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Publié par Edouard Boulogne

Division au coeur du gouvernement : C. Taubira fait-elle bande à part ?

Il n'est pas certain que ce soient les partis « d'opposition » qui constituent la principale menace pour la politique gouvernementale après les massacres islamistes récents. En témoigne cet article du Figaro.

 

Le Scrutateur.

 

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La déchéance de nationalité provoque un malaise perceptible chez Christiane Taubira


 

http://premium.lefigaro.fr/politique/2015/11/18/01002-20151118ARTFIG00316-taubira-un-malaise-perceptible.php?m_i=HdcHg%2BS8BV4voPMCOlSVVY1WXGyaaP4iT3aVzC%2Botj5LL6VXjAFjy_n3yAulxY7TxbwzYbTN1QzjJ4mlg19NmM31l5HsDEZbnF1tlOH1&a2=20151118224951&a3=763-2244490-883266


 

La politique de fermeté engagée par Hollande et Valls place la garde des Sceaux dans l'embarras. Sur Europe 1 mercredi matin, Christiane Taubira a ainsi refusé de dire si elle était favorable à l'extension de la déchéance de nationalité à des terroristes nés en France, comme le souhaite le président.

Un pied dedans, un pied dehors. La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a toujours occupé une place singulière au sein de l'équipe gouvernementale. Mais, jamais, elle n'était à ce point apparue en décalage avec les deux têtes de l'exécutif. Tout se passe comme si les attentats de vendredi avaient révélé un fossé béant entre Christiane Taubira, d'un côté, François Hollande et Manuel Valls, de l'autre. Et ce fossé ne peut que se creuser dans les semaines à venir puisque le virage sécuritaire qu'ont entrepris le président et le premier ministre pourrait irriguer durablement leur action et leurs décisions.

Entretien lunaire

Mercredi matin, alors qu'un dispositif de sécurité hors norme était déployé depuis plusieurs heures dans le centre de Saint-Denis où des terroristes avaient été localisés, Christiane Taubira accordait un entretien à Europe 1. Un entretien lunaire, totalement déconnecté. Et pas seulement parce que la garde des Sceaux a commis une grossière erreur au tout début de son entretien en expliquant que l'assaut était «en train de s'achever». Sur le fond aussi, la garde des Sceaux a peut-être commis une erreur, en se démarquant obstinément de l'exécutif. Durant de longues minutes, elle s'est ainsi évertuée à ne pas employer le terme de «déchéance de nationalité» préférant élargir ses propos à la révision constitutionnelle que souhaite voir aboutir Hollande dans les meilleurs délais.

Alors que le journaliste est revenu à la charge à de nombreuses reprises, Taubira a surtout refusé de dire si elle était ou non favorable à l'extension de la déchéance de nationalité à des terroristes binationaux mais nés en France, comme le souhaite Hollande. «Le président de la République a annoncé qu'il y aurait une réforme constitutionnelle», a d'abord indiqué la garde des Sceaux, en louvoyant. «C'est un engagement du président de la République. Nous voulons travailler sur nos contraintes légales et législatives», a-t-elle répondu encore lorsque la question lui a été reposée.

«La question n'est pas de savoir si je suis favorable ou pas. La question est de savoir si cela s'accommode avec notre droit, c'est-à-dire avec notre Constitution qui est la loi fondamentale, notre Code civil et nos engagements internationaux»

Christiane Taubira, garde des Sceaux

Puis, la garde des Sceaux s'est quelque peu énervée, lorsque Thomas Sotto est revenu à la charge une troisième fois. «La question n'est pas de savoir si je suis favorable ou pas. La question est de savoir si cela s'accommode avec notre droit, c'est-à-dire avec notre Constitution qui est la loi fondamentale, notre Code civil et nos engagements internationaux», a balayé sèchement la ministre, bien décidée à prendre de la hauteur afin de ne pas avoir à porter de jugement sur cette disposition qu'elle semble très loin d'approuver. Ce n'est pas la première fois que la garde des Sceaux fait entendre sa différence. Cela avait été le cas avant l'été lorsqu'elle avait indiqué qu'elle aurait «évidemment» manifesté contre la loi renseignement si elle n'avait pas été membre du gouvernement. «Ma responsabilité, c'est de préserver les libertés», répète-t-elle souvent.

Position inconfortable

Cette fois, il n'est probablement pas question pour elle d'apporter son soutien à des propositions défendues de longue date par la droite et l'extrême droite et de prendre ses distances avec cette partie de la gauche, l'écologiste Cécile Duflot en tête dont elle est proche, qui s'inquiète des éventuelles «dérives liberticides» liées aux projets de Hollande et Valls.

«Ma responsabilité, c'est de préserver les libertés»

Christiane Taubira, garde des Sceaux

Mercredi, au sein du gouvernement, on feignait de ne pas accorder trop d'importance aux propos de la ministre. «Depuis les attentats de vendredi, elle a participé à toutes les réunions», réagissait un conseiller ministériel comme pour mieux souligner qu'elle est cette fois beaucoup plus présente qu'elle ne l'avait été en janvier. On faisait aussi valoir que l'assaut à Saint-Denis n'avait pas permis de suivre l'interview. «Je ne sais pas ce qu'elle a dit», admettait, gêné, un conseiller élyséen.

Cette révision constitutionnelle risque de placer la garde des Sceaux dans une position très inconfortable même si, comme l'a indiqué le président en début de semaine et comme le répétait mercredi un proche conseiller de Manuel Valls, c'est «le premier ministre», et pas elle, qui portera ce texte.


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Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 19/11/2015. Accédez à sa version PDF en cliquant ici


 

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