?

Je vous laisse conclure.

 

Le Scrutateur.

 

 

En décrétant que Zoe Saldana était trop blanche pour incarner Nina Simone, le politburo noir autoproclamé préempte un combat qui n’est pourtant pas que le leur.

 

http://www.liberation.fr/debats/2016/03/16/visage-noir-idees-pales_1440039

 

Aux Etats-Unis, une polémique aura encore eu la peau d’un film. Pas un film sur un sujet brûlant, pas un film sur un sujet violent, non un film sur la vie de Nina Simone. Un film interprété par Zoe Saldana et tout le problème est là. Zoe Saldana est une actrice, une actrice noire, pour être précise, disons, qu’en tout cas, elle est loin d’être blanche, très très loin. Comme toutes les actrices pas blanches, Zoe Saldana sait que tout un tas de rôles lui sont interdits parce qu’elle est noire et que les actrices noires, c’est pas bon pour le box-office, c’est ce que disent les gens du marketing. Ça vaut aussi pour les actrices rouges, jaunes…, enfin pas blanches quoi. Déjà que les actrices, c’est pas fameux, mais noires (rouges, jaunes…) ça rajoute au problème, c’est ce que disent les gens du marketing. Donc, une actrice noire apprend un jour qu’elle a été choisie pour incarner Nina Simone. Elle est heureuse, probablement, nous n’y étions pas, mais, sûrement, elle est heureuse. Comme elle est actrice, elle se dit qu’elle va jouer un personnage qui n’est pas elle, elle va donc faire ce que font les acteurs, jouer avec les spectateurs et leur imaginaire de telle sorte que la fiction leur devienne réelle. C’est une convention millénaire entre le spectateur et l’acteur, nous nous asseyons dans une salle pour créer ensemble l’illusion d’un réel dont nous savons qu’il n’existe pas, et c’est justement pour ça que soudain il existe, parce que nous l’avons fabriqué ensemble, et qu’il devient nôtre. Mais j’en reviens à Zoe Saldana qui croit à la fiction, à l’imaginaire, au jeu, c’est pour ça qu’elle est actrice. Elle joue Nina Simone, elle y croit, et un jour, le film est fini, montage, mixage, il est prêt à être vu.

Seulement ce que Zoe Saldana ne sait pas, c’est qu’entre-temps, le monde a fini de jouer, il y a des associations, des intellectuels, des leaders d’opinion qui établissent des politburo à ciel ouvert, ils tweetent, ils hatent, ils dislikent et, soudain, l’actrice est sommée de faire son autocritique. Pas du point de vue artistique bien sûr, les politburo n’en ont que faire de l’artistique. Non, ce que l’on reproche à Zoe Saldana c’est d’avoir usurpé sa place, c’est de n’être pas assez noire, de n’avoir pas le nez assez large, les lèvres assez épaisses. En fait, ce que l’on reproche à Zoe Saldana, c’est de n’être pas Nina Simone. Un peu comme si on avait accusé Marion Cotillard d’être moins pâle qu’Edith Piaf, d’être plus grande, de n’avoir pas vraiment d’arthrose, de n’avoir pas les cheveux fins et rares, de n’être pas toxicomane, et de n’être pas vraiment morte à la fin du film. Si une telle polémique avait éclaté à propos de la Môme, nul doute qu’elle n’aurait eu aucun écho, on aurait ri de ces reproches délirants et on serait passé à autre chose. Mais, là, le problème est tout autre, il ne s’agit pas de rire car les membres du politburo sont noirs et on ne contredit pas des Noirs, par crainte de se voir accuser de racisme ou pire de «négrophobie». De même que l’on s’interdit de penser l’islamisme puisque «l’islamophobie» guette tout contrevenant. On laisse donc les noirs se débrouiller entre eux, comme si ce sujet n’était un sujet pour personne d’autre. Négrophobie, islamophobie, quand les tenants de la «phobie» prennent la main, la pensée recule et la morale s’installe. On n’évalue les choses qu’en bien ou mal et, seul l’émetteur compte, il y a ceux qui ont le droit de parler et ceux qui ne l’ont pas. Peu importe ce qui se dit, c’est qui le dit qui compte. Quand la menace de la «phobie» domine, comme tout totalitarisme, plus rien n’a de relief, tout est à plat, il n’y a plus d’art, plus d’imaginaire, la fiction, le jeu, tout disparaît. L’absurde devient la norme. Donc, pour jouer Nina Simone, il faut être Nina Simone, ou sa fille ou sa cousine ou une actrice dont la carnation et la frisure auront été validées par un comité spécial autoproclamé, un comité qui sait ce qu’est une bonne noire, une vraie noire. Faudra-t-il aussi que cette actrice soit réellement maniacodépressive ? Faudra-t-il qu’elle ait vraiment commencé le piano à l’âge de 3 ans ? Et si l’on suit ce raisonnement alors il faut en déduire que James Bond ne peut pas être joué par un acteur noir, qu’une femme ne peut pas jouer un homme, que jamais un acteur ne sera plus acteur puisque l’acteur doit réellement être ce qu’il prétend incarner. Fini la fiction, il n’y aura plus que des documentaires. Ce qui est triste, c’est que les tenants de ce faux débat interdisent que la vraie question, celle d’une nécessaire diversité des représentations, ne devienne un sujet pour tout un chacun, quelque soit sa couleur. En scindant la pensée, les combats qui devraient être l’affaire de tous deviennent l’expression d’intérêts particuliers de plus en plus étriqués, alors même que les luttes ne sont jamais plus efficaces que lorsqu’elles atteignent l’universel. Si nous sommes interdits de penser autrui comme un autre nous-mêmes, que reste-t-il de notre humanité ?

Voilà pourquoi nous ne verrons probablement jamais Zoe Saldana jouer dans le biopic de Nina Simone, parce que des racistes noirs sont parvenus à faire taire la pensée. Voilà pourquoi, noirs, blancs, rouges, jaunes, cathos, musulmans, juifs… il faudra toujours se souvenir des mots de Senghor : «Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.» Remettons la colère au bon endroit.

Tania De Montaigne

 

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C
Bonjour Mr Boulogne.
Patience, la négation d'une transposition de la vie dans l'Art arrive en force, il ne s'agit peut-être pas que de racisme, même s'il est avéré ?
En tout cas la bioéthique et la génétique viendront certainement y mettre bon ordre, les digues de la morale commencent à lacher, les clones ou les pièces de rechanges pour humain se profilent à l'horizon ; alors pourquoi ne pas imaginer un nouvel art très réel et non interprété palement !
Bonne journée, cordialement Cjj
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