Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Pensée matutinale ( 09 07 2015 ) : La règle.
Pensée matutinale ( 09 07 2015 ) : La règle.

Petite rubrique matinale, qui à partir d'un texte, d'un événement, d’une œuvre d’art, etc, s'efforce de dégager une signification, un effort à faire, une direction à prendre, que l'on partage ou non cette analyse. Il s'agit de butiner, et d'élaborer son propre miel.

 

Le Scrutateur.

 

  • La règle de quoi je parle n'est pas l'instrument avec lequel on trace des lignes droites, mais la proposition, ou l'ensemble des manières de se conduire ou d'exécuter certaines actions. Descartes, par exemple formula les quatre règles permettant, selon lui, de distinguer le vrai du faux, et de progresser vers la découverte de la vérité dans les sciences.

 

  • Aussi, l'on estime, à juste titre, qu'une règle est nécessaire pour atteindre un objectif, et d'autant plus rigoureuse que l'objectif est difficile à atteindre. La règle du sportif, de l'artiste ( « obstinato rigore », répétait Léonard de Vinci ). Les règles ou règlement des Ordres religieux, ( règle de Saint Benoit, du Carmel, de l'ordre des pères jésuites, etc, ).

 

  • Il n'existe pas de sociétés sans Règle, et il s'agit là du système législatif plus ou moins évolué, rigoureux, pensé. Les individus composant cette société sont conscients plus ou moins de la nécessité de la règle. Plus ou moins conscients. Et certains d'entre eux prennent volontairement des libertés plus ou moins grandes avec elle. Il est bon qu'ils soient sanctionnés. Pour nous en tenir au code la route, qui oserait sortir de chez lui, et circuler, en cas de suspension de ce code. Cela dit, le code ci-dessus mentionné peut être considéré comme imparfait, parfois même nocif, non dans son principe, mais dans certaines de ses dispositions, lesquelles devraient donc faire l'objet d'une contradiction plus ou moins vigoureuse, selon la gravité des dispositions contestées. Le refus d'un tel droit de contestation pourrait annoncer l'évolution du législateur vers une forme d'autoritarisme, plus ou moins suave, annonciateur de dérives totalitaires, plus ou moins habiles à se dissimuler sous le masque souriant de l'intérêt général. ( Souriant. Car a-t-on jamais vu homme politique qui ne sourit pas. D'ailleurs, observez attentivement les crocodiles! ).

 

  • Les individus diffèrent dans leur rapport par rapport à la règle. Certains y sont plutôt rebelles par des dispositions du caractère. Ces râleurs, s'ils ont gardé du bon sens, ne renonceront pas à leurs « contestations » spontanées mais conscients que la cause de cette pulsion contestatrice est de l'ordre du caractère,  ils tenteront de le rendre utile en se voulant réformateurs de l'Ordre, ou de la Règle.

Mais d'autres membres du corps social sont portés par leur éducation au respect de la Règle établie. Leur utilité sociale est grande, car aucune société ne peut vivre et progresser sans ordre : condition la vie commune.

            D'autres encore sont des respectueux de la Règle par disposition naturelle ( leur            caractère ). En caractérologie on les appelle les « flegmatiques ».

            Tel fut le cas du physicien Cavendish. Le concernant, Le Senne, célèbre   caractérologue, dans son Traité de caractérologie décrit la dernière journée de ce     dernier,  de la façon            suivante : « La mort n'a plus rien d'émouvant : c'est un fait, qui résulte lui-même de lois         naturelles. Pour le flegmatique, la valeur dominante est la Loi ; il est lui-même respec­tueux des          principes, objectif, méthodique, impassible, patient :

            « Dans la journée, sentant ses forces diminuer, il a annoncé à son domestique qu'il       allait mourir; il a pris certaines dispositions, a envoyé son domestique en courses en lui indiquant ce qu'il devrait faire si à son retour il le trouvait mort. Sur quoi Cavendisch s'est couché et il est mort peu de temps après »

            Une telle attitude relève davantage du fait ( la nature ) que du droit. Un tel homme,       par ailleurs remarquable, accepte ( plus que respecte ) toute Règle, fut-elle le summum de l'injustice, parce que c'est la Règle.

            Or il peut y avoir un devoir de.......contester la Règle.

 

  • De la même façon, nous respectons le savoir, et l'autorité que ce dernier affecte à ceux qui en sont pourvus. Par exemple, si nous allons en consultation chez notre médecin, nous respecterons ses ordonnances et incitations. Quand il nous dit : « déshabillez vous » nous lui obéissons. Mais dans certaines limites, n'est-ce pas. Nous nous comprenons. Notre conscience, si libre soit-elle, éventuellement, adhère à l'autorité de la règle, mais dans certaines limites, sous peine d'aliénation. Comme dit plaisamment un personnage de Molière critiquant les médecins de son temps, selon eux : «  il vaut mieux mourir selon les règles que de réchapper contre les règles »!

 

  • J'évoquais plus haut les Ordres religieux et leurs Règles. Chez eux également, la nécessité des lois et règlements s'imposent, parfois avec une grande rigueur. Mais la «désobéissance » peut parfois s'imposer aux risques et périls  du réfractaire. Dans une pièce de théâtre de Montherlant ( Port Royal ), ou de Bernanos ( Le dialogue des carmélites ), je n'ai pas vérifié, une Abbesse dit à une jeune soeur : « ce n'est pas la règle qui nous garde, c'est nous qui gardons la règle ». Signe que, même dans la discipline religieuse la plus stricte, la conscience doit transcender la règle. Au-dessus de toutes les règles, la Règle essentielle du christianisme est l'amour. « Mais je vous le dis à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament » ( Luc VI, 27 ). Cependant, si des voyous torturent, s'apprêtent à violer l'enfant qui vous a été confié, votre fille, votre épouse, etc, est-il, sans lâcheté, et refus d'assisatnce à personne en danger, conseillé de rester passif, à regarder?

 

  • Idem en politique, comme à la guerre. Charles de Gaulle écrivait dans les années 1920, dans Le fil de l'épée : «L'art de la guerre s'exprime par excellence dans le domaine de la contingence. Il comporte des principes ( règles ) mais il y en a peu ». Et de Gaulle, pourtant avait suivi les cours de l'école du guerre, avant de devenir, lui-même professeur dans cette institution. Les mauvais généraux sont ceux qui, comme les médecins de Molière, perdent les batailles, mais...selon les règles.

 

  • Je ne veux pas être plus long, ayant déjà dépassé assez nettement les limites que je me suis assignées pour cette rubrique du matin. J'ai voulu l'écrire, poussé par un je ne sais quoi, peut-être par un récent propos de lecteur, que je ne parviens pas toutefois à situer.

 

Le Scrutateur.

 

 

 

 

Je ne saurais assez mettre en garde contre les subtils ( et menteurs ) tenants de cette autre règle...d'or. Il est sans doute...l'Or de prendre conscience de leur aptitude à circonvenir, chacun, à gauche, et à droite!

Je ne saurais assez mettre en garde contre les subtils ( et menteurs ) tenants de cette autre règle...d'or. Il est sans doute...l'Or de prendre conscience de leur aptitude à circonvenir, chacun, à gauche, et à droite!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article