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Publié par Edouard Boulogne

Immigration : Dans le Figaro, Pascal Bruckner dénonce la tentation suicidaire de l'Occident.
Immigration : Dans le Figaro, Pascal Bruckner dénonce la tentation suicidaire de l'Occident.

Sur facebook, hier je publiais, sous le titre " nos immigrants sont bien gentils", une video, montrant des immigrés refusant la nourriture qui leur était offerte, sous prétexte qu'elle leur était proposée par des femmes. Misogynie tout islamique. ( voir le lien : Nos immigrants sont bien gentils : https://www.facebook.com/jean.de.rycker/videos/vb.1062605380/10207118486134851/?type=2&theater ).

Un jeune aussitôt m'adresse une réprimande avec le commentaire suivant : « il est trop facile de publier un lien sans l'avoir vérifié » en m'envoyant un lien sous entendant ma mauvaise foi : ( http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/en-hongrie-des-migrants-pieges-refusent-de-quitter-un-train-pour-aller-dans-un-camp-de-refugies_1712380.html ) et m'obligeant à lui faire remarquer qu'il s'agissait, d'une part de deux informations distinctes, concernant le premier l'Allemagne, le second, la Hongrie, son apport personnel renforçant le poids de mon avertissement. Et j'ajoutais que je n'avais pas entendu dire que, pendant la seconde guerre mondiale les juifs s'étaient précipités en masses pour immigrer en Allemagnes nazie, ou en Hongrie sous contrôle allemand et alliée de fait du gouvernement hitlérien.

L'immigration actuelle est d'une tout autre nature, et je renvoie à un article récent paru sur notre blog : http://www.lescrutateur.com/2016/01/la-hidja-immigration-ou-le-cheval-de-troie-et-l-immigration.html .

La vulnérabilité de notre opinion publique à la propagande des islamistes relayée par la cinquième colonne en Europe est justement dénoncée dans le Figaro de ce jour par Pascal Bruckner.

Il faut le lire, lentement, attentivement, et le méditer.

 

Le Scrutateur.

 

Pascal Bruckner : « Notre attitude d’auto-accusation nous désarme face à la barbarie »


 

PROPOS RECUEILLIS PAR Vincent Tremolet de Villers Eléonore de Vulpillières

LE FIGARO. - Vous êtes de ceux qui estimaient, il y a deux ans maintenant, que l’affrontement avec l’État islamique serait long et violent. Avons-nous pris selon vous la mesure de la menace ?

Pascal BRUCKNER. - On n’est jamais le contemporain de ce que l’on vit, et l’événement historique surgit dans l’incompréhension. De bons esprits contestent que nous soyons en guerre : si par là on entend les tranchées de 1914 ou l’occupation allemande de 1940, ils ont raison. Il s’agit plutôt d’un état de « guerre dans la paix » : on ne voit pas d’ennemi en uniforme, il n’y a pas de front et pourtant presque chaque semaine éclate un incident sanglant en France. Une sourde menace pèse sur nous à chaque instant : elle peut surgir dans les transports en commun, dans un supermarché, un lieu de culte, une école. Les cibles sont indifféremment des civils ou des soldats. N’importe qui peut tomber sous les balles. Une partie de l’intelligentsia voudrait occulter cette réalité et en revenir au « business as usual » : le réchauffement climatique, la question sociale voire la lutte des classes. Le reste serait un épiphénomène. Mais il faut être à la hauteur de ce qui nous arrive ; on jugera les politiques et les intellectuels sur la façon dont ils ont su, ou non, appréhender l’événement. La vérité est que la guerre, à la fois militaire et idéologique, ne fait que commencer. Il faut préparer nos enfants à un état d’esprit qui n’est plus « l’âge d’or de la sécurité », comme l’appelait Stefan Zweig en 1939. Nous comprenons une chose terrible : les 70 ans de paix que nous avons vécu en Europe, depuis 1945, n’étaient qu’une parenthèse.

Le président de la République hésite toujours à nommer la menace…

Seul le premier ministre a employé le terme d’« islamo-fascisme », en janvier 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo. On peut comprendre l’embarras sémantique : le cœur de cette gangrène, c’est tout de même un radicalisme dont le siège se trouve en Arabie saoudite, pays avec lequel nous entretenons d’excellentes relations politiques et commerciales. Les Saoudiens ont commencé l’année par 45 décapitations… Où est la différence avec Daech ?

On amalgame de plus en plus les trois religions : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ont-elles le même rapport à la violence ?

Dénoncer en soi le fait religieux est ridicule. Les religions forment la respiration spirituelle de l’humanité depuis les origines et même les bolcheviques n’ont pu les éradiquer. Les trois monothéismes ne vivent pas sur le même fuseau horaire. D’abord le judaïsme n’est en rien prosélyte et, s’il comprend des orthodoxes et des fanatiques, il inclut également des libéraux. Le catholicisme a organisé le concile Vatican II, a reconnu ses erreurs et ses crimes. Ce qui n’est pas le cas, à ma connaissance, de l’islam sunnite ou chiite. Le pape prône l’amour et la miséricorde et non l’égorgement des infidèles. Judaïsme et christianisme sont devenus des parlements dans lesquels toutes les expressions de la foi peuvent cohabiter, où les extrêmes sont contenus. Il reste des intégristes mais ils ne se font pas exploser comme des bombes humaines aux quatre coins de l’univers. L’idée qu’il existerait un intégrisme universel qui aurait pour nom tantôt ­Donald Trump ou al-Baghdadi, tantôt les rabbins hystériques ou les imams ivres de haine est fausse. C’est l’islam radical et lui seul qui produit ce goût du martyre volontaire, cette « industrie de la mort » (Hassan al-Banna) à grande échelle. En l’espèce, nous devons dire : pas d’amalgames !

Il y a des penseurs musulmans qui reconnaissent ces différences…

Il y a treize ans, dans vos colonnes, dans un article contre la notion « d’islamophobie », j’en appelais à un grand mouvement de soutien des dissidents de l’islam sur le modèle de ce que nous avons fait pour les dissidents du bloc soviétique. Pendant des années, en Europe comme aux États-Unis, nous avons vilipendé les intellectuels musulmans éclairés qui demandaient une relecture intelligente du Coran, une remise en cause des dogmes, de l’inégalité entre hommes et femmes. À la place, nous nous sommes agenouillés devant les extrémistes : pensez que Tariq Ramadan a été conseiller de Tony Blair ! Nous payons cher notre naïveté et notre vision de l’islam comme « religion des opprimés ».

« Hashtags », chansons de Jacques Brel, bougies… Que peuvent valoir nos armes face à celles de nos ennemis ?

Les larmes, les messages, les commémorations sont indispensables après un traumatisme collectif. Mais notre mode de vie est devenu en lui-même un geste de résistance, comme l’a démontré le mouvement des terrasses. Consommer est désormais un acte patriotique. C’est par nos mœurs, nos coutumes, notre occupation de l’espace urbain que nous opposons notre mépris de civilisés aux tueurs. Après une courte période de peur, ces réflexes se sont reconstitués. L’un des effets paradoxaux du terrorisme est la revalorisation de la nation, jusque-là décriée. Le peuple entier redécouvre son héritage historique, symbolique. Les Français se sont réapproprié la France. Les deux ministères régaliens les plus applaudis sont l’Intérieur et la Défense, une révolution par rapport au passé proche. Pour le dire très simplement : notre mode de vie n’est pas négociable. Commencer à remettre en question nos libertés, prôner des « accommodements raisonnables », exiger, comme l’a demandé la maire de Cologne, que les femmes se tiennent à distance raisonnable des hommes, serait un acte d’abdication.

Vous étiez il y a deux ans, le jour de Pâques, à Erbil avec les chrétiens d’Orient. Sont-ils les grands oubliés de ce conflit ?

Dans l’opinion courante, chrétiens ou juifs n’ont rien à faire en terre d’islam. Ils sont perçus comme des usurpateurs. C’est oublier, par exemple, que les juifs d’abord et les chrétiens ensuite étaient là plusieurs siècles avant les musulmans et qu’ils en ont été chassés par les armées de Mahomet. Pour une partie de la gauche et de l’extrême gauche, le chrétien ne peut pas être une victime puisqu’il est par nature un oppresseur. Quant à la souffrance juive, surtout depuis la création d’Israël, on ne veut plus l’entendre. C’est une chanson qui lasse. Il faut lui substituer la seule qui vaille, celle des musulmans. Ce qu’il faut combattre, c’est « l’islamophobie » devenue le substitut de l’antisémitisme.

La crise migratoire que vit l’Europe ajoute à l’inquiétude. Daech peut-il profiter de cette crise des migrants ?

Il est fondamental de respecter son ennemi, c’est-à-dire de le prendre au sérieux et de croire ce qu’il dit. Daech adopte une stratégie non pas régionale, mais mondiale : il est capable de frapper sur plusieurs continents simultanément. La mobilité de ses troupes est stupéfiante. Le procureur Molins rappelait récemment que Daech était passé maître dans la pratique de la dissimulation, taqiya en arabe : porter une croix, se raser la barbe, se déguiser en chrétien sont autant de pratiques destinées à s’introduire plus facilement en Europe. L’arrivée sur le territoire européen de centaines de milliers de réfugiés syriens, afghans, pakistanais ou autres peut en ce sens être utilisée par l’État islamique (EI) mais aussi le Front al-Nosra comme un nouveau cheval de Troie. N’oublions pas ce que le président turc, Erdogan, Frère musulman, avait déclaré en 1996, alors qu’il n’était encore que maire d’Istanbul : « Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats. » Nous ne voulons pas croire ce type de prévision ; le musulman serait par nature un damné de la terre. Comment pourrait-il être méchant et viser à la domination planétaire ?

Que vous inspirent les événements de Cologne et leur traitement médiatique ?

Cologne est la reproduction sur le territoire européen du marché aux esclaves de Mossoul et Raqqa. Le récit des victimes est saisissant : elles avançaient au milieu d’une foule d’hommes qui les soupesaient, les touchaient avec des remarques obscènes. Cologne a réveillé l’Allemagne de l’angélisme de la bonté. Angela Merkel serait bien inspirée de méditer cette phrase d’un de ses compatriotes, Bertold Brecht : « Redoutable est la tentation d’être bon. » Au lieu d’une hospitalité conditionnelle et lucide, elle a voulu procéder à une répudiation spectaculaire du nazisme en ouvrant les frontières et, ce, sans consulter ses partenaires européens. Elle a pratiqué la philanthropie dans un seul pays comme Staline prônait le socialisme dans un seul pays. La chancelière, si prudente d’habitude, a sombré dans la démesure de la générosité. Elle a voulu laver la République fédérale de la souillure du IIIe Reich. Les Allemands se faisaient du bien en faisant le Bien, affichaient leur vertu de façon ostentatoire. Maintenant, ils connaissent l’amertume de l’ingratitude. Au lieu d’être être éperdus de reconnaissance, certains étrangers se conduisent mal. Une illusion tombe, les yeux se dessillent. Les Allemands comme une majorité d’Européens partagent la certitude d’être la seule source du mal dans le monde. Notre orgueil est de croire que nous sommes à l’origine de la violence dans l’histoire. Les autres peuples sont innocents par nature ou se contentent de réagir à notre brutalité. Nous les écrasons, ils s’insurgent. Le réfugié est la version moderne du bon sauvage. Il souffre, c’est de notre faute, nous lui devons assistance. S’il agit mal, c’est parce que nous avons été méchants avec lui. Il y a de la mégalomanie et de la condescendance dans cette certitude : elle revient à établir que l’Europe demeure éternellement au sommet de l’ignominie et que les autres peuples ne sont pas responsables de leurs actes.

Par exemple ?

Sur une émission d’Arte, le 14 janvier, aux côtés de Caroline Fourest et de Valérie Toranian qui n’en croyaient pas leurs oreilles, le sociologue Éric Fassin expliquait les agressions de Cologne comme des actes politiques : les Allemandes sont des femmes blanches, donc dominantes. Il semblait ainsi suggérer que ces actes pouvaient être requalifiés en gestes de rébellion, et donc perdre de leur gravité. Le blanc étant la couleur du maître, du colon, du salaud bien sûr. Certaines féministes ne sont pas en reste : elles condamnent ces événements pour mieux rappeler que tous les hommes sont des harceleurs, des violeurs potentiels. Il faut noyer l’abomination du crime dans la grande nuit de l’équivalence. Cibler les auteurs de ces attaques, rappeler la condition d’infériorité des femmes dans certains pays du Proche-Orient, ce serait se rendre coupables de racisme, adopter l’attitude d’impérialistes arrogants. Bref, c’est encore nous les coupables ! Dans cette guerre qui commence, je crains moins la virulence des fous de Dieu que la virulence de l’ennemi intérieur que chaque Européen porte en lui et lui commande de céder à qui veut le soumettre. Face aux horreurs commises, nous allons répétant : c’est ma faute, c’est ma très grande faute. Il s’est même trouvé un philosophe pour expliquer la tuerie du 13 novembre par les « actes islamophobes » de la France. On se pince ! Tant que nous garderons cette attitude d’auto-accusation permanente, nous resterons désarmés face à la barbarie.

 

 

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