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Publié par Edouard Boulogne

Le Scrutateur s'efforce d'être complet, et de publier une gamme variée d'articles sur l'histoire, la littérature, la bande dessinée, la philosophie, le sport, l'humour, etc.

Mais si je consacre tant d'heures à la rédaction et à la confection de ce site, c'est dans le but avoué de réfléchir avec mes lecteurs à des problèmes politiques et sociaux difficiles.

Tout en veillant à ne pas m'adresser à un public trop réduit de spécialistes, il est évident que malgré mon souci de clarté dans l'expression, le nature même des problèmes étudiés, demande un effort de réflexion, et d'attention.

Cet article, publié dans mon journal Guadeloupe 2000, en 1986, repris dans l'un des mes livres, France, garde-nous, en 1989, apparient à la catégorie de ceux qui demandent un peu de temps et d'attention pour être assimilé, et devenir utile. Il demeure à de très rares exceptions près, d'une actualité aveuglante, quelques jours après que les hordes d'Elie Domota aient commis à la Pointe Allègre, des actes qui ne sont pas sans évoquer les actions, sous d'autres cieux, mais inversées, du Ku Klux Klan.

Le public auquel je m'adresse ( vous, amis ) n'est peut-être pas assez rompu aux joutes politiques, et aux techniques de subversion du nouveau racisme, et des néo esclavagistes. Cet article, et tant d'autres de ce site, a été conçu pour développer la lucidité, et renforcer le courage de ceux, de toutes les ethnies de la Guadeloupe, qui aiment leur île, et entendent lutter pour son développement harmonieux.

Peut-être en fin de cette soirée, mais en tout cas demain un dossier nourri, et qui devrait vous intéresser sera publié ici même.

 

LS.

 

PS / Lecteurs, si cet article vous a plu, transmettez le à vos amis, qui ne connaîtraient pas notre site. Et vous lecteurs sur Facebook, partagez, Partagez, PARTAGEZ .

 

 

II y a quelques mois, le soulèvement d'une partie de la population d'Haïti, la chute du duvaliérisme, la fuite de Jean-Claude Duvalier, et son installation en France, faisaient la Une des journaux. Pour comprendre ces événements, il importe de regarder au-delà des reportages superficiels de la station RFO ou des articles d'une certaine presse tiers-mondiste bien pensante.

J'ai été personnellement conduit à relire une bien intéressante brochure publiée il y a une dizaine d'années sous la signature de Jacqueline Lamartinière et intitulée : Le noirisme, essai sur la négritude et son utilisation dans le contexte haïtien '.

 

1. Haïti : une technique de l'esclavage

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C'est du point de vue marxiste que Mme Larmarinière se livre à une impitoyable dénonciation de l'exploitation de l'homme par l'homme en Haïti, à partir d'une idéologie qu'elle appelle le « noirisme », dont elle dégage, non sans lucidité souvent, les principaux thèmes et la finalité. Le noirisme, c'est d'abord l'idée d'une radicale altérité de l'homme noir, d'une essence nègre. Il y a deux ans, un jeune Noir guadeloupéen indépendantiste manifestait lors d'une réunion du Cercle Saint-Exupéry 'son refus inconditionnel de toute musique occidentale et son abandon total au gros ka (assimilé par lui à la musique africaine). « Ceci, me disait-il dans la pure ligne de feu l'idéologie nazie, parce que cette musique est nègre et inscrite dans mes gènes. »

Ce bon jeune homme participait de l'idéologie noiriste et au propos de J.-C. Dorsainville cité par Mme Lamartinière, et évoquant le moi nègre : « C'est en effet le moi des déterminations obscures de la race, ce moi auquel il ne faut pas un grand nombre de coups de grattoir pour réveiller chez l'Haïtien le plus infatué de sa culture occidentale, l'Africain endormi. » ( Mais quel africain? Car l'Afrique est un vaste continent, et les cultures, du nord au sud, et de l'est à l'ouest y sont nombreuses, et souvent antagonistes. Note du 31 mars 2015 ).

A partir de ce type du nègre fondamental (comme jadis les nazis partaient des types fantasmatiques de l'Arien pur ou du juif éternel) se développent un certain nombre de thèmes, choisis par Duvalier père et les idéologues qui l'ont porté au pouvoir. Jacqueline Lamartinière les énumère. Ce sont (p. 36) le débat autour du créole, la promotion d'une renaissance culturelle nationale, la recherche de l'identité de l'homme noir haïtien.

Le culte vaudou est également exalté comme facteur de cohésion sociale, de résistance de l'essence fondamentale du peuple nègre haïtien aux influences culturelles extérieures. Autre thème du noirisme, montré par Jacqueline Lamartinière la présentation de la société haïtienne comme d'une société scindée en deux groupes fondamentaux, les blancs exploiteurs et les gens de couleur exploités, ou comme l'écrivait encore Jean-Claude Dorsainville : « La classe des esclaves et celle des affranchis était composée de Noirs et de mulâtres. La classe de Blancs composée de grands Blancs et de petits Blancs. »

Lamartinière n'a pas grande difficulté à démasquer la supercherie qui se dissimule sous le noirisme. Par exemple remarque-t-elle, si l'exploiteur est blanc par nature et le Noir exploité, alors l'ouvrier petit blanc est un exploiteur capitaliste du fait de la couleur de sa peau, mais « on ne doit pas s'étonner que le grand propriétaire noir Dumarsais Estime, se soit converti en un "petit paysan des Verrettes". De même, le vaudou comme instrument de libération n'est qu'une supercherie : "Les 19 ans de pouvoir duvaliériste ont démontré comment le vaudou est utilisé par la classe dominante (noire) pour maintenir, non seulement les masses, mais aussi des couches d'intellectuels dans son giron. La preuve en est l'exaltation des chansons et cérémonies vaudouesques, la mise en vogue des danses populaires, des récitals de poésie de la négritude et la portée à l'écran de l'œuvre de Jacques Roumain : Gouverneur de la rosée." ».

Le noirisme aurait pour finalité dans l'esprit d'une élite haïtienne de couleur, cl ceci bien avant l'arrivée au pouvoir de Duvalier, de « remplacer le fouet blanc, par le fouet noir ». C'est en terme de lutte de classes et non de races qu'il convient de poser les problèmes, en Haïti comme ailleurs, poursuit J. Lamartinière, en bonne marxiste qu'elle est. L'exaltation raciste du négrisme n'est qu'une supercherie d'une classe dominante noire ou d'un groupe se préparant à la prise du pouvoir dans un pays à majorité noire, pour mieux tenir et manipuler les masses dominées. « Toutes ces fadaises noiristes n'ont qu'un seul but : démontrer aux masses, leur faire admettre que le Blanc est l'ennemi, que le Noir est l'ami, qu'elles doivent se laisser diriger de préférence par les» Noirs portant ainsi un coup fatal aux revendications populaires et à la lutte des classes. »

Je dirai plus loin en quoi je me sépare de Mme Lamartinière mais son analyse ne manque pas de pertinence sur de nombreux points, et vérification expérimentale peut en être faite en Haïti et ailleurs. Dans la période d'intense déstabilisation que traverse actuellement le monde, chacun, homme de race noire ou non doit être attentif à l'usage pervers qui est fait du « noirisme ».

Il n'est pas jusqu'à la théologie qui ne serve de véhicule à cette idéologie pernicieuse avec l'essai de constitution d'une « théologie noire » 3. L'un de ses théoriciens, James Cône écrit : « Si le Christ est blanc et non pas noir il est oppresseur et nous devons le tuer (...). Dieu lui-même ne doit être connu qu'en tant qu'il se révèle dans sa négritude », et plus loin : « Ce n'est pas aimer que d'accepter l'être blanc (...). Aimer c'est prendre parti contre les Blancs. »

Etrange théologie, vraiment, surtout pour des gens qui n'ont pas de mots assez durs (justifiés cependant sur ce point) pour condamner le racisme blanc quand il existe.

 

  1. En Guadeloupe : les néo-esclavagistes sont à l'œuvre

     

L'observateur de l'actualité en Guadeloupe durant ces dernières années, ( et ces dernières semaines de mars. Note du 31/03/2015 ) n'aura pas manqué d'être frappé par la concordance fréquente des thèmes du noirisme haïtien et de ceux des mouvements indépendantistes guadeloupéens (et en général dans les DOM-TOM) : le Parti communiste guadeloupéen mais aussi les « nationaux populistes » de l'UPLG, du MPGI, de Combat ouvrier, etc. Une chose frappe dès l'abord, c'est l'effort de racialisation constant des rapports sociaux en Guadeloupe.

L'extraordinaire montage raciste de l'affaire Faisans (avec la complicité du gouvernement socialiste), est suffisamment frais dans toutes les mémoires pour que je n'y revienne pas. Par ailleurs, les exemples

abondent. Un conflit du travail éclate-t-il entre un employé noir et un patron noir ? Ce dernier est traité de nègre à blancs et de valet du colonialisme. Le patron est-il blanc ? Combat ouvrier lance un « appel à la population noire ».

Le Progrès social de Félix Rodes compare les militaires métropolitains en Guadeloupe à des « champignons sur le fumier », sans que, bien entendu, la LICRA ou la Ligue des Droits de l'Homme, n'entament aucune poursuite contre l'avocat basse-terrien, au titre des lois antiracistes. Les radios indépendantistes s'en donnent à cœur joie et les slogans les plus écœurants tapissent les murs de nos villes, tracés par les mêmes mains, de la même écriture. Comme en Haïti, la langue créole est employée comme arme de combat dans la guerre subversive. Elle n'est pas considérée par les séparatistes, pour ce qu'elle est, une des langues romanes, objet d'étude et de promotion de notre patrimoine régional4, mais contre toute évidence, comme une langue « nationale guadeloupéenne », jugulée, opprimée par le « colonialisme français ». Dans des dizaines d'articles, mais aussi sur les antennes des radios séparatistes et même celles de la radio d'Etat RFO des « journalistes » plus agents provocateurs que journalistes, l'utilisent systématiquement sur un ton agressif et blasphématoire.

Faute d'existence significative chez nous du culte vaudou, ce sont les pratiques superstitieuses et les croyances magiques les plus rétrogrades qui, comme en Haïti sont exploitées contre toute émancipation spirituelle véritable des populations antillaises, par ces esclavagistes d'un nouveau genre que sont les séparatistes. C'est ainsi que l'on peut lire à la date du 26 octobre 1985 dans Lendépendans, journal de l'UPLG qu'il faut « que des gens de notre peuple commencent à penser qu'il faut que les Guadeloupéens utilisent toutes leurs pratiques dites magiques (dont il n'est pas prouvé qu'elles soient toutes inexplicables et inefficaces) contre l'occupant colonialiste. (Cela est) indiscutablement l'expression d'un état d'esprit favorable à la libération nationale ».

A noter qu'en Guadeloupe, le PCG marxiste comme Jacqueline Lamartinière participe allègrement à la lutte de races dénoncée comme réactionnaire par l'auteur du « noirisme ». Celle-ci, il est vrai, avait dans son étude parlé des « pseudo-marxistes » qui se révèlent très dangereux pour la vraie révolution, « car en conférant à l'idéologie dominante une vocation révolutionnaire, en substituant la lutte des races à la lutte des classes, en s'adonnant au "marronage idéologique", ils pervertissent objectivement le marxisme, c'est-à-dire l'idéologie prolétarienne » 5.

 

  1. La chance de la Guadeloupe et des DOM

     

C'est ici toutefois qu'il faut montrer ce qui nous sépare de Mme Lamartinière malgré la pertinence de certaines de ses analyses. Notre auteur, en effet, reste prisonnière de l'idéologie marxiste de la lutte des classes aussi funeste pour la liberté et l'émancipation réelle des peuples que l'idéologie raciste. « Une souveraineté politique et économique (...) n'est possible que dans le cadre du socialisme » (de type communiste) écrit-elle. ( ces phrases ont « été écrites avant la chute du mur de Berlin. Note du 31/03/2015 )

Evoquant la lutte armée dans les ex-colonies portugaises d'Afrique, et la résistance des chefs tribaux traditionnels à la mainmise sur leurs territoires des mouvements de soi-disant « libération » communiste, elle cite et approuve Edouardo Mondlave du FRELIMO quand il décla­re :« Tout chef qui est encore contre la lutte de libération est sorti de la région avant que ne se produise l'action militaire. Mais quand elle commence, ou bien ils doivent s'enfuir chez l'ennemi ou bien ils sont éliminés. »

Cela signifie par exemple qu'en Nouvelle-Calédonie, les chefs traditionnels partisans du maintien de l'île dans la France (et dans une France non communiste) n'auraient d'autre choix qu'entre la valise ou le cercueil, de même qu'en Guadeloupe les leaders « départementalistes ».

Récusant à juste titre un racisme méprisable (qu'elle ne condamne d'ailleurs pas pour des raisons morales, mais seulement à cause de l'inefficacité qu'elle lui attribue, Lamartinière opte pour un mal au moins aussi pernicieux que celui qu'elle dénonce : l'effroyable machine à broyer, terroriser, décerveler de ce communisme que l'Eglise catholique une fois de plus par la voix du pape Jean-Paul II vient de condamner sans appel. La chance de la Guadeloupe et des DOM en général, c'est d'appartenir à une grande nation libre et civilisée, d'être peuplés de citoyens tout de même plus instruits et éclairés que les pauvres Haïtiens par exemple qui, pour leur malheur, ont cessé d'être français voici deux siècles. Ces citoyens sont aussi dans leur majorité des chrétiens et même des catholiques, membres de cette Eglise, qui bien que traversée elle-même de courants troubles et dangereux, reste à notre époque l'une des forces les plus efficaces de résistance au totalitarisme, et de promotion de toute vraie libération.

 

Encore faut-il que ceux qui ont la charge de veiller et d'informer le fassent Dans cette veille et ce combat contre les nouveaux esclavagistes des temps modernes, dans ce libre journal, nous tiendrons notre place. Et je crois bien que personne n'en doute.

 

Edouard Boulogne.

 

Juin 1986

Les nouveaux esclavagistes, par E.Boulogne.
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Bonjour
Je souhaiterais entrer en relation avec M. E Boulogne
Merci
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