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Publié par Edouard Boulogne

Le mystère Taubira, vue par Caroline Vigoureux, une journaliste de grand mérite.

Les éditions Plon, par la plume de Caroline Vigoureux, nous offrent, sinon une biographie, encore moins une étude, du moins un portrait de l'idole des uns, de la Carabosse des autres :le ministre de la justice, Garde des sceaux : la Grande, l'Unique, la « mystérieuse » Christiane Taubira.

Journaliste politique à l'Opinion, et chargée du « suivi de la gauche » au Journal du dimanche, madame Vigoureux s'est attelée à une tâche ingrate, celle de tenter de peindre un personnage, devenu objet d'exécration pour les uns, d'adoration extatique pour quelques autres, une sorte d' icône sculptée de longue date par une certaine gauche, pour s'attacher un certain public, surtout métropolitain. Car les Antillo-Guyanais, même ses plus fervents « admirateurs » quand ils sont dans leur entre-soi, sont bien plus réservés, n'en parlant que dans un demi sourire entendu.

Caroline Vigoureux enquête donc, en Guyane, en métropole et dans le microcosme parisien, sur l'objet de sa commande éditoriale.

Alors elle s'aperçoit que les avis sur Notre Dame de Cayenne, sont chez elle bien plus partagés que dans ce qu'en dit le fameux microcosme, où il est vrai, l'hypocrisie opportuniste est trop souvent la règle.

L'enquête en Guyane est, disons-le « contrastée ».

Elle nous permet, notamment de mieux connaître Roland Delannon, son ex mari, un indépendantiste guyanais qui l'a formée, initiée à la politique, et qu'elle a plaqué, dès que l'élève eût dépassé le maître. Un homme qui manifestement a beaucoup souffert, et qui contrairement à ce qui a été dit, n'a jamais fait de prison : « Dans une interview accordée en 2011, Christiane Taubira revient sur cette époque et affirme que son mari a été emprisonné pendant un an et demi. L'information est aujourd'hui encore relayée par de nombreux médias. Et elle ne l'a jamais démentie ou corrigée. Pourtant, Roland Delannon est catégorique. «Je n'ai jamais été arrêté, je n'ai jamais fait de prison. » Plusieurs fins connaisseurs de l'histoire politique guyanaise certifient qu'il n'a en effet jamais été derrière les barreaux. Comment alors expliquer que son ancienne épouse livre une version beaucoup plus romanesque? «C'est un peu de fantasme», répond laconiquement le principal inté­ressé. «Elle romance et légende certaines périodes de sa vie pour apparaître comme quelqu'un de grand», résume aussi un spécialiste des milieux indépendantistes guyanais. La différence entre la version de Taubira et celle de son ancien mari a largement de quoi interpeller. Quitte à s'arranger avec les faits, Christiane Taubira construirait-elle son propre mythe » ? ( pp 26/27 ).

Autre déclaration qui tranche avec la réputation officielle du Garde des Sceaux, humaniste, personnalité ouverte et franche ( comme chacun sait ) ce témoignage, recoupé par beaucoup d'autres, de Joelle Prévot-Madère qui tente de négocier avec la présidente du Waldari ( le parti de Christiane ) en vue de la formation d'une liste commune à des élections régionales : « C'est elle qui décide, elle vous écoute, mais elle ne vous entend pas. Elle a toujours raison, elle sait tout sur tout ». ( p.43 ).

Et dans le « petit peuple » c'est pareil. L'un des interviewés résume un point de vue assez largement partagé, même par ses partisans : elle est partie car elle pense « que la Guyane est devenue trop petite pour elle ».

La biographe évoque ensuite son parcours dans cette métropole qu'à la fois elle n'aime pas tout en étant fascinée par elle.

La carrière de députée est résumée, ses alliances successives avec des partis de gauche fort différents et notamment le Parti des radicaux de gauche, sous les couleurs duquel elle se présentera à l'élection à la magistrature suprême, en 2002, contribuant ainsi à l'élimination de Lyonnel Jospin, au profit de Jacques Chirac qui affronta J-M Le Pen au deuxième tour.

Christiane est-elle toujours capable de jouer ce petit jeu du trouble fête, au profit, en définitive « de la droite »? Nous y reviendrons.

Il ne faut jamais jurer de rien, surtout quand l'ego prend le mors, et Dieu sait si Christiane a été, sur ce plan de l'inflation du MOI, gâtée ( au sens propre ) par la nature.

L'auteur est largement explicite sur la façon qu'a son modèle ( au sens du peintre ) de gérer le ministère de la justice, de traiter impitoyablement ses collaborateurs les plus proches, qui sont le plus souvent des administrateurs éminents, qui tous très vite démissionnent. Mme Taubira ne change pas et les traite comme naguère elle faisait de ses interlocuteurs guyanais.

Un passage mérite d'être cité pourtant, car il en dit plus long que des pages et des pages. Il se trouve à la page 107 de l'ouvrage, et évoque ce moment où notre dame vient d'être nommée au ministère de la justice : « Quelques jours après la nomination de Taubira à la Justice, l'ancien ministre de l'Intérieur, Pierre Joxe, organise un dîner chez lui, dans son appartement pari­sien. Le couple Joxe reçoit Christian Vigouroux ( aucun rapport avec l'auteur du livre ) et sa femme, juriste à la retraite, ainsi que la nouvelle garde des Sceaux. Pour l'occasion, la ministre, qui boit peu d'alcool, a apporté une bouteille de rhum. « On découvre à quel point elle ne connaît rien à la justice des mineurs », se souvient l'hôte de la soirée. L'avocat est décontenancé par ses lacunes sur le fond mais séduit par la fougue de la nouvelle ministre ».

Il est quand même permis, même à une conscience moyennement vigilante, de se demander sur quels critères sont recrutées les éminences dirigeantes de notre République.

Peut-être épouvantée de s'apercevoir que ce paragraphe pourrait faire naître de « mauvaises pensées » dans des cervelles d'électeurs, Caroline Vigoureux y va d'un petit couplet de nature bien différente, que seuls de très mauvais esprits, ( réactionnaires, of course ! ) pourraient formuler, où le « politiquement correct » roule son gros bouillon épais, tortueux, et...nauséabond. Evoquant le « on dit » de la place Vendôme, elle écrit : « Beaucoup dissertent sur sa «grandeur intellectuelle». «Elle a un QI supérieur à la moyenne. C'est impression­nant. Elle est très intelligente, très cultivée. Son lexique compte environ 20000 mots contre 4000 pour une per­sonne normale», certifie l'un de ses collaborateurs. «Elle est au-dessus de la norme des personnalités politiques, elle a un courage physique, elle a toujours en tête les pré­occupations des plus démunis», énumère un autre. «Si on ne l'admire pas, on ne tient pas», ajoute encore l'un d'eux ».

Notez qu'elle cite, sans reprendre à son compte, et pour cela il lui sera beaucoup pardonné. Surtout par nous autres du menu fretin de la « république », qui vivent sous François Hollande, à défaut d'avoir vécu sub Pontio Pilato.

Oui, il faut passer bien des choses à notre auteur ( auteure, comme ils disent ), et je le répète elle a eu beaucoup de mérite.

Car si son ouvrage ne manque pas de faits, et de témoignages divers, il lui fait défaut, toutefois, la parole Taubirienne, si j'ose dire.

Et notre écrivain, ( point vaine à tous les égards ) a prévu l'accusation inévitable des partisans de la dame qui « pleure ( dit-elle ) toute seule dans sa chambre » le soir.

Aussi s'en est-elle expliquée dès l'introduction, que j'ai gardée pour la fin ( in cauda, venenum ! ) dans un passage qui résume toute la justice, vue par Hollande, Valls, et leurs spadassins.

Elle avait souhaité rencontrer le ministre. Voici quelle fut la réponse ( pp 9 à 11 ) :

 

« Pourtant, tout avait bien commencé. Son cabinet m'avait laissé espérer une rencontre : «Vous êtes jeune et vous êtes une femme, elle aime bien ça. » Les semaines passent et la ministre ne répond à aucune de mes sollici­tations. «Les livres, c'est sacré pour elle», tente de justi­fier l'une de ses conseillères. «Il faut qu'elle vous voie pour qu'elle décide si elle accepte ou non de vous parler. Elle marche au feeling», me dit son cabinet. Impossible finalement d'obtenir cet entretien avec la ministre. « Le rendez-vous est prévu à son agenda mais elle le fait sauter chaque fois », me fait-on savoir sans autres expli­cations. Je finis par envoyer un texto directement à la garde des Sceaux. Une bouteille à la mer dans laquelle je lui explique que personne ne peut me raconter son his­toire mieux qu'elle. Mon message reste sans réponse pendant plusieurs jours.

Le seul moyen d'obtenir une explication est de m'adresser directement à elle. Le 1er octobre 2014, je me rends à la présentation du budget 2015 du ministère de la Justice. A la fin de la conférence de presse, j'inter­pelle Christiane Taubira dans un couloir du premier étage de l'hôtel de Bourvallais :

Madame la ministre, avez-vous reçu mon message ?

Oui. Je comptais vous répondre par cordialité, encore que je n'y sois pas obligée puisque ce n'est pas moi qui vous ai donné mon numéro de portable.

Notre échange commence mal. Lorsque je tente simplement de savoir pourquoi elle refuse de me recevoir, elle m'envoie sa réponse comme une gifle.

Je n'ai pas à vous donner d'explication comme je ne vous en ai pas demandé quand vous vous êtes auto­risée à écrire un livre sur moi. J'ai vingt ans d'expérience parlementaire derrière moi, qu'est-ce que vous en savez ? Vous vous autorisez à écrire "un livre sur moi alors que vous ne me connaissez pas, je ne participerai pas à cette forme d'arrogance, pilonne-t-elle, offrant ce spectacle aux membres de son cabinet. J'essaie de comprendre, abasourdie :

Vous refusez de me parler parce que vous consi­dérez que ma démarche relève de la prétention ?

Pas de la prétention, de l'arrogance, prend-elle soin de corriger.

Sa réponse fuse, son regard tranchant est planté dans le mien. Va-t-elle au moins lire ces quelque 210 pages qui lui sont consacrées ?

Désolée, mais je ne lis que de la belle littérature ou des dossiers techniques, lance-t-elle dans un éclat de rire.

Me voilà remise à ma place de «journaliste».

« Ce n'est pas vrai, elle va lire ce livre avec attention », certifient au contraire plusieurs de ses proches. «Elle est beaucoup plus attentive à son image que ce qu'elle veut bien laisser penser», assure même un de ses amis.

Pour clore la conversation, la ministre me promet avec un large sourire que je reste «la bienvenue» à la chancellerie ».

 

Beaucoup de gens sains d'esprit traiteront Taubira par le mépris. Tant d'orgueil de vanité, mélangée à tant d'incompétence ( voir plus haut )! 

Mais il y les autres. Plus nombreux qu'on ne croit qui, pour des raisons qui pour ma part m'échappent, lui donneront l'absolution.

Ces « raisons » sont peut-être de celles qui interdisent de traiter la Cayennaise, comme elle le mériterait. Toute honte bue. Car enfin, elle les traitent eux aussi par dessus la jambe.

A moins que Christiane ne refasse le coup de 2002, et ne se présente à la présidentielle. Caroline Vigoureux, in fine, en évoque la possibilité.

L'actualité de ce 24 juin relance l'hypothèse, ( http://www.la1ere.fr/2015/06/22/christiane-taubira-est-indispensable-la-couleur-gouvernementale-selon-jean-christophe-cambadelis-266163.html ) et rappelle quelle balayure aura à évacuer l'équipe qui succédera à l'actuel bal des fous.

 

Le Scrutateur.

Le mystère Taubira, vue par Caroline Vigoureux, une journaliste de grand mérite.
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FABRE 18/10/2015 10:19

L'on pourrait insister sur sa malhonnêteté intellectuelle , qui confine à l'escroquerie . Ses 2 lois phares en attestent .
Celle concernant l'esclavage est limitative à la traite transatlantique, qui ne fût ni la + longue ni celle qui concerna le + personnes . nulle mention n'étant faîte de l'abolition en fût la + récente.
La loi dite du "mariage pour tous" : limitative aux homosexuel (puisque les héteros avaient déjà ce droit . Un vrai mariage pour tous devrait accepter également la polygamie, la polyandrie, voire la polygynie sororale !

pierre 26/06/2015 14:45

Ségolène la vache qui rie! et Taubira la vilaine!

Agénor Sude 25/06/2015 21:47

Plus Madame Taubira s'élève, plus elle en montre. Et moins c'est intéressant... D'autant que le débat est truqué, puisqu'elle fait du trafic de préjugés. Oh ! la vilaine personne !