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Publié par Edouard Boulogne

Faute d'avoir commenté à chaud, hier soir, 28 janvier, l'émission-débat de Guadeloupe 1 ère ( on n'est pas toujours dispos à ces heures là pour écrire un article ), je le fais ce soir, sans être plus dispos mais par conscience de la nécessité de réagir contre le vide qui se prend pour du plein.

Il y avait donc hier un débat, animé par le journaliste Alex Robin, qui a fait ce qu'il pouvait, sur la laïcité ( démocratique et républicaine ).

Sur le plateau, deux inspectrices de l'éducation nationale ( dont une « référente rectorale à la laïcité », et une autre, philosophe de formation ), un professeur de philosophie en activité, M. Luckry, un représentant d'une association de parents d'élèves, et un jeune homme de 18 à 19 ans, élève de cette classe préparatoire du Lycée Gerville-Réache qui vient de se classer au quatrième rang des classes préparatoires de France, ce qui est une performance remarquable qu'il faut souligner au passage.

L'émission a commencé par un micro trottoir de lycéens aux abords de leur bahut, et qui a été un des meilleurs moments du débat. Non que ces jeunes gens aient tenu des propos extraordinaires, mais on ne s'y attendait pas trop, vu leur âge. L'essentiel ait qu'ils aient eu l'esprit curieux, ouvert, et qu'un certain bon sens ait émané de leurs déclarations.

L'autre bonne surprise ( relative, et dans le même sens ) a été l'ensemble des réactions du jeune cagneux, qui bien qu'intimidé n'a pas démérité, et a été trop tôt remplacé par une inspectrice, moyennement inspirée.

Autre présence utile sur le plateau, celle du professeur Luckry, un ancien collègue, discret par tempérament, et prudent aussi, sur un tel sujet, mais qui a, à sa façon, remis certaines pendules à l'heure, à certains moments, mais pas toutes les fois qu'il eut fallu.

Le représentant des parents aurait dû avoir plus souvent la parole. Son sourire assez ironiquement mordant, suffisait à ceux qui, par devoir n'avaient pas zappé, à résister à un endormissement qui aurait pu être définitif. Il faut remercier ce monsieur Baron.

Il souriait encore, à la foin de l'émission, et cela témoigne d'un sens de l'humour à toute épreuve, et d'une capacité de résilience exceptionnelle.

Le plat de résistance avait été réservé aux « inspectrices ».

Quand la « référente » prenait la parole, pour définir par exemple la laïcité ( démocratique et républicaine) il faut avouer qu'on n'y comprenait rien, ni d'ailleurs au sens de son activité au rectorat. Flots de paroles incertaines, flux de mots assez désordonné. Au point que l'on pouvait se demander si cette incohérence était engendrée par l'incertitude sur le sens de sa mission, ou par la prudence sur un terrain miné. Mais tout de même un remarquable bruit de bouche.

L'autre dame, ( dont j'oublie le nom ), fut plus discrète, mais s'efforça de compenser la brièveté ( relative ) de son discours par la densité des perles qu'elle excréta.

Ainsi, quand ayant expliqué que la laïcité ( démocratique et républicaine ) devait veiller à ce que le discours religieux n'interféra en rien avec l'enseignement véritable ( laïc ) elle évoqua cette femme, professeur d'histoire ( et catholique convaincue, précisa-t-elle ) qui aurait utilisé, en classe, les miracles de Lourdes pour appuyer sa croyance.

J'ignore de quoi et de qui il s'agit. Mais de deux choses l'une, ou bien il s'agit d'une enseignante passant par une période de surchauffe psychologique, comme cela peut arriver, ( j'ai connu à la fin des années cinquante, un professeur de philo, ce n'était pas mon professeur de philo, matérialiste en diable, qui en marge d'une copie dont l'argumentation lui déplaisait avait écrit : « vous vous vautrez dans la fange théologique » ) et alors, effectivement, il faut que cette dame prenne une période de repos. Mais cela ne justifie en rien d'éventuelles sanctions à son encontre, ni que l'on porte son cas à la connaissance du public dans une émission de télévision.

Ou bien ce professeur d'histoire ayant évoqué la question des miracles et contesté par une élève, fille d'inspectrice, par exemple, ( référente, ou pas ), aurait consacré un moment à l'évocation de ces phénomènes, quoique l'on en pense par ailleurs.

Si évoquer la question du surnaturel est attentatoire à la laïcité alors supprimons immédiatement l'étude de la philosophie, car comme le disait Paul Valéry : «  la façon d'un philosophe, son entrée en danse est bien connue...il esquisse le pas de l'interrogation ». Sur l'impossibilité des miracles, comme sur leur ...possibilité.

( Je propose en fin d'article quatre pages du Dictionnaire Lalande, qui est à la philosophie ce que le Littré est au langage général et courant. Pages sur le miracle, assorties d'échanges entre membres de la Société française de philosophie, et preuve que l'évocation, et l'analyse du "phénomène Miracle", n'est non seulement pas anti laïc, mais même utile, sinon indispensable en philosophie. De nombreux chapitre du programme se prêtent d'ailleurs à cette recherche, dès lors qu'elle est conduite philosphiquement, c'est-à-dire avec rigueur et...HONNÊTETE ).

La laïcité n'est donc pas, si elle est correctement définie, incompatible avec l'étude du "fait religieux" et avec les argumentations ( honnêtement présentées ) en faveur de la cohérence de la foi religieuse, et des argumentations contraires, qui peuvent conduire à l'athéisme, ou à l'agnosticisme.  :

La laïcité est cette « conception politique impliquant la séparation de la société civile et de la société religieuse, l'État n'exerçant aucun pouvoir religieux et les Églises aucun pouvoir politique » ). On ne peut en son nom décréter l'exclusion de l'enseignement du phénomène religieux, ni même la possibilité de la vérité d'un discours religieux, sauf à décréter, par la force de la loi, l'exclusion de cette possibilité, ce qui est le propre d'une mentalité sectaire et politiquement totalitaire, celle du « laïcisme », dont le nom même n'a pas été, une fois, prononcé durant tout le débat. ), Que ne s'est-on référé à un beau texte comme celui du professeur Etienne Borne, dans la revue de l'enseignement philosophique qui va aux sources de la vraie laïcité, rendue possible et fondée d'abord par Jésus-Christ dans l'Evangile :

( ) « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, la parole évangélique ne saurait, dans sa provocante ambiguïté, fonder une doctrine de la laïcité. Mais elle a soulevé un flot de perplexités et d'in­terrogations qui se poursuivront d'âge en âge et qui finiront par donner figure à l'idée de laïcité. Dieu est Dieu. César est César. Tauto­logies libératrices. César qui bat monnaie a droit sur notre argent. Mais il ne peut nous réclamer en plus notre cœur, qui a le droit d'avoir son Dieu ailleurs. Il y a donc une sorte de sacré, la plus haute, dont César dédivinisé ne saurait réclamer le bénéfice. Avant le Christ, les prophètes d'Israël, par la guerre implacable qu'ils menaient contre les idoles de la terre, par la distance qu'ils établissaient entre Dieu et son œuvre, avaient inauguré la grande entreprise de désacralisation qui dépouille de leurs prestiges mystificateurs à la fois la cité et la nature. Sans cette désacralisation, la laïcité n'aurait pas été une question capitale dans la civilisation où nous sommes. Le christianisme, en mettant fin à la piété naturaliste et césarienne du monde antique, posait pour la première fois le problème des relations entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel » (…..) .( Etienne Borne, in Revue de l'enseignement philosophique. Janvier/ février 1989 N° 03 de la 39 ème année de cette revue ).

 

Suis-je trop sévère? Je ne sais. Mais j'ai mal supporté, moi, professeur de philosophie, ce flou de la pensée, alors que la philosophie est étroitement liée à la rigueur, à la précision, et au travail du concept, selon l'expression consacrée.

Certains, l'ont ressenti, mon collègue Luckry ( mais il n'est pas encore sorti de la cage aux fauves ), et M. Baron.

En définitive, trop de babil, et de bruits de bouche. Trop de salmigondis.

 

Le Scrutateur.

 

BONUS :

 

J'ai placé parmi les photographies divers clichés. Des textes annoncés plus haut sur la notion du « miracle », par des philosophes de haut niveau. Des images de M. Vincent Peillon, laïc déclaré et assumé du christianisme et du catholicisme en particulier.

Quand un rectorat, où qu'il soit en France, parle laïcité, on est en droit de se méfier. Car les Recteurs et leurs fonctionnaires ( référents (tes) sont sous la férules de leur ministres et du gouvernement dont il fait partie.

 

Vincent Peillon : Modèle de Laïcité ??? Le Scrutateur a déjà publié à plusieurs reprises des déclarations scandaleusement partisane de l'ancien ministre de l'éducation national, contre le catholicisme. Je vous laisse le soin de les retrouver sur notre site ( voir Chercher un article ). Le lien suivant est un résumé de la laïcité vue par Peillon, ministre de M. Hollande, et de son successeur actuelle madame Bel Kacem, les supérieurs des inspectrices de la laïcité en Guadeloupe dont la « référente » en laïcité. ( ! ). Je fais suivre ce morceau de bravoure de la tolérance républicaine de la réponse de Mgr Di Falco.

 

https://www.youtube.com/watch?v=RjN3XCjZYNQ

 

Réponse de Mgr di Falco à Vincent Peillon : La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri – Qui conditionne les enfants ? L’école catholique ou Monsieur Peillon ?

http://www.diocesedegap.fr/chronique-mgr-jean-michel-di-falco-leandri-conditionne-les-enfants-lecole-catholique-monsieur-peillon/


 


 

Sur Guadeloupe 1 ère : Débat sur la laïcité. Bruits de bouche et salmigondis.
Sur Guadeloupe 1 ère : Débat sur la laïcité. Bruits de bouche et salmigondis.
Sur Guadeloupe 1 ère : Débat sur la laïcité. Bruits de bouche et salmigondis.
Sur Guadeloupe 1 ère : Débat sur la laïcité. Bruits de bouche et salmigondis.
Sur Guadeloupe 1 ère : Débat sur la laïcité. Bruits de bouche et salmigondis.
Sur Guadeloupe 1 ère : Débat sur la laïcité. Bruits de bouche et salmigondis.
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Sur Guadeloupe 1 ère : Débat sur la laïcité. Bruits de bouche et salmigondis.
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PIERRE le petit 31/01/2015 18:26

par ces temps d'impostures universels ,le vrai miracle serait que l'icônerie Peillon ferme sa G...le avant qu'ON la lui fasse avaler.

Edmond Zémer-Veil 30/01/2015 20:59

SI j'ai bien compris, cher Scrutateur, une certaine imposture se prévalant de la laïcité s'apparenterait à ce que l'on n'ose pas appeler de la connicité.

castets 30/01/2015 07:39

Bonjour Mr Boulogne,
Monseigneur Di Falco connaît bien la musique, il est à lui tout seul un modèle de synthétiseur à l'adresse de VP. A propos de miracle, VP en est un à lui tout seul, son existence et son émergence constitue un cinglant désaveu de ses tirades anti-catholiques. Il peut remercier l'ouverture d'esprit de la France chrétienne qui, même muselée par la loi de 1905, lui a permis d'émerger du néant !
Nos descendants en auront-ils encore la possibilité, en Démocrature limite actuelle ou en Dictature future , où régneront sans partage tous ces machins modérés que l'on encense et qui se mettent inexorablement en place ces temps-ci ?
Bonne journée, cordialement Cjj