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Publié par Edouard Boulogne

Vers un abrutissement généralisé ( I ) : D'Huxley à Mao Tsé Toung, et au mondialisme matérialiste pseudo libéral.

Un article même parfaitement lisible, demande un effort d’attention pendant une dizaine de minutes. Tous les jours, sur les divers canaux de ce qu’il faut bien appeler la surinformation ( les dizaines de chaines TV qui nous noient sous un déluge d’affirmations ( souvent plus que d’informations, et souvent d’informations tronquées, et/ou truquées délibérément ) Internet et les « réseaux sociaux, où se côtoient le meilleur, mais aussi, HELAS, souvent le pire tout cela demande réflexion. La vocation du Scrutateur est de tenter de réfléchir à cette sorte de problèmes. Je dis « tenter de » car ici nous n’avons pas la prétention de détenir LA vérité. Mais je tente, en m’appuyant sur mon expérience de professeur de philosophie, et de journaliste dans la presse écrite, durant 32 ans, pour offrir à mes lecteurs un instrument d’analyse. Ne manquez pas de me faire par de vos idées, par vos commentaires, vos propres réflexions sur les sujets abordés.

Bonne lecture.

 

Le Scrutateur.

 

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Brave new world

 

Chacun devrait avoir lu le fameux roman d'Aldous Huxley : Le Meilleur des Mondes, anticipation de ce que pourrait devenir la civilisation si l'homme perdait le contrôle du devenir historique, et s'abandonnait aux courants d'idées technicistes et matérialistes qui se développent rapidement depuis plus d'un siècle.

On sait que les dirigeants, au demeurant bien intentionnés, du Meilleur des Mondes, ont en vue, disent-ils, le bonheur de leur peuple. Ils voudraient supprimer toute lutte, toute dissension sociale, instaurer l'Ordre, bref instaurer un MONDE PARFAIT, ce que l'on appelle une utopie.

En proie à leur projet, nos révolutionnaires analysent la situation. Quelle est l'origine de la discorde, de la haine, de la jalousie ?

Pourquoi les miséreux jalousent-ils les gens riches et se joignent-ils à tous les prophètes vrais ou faux, purs ou hypocrites qui veulent la destruction de ceux-ci ? Pourquoi tel homme politique puissant, ou tel riche businessman détestent-ils ou feignent-ils de mépriser, en tâchant de leur nuire, tel artiste génial, tel intellectuel créateur ? ( même quand ils s’en font les mécènes et les soutiens apparents. Mais c’est qu’alors il s’agit de spéculer financièrement, et de se faire du fric, de l’oseille, comme dans un certain « art contemporain » ).

Dans un cas le bonheur est assimilé à la richesse non possédée, qu'on voudrait prendre à l'autre ; quant au businessman, dans notre hypothèse, il souffre du talent qu'il n'a pas, de ce qu'il perçoit comme une définitive insuffisance par rapport à l'autre.

Dans tous les cas, le mal, la lutte contre autrui est engendrée par la conscience, conscience d'un manque, conscience d'une insuffisance réelle ou supposée et qu'on n'accepte pas.

Il suffirait donc, pour instaurer le bonheur et la paix universelle, de faire en sorte que chacun, quel que soit son état, soit content de ce qu'il est, ne puisse pas aspirer à être autre chose que ce qu'il est.

A l'époque ou se déroule l'action du roman, ( Le meilleur des mondes, titre donné par ironie, par antiphrase ) les techniques sont si évoluées (les enfants naissent en éprouvettes), les « sciences de l'homme » si avancées que l'utopie se réalise. Les classes sociales n'ont pas disparu. Mais chacune d'elles, avec ses caractéristiques physiques, mentales et vestimentaires propres, est contente de son sort. La classe des Epsilons par exemple, ( dont la condition est misérable, à qui sont réservées les tâches les plus rebutantes ), et qui ne peut avoir accès à aucune forme même sommaire de culture est non pas résignée, mais satisfaite de son sort.

Ces résultats sont obtenus non par une éducation, mais par un dressage, un conditionnement total, des techniques précises.

Qu'est-ce qui est critiquable ici ? Nullement l'intention centrale certes, ce bonheur auquel chacun aspire. Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions comme dit le proverbe populaire. Mustapha Meunier, grand directeur du Meilleur des Mondes (traduction ironique, et libre, du titre original : Brave New World ) voulait le « bonheur » de ses sujets. Mais parce que sa philosophie est viciée intérieurement, parce que pour lui l'homme n'est qu'un paquet d'os et de muscles, parce qu'il ne s'embarrasse d'aucune considération morale, métaphysique ou religieuse, il construit une société non point fraternelle et libre, mais mécanique et triste, société de robots, fourmilière géante et sans âme.

 

Mao – Mustapha

 

Or, regardant à la télévision une rétrospective des pérégrinations de M. Pompidou en Chine, en 1973, j'ai pensé au roman d'Huxley. Il y avait quelque chose du Meilleur des Mondes dans la Chine populaire de cette époque, il y avait du Mustapha Meunier ( mais beaucoup plus « soft «  en Mao-Tse-Toung.

En effet, d'après un observateur comme Alain Peyrefitte dans son livre célèbre sur la Chine, il semblait que l'époque des grandes famines s'éloignait pour ce pays, en même temps que s'instaurerait peut-être bientôt un relatif bien-être . Mais quel prix payé pour cette amélioration des conditions matérielles de vie (que l'on pouvait comme Tchang-Kai-Tchek, à Formose, obtenir par d'autres moyens, car Mao, comme Mustapha Meunier (mais par des procédés plus douloureux parce que moins perfectionnés) avait  entrepris de fabriquer l'Homme Nouveau dans l'ancien empire du Milieu. Pour lui aussi, l'homme n'avait pas de valeur intrinsèque. Le respect de la personne humaine ne lui était qu'une formule vide de sens, mais une utile propagande à l'égard du monde occidental. L'individu lui était assimilable à un morceau de glaise à modeler comme on l'entend. ( Le sociologue Georges Friedmann cite une pensée très caractéristique du dictateur chinois selon laquelle l'homme est une feuille blanche, « or sur une feuille blanche, tout est possible, on peut y écrire et dessiner ce qu'il y a de plus nouveau et de plus beau ».

L'un des procédés d'écriture en question est le lavage de cerveau.

Le père Dries Van Coillie, prisonnier en Chine de 1949 à 1954, et libéré à l'occasion des accords consécutifs à la conférence de Genève, a subi cette épreuve.

A la fin du livre, dans lequel il rapporte sa terrible expérience, il raconte comment libéré, il reste encore longtemps à s'accuser sous n'importe quel prétexte de fautes et crimes imaginaires à l'égard du peuple, de l'URSS, du socialisme, etc. Analysant plus tard son comportement, il s'aperçoit qu'il ne pensait nullement ses paroles : « Je parlais sous l'impulsion d'une psychose d'angoisse et par habitude de répéter ce que j'avais entendu des milliers de fois.

Si on appuie sur le bouton « Union soviétique » du robot, toute la litanie se dévide automatiquement. Plus de six cents millions de Chinois eussent fait de même en semblable occurrence — les enfants de huit ans comme les vieillards de quatre-vingt dix ans. »

Cet aspect de la réalité chinoise a été systématiquement passé sous silence par les « informateurs » ( l'ORTF à l'époque ).

Sans doute n'eut-il pas été très « poli » pendant la visite du président Pompidou de s'écarter du cortège officiel et des routes tracées.

Ni poli, ni prudent.

En attendant que de braves gens qui n'ont lu ni ne liront Peyrefitte ou Van Coillie, que la connaissance de la vérité révolterait, mais qui après l'apparition sur les écrans de télévision, ces « étranges lucarnes » de la sainte face de Mao-Big-Brother 4, commencèrent à penser à l'époque  qu'après tout « le modèle chinois » ce n'est pas si mal.

 

E.Boulogne.

 

Un deuxième article sur le même sujet paraîtra ici même demain ou après demain.

 

Document : J’évoque ci-dessus un livre du père Dries Van Coillie. Je vous renvoie à cet article sur le livre, paru sur Le Scrutateur :

http://www.lescrutateur.com/article-18253478.html 

 

 

Vers un abrutissement généralisé ( I ) : D'Huxley à Mao Tsé Toung, et au mondialisme matérialiste pseudo libéral.
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