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Publié par Edouard Boulogne

Courons-nous à la catastrophe? C'est ce que pense un intellectuel arabe.
Courons-nous à la catastrophe? C'est ce que pense un intellectuel arabe.

Pourquoi ce titre, un peu provocateur, qui fera ciller les papes et papesses de la Bien- pensance, Laurent Ruquier et l'ineffable Léa Salamé ( et la multitude des roquets de presse. )?

Dans l'espoir que cette interview de Boualem Sensal, intellectuel et romancier arabe ( Algérien ), sera lue, alors que si j'avais évoqué Eric Zemmour ( qui dit exactement la même chose que Sansal ) j'aurais suscité le petit hoquet d'horreur les imbibés de politiquement correct ( ou les glapissements de haine des hyènes affamées de sang ).

Ecoutons bien Boualem Sensal, et n'oublions pas que cet homme risque sa vie actuellement dans la France de l'insignifiant Hollande, de Cazeneuve, de Taubira et de la meute médiatique.

 

Le Scrutateur.

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Boualem Sansal :  "On verra la fin de Daech, mais ce ne sera pas la fin de l'islamisme"

VIDÉO. L'auteur algérien de "2084", qui imagine un Big Brother islamiste, nous fait part de son inquiétude au lendemain des attentats de novembre.

Propos recueillis par Julie Malaure

 

http://lpnt.fr/1LDuw6R

 

 

En tête du palmarès Le Point des 25 meilleurs livres de l'année, récompensé du grand prix de l'Académie française ex æquo avec Hédi Kaddour, l'auteur algérien de 2084 nous fait part de son inquiétude au lendemain des attentats de novembre. Rencontre.

Le Point : Vous avez connu la décennie noire en Algérie. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous pencher sur le problème de l'islamisme en France ?

Boualem Sansal : J'étais en train d'écrire Le Village allemand. Dans ce livre-là, je voulais démontrer que l'islamisme évoluait dans l'axe du fascisme et même du nazisme. Je l'avais vu en Algérie, et j'avais entendu parler de ce qui se passait chez vous, alors je suis venu entre 2006 et 2008. J'ai enquêté, et dans beaucoup de banlieues, j'ai vu...

Ce n'est donc pas nouveau. Aurions-nous dû réagir plus tôt ?

Il aurait fallu, mais c'était de toute façon impossible. Parce que ce sont des revendications qui sont là et les choses se font toujours à notre insu. On pense souvent que, après tout, ce n'est pas grave. Et il y a toujours eu ce discours qu'on nomme aujourd'hui la bien-pensance. Les gens politiquement corrects multiplient les appels à éviter les amalgames. Alors cela paralyse les autres. Pour les bien-pensants, critiquer l'islamisme, c'est critiquer l'islam. Alors que pas du tout.

Aujourd'hui, après les attentats du 13 novembre, comment réagir ?

C'est comme pour la drogue. Au début, c'est très facile d'arrêter ; en revanche, si vous réagissez dix ans plus tard, il faut des traitements lourds. Est-ce que l'État a les moyens de les mettre en œuvre ? Non, il n'a ni les moyens financiers ni législatifs.

Mais la France reste et demeure un pays laïque, tout de même...

La difficulté, c'est que l'islamisme est une coopérative internationale. Il n'y a pas que vos musulmans de banlieue. Il y a aussi leurs compatriotes au Maghreb, en Asie. Lorsque les Français ont voulu légiférer sur le voile, le président et les ministres ont dû recevoir des centaines de protestations quotidiennes venant d'Arabie saoudite, de Libye, etc. C'est devenu un élément de négociation dans les grands dossiers économiques : "Pourquoi voulez-vous que l'on vous donne des contrats alors que vous malmenez notre religion, obligez nos sœurs à se voiler, empêchez nos frères de construire une mosquée ?" Les pouvoirs publics sont paralysés. Agir localement a un retentissement international.

Si la réponse n'est pas politique, quelle est-elle ?

Lorsque le politique ne prend pas les décisions qu'il faut, la population s'en rend compte et se substitue au gouvernement. Elle se dirige donc vers les partis politiques qui lui semblent les plus aptes à prendre ces décisions, comme le Front national. Voilà le danger.

Les intellectuels n'ont-ils pas là un rôle à jouer  ?

Je ne voudrais pas les critiquer, mais je trouve que les intellectuels ont été lamentables. Parce qu'il n'y a plus d'intellectuels. Il y a des hommes d'appareil. Ils sont au service de tel ou tel parti, sont dans une doxa et demandent les éléments de langage à la direction du parti avant de réagir sur quoi que ce soit. Ils sont universitaires, ils sont journalistes, ils ont un fil à la patte. Ils n'arrivent pas à se libérer, ne sont pas indépendants. Ce ne sont pas des Voltaire. Sinon, c'est un suicide.

Est-ce la peur qui paralyse tout le monde ?

Oui, la peur d'être taxé de néocolonialiste et d'opportuniste. Même s'il est vrai que s'exprimer peut être dangereux. En Arabie saoudite, on peut être condamné à mort pour le simple fait de dire que l'on n'est pas musulman. Moi-même, lorsque je parle, même ici en France, je suis obligé d'utiliser certains mots et pas d'autres.

Vous ne vous sentez plus en sécurité en France ?

Avant, rien que lorsque l'avion décollait d'Alger, c'était déjà formidable. Aujourd'hui, nous ressentons le malaise des Français. La présence policière et militaire, dès l'aéroport, la façon dont les étrangers sont contrôlés à l'entrée ; on est pris par cette ambiance. Depuis Charlie , je me suis surpris à avoir peur en France. C'est aussi lié à mon livre, qui m'expose beaucoup. Alors, depuis novembre, avec la peur, c'est aussi la colère qui s'installe. Car la cible, c'est ce qui faisait la France, cette légèreté – et cette chose très française qu'est le plaisir de la conversation –, on sait que les islamistes ne font pas dans le détail : pour eux, cette civilisation doit disparaître. Tout le monde doit entrer dans l'islam, et c'est cela qui est en train de l'emporter.

Pourtant, cette fois, on s'attaque à Daech...

Daech n'a pas d'avenir. On verra la fin de Daech, mais ce ne sera pas la fin de l'islamisme. L'islamisme est là. Il est très intelligent, très actif. Pour poursuivre le parallèle entre l'Algérie et la France, lorsque le GIA a été éradiqué, on en est presque venu à le regretter. Ce qui a remplacé le GIA est pire que tout. Cet islam-là nous entraîne dans un effondrement moral. J'habite une ville universitaire, je n'y avais jamais vu ni mosquée ni pratique religieuse. Aujourd'hui, à Boumerdès, il y a 15 mosquées super-équipées, avec bibliothèques, service informatique, pleines 24 heures sur 24, et le vendredi, alors que ces lieux de prière peuvent contenir 500 à 600 personnes, les gens sont obligés d'aller prier jusque dans les rues adjacentes... En état de guerre, les frontières étaient claires. Là, les islamistes se sont répandus et d'autres les ont rejoints, par lâcheté ou à cause du politiquement correct. Et on l'accepte. Toute la population capitule. Comme à l'époque du nazisme où pour dix nazis, au bout du compte, tous les Allemands l'étaient.

Que faut-il penser de l'attentat qui vient de toucher la Tunisie ?

C'est une démocratie naissante, une petite fleur, et les islamistes tiennent absolument à l'arracher avant qu'elle ne prenne racine. Ils vont obliger le gouvernement à faire du tout sécuritaire. Alors il n'y aura plus de démocratie, tout sera suspendu, interdit, les touristes ne reviendront plus. C'est un danger que de confier le pouvoir aux policiers et aux militaires. Même en France, cela me fait peur. C'est compliqué d'être dans la peau de quelqu'un comme moi en ce moment. Quelqu'un qui a l'air d'avoir annoncé ce qui arrive...

2084. La fin du monde de Boualem Sansal (Gallimard, 19,50 euros).

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Culture

 

Courons-nous à la catastrophe? C'est ce que pense un intellectuel arabe.
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