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Publié par Edouard Boulogne

Pensée matutinale ( 07 07 2015 ) : Liberté, discipline, joie.
Pensée matutinale ( 07 07 2015 ) : Liberté, discipline, joie.

Petite rubrique matinale, qui à partir d'un texte, d'un événement, d’une œuvre d’art, etc, s'efforce de dégager une signification, un effort à faire, une direction à prendre, que l'on partage ou non cette analyse. Il s'agit de butiner, et d'élaborer son propre miel.

 

Le Scrutateur.

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                        Il y a déjà quelques décennies, j'entrepris de m'initier à la méthode d'éducation de madame Maria Montessori, grâce à une brochure publiée chez Desclée de Brouwer, par Georgette J.J. Bernard . Comme toute doctrine, la thèse de Mme Montessori peut-être discutée. Je ne le ferai pas car je ne suis pas devant une classe de philo, mais devant un public de lecteurs, pour la plupart majeurs, et vaccinés ( du moins selon l'état civil!!! ).

Même le texte que j'ai retenu pour être proposé comme pensée matutinale, appellerait une longue discussion, et des observations critiques, ici et là.

Il n'empêche que je le trouve remarquable.

Notre monde moderne est entiché de liberté (s), de droits, de l'enfant etc, etc.

C'est très beau, et pourtant très discutable au vu des résultats obtenus. C'est que l'on a perdu le sens de l'importance des mots, dans un monde qui devient de plus en plus le monde de Babel.

C'est que l'on disjoint, sans réfléchir, liberté et vérité, liberté et discipline; que l'on oppose l'ordre et la liberté; que l'on assimile, à tort, la discipline et la coercition.

Monde de Babel, vous dis-je, avec ses conséquences : la confusion des langues, la cacophonie des actes.

Eduquer est difficile, pour les parents, pour les professeurs, pour les maîtres ès disciplines sportives, musicales, chorégraphiques, etc.

Le pire c'est que les « maîtres » eux-mêmes ne méritent plus, très souvent, sauf administrativement, ce titre si beau, et si grave. Car leur configuration intérieure, dont parle notre grande pédagogue, n'est pas assez vigoureuse pour résister à la pression d'un monde extérieur, qui est un monde désordonné, un monde cassé, selon l'expression de Gabriel Marcel.

J'ai pensé que ces deux pages de Maria Montessori pourraient nous aider à prendre conscience du problème, et peut-être à aménager notre démarche.

 

Le Scrutateur.

 

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« Il serait absurde de penser qu'il suffit de laisser des enfants libres pour obtenir ces résultats. Mettez inopinément des enfants seuls dans une pièce ; laissez-les livrés à eux-mêmes, et vous aurez aussitôt un beau vacarme. Si l'on appli­quait le régime de la liberté aux enfants des écoles ordinaires, on obtiendrait l'éclosion des erreurs et du désordre dans les mouvements, conséquences d'un développement qui n'a pas été normal chez l'enfant : d'un développement élaboré dans la répression. Le désordre se traduit ordinairement chez lui par une succession de mouvements qui n'obéissent pas à des buts, mais qui se manifestent devant toute occasion de réaction. Or, il doit y avoir union entre le mouvement et l'intelligence."

Mais laissez libres d'agir ceux dont je vous parlais tout à l'heure : ces enfants-là aiment l'ordre. Laissez-les agir, ce n'est pas le désordre qui surviendra. Ils sont en mesure d'obéir à une discipline extérieure. Or, « la discipline extérieure, nous dit .Mme Montessori, ne peut être efficace qu'après la naissance de la discipline intérieure. Comment faire obéir un enfant s'il ne sait pas ce que c'est que d'obéir ? Pour être discipliné, l'homme doit y être amené. La discipline par commandement engendre la résistance et prépare la réaction immédiate ou lointaine.

» La vraie discipline ne se trouve que chez les êtres supérieurs ; les êtres inférieurs, il faut les éduquer, mais pas par la répression. La discipline étant le signe extérieur de fonctions parfaites, la liberté consiste en la possibilité d'exercer par­faitement ces fonctions. Il en est de l'homme comme de toutes choses créées : les étoiles sont libres d'évoluer dans le ciel, parce qu'elles restent disciplinées en leur trajectoire. Les poissons semblent libres de glisser dans l'eau, mais il ne faut pas qu'ils sortent de leur élément ; il n'y a pas de forme de liberté qui ne soit déterminée par une loi.

» L'enfant ordonné est automatiquement disci­pliné ».

Mme Montessori cite l'exemple d'un petit garçon qui ne sortait jamais sans avoir été saluer la maîtresse. Quand il lui arrivait d'oublier, il revenait de la rue en courant pour réparer son oubli. Un jour qu'on le cherchait, et qu'il était déjà parti, « soyez tranquille, répondit la maîtresse : il reviendra ; il ne m'a pas dit adieu ! »

 La discipline est la règle de toutes les choses supérieures. Mais il faut être supérieur soi-même pour la posséder. Ce n'est pas en édictant des lois qu'on peut donner la vue aux aveugles. L'ordre et la religion ne s'enseignent pas par les armes. On ne peut pas préparer un peuple à l'ordre en obligeant les petits enfants à obéir aveuglément, mais en leur enseignant à s'élever au-dessus d'eux-mêmes ».

 

Maria Montessori.

 

Pensée matutinale ( 07 07 2015 ) : Liberté, discipline, joie.
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