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Publié par Edouard Boulogne

Une lecture plus qu'utile : 2084, “roman nécessaire et puissant”

Dans sa plus récente parution le site de Canal Académie consacre 16 articles documentés et passionnants à l'islam, étudié en profondeur par des spécialistes de la question ( www.canalacademie.com ).

En guise d'introduction à ce dossier il propose un extrait du discours de Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française, lors de la séance de remise du Grand Prix du roman de l’Académie française, le 29 octobre 2015 à l'écrivain algérien Boualem Sansal pour son roman 2084. A lire.

 

Le Scrutateur.

 

PS : Si vous avez cliqué sur le lien ci-dessus ( Canal Académie ) vous aves accédé au site et sa livraison mensuelle, aujourd'hui sur  sur l'Islam. Mais vous ne pouvez encore écouter les passionnantes interviews des personnalités éminentes, qui sur toutes sortes de sujets très passionnants, nous entretiennent de leurs recherches et de leurs travaux.

Cet accès est rendu possible par l'abonnement ( en ligne ) à Canal Académie, pour moins de 30 euros par an.

Chers amis, je vous encourage vivement à consentir à cette dépense somme toute modique, et dont votre curiosité intellectuelle sera  payée au centuple. 

 

EB

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2084, “roman nécessaire et puissant”

« Le roman de M. Boualem Sansal a retenu l’attention de l’Académie française en raison de ses qualités littéraires, mais également de son contenu politique et de son courage.
2084 revêt la forme bien connue du roman d’anticipation, une contre-utopie qui a acquis ses lettres de noblesse grâce à l’œuvre d’Aldous Huxley ou celle de George Orwell (auquel le titre fait explicitement référence). Toutefois, on sent bien que l’intention de l’auteur n’est pas d’explorer un futur lointain et abstrait mais d’attirer l’attention sur des évolutions qui sont déjà en cours dans certains lieux du monde contemporain.
De ce point de vue, le roman se situe dans la lignée d’œuvres plus récentes comme celle de Coetzee, En attendant les barbares, ou celle de notre confrère Amin Maalouf, Le Premier Siècle après Béatrice.
Le héros du roman de Boualem Sansal est un quidam appelé Ati. Dans une première partie du livre, Ati nous introduit dans le monde particulier de 2084, une étouffante théocratie où règnent partout les interdits et la violence. Dans ce monde, les individus ne sont pas forcés à croire car la foi est encore une liberté : ils pourraient être tentés de ne pas croire ou de croire autre chose. Ce qu’on leur demande, c’est seulement d’adopter les rites qui corsètent chaque instant de la vie et leur ôtent toute liberté. Une surveillance tatillonne et une terrible contrainte envahissent la vie quotidienne de tous.
Mais Ati permet aussi de découvrir les limites de ce système et ses failles. Dans ce monde étouffant, où la société totalitaire prétend régner sur la planète entière et ne laisser aucune région hors de son contrôle, Ati va pourtant découvrir qu’il existe quelque chose d’inattendu et de presque inconcevable : des frontières. Il va explorer ces marges et nous montrer dans quelle mesure et à quelle condition on peut tenter d’échapper à ce prétendu paradis qui est en réalité un enfer.
Fiction fondée sur l’observation de la radicalité religieuse telle qu’elle se déploie aujourd’hui dans le champ de l’islam, 2084 reprend une grande partie des observations que Boualem Sansal avait livrées dans ses essais, en particulier récemment Gouverner au nom d’Allah.
Par sa force narrative, sa dimension de critique politique et sociale, sa lucidité, ce roman est à la fois nécessaire et puissant. L’Académie espère, en lui remettant son Grand Prix, contribuer à élargir le public déjà vaste d’un auteur majeur du monde francophone. C’est un hommage à son talent mais aussi à son admirable courage. »


 

Discours prononcé par Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française, lors de la séance de remise du Grand Prix du roman de l’Académie française, le 29 octobre 2015.

 

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