Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

En chemin avec Ulysse?
En chemin avec Ulysse?

Ce matin aux aurores j'ai découvert, sur facebook, cette composition photographique proposé par un ami, sur son site si profus en images  qui ne demandent, souvent, que la générosité complice des visiteurs pour les emporter aux pays du rêve, parfois, plus dangereusement, au pays de la vérité.

Ainsi cet enfant, - sur ce rivage, entre mer en fusion d'argent,  et ciel bas, tourmenté et lourd , cheminant songeusement, le front baissé, mais d'allure alerte comme l'indique le mouvement des bras, et dont les traces de pas sont comme une invite à le suivre dans sa quête – cet enfant m'a-t-il ramené des années en arrière, en 1960, exactement, et à un poème de Roger Bodart, qui m'avait tellement plu que je l'avais noté, et que je l'ai recherché pour y puiser ces passages, sans risque d'erreur de mémoire.

Sur le thème du voyage, et donc d'Ulysse, Bodart enchante, inquiète, stimule, en tout cas donne à penser.

Puissent ces passages du poème susciter en vous, le même choc qu'en moi à la première et lointaine lecture, et les déflagrations de ce jour, si longtemps, longtemps, longtemps après que le poète ait ... fulguré.

 

Le Scrutateur.

 

_________________________________________________________________

 

« (........) Moi je m'en vais voguer jusqu'à ce que je touche

La véritable Ithaque au delà de la mer.

 

Et Ulysse repart :

 

Tu ne seras jamais chez toi quoi que tu veuilles :

Tu es l'acteur qui marche en trouant le décor;

C'est l'acteur qui ne peut même dans la coulisse

De son rôle sortir ni son masque arracher.

Tu resteras toujours Ulysse, Ulysse, Ulysse.

C'est ta joie et ton mal, ta gloire et ton péché.

Cette rame est ta croix. La route est ton calvaire.

Mais ce toujours marcher, c'est toi qui l'as voulu ».

 

Et c'est la fin d'une vie. Dans la terre seule, Ulysse le Voyageur a trouvé le repos au terme d'une longue marche dont l'errant ne fait que confusément deviner le sens vrai : — « la véritable Itha­que au delà de la mer ».

 

 

La tombe est une barque en un golfe arrêtée.

Elle ne berce plus le poète endormi.

Il a touché le port, une Ithaque enchantée,

Pénélope fidèle et la main de l'ami.

 

La chanson du retour, un autre l'a chantée.

Ulysse est un géant prisonnier des fourmis.

Qu'importe désormais sa ruse tant vantée?

Le sable l'a déjà recouvert à demi. »

 

Le même Roger Bodart a écrit encore un autre poème, sur le même thème, que je livre à la méditation, cette méditation que la technologie moderne tend quelque peu à exténuer, et à éteindre. C'est la « Chanson triste ».

 

Chanson triste.

 

Je chante une chanson triste.

On ne saura pas pourquoi.

Que nul ne suive ma piste :

II se perdra dans les bois.

 

Si tu me cherches dans l'ombre,

Je vole dans la clarté.

Ne fleurissez pas ma tombe :

Je suis à votre côté.

 

Pourtant la mélancolie

Est ce qui demeure en moi.

C'est un serpent qui me lie

Jusqu'à les briser mes doigts.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Guillaume 11/01/2016 10:57

Vers magnifiques. Une chanson triste que je lis aujourd'hui, 11 janvier, journée du souvenir. Il y a un an, les français se donnaient la main dans la rue...