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Publié par Edouard Boulogne

Ce monde vide des people.
Ce monde vide des people.

Ce monde vide des people.

Une petite intervention chirurgicale, à un oeil, ralentit, diminue un peu l'activité de LS.

Cependant je ne peux laisser s'achever cette journée du 15 février, sans publier ce bref article du Figaro qui s'inscrit très exactement dans la ligne de ce blog.

Après une journée de diète des réseaux sociaux, je rouvre il y a quelques instants mon observatoire et je découvre que l'un des faits marquants du jour est l'attaque par un footballeur de 24 ans Serge Aurier de l'entraineur de son équipe Laurent Blanc qu'il a traité de...fiotte ( homosexuel, pédé !).

C'est cela qui fait le « buzz » aujourd'hui, en France. Pauvre « cher et grand pays ».

Je n'épiloguerai pas davantage sur le caractère dérisoire de cette actualité là.

En revanche je publie le court mais très pertinent article du Figaro, écrit avant l'évènement majeur créé par le footballeur du Paris Qatar Club, et qui va à l'essentiel sous la signature D'antony Palou.

 

Le Scrutateur.

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  1. Télévision

Les dessous moches

« L’instant M »

Anthony Palou

Sonia Devillers recevait Guillaume Erner, sociologue, producteur et fil rouge des « Matins » de France Culture à l’occasion de la sortie de son essai La Souveraineté du people (Gallimard) qui n’a pas l’air mal du tout. La journaliste nous présente l’affaire : « Précepte des Évangiles : les derniers seront les premiers. Eh bien, c’est ce qui nous est arrivé. Des créatures sans talents, sans œuvre, parfois même sans travail, sont devenues l’élite de nos sociétés. On les appelle des people. La presse suit leurs fringues, leurs sorties, leurs coucheries. Les réseaux sociaux en ont fait des marques planétaires. Et nous, dans tout ça ? On se nourrit de la vie des gens car les people, ce sont des gens, justes des gens. Au risque de céder à une tentation dangereuse : finir par juger un artiste, un grand patron, voire un président de la République comme s’ils étaient notre voisin de palier. » Oui, nous sommes au pays des marques, de Nabila et de Kim Kardashian, ces amputées de la vie, femmes sans qualités, ces vraiment pas grand-chose qui font presque chaque semaine la une des tabloïds et des réseaux sociaux, cette peste de la notoriété mondialisée. Internet a ouvert les vannes de l’usure. Tiens, Kim est de nouveau blonde. A fait ses courses. Tiens, elle a pris une pizza calzone, tiens, elle vient d’accoucher et a bouffé sous forme de pilules le placenta de son petit garçon. Comme il nous tarde d’en savoir plus, n’est-ce pas ? Curieux comme « on » peut se passionner pour des gens dont le vide est le métier. Guillaume Erner, lecture marxiste : « C’est l’exposition du banal qui construit les people (…) Un people, c’est la déconnexion du mérite (…)», il cite Malraux : « Chez de Gaulle, il n’y a pas de Charles. » Derrière Sarkozy ou Hollande, il y aura toujours Nicolas et François, plus de mystères. Les dessous chics sont moches.

France Inter9h40Lundi

 

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Dupond 16/02/2016 13:55

Tout à fait d'accord. Le vide absolu. Les héros des "gogos" des naïfs à qui ces people servent de modèles. Déplorable. Mais le pire des modèles ne viendrait il pas aussi de ces innombrables films et téléfilms stupides où le héros se balade sans arrêt avec un flingue ? Triste et préjudiciable pour une grande partie de la jeunesse... Vilains médias.

Claude Ashdey 16/02/2016 11:45

Si nous devions, d'une formule, caractériser notre époque, il y en aurait sans doute des centaines. En voici une, parmi tant d'autres : « La défaite de l'intelligence. » Car l'intelligence, c'est à la fois un contenu et une construction. Là, nous sommes dans le vide absolu. « On nous Claudia Schiffer » chante Souchon, en décrivant une réalité qui verse petit à petit dans la téléréalité, c"est-à-dire que le vide absolu remplit tout l'espace, donnant à la formule de McLuhan "The medium is the message" (autrement dit, c'est le medium qui est le message) un caractère terrifiant. Que celui qui n'a pas peur de la bêtise se mette à trembler car dans le mot bêtise, il y a le mot bête. Comme dans l'Apocalypse.