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Publié par Edouard Boulogne

Pensée matutinale : Toute constipation est-elle tolérable?
Pensée matutinale : Toute constipation est-elle tolérable?

Petite rubrique matinale, qui à partir d'un texte, d'un événement, d’une œuvre d’art, etc, s'efforce de dégager une signification, un effort à faire, une direction à prendre, que l'on partage ou non cette analyse. Il s'agit de butiner, et d'élaborer son propre miel.

 

Le Scrutateur.

 

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Ne soyez pas inquiet, lecteur très cher, si le nom de Philippe Muray ne vous est pas connu, et encore moins le titre de celui de ses ouvrages dont j'ai extrait le bref passage que je vous offre à lire en ce matin du 14 janvier 2016 : Festivus, Festivus, publié chez Fayard dans la collection Champs, essais.

Philippe Muray est, en effet, un écrivain « de droite », et comme tel plutôt marginalisé, ou exécuté sans procès sur « leurs »médias de l'audiovisuel.

Muray est cependant un homme de talent, et l'extrait ci-dessous, écrit dans un style ironique, et même un peu provocateur, ( « blasphémateur » comme trancherait à la façon d'un couperet de guillotine « leur » Laurent Ruquier dans un gloussement de haine froide ), recoupe, autrement, mais dans le même sens, les propos d'Elizabeth Badinter, de gauche pourtant, mais bénéficiant, pour le moment, d'une relative indulgence pour des motifs que les gens avisés connaissent.

Mais je vous laisse en compagnie de Philippe Muray.

 

Le Scrutateur.

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« Il y a quelques années, j'avais eu le malheur de lire un roman du très attristant Michel Tournier, Les Météores, où l'apolo­gie de la voirie et de la gadoue se trouve curieusement liée à celle de l'homosexualité, mais c'est son affaire, et où toutes deux sont convoquées pour dresser un procès d'une extrême violence contre l'hétérosexualité. C'est ainsi qu'un personnage se laisse même aller à proclamer : « Moi qui suis sujet à constipation, je serais guéri si je disposais chaque matin de la face d'un hétérosexuel pour la couvrir de ma bouse. Conchier un hétérosexuel. Mais n'est-ce pas lui faire encore trop d'honneur ? Ma bouse n'est-elle pas de l'or pur au regard de son abjection ? » On me dira, bien sûr, qu'il s'agit là d'un personnage (constipé, donc hystérique) qui s'exprime en son nom propre (enfin propre). En son nom propre de personnage de roman. Mais imaginons que ce personnage de roman dise, par exemple, en son nom propre pas très propre de personnage de roman constipé : « Moi qui suis sujet à constipation, je serais guéri si je disposais chaque matin de la face d'un Arabe (ou d'une femme, ou d'un Noir, ou d'un handicapé moteur, ou d'un tétraplégique, etc.) pour la couvrir de ma bouse. » Est-ce que ce serait encore un personnage parlant en son nom propre de personnage de roman ? Est-ce que l'on n'applaudirait pas de manière unanime les associations qui, se foutant éperdument de la problématique du personnage de roman parlant en son nom propre de personnage de roman, se porteraient partie civile contre ce personnage de roman parlant en son nom propre de personnage de roman ? ».

 

Sans autres commentaires, sauf les vôtres, si le coeur vous en dit.

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Georges Lafreu 14/01/2016 14:56

Pour compléter votre dessin des "Birds", J'aurais été tenté de vous demander si le journal que l'un des oiseaux se propose (in petto) de prêter ne serait pas France-Antilles, mais il paraît que non : les experts hésiteraient, m'a-t-on dit, entre L'Immonde et L'Aberrhation (à moins que ce ne soient entre Le Monde et Libération).