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Publié par Edouard Boulogne

La voix des lecteurs : « La double défaite de la passionaria (1) du mariage gay », par HECTOR Louis-Maximilien.
La voix des lecteurs : « La double défaite de la passionaria (1) du mariage gay », par HECTOR Louis-Maximilien.

( Voici une rubrique du Scrutateur, qui doit vous intéresser. Elle ne fait pas double emploi avec les commentaires d'articles. Ceux-ci, en augmentation lente, mais constante, est faite de vos réactions aux articles.

« La voix des lecteurs »vous donne la parole, la possibilité d'enrichir notre blog de vos idées, réflexions, poèmes, réactions propres à l'actualité en général.

Bien entendu je ne publierai que ce qui ne s'en prend pas, éventuellement, aux personnes, au-dessous de la ceinture comme on dit

Les articles signés seront plus particulièrement bien venus. Mais il y a, je le sais d'excellentes raisons, qui ne relèvent pas de la couardise, mais plutôt de ce qu'on appelle le devoir de réserve, à l'anonymat, ou au pseudonyme. Ces articles seront pris en compte. Mais il faudra, que je puisse identifier les expéditeurs de façon précise. Ma discrétion à leur égard étant assurée.

Maintenant, chers lecteurs, à vous de jouer.

 

Edouard Boulogne) .

 

PS : Les propos de lecteurs, n'expriment pas toujours le point de vue du Scrutateur. Ils s'expriment librement. Le Scrutateur n'intervient que pour écarter les attaques qui viseraient des hommes et des femmes, de façon insultante, «  au-dessous de la ceinture » comme on dit.

 

 

« La double défaite de la passionaria (1) du mariage gay »

 

Sous la Vème république, sauf cas exceptionnel, toute démission d’un ministre est un aveu d’échec. Et le récent départ du gouvernement de l’ancienne garde des sceaux n’échappe point à cette vérité politique.

 

La démission de Christiane TAUBIRA est d’abord une cruelle défaite politique dans l’affrontement qui, au sein de l’exécutif français, l’opposa au premier ministre monsieur Manuel VALLS.

 

Au fils du temps, l’actuel premier ministre à qui la passionaria du mariage gay pensait tenir tête, s’est progressivement imposé au sein de son gouvernement affirmant son autorité politique et parvenant, au gré des évènements, à faire partager au chef de l’Etat la plupart de ses idées et priorités dans la définition et la mise en œuvre de la politique gouvernementale française.

 

Ceux qui les contestaient ou voulaient les contester, n’ont eu d’autre choix que de quitter illico presto le paquebot gouvernemental.

 

Ce furent d’abord les farouches partisans (2) d’une vraie politique économique de gauche qui, les premiers, s’en allèrent du gouvernement. À l’époque, la passionaria du mariage gay se contenta de se pavaner devant les caméras et se garda bien de franchir le terrible Rubicon de la démission gouvernementale.

 

De par son attitude, on comprit alors qu’elle était plus une politicienne rouée qu’une femme d’Etat. Elle resta donc au gouvernement bien qu’elle en contestât déjà les orientations économiques.

 

Dès lors, plus le premier ministre affirmait crescendo son autorité politique à la tête du gouvernement, plus la passionaria du mariage gay avalait d’insipides couleuvres.

 

Et les attentats de Paris de novembre 2015 parachevèrent la lente et inéluctable zombification de Christiane TAUBIRA au sein du gouvernement français. La mise à l’écart de l’autorité judiciaire, dans l’adoption des mesures antiterroristes proposées alors par le premier ministre et le président de la République, en fut l’un des signes les plus tangibles.

 

Pire, la politique pénale de Christiane TAUBIRA, et dans sa conception, et dans son déploiement, fut purement et simplement désavouée par la nouvelle politique répressive décidée et mise en œuvre par le gouvernement français, à l’issue des attentats de novembre 2015.

 

C’est ainsi que, pour la première fois sous la Vème république, on se retrouva avec un garde des sceaux totalement zombifié et incapable d’empêcher la marginalisation de l’autorité judiciaire dans la définition et le déploiement de la politique gouvernementale de lutte contre le terrorisme.

 

En réalité et depuis fort longtemps, la coupe était déjà pleine. Ne restait à la passionaria du mariage gay qu’à trouver un noble prétexte pour justifier de son départ du gouvernement. Le projet de loi de déchéance de nationalité allait justement lui fournir le précieux motif.

 

La seconde défaite politique de Christiane TAUBIRA est constitutionnelle. Qu’on l’aime ou la vilipende, la Vème république demeure le socle constitutionnel inébranlable de la vie politique française. Elle donne à l’exécutif les moyens de vouloir et de gouverner.

 

D’un point de vue constitutionnel, un ministre n’a aucune légitimité. Il est la créature du souverain, le président de la République qui le nomme et le démet comme bon lui semble. Il n’a d’autre légitimité que celle que lui confère sa nomination par le chef de l’Etat.

 

Dès lors, il n’est qu’un serviteur parmi d’autres de la politique définie et fixée par le président de la République. En conséquence, un ministre n’a aucune autorité pour faire prévaloir ses vues ou opinions personnelles sur celles du chef de l’Etat.

 

L’on comprend alors que Christiane TAUBIRA ne pouvait demeurer ministre et continuer à contester publiquement la politique voulue par le président de la République. « Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne » avait jadis admirablement déclaré Jean-Pierre CHEVÈNEMENT (3).

 

Après sa stupide et inacceptable déclaration d’Alger (4), la passionaria du mariage gay savait parfaitement qu’elle avait franchi la ligne jaune constitutionnelle. Que sa démission du gouvernement était devenue inévitable. Et elle intervint en effet quelques semaines après sa scandaleuse turpitude d’Alger.

 

Pourtant cette chronique d’une démission ministérielle annoncée fut travestie par le monde médiatique. La plupart des médias français, surtout ceux de gauche, ont tenté de faire accroire que Christiane TAUBIRA aurait démissionné pour cause de désaccord politique avec le président de la république.

 

Alors qu’en réalité, c’est la force d’airain des institutions de la Vème république qui bouta hors du gouvernement la passionaria du mariage gay.

 

Après tant d’autres, la Vème république a eu la peau d’un ministre rebelle qui pensait pouvoir n'en faire qu’à sa tête ou selon ses opinions personnelles. 

 

Cette constitution gaullienne a une fois encore démontré qu’un gouvernement ne peut être une auberge espagnole. Et que le char de l’Etat ne peut et doit avoir à sa tête qu’un seul chef : le président de la République élu au suffrage universel.

 

Tel est en réalité le soubassement de cette affaire somme toute ordinaire sous la Vème république. Il en est ainsi aujourd’hui comme hier et certainement demain.

 

Le socle institutionnel gaullien est donc là inébranlable et démontre une fois de plus son efficacité à écarter tout risque de chienlit au sein de l’exécutif français.

 

Et les standing ovation de complaisance d’une université américaine politiquement classée à gauche n’y changeront rien. Et les commentaires assez complaisants de la majorité des médias français prouvent une fois de plus que notre époque est à l’insignifiance.

 

Ce qui hier encore constituait un épiphénomène, une simple bagatelle, se métamorphose aujourd’hui en un fait d’importance, en un évènement médiatique.

 

Et malheureusement la politique contemporaine n’échappe pas à ce travers qui consiste à inverser le sens des choses, à faire prendre au peuple des vessies pour des lanternes. La démission logique, normale et attendue de Christiane TAUBIRA en est malheureusement un des exemples des plus éloquents.

 

 

HECTOR Louis-Maximilien.

 

 

(1) Dolores Ibârruri Gomez, connue sous le nom de La Passionaria, est une femme politique espagnole (1895-1989) qui fut secrétaire général du parti communiste espagnol entre 1942 et 1960. Son surnom politique, La Passionaria, est aujourd’hui utilisé pour définir une femme qui défend activement une cause.

 

(2) En 2014, plusieurs ministres socialistes français durent quitter leurs portefeuilles ministériels pour cause d’opposition à l’orientation économique fixée par le Président de la république, monsieur François Hollande, et son nouveau premier ministre, monsieur Manuel Valls. Parmi ces ministres on note entre autres : Cécile Duflot (ministre du logement), Benoît Hamon (ministre de l’éducation nationale), Arnault Montebourg (ministre de l’économie) et Aurélie Filippetti (ministre de la culture).

 

(3) Jean-Pierre Chevènement, homme politique français, fit cette réplique alors qu’il était ministre de l’industrie du gouvernement socialiste (1981-1984) de Pierre Maurois (1928-2013). Il répondait ainsi aux propos du président de la République d’alors, monsieur François Mitterrand, qui avait mis en cause la gouvernance instaurée par ledit ministre au ministère de l’industrie. Curieusement, on ne connait pas précisément la date où cette réplique avait été proférée par le ministre de l’industrie Jean-Pierre Chevènement.

 

(4) Le mardi 22 décembre 2015, en voyage officiel en Algérie, la garde des sceaux, madame Christiane Taubira, invitée sur la radio algérienne « Chaîne 3 », enterrait purement et simplement la déchéance de nationalité en précisant que « …le projet de révision constitutionnelle qui sera présenté au conseil des ministres mercredi ne retient pas cette disposition ». Le lendemain, le mercredi 23 décembre 2015, en conseil des ministres, le président de la république, monsieur François Hollande, rappelait solennellement sa volonté de maintenir l’extension de la déchéance de nationalité dans la constitution. C’est un désaveu cinglant et public que la ministre de la justice assuma elle-même, après le conseil des ministres, lors d’une conférence de presse en présence du premier ministre, monsieur Manuel Valls.

 

 

 

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D
Avez-vous raison de prendre ainsi à partie madame Taubira? On peut endouter, quoiqu'on pense cette dame trop exité pour mon goût. Voyez ce que j'ai découvert ce matin sur internet.

Selon une étude du CEVIPOF :
"Malgré l’opposition farouche, à défaut d’être unanime, du Front national et des Républicains au mariage pour tous, une majorité des personnes interrogées ayant voté aux élections régionales et ayant bénéficié directement de celui-ci s’est prononcée pour ces partis. À agglomération de résidence, âge, éducation et revenu par unité de consommation équivalents, l’avantage du PS parmi les couples mariés homosexuels en comparaison des couples mariés hétérosexuels existe mais demeure faible alors que les bénéficiaires du mariage pour tous sont systématiquement moins enclin à voter pour le PS que les couples homosexuels non mariés. Par conséquent, force est de conclure que, dans ce cas, tenir une promesse électorale - l’adoption du mariage pour tous -nn’a pas été suffisant, dans le présent contexte, pour fidéliser cet électorat. Réciproquement, la question des droits des homosexuels ne constitue manifestement pas, pour cette partie de l’électorat gay, le déterminant direct du comportement électoral. Paradoxalement, cela peut être interprété comme un signe de succès du mariage pour tous. En effet, si ce dernier visait à normaliser la place des homosexuels dans la société, les couples homosexuels témoignent bien, d’un point de vue électoral, d’une forme de normalisation politique. À défaut de pouvoir expliquer la plus forte propension des répondants masculins des couples homosexuels à voter Front national par la présence avérée de certains d’entre eux au sein de la direction frontiste, par le ralliement spectaculaire de certains activistes gays au FN ou par la discrétion de Marine Le Pen sur le mariage pour tous et sa mise en avant de la défense de la laïcité, on ne peut que souligner une convergence entre ces phénomènes. Là, comme ailleurs, le FN réussit manifestement le tour de force d’agréger des électorats aux antipodes : à la fois une proportion importante d’un segment électoral a priori peu disposé à le soutenir– les couples homosexuels et les parties les plus homophobes de l’électorat français qui le soutiennent depuis le milieu des années 80."
Il y a peut-être une autre raison : les personnes homosexuelles ont plus de raisons de craindre le déferlement migratoire. Mais ce n'est que mon avis...
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X
HECTOR a parfaitement raison et son analyse devrait etre lue par beaucoup qui occupent des postes politiques locaux ou nationaux. Mais il faudrait à défaut de leur démission faire distribuer des rouleaux de sparadraps pour faire respecter l'alternative de M. CHEVENEMENT.
Dire qu'il faudra attendre Mai 2017 pour savoir si on change oupas.......
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D
A moins qu'elle ne se convertisse, ce qu'il nous faut bien sur lui souhaiter, sapristi qu'elle n'aura pas l'air fine si elle est conduite telle quelle devant le Tribunal de Dieu avec son abominable mariage homosexuel en bandoulière!
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