Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Régionales Guadeloupe : La guerre des rosses, ou la Guadeloupe livrée aux EGOS
Régionales Guadeloupe : La guerre des rosses, ou la Guadeloupe livrée aux EGOS

A la surprise de quelques-uns, le président sortant du Conseil régional, ancien ministre socialiste, Victorin Lurel a été, sinon battu du moins mis en grosses difficultés ( voir en photographie les résultats officiels de l'élection ) par le député maire de gauche, Ary Chalus, soutenu par une coalition hétéroclite comprenant une part des socialistes ( honteux ) du GUSR ( Guadeloupe Unie, Socialisme et Réalité ), et la captation d'une importante partie de l'électorat « de droite » peu enclin à la réflexion politique, conduit à l'abattoir par une dangereuse joueuse flute, habituée des coups tordus tantôt contre la droite, tantôt contre la gauche dont elle vient.

Je n'ai rien de personnel contre les personnes individuelles restant en présence pour le deuxième tour, M. Ary Chalus, assez bon maire de Baie-Mahault, et député plus quelconque selon beaucoup, et Victorin Lurel, dont les défauts sont connus mais qui n'est pas non plus dépourvu de qualités certaines.

Mais je suis pour la Guadeloupe, et je considère qu'un territoire a besoin qu'un pouvoir soit équilibré par une opposition s'appuyant sur une idéologie alternative et consistante.

En d'autres termes, Victorin Lurel aurait dû se voir opposer une « droite » consistante et résolue, un contre pouvoir véritable et non un pouvoir dont le nerf serait simplement la coalition d'hommes et de femmes adversaires seulement pour le partage des places, et des émoluments qui vont avec ( en dépit de leurs dénégations, à cet égard, qui ne trompent plus grand monde ).

Ainsi fonctionne une vraie « démocratie », selon du moins le schéma idéal dont on rebat les oreilles des électeurs.

C'est la raison pour laquelle je pensais que M. Laurent Bernier ( les républicains ) pouvait utilement incarner cette opposition démocratique.

Il n'en a rien été, n'ayant obtenu que 04,49 %des suffrages exprimés.

Ce résultat trop modeste et insuffisant est peut-être dû au fait, qu'il allègue, de s'être déclaré candidat trop tardivement ( en septembre dernier, quand ses concurrents étaient à l'oeuvre depuis un an et plus ). Peut-être aussi n'a t-il pas suffisamment marqué son territoire idéologique, et la constitution de sa liste porte la marque de cette timidité. On y notait des soutiens se déclarant résolument « de gauche » mais désireux cependant par leur « geste » d'aider Laurent. On a connu des « soutiens » plus efficaces. En revanche, des nouveaux venus, non dépourvus d'expériences, et consistants sur le plan des idées ont été écartés par timidités sans doute.

Mais la vraie cause de l'insuccès du candidat Bernier a été le véritable « détournement d'électorat » opéré sur la droite par Lucette Michaux-Chevry.

Beaucoup ont oublié le passé socialiste de cette dame, avant que par opportunisme ( en novembre 1980 Valéry Giscard d'Estaing était encore donné vainqueur de l'élection présidentielle de 1981 contre François Mitterrand ) elle ne rallie la droite de l'époque. Or Giscard fut battu, et L M-C ne pouvait, décemment revenir à gauche immédiatement. Dans les années 1980 à 1990, elle joua fort bien, avec son incontestable talent, et son redoutable charisme, le rôle du « leader de droite », défenseur de la Guadeloupe française, contre les terroristes de l'UPLG et du MPGI.

C'est sur cette vision de cette « dame de fer » guadeloupéenne que trop de gens restent encore aujourd'hui, alors que dès le début des années 1990 « Licette an nou » minait « la droite » de l'intérieur, et travaillait la main dans la main avec ceux qui l'avaient combattu. J'en sais quelque chose, et M. Gérard Penchard aussi, qui faillit laisser sa vie dans un meeting à Capesterre Belle Eau, pour protéger la dame en s'interposant entre elle et un cocktail Molotov que lui avaient destiné des indépendantistes.

J'entends encore M. Gérard Penchard me disant tout le mal qu'il pensait de cette tortueuse politicienne, dans son bureau de Basse Terre en 2004 « la plus grosse déception de ma vie politique » martelait-il.

Michaux Chevry est l'un des principaux auteurs du bon résultat de Chalus à ce premier tour de l'élection régionale.

Ary Chalus a-t-il lu Le prince de Machiavel, dont le modèle fut un César Borgia, dont les méthodes expéditives à l'encontre de ceux qui lui barraient la route du pouvoir, s'appuyant sur le soutien de son père le perfide Alexandre VI ( pape de son Etat ) les éliminait sans vergogne?

Ici l'ennemi pour Chalus ce n'est pas César, mais une Césarine. Et le soutien de celle-ci n'est pas un papa, mais une ...manman.

Je ne suis pas un chef politique, et dès lors je n'ai pas d'instructions de vote à donner. Je n'ai pas d'électeurs, mais seulement des lecteurs, dont certains daignent prêter attention, quelquefois à ce je pense.

Ce que je peux leur dire en ce lundi 07 décembre, c'est que si dimanche prochain je me résigne à voter pour accomplir, la mort dans l'âme « mon devoir citoyen », je sais pour qui je ne voterai pas.

 

Le Scrutateur.

3 ) En Guadeloupe : La guerre des rosses.  4 ) Quand la rose se venge.
3 ) En Guadeloupe : La guerre des rosses.  4 ) Quand la rose se venge.

3 ) En Guadeloupe : La guerre des rosses. 4 ) Quand la rose se venge.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

XAM CIREDERF 07/12/2015 19:42

Quand je lis ce compte rendu du Scrutateur, je ne peux qu'être d'accord, en considérant que certains vont vouloir se considérer comme vainqueurs alors qu'ils n'auront que plonger la Guadeloupe dans un nouvel abime .Mais ce que je crains, c'est que Paris ne se croit obligé de porter des félicitations à ceux qui qui, nommées dans le récit, sont la vraie cause du déclin des idées de la droite républicaine et démocrate de la Guadeloupe. Nous aurons au cours de cette semaine l'occasion de commenter plus amplement cette trahison qui conduit à avoir le résultat de ce premier tour.

luc Andre 07/12/2015 17:03

La situation du paysage politique guadeloupéen n'est pas très éloignée de celle de notre Martinique qui tente tant bien que mal de redresser le camp de la droite, trop longtemps cadenassé par des leaders déchus incapables d'accepter le renouvellement.
Est-ce la proximité de mr Lurel avec ce gouvernement de gauche qui l'aurait affaibli?
La bataille des ego décrite dans votre article, rappelant d'autres régions, amène à s'interroger sur la fiabilité des convictions et des idéologies à qui il ne reste, selon moi, que le nom.
Dans nos petits territoires, pourquoi l'union autour d'un projet n'est-elle pas mieux défendue et mieux proposée car nous risquons de permettre à ces assoiffés du pouvoir d'écarter la pensée citoyenne et l'engagement des vraies compétences de la volonté du vivre ensemble.
Les ténors d'hier, à force de vouloir encore jouer un rôle dans la vie politique rusquent de mettre à mal la démocratie et les aspirations de nos populations