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Publié par Edouard Boulogne

Cet inquiétant problème de la violence, en Guadeloupe( et ailleurs ).

Il y a de l'énergie, dans l'univers physique comme dans l'homme, envisagé socialement, ou individuellement. L'énergie est généralement, dans le langage ordinaire, ce qui est en puissance, disponible, pouvant être utilisé pour une tâche quelconque. Le torrent sauvage déploie une énergie. Des promoteurs, des ingénieurs qui l'envisagent sur le plan de l'utilité mettront en oeuvre les moyens techniques aptes à en réguler le cours, à en extraire l'énergie potentielle pour la faire servir efficacement, à la production d'électricité par exemple. Mais une erreur de calcul des ingénieurs, des maîtres d'oeuvre, ou un sabotage, libèrent la fantastique énergie bienfaisante, qui se transforme en fureur dévastatrice.

Analogiquement, si l'on considère une société humaine, sa population est pleine de potentialités. Il faut des ingénieurs des âmes ( l'analogie comporte ses limites ) pour conduire ces potentialités au bonheur de tous, et à l'équilibre harmonieux.

Il n'y a pas de sociétés parfaites; il n'y en aura jamais.

Mais il y a eu, et peut y avoir encore des sociétés vivables.

Il y faut des moyens techniques ( ils ne manquent pas aujourd'hui, du moins dans les sociétés issues du monde « occidental » ).

Il y faut ce qui est plus essentiel, du SENS à l'existence, un minimum d'accord sur ce SENS.

Dans les sociétés issues du levain chrétien l'on s'accorde à reconnaître comme éléments fondamentaux de ce sens des valeurs comme la Justice, et la Charité ( qui ne doit pas être confondue avec le simple et insuffisant souci de la bienfaisance ).

Ces valeurs ne vont pas de soi. Elles demandent à être clairement élaborées par l'intelligence philosophique.

Et même dans ce cas, il n'est pas certain que nous nous laissions guider dans notre action quotidienne par ces valeurs quand elles contredisent nos égoïsmes et intérêt particuliers.

Pascal disait « La justice sans la force est contredite parce qu'il y a toujours des méchants et que la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, ... ».

Quand ce penseur parle de la force, il n'évoque pas seulement la force publique, celle de la police ou de l'armée »

Car la force peut être utilisée par les méchants, ou se déchainer dans un nihilisme sans frein.

Et la justice elle-même est, à elle seule, insuffisante à instaurer la « tranquillité de l'ordre », comme disait, je crois Saint Augustin. Il faut y ajouter la Charité, ( cf Deus est Caritas, du grand pape Benoit XVI ), et le jugement biblique dit de Salomon est là pour rappeler l'insuffisance de la justice toute seule pour instaurer la paix dans la Cité.

La violence, notamment, ( mais pas seulement ) juvénile, est un des problèmes inquiétants de nos sociétés, en particulier en Guadeloupe et en Martinique.

A l'origine du phénomène on pourra évoquer bien des faits socio-économiques, la difficulté à offrir du travail à un pourcentage important de jeunes gens; la localisation de nos îles au coeur géographique du trafic de la drogue, entre l'Amérique du sud, les Usa, et l'Europe; l'influence détestable des chaines de télévisions et d'internet qui accordent à l'étalage de la violence un intérêt trop constant et à vrai dire suspect, etc.

Parmi les deux articles que nous vous proposons de lire, le premier ( un lien ) est la déclaration faite hier, à France-Antilles et aux radios-TV de Guadeloupe, du Procureur de la République M Xavier Bonhomme.

Mais l'augmentation des forces de police chargées de la prévention coercitive, ne saurait suffire à résoudre le problème dont nous parlons. Car il n'est tout de même pas normal, et difficilement compréhensible que des gamins de 20 ans ( et moins ) s'entretuent pour un regard jugé ironique, ou pour des peccadilles que nous révèlent l'actualité quasi quotidienne.

Le mal est plus profond.

Dans les Evangiles ( par exemple St-Mathieu ) un propos de Jésus est au coeur du problème : « tout Royaume divisé contre soi-même sera réduit en désert; et toute ville, ou maison, divisée contre soi-même ne subsistera point » ).

Ici nous passons du factuel au normatif, de la constatation des faits et statistiques ( alarmants ) à la recherche des causes profondes et proprement humaines de la délinquance criminelle.

Le deuxième article, proposé aborde, sous la signature de Philippe Rodier, le sujet sous cet angle et formule un diagnostic, que les « statisticiens » auraient bien tort de négliger.

 

Le Scrutateur.

 

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( I ) Xavier Bonhomme, procureur : « Je ne suis pas venu pour compter les morts »

 

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/societe/xavier-bonhomme-procureur-je-ne-suis-pas-venu-pour-compter-les-morts-354010.php

 

 

( II ) Déchainement de la violence et déchristianisation. ( vu par Philippe Rodier. ).

L’augmentation de la violence et la déchristianisation

 

L’augmentation de la violence est d’abord le fruit du reniement de nos racines et de la haine de ce que nous sommes. Les lois n’y changeront rien.

 

Les dernières statistiques le confirment : la violence est omniprésente. Violence verbale, violence de l’avortement, des agressions, des crimes et délits quotidiens, de l’islamisme… la violence facile et gratuite est devenue une composante banalisée dans les médias. Nous l’avons tellement intégrée que la peur gouverne notre société. Les causes sont multiples. Mais une, en particulier, facilite cette libération des pulsions de violence et de mort : la déchristianisation de notre civilisation.
La civilisation chrétienne a construit des sociétés qui surent trouver un équilibre entre l’individu et la communauté : l’exaltation de l’homme dans sa dignité, car conçu à l’image de Dieu, engendra le respect de l’autre parce qu’ayant la même dignité. Pendant des siècles, la culture et l’éducation intégrèrent ainsi la sagesse judéo-chrétienne de l’Évangile : honore ton père et ta mère, aimez-vous les uns les autres, pardonnez et aimez vos ennemis, c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra…
La déchristianisation de notre société et de nos mœurs évacue la certitude que l’homme fut créé à l’image de Dieu et que Dieu s’est fait homme. N’ayant plus cette conviction que nous sommes à l’image de Dieu mais que nous ne sommes que des amas de cellules nées du hasard et du chaos, la dignité et le respect que nous avons de nous et des autres reposent sur le néant, et la violence envers autrui n’en devient que moins sacrilège. Nous revenons ainsi petit à petit à la violence de l’état de nature qui n’est pas le paradis rêvé par Rousseau.
Certes, la civilisation chrétienne ne fut pas exempte de toute violence car celle-ci est inhérente à la condition humaine, mais elle favorisa à grande échelle sa maîtrise et adoucit sensiblement les relations interpersonnelles et sociales par l’éducation au respect et à la dignité de la personne. À l’inverse, les civilisations peu ou pas christianisées (civilisations asiatiques ou pays d’islam), malgré leur grandeur et leur force culturelle, ont toujours présenté des relations sociales nettement plus dures et violentes car reposant sur la primauté exclusive de la communauté au détriment de l’individu.
Et c’est, malheureusement, la tendance que nous constatons aujourd’hui chez nous. La perte de la culture chrétienne, le développement logique de l’individualisme, le culte de la réussite individuelle et matérielle, l’influence croissante de l’islam dans une partie de la population… tous ces facteurs contribuent à accroître la violence dans la société car il n’y a plus d’éducation à voir en autrui un être porteur de dignité jusqu’au bout et un frère dans le Christ. L’autre est de plus en plus perçu comme un rival, un concurrent, un adversaire, un mécréant, un infidèle ou un apostat qu’il faut surclasser, combattre et vaincre.
L’augmentation de la violence est d’abord le fruit du reniement de nos racines et de la haine de ce que nous sommes. Les lois n’y changeront rien.

Philippe Rodier

 

 

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