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Publié par Edouard Boulogne

Je crois qu'il faut s'entendre sur le sens de l'expression « Français de souche ». L'article de Vincent Trémolet de Villers, dans le Figaro Magazine que je publie ci-dessous à l'intention des lecteurs du Scrutateur est utile. Il dénonce, avec raison, la véritable subversion de l'identité française par le biais d'une utilisation malhonnête de la langue, et des médias aux ordres de la subversion mondialiste actuellement au pouvoir, en France, et dans plusieurs parties du monde occidental en crise.

Je voudrais pour ma part préciser que l'expression « Français de souche » ne renvoie à aucun biologisme, à aucune idéologie de type national socialiste et à son débile « arianisme ». S'il y a une « race » française » elle se s'entend pas au sens d'une filiation génétique, mais d'une continuité historique et culturelle forgée par plus de quinze siècles de « vivre ensemble », dans la joie et dans la douleur, dans l'harmonie mais aussi dans les conflits – religieux, politiques, culturels – propres à tous les groupes humains.

Ainsi, à mes yeux, il y a bien des Français blancs rosés, aux yeux bleus, qui ne sont plus des Français « de souche ». Et il y a bien des noirs de l'ébène le plus avéré qui sont des Français de belle et bonne souche, qui l'ont prouvé, et qui le prouvent par leur culture, et le don de leurs personnes qu'ils ont consentis en maintes occasions, et notamment à l'occasion des guerres.

Je ne veux pas être plus long, pour laisser la parole à M.Trémolet de Villers, mais vous trouverez, à la suite de son article, un texte de moi-même, extrait de l'introduction à l'un des mes livres : France, Garde-nous, publié en 1989, encore disponible aux Boutiques de la presse.

Ces textes doivent être lus avec attention. Le travail que j'effectue ici, chaque jour, ayant pour but de fournir matière à réflexion, pour ceux qui le veulent, sur le sens des évènements d'actualité, pour aider à les comprendre, et à les digérer.

La digestion étant l'opération par laquelle s'opère l'assimilation du positif, et l'excrétion du...négatif.

 

E.Boulogne.

La novlangue et les « Français de souche », par Vincent Trémolet de Villers.  

 

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/25/31001-20150225ARTFIG00387-francois-hollande-la-novlangue-et-les-francais-de-souche.php

 

FIGAROVOX/ANALYSE-La polémique suscitée par l'emploi de l'expression «Français de souche» par François Hollande révèle les contradictions de plus en plus étouffantes du sémantiquement correct.

 

La liberté d'expression n'est pas un long fleuve tranquille. Le président de la République l'a encore vérifié. Lors du dîner du Crif, après une journée de polémiques provoquée par Roger Cukierman, François Hollande est sorti du lexique du vivre-ensemble. Cette novlangue où la France n'est qu'un «nous inclusif et solidaire» parsemé de «quartiers» peuplés de «jeunes» (dont certains basculent dans le «fanatisme») qui souffrent d'être «stigmatisés» et sont «trop souvent» victimes d'«amalgames». Un centième de seconde, l'esprit du 11 janvier a cessé de souffler, et le président de la Républipue a parlé dans une autre langue, celle des bistrots et des vignerons: il a dit «Français de souche». De Gaulle l'avait dit avant lui à la télévision, mais c'était il y a mille ans: en 1960. L'Algérie était française et les dénominations administratives distinguaient alors les FSE, «Français de souche européenne», et les FSN, «les Français de souche nord-africaine».

Dans la bouche de François Hollande, le propos n'était pas flatteur, il était même infamant. Les «Français de souche» invoqués, en effet, sont les adolescents coupables de l'infernale profanation d'un cimetière juif. Ils devaient faire la preuve de l'absurdité des propos de Roger Cukierman, qui, le matin même sur Europe 1 avait cédé à la tentation de l'amalgame: «Il faut dire les choses, avait dit le patron du Crif, toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans. Bien sûr, c'est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes.» Le président de la République a utilisé les «Français de souche» pour dynamiter tout amalgame et rappeler que l'antisémitisme était «bien de chez nous».

Il faut dire qu'invoquer la « souche » Française et demander dans le même temps la suppression du mot race dans la constitution témoigne d'un impressionnant art de la synthèse. Il n'a cette fois pas empêché l'habile François Hollande d'intégrer la confrérie du sémantiquement incorrect.

Sans peut-être mesurer qu'il pratiquait à son tour l'amalgame honni et faisait reposer ces actes monstrueux sur les épaules de tous les «Français de souche», de branche ou de feuille. «Nommer c'est exclure», proclament nos ligues de vertu. Apparemment, cette règle ne s'applique pas quand il s'agit d'une catégorie végétale de Français. La démographe Michèle Tribalat explique cette exception. «Stigmatiser, a-t-elle remarqué dans FigaroVox, ne s'applique qu'aux minorités. Si vous appartenez aux natifs au carré, justement, vous êtes majoritaires, et vous vous trouvez dans le camp des dominants. Désolée, dans ce cas, aucune excuse.» Ces «Français de souche», bonnes pâtes, n'en sont pas à leur première injustice. En 2007, lors de l'émission «Ce soir ou jamais», la présidente des Indigènes de la République, Houria Bouteldja, les appelait «sous-chiens», «parce qu'il faut bien leur donner un nom, les Blancs». ( souligné en gras par le Scrutateur ).

Avoir choisi d'évoquer «les Français de souche» pour souligner leur culpabilité n'a pas attendri cependant nos autorités morales (Éric Fassin, Aurélie Filippetti). Il faut dire qu'invoquer la «souche» Française et demander dans le même temps la suppression du mot race dans la constitution témoigne d'un impressionnant art de la synthèse. Il n'a cette fois pas empêché l'habile François Hollande d'intégrer la confrérie du sémantiquement incorrect.

On y trouve, en tête, Alain Finkielkraut. C'était il y a un an, le 6 février 2014. Après l'émission «Des paroles et des actes», deux membres du conseil national du PS, Mehdi Ouraoui, ancien directeur de cabinet d'Harlem Désir, et Naïma Charaï, présidente de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, avaient saisi le CSA. Dans une lettre envoyée à son président, ils qualifiaient l'intervention d'Alain Finkielkraut d'«inacceptable» et «dangereuse». Ils s'inquiétaient précisément de l'usage par le philosophe de l'expression «Français de souche», «directement empruntée au vocabulaire de l'extrême droite».

Alain Finkielkraut avait réagi. C'était sur le FigaroVox. «L'idée qu'on ne puisse plus nommer ceux qui sont Français depuis très longtemps me paraît complètement délirante, affirmait-il. L'antiracisme devenu fou nous précipite dans une situation où la seule origine qui n'aurait pas de droit de cité en France, c'est l'origine française.» Quelques semaines plus tard, lors de l'émission «On n'est pas couché», l'écrivain Denis Tillinac avait pris la défense d'Alain Finkielkraut. En retour, il avait été violemment pris à parti par Aymeric Caron. «Les allusions méprisantes à notre fonds de ruralité attestent un refus viscéral, névrotique, de prendre la France pour ce qu'elle est, confiait à son tour l'écrivain au FigaroVox.Ces Français de souche (80 % des citoyens de notre pays) doivent savoir que leur patriotisme sentimental, culturel et spirituel est considéré comme une vieillerie bête et nocive.» Après Finkielkraut, après Tillinac, François Hollande, à son tour, a «dérapé». Fort heureusement, il s'est arrêté à temps et n'a pas eu l'indécence de préciser que le meneur des profanateurs «de souche» était un adolescent instable qui portait sur ses vêtements des slogans«antifascistes ».

 

 


 

Les Antillais sont des Français de souche, par Edouard Boulogne.

 

Oui, nous sommes français et en fin de compte, une meilleure connaissance de ce que d'anciennes habitudes nous font encore appeler la Métropole, est de nature à nous en persuader davantage encore.

Ainsi, l'on considère volontiers dans nos îles la France d'Europe comme un bloc monolithique, peuplé d'une espèce donnée d'habitants : le « Métropolitain ».

Or, comme le rappellent opportunément, dans un utile ouvrage, deux jeunes chercheurs, Emmanuel Todd et Hervé Le Bras 5 : « Une promenade de Dunkerque à Marseille, ou de Brest à Strasbourg, montre assez que l'hexagone n'a pas d'unité « raciale ». La France n'est ni celte, ni latine, ni germanique. Carrefour ethnique de l'Europe, elle est même incapable de dire si l'une ou l'autre de ces origines fut prépondérante. Mais elle sait très bien, par contre, à quel point ses tempéraments régionaux, normands ou provençaux, auvergnats ou bretons sont radicalement différents, presque contradictoires. »

A cet égard, les départements d'Outre-Mer, dont l'histoire se confond pratiquement avec celle de la France, dont les cultures sont des composantes de la Nation française, sont chacun par rapport à l'hexagone, comme le microcosme par rapport au macrocosme : extraordinaire-rencontre de races et de mentalités, unifiées par la langue et l'administration françaises, et par la religion catholique. C'est pour cela que nous nous reconnaissons en la France, et que le pays que nous aimons n'est pas .seulement ni principalement le pourvoyeur d'allocations et de subvcntions, le mainteneur d'un niveau de vie, certes envié dans toute la Caraïbe, mais tout autre chose dont parle Pierre Boutang quand il écrit " : « La France n'est peut-être pas le « pays du cœur » au sens où l'entend Maurice Clavel, d'une manière trop vague, après Michelet. Mais elle est, sans nul doute, l'exemple tenace, vivace (...) d'une particularité historique qui ne se laisse pas réduire et qui répond à d'autres particularités de même espèce. Le seul pays qui soit - chez ses réactionnaires, comme chez ses libéraux authentiques - capable de demeurer soi-même, de chanter son chant singulier, sans être sourd aux autres ; d'autant plus résonnant au chant des autres, qu'il chante plus exactement le sien ; le seul qui puisse encore donner sans trop prétendre, sans faire honte, sans vouloir unifier au moyen du dollar, de la machine à laver ou du soviet d'usine. »

Donc une Nation Une, unifiée avec un bonheur inégal par ses rois d'abord, puis par l'école républicaine, mais étonnamment diverse, et qui tire de cette situation singulière cette vocation de l'universel, ce goût de la mesure, de la tolérance, ce refus du racisme qui la caractérisent.

C'est ce qu'avancent avec beaucoup de pertinence les auteurs du livre déjà cité, L'invention de la France : « Aujourd'hui, disent-ils, la France craint la montée du racisme, et plus spécifiquement de l'antisémitisme. Elle se perçoit comme fiévreuse, angoissée. Ses craintes sont probable­ment sans fondement sérieux. Sa structure anthropologique très particu­lière ne lui permet pas la xénophobie (...). Tant que durera la diversité française — et ne serait-ce qu'au vu des indices de fécondité et des quotients de mortalité, elle se porte bien — la France sera condamnée à la tolérance. »

De telles vues seraient-elles contredites par la vague de xénophobie constatée actuellement en France ? Il est permis de penser que ce mouvement de rejet est plutôt un réflexe de défense du peuple français contre ce qui est moins une immigration qu'un « transport de peuple » selon l'expression d'Alain Besançon, et compte tenu qu'il y a aujourd'hui en France plus de Maghrébins qu'il n'y en avait en Algérie en 1830 et plus qu'il n'y eut jamais d'Européens en Afrique du Nord.

Dans le Journal Le Monde 7, Emmanuel Todd a fait justice de ces accusations de racisme portées contre la France : « Si l'on part du principe qu'il existe quelque part sur la planète un lieu idyllique, une culture merveilleuse d'où la moindre manifestation de racisme est exclue, où les hommes noirs, blancs, bleus, verts et rosés vivent en parfaite amitié, alors oui, la France peut apparaître comme un pays très xénophobe. Si, plus modestement, on ne compare la France qu'aux cultures réellement existantes, alors on doit admettre que la performance historique de l'Hexagone, en matière de racisme, ne mérite pas un tel jugement. »

 

Edouard Boulogne.

 

( In France, garde-nous, pages : 18 et 19 éditions Albatros ).

 

 

Photographies :

 

1 ) François Hollande au dîner du CRIF.

 

2 ) Vincent Trémolet de Villers.

 

3 ) France, garde-nous.

 

4 ) EB lors du lancement du livre France Garde-nous, à Paris, en 1989.

Les Antillais sont des Français de souche, par Edouard Boulogne.
Les Antillais sont des Français de souche, par Edouard Boulogne.
Les Antillais sont des Français de souche, par Edouard Boulogne.
Les Antillais sont des Français de souche, par Edouard Boulogne.
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