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Publié par Edouard Boulogne

Analyse spectrale de François Hollande, par Rastignac

Il est dans Valeurs Actuelles une chronique hebdomadaire étonnante, que je lis toute affaire cessante, et avant même toute autre chronique et éditoriaux de ce remarquable hebdomadaire, c'est La lettre de M de Rastignac.

Rastignac, vous l'avez deviné est un pseudonyme. Et l'auteur décrit la semaine écoulée, ou fait le portrait pastichée d'un personnage de notre comédie politique.

Cette semaine écoulée c'est le « chef de l'Etat » qui a été croqué par l'auteur qui se réclame d'Honoré de Balzac, dont Rastignac est un personnage important de l'oeuvre monumentale : La comédie humaine.

C'est l'analyse psychologique la plus perspicace du maire de Tulle ( petite ville de Corrèze ), que des importuns puissants en dollars et en Euros, ont hissé jusqu'au trône de nos défunts rois ( et du général de Gaulle ) en se jouant de la gniaiserie française.

Pour nos lecteurs un tantinet philosophes, il n'est pas interdit de penser au « dernier homme » ( dans la hiérarchie de l'espèce ) décrit par Nietzsche dans le Prologue de son livre célèbre Ainsi parlait Zarathoustra.

Lisez. Je suis certain que dans Valeurs Actuelles, c'est désormais La lettre de M de Rastignac que vous lirez avant toute chose.

 

Le Scrutateur.

 

Psychologie de Phèdre, par Paul Valéry ( extrait ).

 

Dans l'ébranlement du monde et le malheur des temps, il reste encore en France un homme heureux, mon cousin. Il se lève chaque matin en songeant que la vie lui donnera, un jour encore, quelque plaisir, que le décor de sa vie n'est pas désagréable, la femme qui l'accompagne fort jolie et qu'il ne faut perdre aucune seconde de ce que l'existence, de plus en plus prodigue, accepte de lui donner. Cet homme n'est ni banquier, ni comédien, ni capitaine d'industrie. Il ne vit pas au faubourg Saint-Germain mais est installé, tranquille­ment, au Château. Lointain successeur de nos rois, il ramasse encore avec gourmandise les restes d'influence et de prestige d'une nation qui fut grande et qui, hélas, ne l'est plus. À l'heure où je vous écris, il est reçu, comme un prince, à l'autre bout du monde.

N'écoutez pas ceux qui assurent que François de La Haye s'inquiète. Qu'il songe à renoncer et qu'il se .,.-réveille la nuit à force de rêver de ses ï t; rivaux. C'est n'avoir rien compris à cet homme qui a placé toute sa vie sous le signe de l'indifférence et qui, jusqu'au bout, veut faire la preuve que son intelligence supérieure ne sera vaincue par aucune des vertus qu'il s'est efforcé, depuis son plus jeune âge, de désapprendre : le cou­rage, la franchise, la constance, la fidélité. Foin de cette littérature, pense-t-il, fermons ces livres d'images bons pour les enfants, depuis Darius jusqu'à Bonaparte les grands politiques n'ont gouverné qu'au petit bonheur la chance et l'improvisation est le seul secret du pouvoir. Attendons, observons, il sera bien temps, ensuite, de négocier.

En cette discipline, François de La Haye, croit-il, est grand maître. Non qu'il obtienne quoi que ce soit, mais pour lui, la négociation est une brume dans laquelle se dissi-pent, avec le temps, les promesses et les déceptions. Sachez-le, le fort de M. de La Haye est proprement de ravau­der, de donner à entendre, de faire espérer ; de jeter des lueurs, de les retirer ; de donner des vues, de les brouiller. Voilà un génie tout propre à se servir des illusions que l'au­torité politique a toujours abondamment en main pour engager des négociations. Il y engage, en vérité, tout le monde, et cet engagement est ce qui produit l'étrange dés­ordre dans lequel nous sommes aujourd'hui.

Pour commencer, il séduit, donnant de fausses espé­rances d'accommodements, il donne du courage à ceux qui ont de bonnes intentions et puis, dans la forêt sombre de ses

complots, il perd ceux qu'il a emmenés avec lui. Il décou­rage les plus fidèles, il use la bienveillance des plus pusilla­nimes. Désormais, je le sais de science certaine, M. de La Haye fait espérer tout ce qu'il veut, mais il n'a jamais été dans sa pensée de tenir quoi que ce soit.

a ceux qui lui recommandent de renoncer, il répond avec /\ esprit et bienveillance, mais songe dans le secret de son esprit qu'il a vaincu seul, il y a quatre ans, et que tous ses conseillers ne savent rien de la grande élection. Depuis quelques mois, il se plaît à diviser les légitimistes en repre­nant, tour à tour, leurs propositions sur les étrangers, sur le labeur et bientôt peut-être sur les impôts. Ceux qui sondent les reins et les cœurs vous confient avec assu­rance qu'il n'a plus aucune chance, mais le chef de l'État ne les écoute pas. Il sait qu'il devra se faufiler dans la plus étroite des ruelles, mais compte sur son agilité et sur la chance qui partout l'accompagnent. Sa seule espérance est de gagner et s'il gagne il sera bien temps de mag­nifier sa victoire. Il sait que la posté­rité n'est pas équitable dans ses arrêts. Celui qui gagne efface, comme par miracle, les médiocrités grâce auxquelles il s'est hissé jusque-là. S'il gagne, on ne verra plus, pense-t-il, la France épuisée, on n'entendra plus les imprécations, les cris de douleur et de détresse des victimes. Toutes ces lamentations, qui à chaque fois l'étonnent, quand il suffirait au bon peuple de profiter, sans excès, des plaisirs qu'offre l'existence.

La vérité que tout le monde sait, mais que personne n'ose affirmer, est que le chef de l'État ne fait pas de la poli­tique. L'ordre des choses, la paix ou la guerre, la prospérité ou la crise, ne sont rien d'autre que des contraintes qui per­mettent de conquérir le pouvoir et ensuite de s'y maintenir. Ce pouvoir qui dépouille les belles âmes donne aux médio­cres les plaisirs de narcisse. Pour eux, c'est à cette échelle que tout se juge. François de La Haye est trop intelligent pour ne pas savoir que c'est une illusion, mais pour lui, comme pour le philosophe, « rien ne vaut rien, il ne se passe jamais rien, et cependant tout arrive ». Un de ses ministres me confiait tantôt : « II vaut mieux passer ce rien à table, en bonne compagnie et dans le plus confortable des décors. » Et la France ? La France ? Allons, mon cousin, nous sommes entre gens convenables. Pourquoi encombrer la conversa­tion d'interrogations aussi déplacées ?

 

Rastignac.

 

( II ) Pastiche de Phèdre ( de Racine ) par ...Pierre DAC :

 

https://www.youtube.com/watch?v=JZOaevlPg0k

 

Et ci-dessous, un extrait de l'analyse de Phèdre par Paul Valéry. Car je m'en voudrais de donner à penser que le chef d'oeuvre de Racine ( une des plus belle tragédie de la littérature française ) se réduit à la caricature, si talentueuse qu'elle soit, éventuellement, de Pierre Dac

 

« Racine n'a point baigné de tendresse ce désir à l'état brut qu'exhale et chante Phèdre. Minos et Pasiphaé, ses auteurs, n'avaient pu guère léguer à leur enfant ce qui n'était pas dans leur nature. Ils ignoraient ce don si doux, cette naissance en nous d'une suavité profuse qui détend trop délicieusement toutes les forces de l'âme quand elle s'abandonne sans défense à la faiblesse de chérir. C'était un couple d'êtres durs. L'amour archaïque, tel qu'il apparaît dans la plupart des mythes, ne manifeste que son implacable essence instinctive. Il n'est encore qu' « une force de la nature », subie et reconnue comme telle.... Phèdre ne peut pas être une très jeune femme. Elle est dans l'âge où celles qui sont véritablement, et comme spécialement, nées pour l'amour, ressentent dans toute sa force leur puissance d'aimer. Elle est à cette période que la vie se connaît pleine et non remplie. A l'horizon, la décadence du corps, les dédains et la cendre. Alors cette vie éclatante éprouve le sentiment de tout son prix. Ce qu'elle vaut engendre ce qu'elle veut dans les ombres de sa conscience, et voici qu'insensiblement tous ces trésors trop lourds se destinent virtuellement à quelque ravisseur indéterminé qui les surprenne, les exalte, les consume, et qui s'orne déjà, sans avoir paru, de tous les dons qu'une attente anxieuse, une soif de plus en plus ardente lui confère... ... Tout à coup l'événement se produit. Quelqu'un paraît, qui paraît aussitôt celui-là qui devait paraître. Pourquoi pas quelque autre? On peut toujours douter si quelque autre capitaine de belle mine n'eût pas tout aussi bien déterminé la décision? Mais ce fut Hippolyte ».

 

Analyse spectrale de François Hollande, par Rastignac
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