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Publié par Edouard Boulogne

Ce que vient de déclarer Valéry Giscard d'Estaing, européen pourtant convaincu, l'un des principaux rédacteurs de la Constitution de l'Europe de Maastricht, est assez surprenant, mais mérite d'être pris en considération compte tenu de l'envergure du personnage.

Voici la teneur de son propos analysé par Christophe Servan dans Boulevard Voltaire.

 

Le Scrutateur.

 

Ça ne coûte rien d’écouter Giscard de temps en temps

 

http://www.bvoltaire.fr/christopheservan/ca-ne-coute-rien-decouter-giscard-de-temps-en-temps,160065?utm_content=buffer0f851&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

 

Les anciens, surtout ceux qui ont connu les honneurs et occupé les plus hautes fonctions, devraient être écoutés plus souvent. Si les mauvaises langues disent à leur sujet que la vieillesse est un naufrage, raison de plus. C’est peut-être le signe que ce qu’ils disent dérange. Déjà en 2010, l’ancien président de la République avait mis les pieds dans le plat en affirmant devant Jean-Pierre Elkabbach au sujet du scandale de Karachi : « Oui, il existe une liste de rétrocommissions protégée par le secret-défense. » Une révélation choc qui n’avait pas porté à conséquences judiciaires, omerta UMPS oblige. Au fait, vous savez pourquoi nous n’avons pas été capables de vendre le Rafale jusqu’à ces derniers jours ? Pour moult raisons, sans doute, mais pourquoi pas aussi parce que la France n’a jamais été capable de vendre des armes sans passer par la valise pleine de billets, pratique interdite par Chirac depuis cette triste affaire ?
 
Mais revenons à notre bon vieux Giscard. Voici qu’il déclare au quotidien
Les Échos que la Grèce ferait mieux de sortir de la zone euro, une issue à la crise qu’il qualifie de « Grexit » amical. Vous allez me dire que ce n’est pas un scoop mais une opinion, certes, mais pas celle de n’importe qui.

« La Grèce ne peut régler ses problèmes aujourd’hui que si elle retrouve une monnaie dévaluable. Il faut donc envisager ce scénario très calmement, à froid, dans l’intérêt de la Grèce elle-même. »

Lire aussi : Marine Le Pen contre Éric Zemmour : qui dit vrai ?

Voilà une solution qui me semble frappée au coin du bon sens et que nous aurions été bien avisés d’adopter dès 2010, ce qui nous aurait épargné plusieurs dizaines de milliards de créances irrécouvrables supplémentaires. À la question « Pourquoi cette hypothèse n’est-elle pas posée par les leaders européens selon vous ? » il répond par un lapidaire « Peut-être par manque de compétence en matière monétaire ». À l’évidence, l’intéressé n’a pas perdu de sa superbe.

« La sortie de la Grèce de l’euro ne risquerait-elle pas d’inciter d’autres pays à la suivre ? » lui demande-t-on encore, ce à quoi il répond : « La situation de la Grèce est singulière et extrême : son taux d’endettement par rapport à la richesse nationale, autour de 175 % du PIB, est très supérieur à celui du deuxième pays européen le plus endetté, qui se situe autour de 125 %. »
 
Tout cela est vrai mais ce n’est pas l’essentiel. S’il ne dit mot sur les aspects techniques, on peut raisonnablement penser que, dans l’esprit de VGE, la dette grecque en euros devrait être, conséquence immédiate, convertie en drachmes. Cette monnaie perdant rapidement 30 à 50 % de sa valeur, les créditeurs accuseraient une moins-value proportionnelle. Mais, avec le temps et la reprise de l’économie grecque, elle pourrait être ramenée à 20 %, voire 10 %. C’est toujours mieux qu’une perte sèche immédiate suite à un abandon de créances. Si, dans l’hypothèse contraire, la dette grecque devait continuer à être honorée en euros, on ne voit pas ce que ce
« Grexit » aurait d’amical. Bien au contraire, les conséquences seraient encore pires que la situation actuelle et l’hypothèse ne serait même pas sur la table.
 
Le lecteur comprendra l’importance capitale de cette question de la conversion de la dette dans la nouvelle monnaie nationale. Elle créerait un précédent qui, sans aucun doute, ferait jurisprudence, elle disqualifierait
ipso facto tous les discours apocalyptiques entendus à satiété sur tous les plateaux de télévision. En clair, VGE, ancien président de la République et un des principaux architectes de l’Europe de Maastricht, donne raison à tous ces infréquentables europhobes d’extrême droite qui, depuis des années, s’évertuent à expliquer que sortir de la zone euro n’est pas la fin du monde. Ça, c’est un scoop.

Christophe Servan

 

Si c'est Giscard qui le dit !
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Raoul Dheste 23/02/2015 20:48

Cet article est la preuve qu'une montre arrêtée est en mesure de donner l'heure juste. Car Giscard, franchement ! Quel taupe ! Le regroupement familial, plus "l'Europe ! l'Europe ! l'Europe !", plus "vidons la gauche de toute substance en lui empruntant sa légitimité"... Il n'y a opas dire, entre les très intelligents Giscards et Juppé, on a souvent eu l'impression d'une exposition permanente de la bêtise contemporaine...

Dissident 22/02/2015 21:28

Superbe spécimen d'imbécile strictement endémique à la France puisque absolument introuvable ailleurs.