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Publié par Edouard Boulogne

Pensée du soir : Notre société régie par un principe de ramollissement?

Je m'arrête un moment de scruter dans la gerbe d'articles qui me parviennent sur la politique au sens trop usuel du terme.

Cet arrêt n'est pas une fuite. Au contraire. Il faut aussi, et le plus souvent possible, fermer les yeux sur le spectacle du monde, et l'ausculter dans le silence pour mieux entendre les palpitations de son coeur aux abois, les appels, souvent inconscients qu'il nous adresse, notamment chez les plus tendres, les plus fragiles, même s'ils jouent aux « durs », chez les jeunes par exemple.

Paradoxalement, c'est une publicité, enjoleuse, et molle, perfide et doucereuse autant qu'un appel du serpent python, Kaa, dans le film de Walt Disney «  Le livre de la jungle » qui m'invite à cette introspection. Mais, publicité vaine et grasse, de Coca Cola,  sans l'humour subtil du grand producteur, lorsque Kaa, fixe sa future proie, la figeant par sa funeste mélodie, avant de l'avaler toute crue, avec des façons subtiles de vieille Dame du faubourg St-Germain : «Aie confiance, crois en moi ».

L'homme est ce qu'il est. Il y a des constantes de la nature humaine. L'une d'entre elle est la tendance à la facilité.

L'anarchiste est, notamment, celui qui ne croit pas à l'éducation. Mais que serions-nous sans l'éducation? Celle-ci est inséparable de l'effort. Ce qui faisait dire à Paul Valéry, que « la facilité est le mal de l'esprit ».

Il fut un temps où l'effort était l'un des principes de l'éducation. Au tableau noir de l'instituteur était écrite, à la craie, la devise du jour : « toujours plus haut », «  Sursum corda » ( que l'on traduisait pour les gaminets de la Communale ), etc.

Toute une philosophie, inspirée de Maine de Biran, fondait la possibilité même du développement du « moi », sur l'effort, assisté soigneusement par les maîtres, et par les parents.

Un disciple de Maine de Biran le philosophe Jules Lagneau, penseur profond, et maître de bien d'autres esprits de qualité, tel le célèbre Alain ( Emile Chartier, dit Alain ), fonda toute une doctrine de l'action sur ce principe de l'effort.

Il disait : "La certitude est une région profonde où la pensée ne se maintient que par l’action. Mais quelle action ? Il n’y en a qu’une, celle qui combat la nature et la crée ainsi, qui pétrit le moi en le froissant. La lâcheté, elle, a deux faces, recherche du plaisir et fuite de l’effort. Agir, c’est la combattre. Toute autre action est illusoire et se détruit ..." .

Freüd lui-même, qui a bien des défauts, - mais pas tous - , insistait sur le nécessité de faire prévaloir le principe de réalité sur celui du plaisir.

Les mouvements de jeunesse, d'obédience laïque ou religieuse, travaillaient en ce sens. Scouts, Guides de France, Mouvement de Sonis ( en Guadeloupe ) Francs et Franches camarades, etc. Il y avait des ratées. Qui est sans défauts, sans limites? Mais, comme disait le chant de route, que j'ai chanté, et fait chanter à mes cadets «  nous allons tout le long des grèves, pour plaire au coeur des gars, Eh! Oh! (….) Pour chasser la vieille habitude, il faut des mots hardis, ( bis ), etc. ».

 

Ce temps n'est plus. L'effort, sauf pour une très petite élite, est perçu comme une gène, un insupportable obstacle au bonheur ( contresens majeur ! ).

A l'idéal héroïque à succédé le penchant du laisser-aller.

De Gaulle disait que rien de grand ne se fait sans de puissantes personnalités, et que celles-ci le sont pour l'avoir voulu.

A de Gaulle a succédé.......disons pour ne froisser personne : la Société de Production et de diffusion Coca Cola.

Laissons lui la parole. Cliquer, écoutez, regardez :( http://www.leblogdecom.fr/leblogdecom/2015/05/le-dernier-spot-coca-cola-tout-est-dans-la-bande-son-choisislebonheur.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+typepad%2Flagencedecom%2Fleblogdecom+%28Leblogdecom%27%29 ).

 

Je viens de revoir ce clip, pour vous accompagner. Il me semble bien conçu, par des spécialistes de la communication, qui sont en même temps des spécialistes de la mise en condition.

L'effort? Pffuit! L'idéal? Pfuiiit! La culture? Mais y a t-il culture sans idéal? Et peut-on réaliser un idéal sans l'avoir voulu et même, d'abord, conçu, c'est-à-dire sans effort? Donc, pas de culture. Ou alors...culture de masse.

Tout à l'heure, juste avant de me mettre à table pour écrire cette bafouille, j'ai reçu, bien à point pour l'occasion, cet articulet de Valeurs Actuelles, qui me semble en lien direct avec ma ligne de pensée :

 

Trop d’adolescents Français sont illettrés

 

 

 

Trop d’adolescents Français sont illettrés

 

 

« Des chiffres inquiétants. À 17 ans, près de 10 % des élèves ont des difficultés pour lire un texte simple, montre une enquête réalisée lors des journées défense et citoyenneté (ex-JAP. Un chiffre qui fait douloureusement écho à celui publié par l’OCDE révélant qu’un lycéen sur cinq (20 % des élèves français âgés de 15 ans) ne maîtrise pas certaines compétences de base telles que la lecture, l’écriture et le calcul ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dois-je me permettre la conclusion qui pourrait sembler la plus adéquate, en forme de constat : CQFD ! ?

Mais l'éducateur, le professeur que j'ai été, et que je demeure ( je m'en excuse, chers amis, si je vous en agace un peu les dents parfois ) est un homme de patience, et de défi, comme le vrai prof devant un ( une ) élève doué, mais rétif, fainéant, provocateur, comme on peut l'être à 17 ans, mais dont on se dit « toi petit, je t'aurai, tu seras ce que tu dois être, ce que tu es appelé à être, par tes dons que tu n'as pas le droit de gâcher et gaspiller ».

Attention! je vais prononcer un mot obscène. Âmes délicates, coupez! C'est le mot d'aristocratie.

Ce mot n'est plus prononcé ou écrit que par des politiciens du genre du célèbre Monsieur Topaze dans la pièce de Marcel Pagnol.

Donc des politiciens démagogues et profiteurs. Ceux-ci n'ont que le mot de « démocratie » à la bouche. « C'est pour mieux vous B...., mes enfants.

Ces gens ne sont pas des aristocrates, le mot venant du grec, et désignant ce qu'il y a de meilleur.

Je pense qu'il faut refaire, reconstruire une aristocratie, pas nécessairement au sens de l'ancienne, qui rendit de grands services, avant d'être éliminée comme on sait, mais au sens étymologique.

Et je feuillette, et trouve dans un des plus vieux cahiers où j'ai noté, depuis tant et tant d'années, des milliers de citations d'auteurs, qui me paraissaient belles et profondes, celle-ci, datée de 1960, entre un texte de Miguel de Unamuno, et un autre d'Arthur Koestler.

Elle est du romancier Michel de Saint-Pierre, dans un roman Les nouveaux aristocrates, qui m'avait séduit : « Les nouveaux aristocrates quel que soit leur milieu social, se reconnaissent à des traits de raffinements, d'exigence et d'inquiétude. Ils veulent bien autre chose au monde qu'être heureux, ou plus précisément, être heureux ne représente jamais pour eux le véritable but. Car une lumière, parmi d'autres signes, marque le front de celui qui est appelé à mener les hommes : son indifférence au bonheur ».

Comme nous sommes éloignés de la veulerie commune, et dont l'excuse, la seule est le plus souvent d'être inconsciente d'elle-même!

Mais quel programme, jeunes, ou moins jeunes ( sûrement les plus nombreux ) qui m'avez lu jusqu'au bout, quel programme d'action!

« La joie de l'âme est dans l'action » disait Lyautey. Mais une action réfléchie, et qui commence par le travail de soi sur soi!

Haut les coeurs.

 

Le Scrutateur.

 

( Escritatè a zot ).

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