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Publié par Edouard Boulogne

Régionales à la Martinique : Décryptage, par Luc André.
Régionales à la Martinique : Décryptage, par Luc André.

Je remercie notre ami Luc André de cet article utile pour décrypter l'élection en Cours, à la Martinique.

 

LS.

 

 

La nouvelle Collectivité Territoriale de Martinique voulue par certains élus et imposée à des citoyens qui n’avaient aucune idée de la gouvernance, décidée à leur insu, a donné lieu à des débats qui n’ont en rien rassuré les électeurs.

La prise en compte presqu’exclusivement du bilan et du budget du Conseil Régional et l’oubli des ceux du Conseil Général pourtant plus importants avait elle un but ?

Simple spectateur de la vie politique, je ne prétends pas avoir la réponse.

Huit listes se sont présentées afin de contester l’équipe sortante, ce qui démontre une fois de plus que la bataille des ego était plus importante que celle des idées et des projets.

Le décryptage des résultats du premier tour fait ressortir la reconnaissance et la crédibilité du pari osé de Martinique Citoyenne, tandis que les deux listes « syndicalistes » se sont neutralisées avec des discours à la « Laguiller » qui s’essoufflent.

La volonté de Philippe Petit de maintenir son cavalier seul avec sa liste de l’UDI, en refusant toute alliance avec la droite et le centre,  risque de l’entrainer vers une fin annoncée de sa carrière politique.

Le trop grand nombre de formations politiques locales devaient permettre de regrouper les compétences et la stratégie de Serge Letchimy fut la bonne. Le leader du PPM, dernier Président du Conseil Régional, avait un bilan à présenter et la majorité des maires autour de lui ne pouvait que rassurer les électeurs englués dans une incompréhension de la nouveauté. Le regroupement autour d’Alfred Marie-Jeanne, leader du camp indépendantiste a souffert du choix de têtes de sections. Les candidats à la dernière Présidence de la Région et du Conseil Général (Alfred Marie-jeanne et Claude Lise) battus aux dernières élections de 2010 et 2011 n’ont pas permis l’émergence d’une relève. L’âge et l’esprit de revanche de ces anciens présidents ont été sanctionnés par une population fatiguée par les arguments utilisés dans cette campagne qui frôla le niveau des caniveaux.

La Liste dite de droite conduite par Yann Monplaisir a su limiter la « casse » en faisant progresser le score de ce camp en perdition depuis quelques décennies. Là aussi le choix des têtes de section a laissé à désirer.

Marcellin Nadeau, avec sa liste « Nou Pep La » axée principalement sur la transition énergétique et l’écologie a tenu un discours différent, mettant de côté son ancrage dans le camp indépendantiste, puisque comme certains ne l’ont pas compris il ne s’agissait pas d'une consultation sur le statut.

Pour Joseph Virassamy qui contestait la légalité de cette nouvelle Collectivité avec sa liste Départementale, il a pêché par des explications confuses et trop techniques pour les profanes qui n’ont pas compris son combat  pour faire annuler devant le Conseil d’Etat la CTM en présentant dans le même temps une liste.

Les résultats du premier tour ne font que confirmer que les citoyens ont davantage muri que les politiciens professionnels.  Une certaine opposition au choix de certains maires qui ont rallié le camp de la liste Ensemble Pour une Martinique Nouvelle conduite par serge Letchimy ne s’est affirmée que dans quelques communes du Sud (certaines voyant l’union du maire et de son opposant) comme Ducos et Diamant.

Cette élection provoquera, selon moi, une implosion de certains conseils municipaux et laisse entrevoir des municipales en 2020 pleines de combats fratricides.

L’agressivité, l’insulte et l’invective devront s’apaiser pour que ce défi que constitue cette nouvelle Collectivité  soit gagné par et pour la Martinique.

 

 

 Les élections sur le plan national.

 

Les résultats nationaux ont surpris les médias tandis que certains partis politiques faisaient semblant de ne pas comprendre la montée du Front National.

A force de stigmatiser ce parti, légal et autorisé, les donneurs de leçon n’ont fait que favoriser l’adhésion des jeunes par une publicité indirecte entretenue depuis des années. Au lieu d’apporter des solutions aux problèmes que soulevait ce parti, les dirigeants de droite et de gauche ont entretenu le mécontentement des Français déçus par une Union Européenne qui n’est qu’économique et qui a occulté une Europe militaire, une Europe politique, une Europe fiscale, une Europe sociale et une politique commune de l’immigration.

Les vagues de migrants, les résultats économiques, la politique pour combattre le chômage ont semblé être sous estimés par nos gouvernants qui ont montré contradictions, hésitations et quelquefois impuissance ont permis au Front National d’apparaître comme une alternative.

Le second tour, risquant d’être désastreux pour les partis dits républicains, incite certains dirigeants à la politique du retrait ce que les électeurs n‘admettent plus. Les voix n’appartiennent qu’aux électeurs qui ne se laissent plus séduire par des consignes de partis.

Les arguments de la peur de l’autre favoriseront l’adhésion au Front National qui tente de maintenir des valeurs et des principes malmenés par l’acceptation d’une immigration non choisie et mal contrôlée. Le Français ne peut plus accepter que l’autre, venant chez lui, lui impose sa culture, ses pratiques et quelquefois son arrogance.

Les originaires des outremers sont de plus en plus mal à l’aise dans cette France simplement par leur peur d’exprimer leur nationalité. Ils préfèrent se réfugier auprès de communautés au lieu de s’accepter comme Français. Ils n’ont pas à s’intégrer mais simplement à s’adapter comme le ferait un Breton qui s’installerait à Marseille. Chaque région a ses spécificités et chacun doit s’adapter.

« La culture n’est que la résultante de l’apport des ailleurs » ce qui ne doit pas favoriser la substitution.


 

Luc André  

le 7 décembre 2015.    

 

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