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Publié par Edouard Boulogne

Un autre 18 juin : Napoléon 1er, ombres et lumières.

Il y a le 18 juin que l'on connait le mieux en France, celui de 1940, et l'appel du général de Gaulle à la résistance. Cette année je n'en parlerai pas. Il faut attendre pour cela que l'imposture qui règne actuellement s'estompe. Voir un gros poussah déguisé ( mal ) en chef de l'Etat, présider les cérémonies de commémoration au Mont Valérien, c'est trop pour votre serviteur.

Certes! L'autre 18 juin, celui de 1815, est une défaite française, ou du moins de l'empereur Napoléon 1er, face à une coalition européenne. Mais cet empereur malgré ses défauts, ( ses ombres ) sut donner à cette catastrophe un semblant de grandeur.

Hélas! Depuis lors! Tout s'efface! Tout se délie.

J'ai cru acceptable de commémorer, au moins cet héroïsme malheureux, auquel l'auteur des Mémoires d'outre tombe, sut donner les apparences de la gloire. C'est l'article n° 02 du dossier, que j'ai emprunté à la revue Hérodote.

Les mélomanes pourront, j'espère qu'ils seront nombreux, écouter ( 1ère partie du dossier ) cela dure une vingtaine de minutes, la Bataille de Waterloo ( les Anglais l'intitulent, allez savoir pourquoi : Wellington's Victory ! ) composée par le grand Ludwig Van ….Beethoven.

Ce dernier, après l'avoir composée, aurait dit «  c'est une ineptie »!

Je me garderai d'oser contester l'avis du Maître. Mais une « ineptie » de Ludwig, c'est une chose « hénaurme » en comparaison des « chefs d'oeuvre » des petits maîtres de la musique « contemporaine ».

Lisez, écouter, et si vous écoutez, n'hésitez pas à pousser à fond le potentiomètre de votre ordinateur.

Après tout, Wellington's Victory, c'est une bataille!

 

LS.

 

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( I ) Beethoven : Wellington's Victory : https://www.youtube.com/watch?v=R_ibES7i-HU

 

( II ) Napoléon (1769 - 1821)

Ombres et lumières d'un destin d'exception

 

http://www.herodote.net/Napoleon_1769_1821_-synthese-72.php

 

Aucun homme n'a connu dans l'Histoire moderne une gloire comparable à celle de Napoléon 1er. L'historien Jean Tulard rappelle qu'il se publie à son sujet, depuis sa mort, dans le monde, en moyenne un livre par jour !

Le nouvel Alexandre

Le destin de Napoléon 1er, aussi foudroyant que celui d'Alexandre le Grand, s'est accompli en moins de vingt ans, de son départ pour l'armée d'Italie (1796) à celui pour Sainte-Hélène (1815).

De même qu'Alexandre a fondé un nouveau monde sur les dépouilles de la Grèce classique, Napoléon 1er, en vidant la France de sa force vitale, a déclenché des secousses telluriques qui ont donné naissance à notre monde.

Bonaparte, par David (musée du Louvre)Issu de la petite noblesse corse, le futur Empereur des Français a vingt ans quand débute la Révolution française. Il est alors lieutenant d'artillerie. L'entrée de la France dans la guerre, en 1792, lui permet de démontrer ses talents de chef et de stratège.

Premier Consul en 1799, le jeune Corse achève la Révolution avec des réformes qui imprègnent encore notre société et notre manière de vivre. Il promulgue le Code Civil,  pacifie les relations entre l'État français et l'Église catholique et fonde la plupart des grandes institutions actuelles (préfets, Université, Banque de France, École polytechnique, Légion d'Honneur...).

Il lance aussi de grands travaux à Paris dont beaucoup ne seront achevés que sous le règne de Louis-Philippe 1er : la colonne de la Grande Armée (ou colonne Vendôme), le Temple de la Gloire (aujourd’hui église de la Madeleine), les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile, Bourse, le percement de la rue de Rivoli…

Devenu par son sacre Empereur des Français, Napoléon porte jusqu'à Moscou les idées de la Révolution et du siècle des «Lumières». Par ses conquêtes, il révèle les Nations à elles-mêmes pour le meilleur et pour le pire (Italie, Espagne, Pologne, Allemagne, Russie, Égypte).

Il renverse le vieil empire germanique et prépare l'unification de l'Allemagne du Nord. Il relève aussi le nom de l'Italie. Pour cette raison, «l'Italie aime et a toujours aimé Napoléon», assure l'historien Luigi Mascilli Migliorini.

L'Amérique latine profite de la guerre menée par les Français en Espagne et au Portugal pour s'émanciper. Quant à l'Angleterre, ennemie héréditaire de la France, elle bâtit sur la défaite de celle-ci sa puissance à venir. Et l'on ne saurait oublier que le monde arabe est sorti d'une léthargie de plusieurs siècles suite à la malheureuse expédition d'Égypte.

Grâce à son art de la mise en scène, Napoléon 1er a donné à ses triomphes et à ses échecs une dimension épique que l'on peut seulement comparer à l'épopée d'Alexandre le Grand.

Les ailes du destin

Ce destin prodigieux n'était pourtant en rien prévisible.

Napoléon 1er en habit de sacre (baron Gérard, château de Versailles)Doté d'un immense pouvoir d'entraînement sur les hommes et de qualités intellectuelles exceptionnelles (capacité d'analyse, mémoire...), Napoléon Bonaparte a aussi bénéficié d'une chance peu commune.

Il a eu le mérite de se laisser guider par les événements, dans une période de grands bouleversements, ainsi qu'il le confie lui-même pendant son exil de Sainte-Hélène : «J'avais beau tenir le gouvernail, quelque forte que fût la main, les lames subites et nombreuses l'étaient bien plus encore, et j'avais la sagesse d'y céder plutôt que de sombrer en voulant y résister obstinément. Je n'ai donc jamais été véritablement mon maître ; mais j'ai toujours été gouverné par les circonstances...».

Porté par son art de la guerre et son ambition conquérante, l'officier corse a su par ailleurs gagner le soutien de la bourgeoisie avec une politique intérieure conservatrice et toute entière au service des possédants, depuis le serment de ne pas remettre en cause les ventes de biens nationaux jusqu'à la relégation des femmes dans le rôle d'épouse et de mère en passant par la création du livret ouvrier.

[cliquez sur la frise et suivez les événements de la période]Frise chronologique de la vie de Napoléon

La face sombre de l'Empereur

Napoléon 1er apparaît aussi comme un être critiquable à maints égards.

Son insensibilité à la douleur humaine, son ascétisme et son peu d'appétence pour les plaisirs de la vie, la bonne chère et les femmes, le rapprochent de Robespierre, qu'il servit d'ailleurs avec zèle dans sa jeunesse.

Son ambition, tout entière asservie à sa propre gloire, a eu un coût disproportionné aux résultats, qui lui a valu le surnom de «l'Ogre» (un million de morts en dix ans, rien que du côté français). Elle l'a entraîné dans des entreprises néfastes et sans nécessité, comme en particulier la reconquête du pouvoir après son premier exil sur l'île d'Elbe (les «Cent Jours»).

Bonaparte a aussi manifesté des préjugés racistes en avance sur son temps comme le montrent le rétablissement de l'esclavage en 1802 et plus encore le mauvais sort fait au général mulâtre Alexandre Dumas, le père de l'écrivain.

Ces critiques, formulées dès son époque par Chateaubriand lui-même, sont reprises aujourd'hui, avec beaucoup moins de talent, par des auteurs soucieux de déboulonner les idoles. Même si elles ont un fond de vérité, Napoléon n'en demeure pas moins un homme d'État exceptionnel, un personnage fascinant et une source d'inspiration inépuisable pour les historiens, les romanciers et les cinéastes.

La France des 130 départements

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De 1809 à 1812, Napoléon 1er dirige de près ou de loin toute l'Europe à l'exception notable de l'Angleterre et de la Russie... Mais les résistances prennent de l'ampleur à mesure que s'accroît sa puissance : paysans espagnols, tyroliens et napolitains ; bourgeois des grands ports et des villes industrielles qu'irritent le
«Blocus continental»...

L'Empereur des Français est amené à sévir et, pour imposer sa volonté, ne trouve souvent rien de mieux que d'annexer les territoires récalcitrants à l'Empire français. C'est ainsi que celui-ci en vient à compter 130 départements ! Une construction fragile et éphémère.

Bibliographie

Les ouvrages sur l'Empereur sont légion, les plus complets étant ceux de Jean Tulard. On peut lire en particulier Napoléon, les grands moments d'un destin (Fayard), qui décrit les nombreux moments où le destin de l'Empereur a failli basculer.

Pour qui recherche une biographie agréable à lire et solidement argumentée, celle de Jacques Bainville vaut le détour. Simplement intitulée Napoléon, elle est constamment rééditée en collection de poche.

Pour une approche critique de Napoléon 1er, on peut lire avec délectation la Vie de Napoléon (livres XIX à XXIV des Mémoires d'Outre-tombe), par Chateaubriand, également réédité en collection de poche.

À noter plus près de nous la biographie pleine de fraîcheur de l'historien italien Luigi Migliorini.

Fabienne Manière

 

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