Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Je fais partie de la liste de ceux qui ont reçu ce message d'un ami, cher et ancien, à l'occasion de la nouvelle année. Comme on va voir, notre ami a pris un coup de sang en constatant le comportement indigne ( le terme est faible ) de cette infime minorité de Guadeloupéens, qui cherchent n'importe quelles raclures pourrie pour nourrir leur racisme et leur frénésie de pouvoir insatisfait, et qui ont prétendu tout récemment interdire l'édification en Guadeloupe d'un monument témoin de l'arrivée, ici, des premiers colons blancs en 1635.

Je publie ici, tel quel cette « carte » de voeux, me contentant de l'anonymer.

 

Le Scrutateur.

 

Bonjour à tous.

Mon traditionnel envoi des vœux à été particulièrement laborieux cette année.

J’ai été victime d’une accélération de l’histoire qui m’a particulièrement perturbé.

C’est donc avec un délai largement dépassé que je vous fait part de mes meilleurs vœux pour l’année 2015.

J’avais, avec l’esprit provocateur qui me caractérise, envisagé de placer ces vœux sous le signe de l’implantation française en Guadeloupe. En effet, c’est le vingt-huit juin 1635 que débarquèrent les cinq cent cinquante premiers immigrants, il y aura donc bientôt trois cent quatre vingt ans.

Je voulais au départ exalter l’esprit de "pionnier" qui emmena ici ces premiers colons fuyant, pour la plupart d’entre eux, la misère des campagnes où des villes françaises. Ils partaient vers le rêve d’un avenir meilleur et ils trouvèrent le plus souvent la souffrance et la mort.

Mais, la pose d’une stèle commémorant cette événement, à créé une tempête dans un verre d’eau. Et certains de nos compatriotes n’ont pu se retenir d’exhaler leur haine …… d’eux même en fait ! Et cela m’a conduit à modifier mon angle d’attaque, tout en restant dans le sujet.

Je m’excuse par avance auprès de tous ceux qui, vivant hors de Guadeloupe, sont un peu éloignés de ces préoccupations.

 

Je vous propose d’écouter cette chanson de Philippe LAVIL pour accompagner la lecture de ce qui suit, en suivant ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=rm_ln6kJz_E

 

L’expédition de peuplement de la Guadeloupe, sous la direction de Charles LIÉNARD de L’OLIVE et de Jean du PLESSIS d’OSONVILLE, quitte la rade de Dieppe le 25 mai 1635 à bord de deux bâtiments.

Le premier navire sous le commandement du capitaine FEL avec quatre-cent hommes et deux religieux.

Le deuxième plus petit vaisseau, sous les ordres du Capitaine David MICHEL avec cent cinquante personnes et deux religieux.

Les quatre religieux, de l’ordre des Dominicains furent :  Les révérends pères Pierre PELICAN, Raymond BRETON, Nicolas BRUCHY et Pierre GRYPHON.

Cinq-cents de ces hommes étaient des engagés obligés de servir trois ans. On les appelai des "trente six mois".

Les cinquante autres étaient quelques familles particulières voyageant à leurs frais.

Ils arrivèrent en Guadeloupe où ils débarquaient le vingt huit juin 1635 à la Pointe Allègre, commune de Sainte-Rose.

 

Voici, décrit par le Révérend Père Jean-Baptiste du TERTRE, ce qu’ils vécurent après leur arrivée :

« …/ vous verrez des hommes affamés, brouter l'herbe comme des bêtes, manger leurs propres excréments, et étant empêchés de se procurer quelque nourriture pour rassasier leur faim, s'exposer volontairement à la sévérité des supplices, aimant mieux finir leurs misères de la main d'un bourreau que de traîner plus longtemps une vie que la famine leur rendait plus cruelle que la mort.

 

On peut dire que les misères de cette colonie commencèrent dans le navire: les viandes étaient avariées; on avait embarqué si peu de cidre, qu'au milieu du voyage on fut contraint de le couper à moitié, d'eau de mer. Ce qui causa une altération incroyable à tous les passagers et une intoxication si violente, que plusieurs en moururent dès qu'ils furent à terre. /…

 

/ Si bien que deux mois après leur descente à la Guadeloupe, ils se trouvèrent au milieu des bois, sans patates ni manioc à planter, sans pois et sans fèves à semer. Comme ils n'avaient apporté des vivres que pour deux mois (qui est le défaut que tous les étrangers reprochent à notre nation) nos deux capitaines généraux se virent obligés de retirer des vivres, et de réduire tous les gens de leur colonie à une livre de nourriture par jour. De plus la farine ayant manqué, la nécessité les obligea à manger de la tortue fraîche, sans pain, et cette nourriture causa des flux de sang et des vomissements qui en firent mourir plusieurs. /…

/ Voyant donc que leurs gens s'affaiblissaient de jour en jour jusqu'à ne plus pouvoir se soutenir, ils leur permirent d'aller sur les anses pour y tourner les tortues, qu'ils leur avaient défendu de manger à cause du flux de sang qu'elles avaient causé, mais ces pauvres affamés ne purent s'empêcher d'en manger sans retenue: plusieurs en moururent, les autres devinrent si maigres et si décharnés qu'ils semblaient plutôt des squelettes que des corps vivants. …/

/ Si bien qu'il fallut réduire la livre de pâte, qu'on distribuait tous les jours à chaque personne, à cinq onces, or on ne leur en distribuait qu'après avoir travaillé jusqu'à midi. …/

/ La famine fut si grande qu'on mangea les chiens, les chats et les rats, comme de friands morceaux. Depuis la déclaration de guerre aux sauvages, nos gens n'osant plus sortir du fort, mangèrent jusqu'à l'onguent des chirurgiens, au cuir des baudriers qu'ils faisaient bouillir pour le réduire en colle. On en a vu brouter l'herbe, manger les excréments de leurs camarades après les leurs. On a même cru qu'un certain jeune homme de Dieppe avait mangé la chair d'un de ses compagnons, et dans ce but il lui avait coupé le bras avant de l'enterrer. …/

/ On a souvent vu la terre des fosses où nos pères avaient enterré les morts, totalement remuée le matin; il était évident qu'on les avait fouillés pour déterrer les corps et en couper quelque membre pour vivre. …/

/ Tout ce pauvre peuple était réduit au désespoir, la plus grande occupation de nos religieux n'était pas seulement de consoler ceux qui en étaient capables mais d'empêcher les uns de se précipiter dans la mer, aux autres d'arracher les cordes qu'ils avaient dérobées pour se pendre. Ceux qui étaient assez hardis pour prendre quelque morceau de pain étaient châtiés comme des criminels; quelques-uns furent attachés au carcan, d'autres furent fouettés. Bien qu'il eût souffert deux fleurs de lys sur les épaules et que le R.P. Raymond l'eût arraché de la potence ayant obtenu sa grâce de MM. de l'Olive et du Plessis, un homme était si désespéré par la faim à force de prières et de larmes qu'il aima mieux dérober une cinquième fois pour être promptement pendu plutôt que de vivre encore exposé aux rigueurs insupportables de la faim. …/

/ Cette famine qui dura près de cinq ans, …/… fut suivie d'une mortalité presque générale, à laquelle outre la famine, deux choses contribuèrent particulièrement. La première fut une certaine maladie qu'on nomme communément dans les îles, le coup de barre: …/… La cruauté des commandants qui présidaient au travail est l'autre cause de la mort de la plupart de la colonie. En effet, bien que ces pauvres engagés, tant par les seigneurs de la compagnie que par les marchands de Dieppe, fussent extraordinairement affaiblis par la misère et par la faim, on les traitait plus mal que des esclaves et on ne les poussait au travail qu'à coups de bâton et de hallebarde, …/

Cette douleur vécue par ceux qui créèrent cet établissement en 1635, mérite bien un hommage.

Cordialement.

 

Racisme en Guadeloupe: Un lecteur en perd ses nerfs, et dit....la vérité !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Claude HOUEL 09/02/2015 13:22

Commémorer l’Histoire…

La récente polémique relative au monument commémorant l’arrivée des premiers français en Guadeloupe montre, une fois de plus, l’utilisation partisane et politico-raciale d’un événement qui devrait être rassembleur.
Avant de rappeler le ban et l’arrière ban des anti-colonialistes certains auraient été plus avisés de voir comment le passé historique d’une île sœur était abordé .
Les premiers colons français aux Antilles ne sont pas arrivés en Guadeloupe mais à St Christophe , St Kitts pour les anglais qui l’occupaient déjà.
Leur cohabitation, et le partage de l’île a duré 10 années, pendant lesquelles ces deux puissances ont anéanti les amérindiens qui occupaient les lieux.
C’est à ce moment que débute également le recours aux engagés puis aux esclaves africains
En 1635 les anglais chassaient les français qui allient s’installer sur les îles proches, Guadeloupe et St Martin.
Les début de la colonisation européenne sont donc très similaires dans nos deux îles.
L’histoire est donc commune avec ses souffrances et ses faits d’armes.
Il est donc intéressant de voir comment nos voisins ont intégré ces évènements fondateurs.
St Kitts est restée anglaise jusqu’en 1983, elle est aujourd’hui indépendante. Elle est peuplée en grande majorité de gens de couleur même si quelques anglais de vieilles familles blanches, y habitent encore.
Les descendants d’esclaves avaient toute latitude pour ressasser leur passé douloureux et rejeter tout ce qui pouvait le leur rappeler en expurgeant leur mémoire de pans entiers de leur histoire et en détruisant toute trace commémorative.
Ce n’est pas la voie qu’ils ont choisi !
St Kitts n’a pas renié son histoire coloniale au profit d’une mémoire de l’esclavage exclusive.
Tous les sites historiques ont été valorisés et TOUTE l’histoire est enseignée aux enfants sans aucun esprit de revanche ou demande de repentance.
Le plus important symbole de cette mémoire apaisée est sans doute la tombe de Sir Thomas Warner, premier gouverneur de l’île et donc instigateur du génocide indien et de l’introduction de l’esclavage.
Cette tombe est, comme tous les autres monuments historiques , entretenue et visitée aussi bien par les gens de l’île que par les touristes.
Elle ne donne lieu à aucune commémoration nostalgique mais ne fait l’objet d’aucune dégradation.
Elle est restée un simple témoin de l’histoire et n’entretien aucune polémique sur une pseudo
apologie de l’esclavage.
Nous devrions nous inspirer de cet exemple pour la Guadeloupe.
Il est regrettable que le projet de stèle à Ste Rose, commémorant l’arrivée des premiers français, n’ait pas été conçu de manière à y associer tous les Guadeloupéens, toutes origines confondues.
En effet les instigateurs de cette démarche auraient pu mettre en avant que cette terre est bien française depuis 1635 et qu’en dépit des douleurs de l’Histoire cela à forgé notre nationalité originale et le statut qui va avec et qui nous est envié par beaucoup de nos frères caribéens.
En 1935 les Guadeloupéens avaient célébré avec faste le tricentenaire de cette arrivée sans que cela ne soit remis en cause et avaient, au contraire, demandé dix ans plus tard d’ancrer encore plus notre île dans la République, avec la départementalisation.
A cette occasion les historiens guadeloupéens auraient pu être convié à raconter cette prise de possession avec des arguments objectifs.
La Guadeloupe est une communauté composite et le geste aurait été fort d’associer toutes ces composantes dont l’histoire a bien commencé avec ce débarquement.
La Guadeloupe est également une communauté très métissée et ce métissage a commencé dès le début de la colonisation , il est dés lors probable qu’il existe des Guadeloupéens génétiquement concernés par ces premiers engagés.
Présenté différemment ce projet pourrait donc être l’affaire de tous , sauf, probablement de ceux qui font commerce de leur idéologie anti-française et anti-béké en ignorant volontairement leur propre histoire.
Cette stèle acceptée par le plus grand nombre pour ce qu’elle est, la commémoration d’un fait historique fondateur, aurait pu, par exemple, être inaugurée par le président Hollande lors de sa venue en mai…Cela aurait eu beaucoup de panache.

Ref : Photos tombe Sir Werner, St KITTS
/Users/brigittematignyhouel/Desktop/5621722293_ede700a969_s.jpg
/Users/brigittematignyhouel/Desktop/76379846_131583485813.jpg

Manuela 05/02/2015 11:50

Bonjour, la grande croix de la pointe allègre commémorant cet évènement existe-elle encore?

Louis 04/02/2015 04:00

Épuration mémorielle ethnique
Après l'épuration mémorielle de la Guadeloupe de Armand Barbés, le révolutionnaire et Roc-Ambroise Auguste Bébian, inventeur de la pédagogie éducative des sourds-muets, authentiques pointois et Guadeloupéens blancs, tous deux célébrés,seulement, à Paris, en tant que tels, par notre diaspora, nous voici interdits de signaler la date de l'arrivée des premiers français blancs sur nos rives. Jusqu’à quand continuerons nous à accepter passivement et en silence que de prétendus “historiens” réécrivent Notre histoire.
Par exemple une création romanesque : la mulâtresse Solitude devient un personnage historique,statufiée à un carrefour,
un officier républicain,canarien blanc, Joseph Ignace, fils de Jésus et de Marie Ignacio devient un noir ou un mulâtre, également statufié à un autre carrefour.
Pour ma part je suis scandalisé et attristé par Nos silences complices, face à Nos terroristes intellectuels qui épurent ethniquement l’ histoire de notre
chère communauté créole.
Louis Dessout
.