Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Allons! Allons ! Un peu de fortitude, Mordious !

Allons ! A ceux qui ( comme moi, présentement ) contemplant le paysage, à gauche, et....à droite, au centre, en bas, - et non seulement chez nous, en les Isles, mais sur toute la France, qui fut douce, l'Europe, les Amériques et ailleurs, - défaillent au spectacle de la médiocrité, du vol et du dol institutionnalisés, de la luxure banalisée, du néant rigolard proposé en idole aux foules rigolardes, à tous ceux là je donne le conseil suivant, que j'ai mis en oeuvre avec bonheur.

La recette est vieille, souvent efficace : vous prenez un livre, n'importe lequel. Vous l'ouvrez au hasard, comme fit jadis Augustin, qui le rapporte dans ses Confessions «  Prends et lis »!. Puis vous lisez le premier texte qui vous tombe sous les yeux.

Ainsi fis-ce matin aux aurores.

Le livre, offert par le hasard ou par la Providence, ne fut ni la Bible, ni l'Alkoran, ( pas fou le LS ! ) mais … l'Anthologie de la poésie française, de Georges Pompidou ( un monsieur trop oublié ).

La page fut l'une de celles consacrées au poète Charles d'Orléans, vous savez l'auteur de ces merveilles de vers :

 

« Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie,

Et s'est vêtu de broderie,

De soleil luisant, clair et beau. »

 

Et le texte, à moi dédié par le hasard.... ou la Providence, fut une Complainte, laquelle me renvoya à cette si belle pensée de Paul Claudel : «  C'est l'hiver, on croit que tout est fini, et voilà qu'un rouge-gorge se met à chanter ».

Voici donc la Complainte du Charles d'Orléans, duc et...poète, au XV ème siècle qui nous rappelle que duc et pair, ou roi, ou simple pèlerin du siècle qui nous échoit, il est vain de penser que « ce fut mieux avant », et que la seule vraie maxime, à suivre contre vents et marées, est toujours « battu parfois, battant souvent, abattu jamais, qui comme le chevalier Charrette marcha d'un si bon pas.

 

Le Scrutateur.

_________________________________________________________________________

 

Complainte

 

France, jadis on te soûlait nommer,

En tous pays, le trésor de noblesse,

Car un Chacun pouvait en toi trouver

Bonté, honneur, loyauté, gentillesse,

Clergie, sens, courtoisie, prouesse.

Tous étrangers aimaient te suir.

Et maintenant vois, dont j'ai déplaisance,

Qu'il te convient maint grief mal soustenir,

Très chrétien, franc royaume de France.

 

Sais-tu d'où vient ton mal, à vrai parler?

Connais-tu point pourquoi es en tristesse?

Conter le veux, pour vers toi m'acquitter,

Écoute-moi et tu feras sagesse.

Ton grand orgueil, glotonnie, paresse,

Convoitise, sans justice tenir,

Et-luxure, dont as eu abondance,

Ont pourchacié vers Dieu de te punir,

Très chrétien, franc royaume de France.

 

Ne te veuille pourtant désespérer,

Car Dieu est plein de merci, à largesse.

Va-t'en vers lui sa grâce demander,

Car il t'a fait, déjà piéça, promesse

(Mais que fasses ton avocat Humblesse)

Que très joyeux sera de te guérir;

Entièrement mets en lui ta fiance,

Pour toi et tous, voulut en croix mourir,

Très chrétien, franc royaume de France...

 

Et je, Charles, duc d'Orléans, rimer

Voulus ces vers au temps de ma jeunesse;

Devant chacun les veux bien avouer,

Car prisonnier les fis, je le confesse;

Priant à Dieu, qu'avant qu'aie vieillesse,

Le temps de paix partout puisse avenir,

Comme de cœur j'en ai la désirance,

Et que voie tous tes maux brief finir.

Très chrétien, franc royaume de France!

 

Charles d'Orléans

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article