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Publié par Edouard Boulogne

Très belle lettre du Père Zanotti aux dessinateurs défunts de Charlie-Hebdo.

 

LS.

 

13.I.2015 - Boulevard Voltaire

 

Cher Jean, cher Georges, cher Stéphane, cher Bernard,

 

 

Bien que je sois prêtre et que cet état par le passé vous débectait, permettez-moi de vous appeler par vos prénoms et non par vos noms de guerre. Une façon comme une autre de me sentir votre frère. Certes, vous demeurez Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, dessinateurs de

profession, crayonneurs d’idées, trublions de vie politique, insulteurs de justes et de coupables, souvent drôles et méchants sous le crayon vulgaire et obsessionnellement

blasphémateur du sacré, mais à mon esprit éduqué par le Christ à dépasser les apparences, vous apparaissez plus grands que votre oeuvre, plus grands que vos dessins offerts aux combats rétrécis de la terre. Seule la bonté personnelle qualifie un être et l’ennoblit jusqu’à la moelle, je le crois, et pour cela, je mourrais. Tout le reste n’appartient qu’à la petite histoire qui finit sous le dégueuloir conventionnel des hommages et des récompenses accordés entre hommes, au gré des intérêts particuliers et des partis. Bah ! que tout cela est bas !

Aujourd’hui, préoccupé par plus haut, maintenant que la vie n’est plus un mystère pour vous puisque vous connaissez la vérité tout entière (et Dieu sait si cette connaissance doit désormais susciter en vous non plus votre humour mais votre joie), je viens vous demander un

petit coup de main pour la France. Ne me le refusez pas.

Amis, auriez-vous la gentillesse de dire un mot au créateur du monde afin qu’il continue de juger avec indulgence ses enfants d’en bas qui le rejettent ou qui prétendent le défendre en tuant leurs semblables ? Faites cela pour nous, je vous en supplie ! Que le Ciel n’abandonne pas la terre, et que les hommes comprennent enfin que travailler à la mort de Dieu dans les consciences ou tuer au nom de Dieu revient à massacrer l’homme lui-même ! Pourriez-vous

aussi de vos lumières actuelles éclairer nos intelligences de manière à ce que nous empruntions les chemins par lesquels on peut enrayer les fusils les plus huilés ?

Je vous avoue qu’une chose me surprend depuis votre entrée dans la vie éternelle : c’est la glorification unanime de la liberté d’expression que vous auriez honorée magnifiquement jusqu’à mourir pour elle ! Je dirais plus sobrement que vous avez exprimé librement ce que

vous pensiez sans jamais vous préoccuper des effets collatéraux que l’expression de VOTRE vérité pouvait créer dans les esprits. C’est ainsi. Pourtant, dans les relations humaines, et en particulier dans la vie conjugale, familiale, et même amicale, nous ne lâchons pas ce que nous pensons sans exercer un certain discernement à la seule fin de ne pas blesser inutilement nos proches. Et cela devrait valoir aussi pour les lointains.

La raison de cette retenue n’est pas à chercher bien loin, elle appartient à l’univers de l’amour qui tout simplement ne désire pas blesser. Cette retenue dans le langage, cette réserve bienveillante n’est pas une faiblesse, elle est une intelligence qui protège les liens et qui, en évitant de faire monter le sang à la tête de l’adversaire potentiel, empêche par rebond de le faire jaillir de la tête d’un autre. Cette réserve, tout homme peut la vivre, elle est vraiment à la

portée de tous, sauf de l’extrémiste qui donne aux idées plein pouvoir y compris à l’irrespect qui, paraît-il, gagne la partie.

CHERS JEAN, GEORGES, STÉPHANE ET BERNARD…

Le président de la République n’a pas cessé ces derniers jours d’appeler le peuple français à la vigilance. Encore une idée bien abstraite !

Que faut-il donc faire ? Rester chez soi ? Faire des provisions ? Lire le Coran ? Souscrire à un abonnement à Charlie Hebdo ? J’aurais préféré qu’il demandât humblement à tous les Français de calmer le jeu de la haine en les suppliant de ne plus blesser la conscience

d’autrui au nom d’une liberté d’expression pas assez réfléchie, autrement dit, en nous invitant tous à prendre la résolution de respecter profondément les croyances qui sont chères à des millions de personnes. C’est à ce prix que la paix fera son lit.

Chers Jean, Georges, Stéphane et Bernard, votre mort ignominieuse me fait une peine

immense et je voudrais qu’elle ne soit pas inutile. Vos caricatures ne méritaient pas de vous tuer, mais elles l’ont fait. D’une certaine façon, vous avez touché de votre humour grinçant les régions les plus viscéralement haineuses de la nature humaine assoiffée de justice et de

vengeance, et par là, vous avez provoqué l’avènement de la barbarie. Parce que votre nature était saine, je veux le croire, parce que vous cherchiez sans doute à votre manière le bien commun, parce que vous considériez la liberté d’expression comme un droit devant s’exprimer sans état d’âme, parce que vous étiez au fond restés des enfants qui dessinaient comme tous les enfants tout en jouant à mettre le feu, vous avez oublié la permanence de la cruauté humaine quand elle se met au service d’une cause jugée absolue. Vous avez touché à de l’intouchable, et en réponse, vous qui étiez intouchables de par votre dignité d’homme, vous avez été plus que touchés, abattus en plein coeur.

Au-delà de toutes les décisions politiques qui seront prises, je l’espère, pour contrecarrer les actes terroristes, intercédez pour nous, chers Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, rendez-nous intelligents et respectueux des croyances d’autrui pour que la France se distingue encore par sa hauteur civilisatrice.

Un dernier point qui me tient à coeur : si vous croisiez au Ciel les trois petits enfants qui, lors de l’affaire Merah, ont été assassinés sauvagement, embrassez-les pour moi, et partagez avec eux la gloire qui est la vôtre aujourd’hui. Eux n’ont pas eu droit à une journée de deuil national ni à une manifestation d’envergure. Mais que pouvons-nous y faire ? Ces enfants ne disposaient que de leurs prénoms, ils n’avaient pas de noms de guerre, et ils ne défendaient pas la liberté d’expression ni la cause de certains politiques ! Qu’importe ! Seule la bonté personnelle qualifie un être et l’ennoblit jusqu’à la moelle, je le crois. Pour cela, je mourrais.

Allez, chers Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, soyez dans la joie de Dieu, continuez votre vie, et éclairez-nous maintenant de vos clartés

Lettre d'un prêtre catholique à Cabu, Wolinski, Charb et Tignous.
Lettre d'un prêtre catholique à Cabu, Wolinski, Charb et Tignous.
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Will 22/09/2015 00:26

Cher cul béni de merde. En partant du principe de base que l ' on ne doit pas offenser ses frères : si tu pouvais un peu la fermer ca nous ferait des vacances. Et sache que tes paroles me font autant de bien que de l ' acide dur mes nerfs. En conclusion tu fais de moi un psychopathe prêt à faire une crise de nerfs donc ta gueule.

Edouard Boulogne 22/09/2015 00:35

Toujours ce raffinement des propriétaires du BIEN !

français durel 15/06/2015 21:05

il y a encore des gens censés sur notre bonne vieille terre!
il faudrait que nos hommes politiques en prennent de la graine.

Marie-Christine 06/04/2015 21:05

extraordinaire de lucidité, de bon sens, et d'esprit évangélique... merci, père Zanotti

Armand 15/02/2015 16:36

Eh oui, on a tellement parlé de LIBERTE d'expression qu'on en a oublié l'expression de la FRATERNITE qui est pourtant à EGALITE avec elle dans la devise de notre République…

Anne 11/02/2015 21:55

C'est dangereux de dire tout haut l'hypocrisie, et l'équipe de Charlie le savait (Charb était toujours sous protection). Que les moyens qu'ils utilisaient n'aient pas été de mon goût ou du vôtre est un fait très secondaire, ils avaient pris le parti d'un humour grossier -que je n'apprécie pas- pour dénoncer les faux semblants face au racisme, aux intérêts financiers, à la démagogie et à la manipulation des infos, ils ne s'en servaient pas pour faire l'apologie détournée et perverse d'un antisémitisme ordinaire ou des atteintes aux Droits de l'humain. Et le gros inconvénient de vos propos est que de fait vous en finissez par cautionner la violence (ah ! ils l'ont bien cherché ! ...), et alors toute forme de violence, même ordinaire ; mais bon, même notre pape François s'est emmêlé les pieds dans ce "tapis"en évoquant le coup de poing à qui insultait sa mère. Quid de la douceur à laquelle nous appelle le Christ ? N'est elle pas confondue avec "ne pas faire de vagues" (pour ne pas s'attirer d'ennuis) ? Comment accueillez vous alors les victimes de violence ? Avec circonspection, si ce n'est une réserve qui se veut objective, car qu'ont elles bien pu faire pour avoir subi des violences, pour les avoir attirées si je vais dans le sens de vos propos ci dessus ?

xavier 11/02/2015 15:00

Très chouette cette lettre.

Hobbes 09/02/2015 00:09

Pauvre con. Ils sont morts. Ils ne sont nul part. Ils ne croyaient pas au paradis. Et même s'il existe, fort est à parier qu'ils auront refusé d'y entrer. Le poing levé, ou le doigt levé, en disant "merde !" à dieu dans les yeux. Alors vos bondieuseries sont non seulement niaises mais irrespectueuses. Vous prêchez le respect ? Le fait de ne pas heurter l'autre ? Vos curailloneries mièvres sont pour moi probablement aussi intolérables à mes yeux que les caricatures de Mahomet ont pu l'être à certains musulmans. Alors libre à chacun de parler. La mienne sera de te dire "ta gueule imbécile !".

Vous êtes de l'espèce des mystiques. Des fous qui imposent leur religion aux autres. Même quand ils sont morts. Vivant ils vous auraient dit "merde !". Comme ils sont morts je le dis pour eux "curaillon, fout toi ton crucifix dans le cul !", et je t'interdit, oh grand défenseur des psychoses collectives en col romain, d'appeler ces hommes là tes frères. Défenseurs de la raison, des lumières et de l'anarchie, ennemis des prélats ils étaient. L'inverse de toi. Alors tes frères ils n'étaient pas. Et même s'ils l'étaient, ils t'auraient reniés. Alors si tu les aimes un tant soi peu, comme tu prétends, respecte ce à quoi ils tenaient tant, la défiance de gens comme toi. Et ne les récupère pas à ta sauce puante de bénitier. Ça craint. Ça pue. Tu pues.

Laisse leurs chairs putréfier en paix sous l'humus, et va ton chemin à rêver qu'un petit Jésus viendra te prendre par la main dans le four crématoire au jour de ton départ sans faire chier les autres.

Edouard Boulogne 09/02/2015 01:17

Je commente rarement les commentaires, faute de temps. Mais je fais exception pour les chefs d'oeuvres? Notamment les chefs d'oeuvre d'intégrisme, notamment l'intégrisme laïque ( et républicain ). Notamment le vôtre, pseudo Hobbes, voleur de noms ( Hobbes fut un grand philosophe anglais du 17 ème siècle. En vous lisant je souris. Que d'insultes pour un "curaillon"qui a bien le droit de penser ce qu'il a exprimer dans cette lettre. Et vous le droit de le contredire, mais, pourquoi ce ton irrationnel, vulgaire, et finalement modèle d'intolérance laïciste ( et républicaine ). ous vous prenez sûrement pour le "sel de la terre". Mais je vous rappelle ce que disait Nietzsche à cet égard. Il faut, disait-il du sel dans les aliments. Mais prenez garde à ne pas verser ..... toute la salière.
llez en paix, mon fils !!!

Le Scrutateur.

agostini 08/02/2015 21:51

mon cher prêtre vous devez lire l'evangile à l'envers. Ou l'on est près de DIEU ou loin dans les tourment eternel; ce n'ai pas moi qui le dit mais JESUS CHRIST DANS les evangiles. Pas tout le monde connais la joie du salut. Ce n'est pas un lâche assassinat qui justifie ceux qui sont morts mais la foi en Jesus Christ. La foi est un don de Dieu, celui qui a le Fils, dit la Bible, a la vie, celui qui n'a pas le Fils, la colère de Dieu demeure sur lui (Evangile de Jean). Si vous voulez la prochaine fois je vous citerez les passages qui le dit. Salutations chrétiennes

Lhomme Claude 08/02/2015 21:06

Désolé. Mon commentaire à était supprimé.

Lhomme Claude 08/02/2015 21:04

Bonjour mon père. J'ai lu des choses affreuses et entendu des obsénitées de la bouche même de mes frères catholiques. Vous instrumentez malgré votre ton compassionnel et je ne siterai qu'un passage de votre lettre " partagez avec les enfants tués pas Merah la gloire qui est la vôtre. C'est enfants ne défendaient pas la cause de certains politique". Vous tous, prêtres
de moins en moins respectés, balayaient devant vos églises vides. Dans la mienne il n'y a ni curé ni eau bénite dans mon bénitier, et le plafond ce fendille. Plus d'âme. Et puis pourquoi cet article d'actualité au bas de votre page "les musulmans n'étaient pas au rendez-vous dimanche"...? J'ai vu un documentaire très interressant dimanche 13h15 sur la 2 sur l'argent du Vatican. Pardonnez ma colère contre les intégristes en général qui ne sont pas tous musulmans. Merci mon père. Amicalement

CHARLY USAGES 08/02/2015 16:20

NO COMENTE??

d'expression peut entîne 01/02/2015 13:02

Il faut toujours penser à notre comportement sur l'autre, .Cette réflexion en aucun cas ne met en danger notre liberté bien au contraire,.Par amour pour son prochain il faut penser aux dommages collatéraux que notre libéralisation expression peut entraîner

Féret 27/01/2015 20:25

Très bien.

Irene BONNET 27/01/2015 11:06

Où comment les tuer 2 fois en affirmant maintenant que leur laïcité est une illusion, merci pour tous les athées. Vile récupération!

Abbé Pourrat 27/01/2015 10:44

Attention au relativisme ! Ce n'est parce que les choses sont belles et émouvantes qu'elles sont vraies ! Charité n'est pas relativisme ! Or, c'est bien de relativisme dont il est ici question, drapé sous les oripeaux de la Miséricorde divine dont nous sommes les bénéficiaires gratuitement et non pas les propriétaires.
Ci dessous une petite réponde de M. Gabarra :
« On ira tous au Paradis » ?
Le Père Zanotti-Sorkine a récemment fait paraître un article sur le site Boulevard Voltaire, intitulé “Chers Jean, Georges, Stéphane et Bernard…”. Une lettre ouverte aux caricaturistes de Charlie-Hebdo décédés dans la récente tuerie. Mêlant bienveillance et critique, ce prêtre part de cette idée que les intéressés, tout athées qu'ils fussent, savent aujourd'hui qu'ils se sont plantés : « (…) maintenant que la vie n’est plus un mystère pour vous (...) ».
Cela rappelle la réflexion que fit un jour le P. Garrigou-Lagrange au sujet du P. Billot, avec lequel il avait croisé théologiquement le fer au sujet des conditions de la vision béatifique. Ayant appris le décès du P. Billot, le P. Garrigou dit en substance ceci : « Maintenant il sait que j'avais raison ».
Les “chers Jean, Georges, Stéphane et Bernard…” savent en effet désormais qu'ils se sont trompés.
La certitude qu'il en est ainsi conduit le chrétien à une certaine tristesse au constat de vies employées à nier et à faire douter de la réalité de la lumière. Une tristesse, mais néanmoins une certaine espérance : celle du salut, aux conditions mystérieuses, qui remplissent l'espace de l'instant ultime de chacun.
Alors le chrétien prie pour ce salut, qui ne va pas de soi, et l'Église toute entière prie avec lui, parce que tous deux savent dans la foi qu'en dépit des promesses de vie éternelle qui lui sont données, l'homme conserve la liberté de s'y soustraire.
La promesse accueillie ouvre sur ce que nous appelons le Ciel ; son rejet ouvre sur ce que nous appelons l'enfer. C'est en ce sens que le Pape François, récemment encore, adressait cette prière à Dieu, tellement de circonstance au regard des récents événements : « Qu’aucun de tes enfants ne soit perdu dans le feu éternel de l’enfer, où il ne peut plus y avoir de repentir. Nous te confions, Seigneur, les âmes de ceux qui nous sont chers, des personnes qui sont mortes sans le réconfort des sacrements, ou qui n’ont pas eu la possibilité de se repentir, même au terme de leur vie » (Pape François, Angelus 2 novembre 2014, Commémoration des fidèles défunts).
Il n'est pas très à la mode de parler de l'enfer. Les ecclésiastiques l'ont assez largement chassé de leurs homélies depuis fort longtemps, à moins qu'ils ne l'évoquent en passant pour faire perdurer la fable rassurante selon laquelle il serait « vide », et donc sans raison d'être.
Les Écritures, pourtant, sont assez claires. A ne parcourir que le seul Évangile selon saint Matthieu – et il ne s'agit là que d'une courte enquête – on y voit Jésus, Fils de Dieu, en parler pas moins de quatorze fois [cf. Mat. 5.22 ; Mat. 5.29-5.30 ; Mat. 8.12 ; Mat. 10.28 ; Mat. 13.42 ; Mat. 13.50 ; Mat. 16.18 ; Mat. 22.13 ; Mat. 23.15 ; Mat. 23.33 ; Mat. 24.51 ; Mat. 25.30 ; Mat. 25.41].
Le Catéchisme de l'Église catholique universelle (n°633) rappelle que « Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés (cf. Cc. Rome de 745 : DS 587) ni pour détruire l’enfer de la damnation (cf. DS 1011 ; 1077) mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé (cf. Cc. Tolède IV en 625 : DS 485 ; Mt 27, 52-53) ».
Il indique encore : "Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer."
Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes : “Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui” (1 Jn 13.15).
Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (cf. Mat. 25, 31-46).
Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot “enfer” » (n°1033).
C'est sur le fondement de cette certitude, qui fait partie intégrante de la foi chrétienne, que le pape François enjoignait aux membres de la mafia : « Convertissez-vous, il est encore temps, pour ne pas finir en enfer. C’est ce qui vous attend si vous continuez sur ce chemin. Vous avez eu un père et une mère : pensez à eux. Pleurez un peu et convertissez-vous » (Pape François, homélie du 21 mars 2014).
On n'en finirait pas de citer le témoignage de saints et de docteurs catholiques, sans oublier les messages de Fatima, donnant pour certaine la réalité de l'enfer et affirmant que le salut de chacun est suspendu à sa conversion à Dieu.
Dans ce contexte doctrinal, il est dès lors, à tout le moins, très surprenant de lire l'article précité du Père Zanotti-Sorkine. Celui-ci, s'adressant aux caricaturistes assassinés, n'hésite pas en effet à leur écrire : « la vie n’est plus un mystère pour vous puisque vous connaissez la vérité tout entière [et Dieu sait si cette connaissance doit désormais susciter en vous non plus votre humour mais votre joie] ».
Connaitre la vérité toute entière est, pour un chrétien, une expression qui a un sens bien particulier, que l'on trouve en saint Jean : « Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu'il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir ». Connaître la vérité tout entière, après la mort, c'est voir Dieu dans la béatitude éternelle.
C'est bien le sens que paraît vouloir donner le Père Zanotti-Sorkine puisqu'il évoque immédiatement le fait que Dieu, désormais, est « la joie » des intéressés.
Or sont introduits dans « la vérité tout entière » ceux qui vivent dans l'amitié de Dieu, dès ici-bas. Cette amitié, selon l'enseignement constant de l'Église, est celle de l'homme vivant dans la grâce sanctifiante, dont la vie s'épanouit après la mort dans la gloire, dût-il préalablement souffrir cette purification mystérieuse que l'Église appelle le purgatoire.
Dans l'Évangile, c'est au serviteur « bon et fidèle » que Jésus dit : « Entre dans la joie de ton seigneur » (Mat. 25.21), tandis qu'il est ordonné que le mauvais soit jeté « dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents » (Mat. 25.30).
Le Père Zanotti-Sorkine, qui ne paraît pas considérer que cette seconde partie de l'alternative soit en l'occurrence possible, ajoute encore à l'adresse des caricaturistes assassinés : « votre nature était saine [qu'est-ce que ça veut dire ?], je veux le croire, parce que vous cherchiez sans doute à votre manière le bien commun, parce que vous considériez la liberté d’expression comme un droit devant s’exprimer sans état d’âme, parce que vous étiez au fond restés des enfants qui dessinaient comme tous les enfants tout en jouant à mettre le feu ».
Comme si les bonnes intentions – à supposer que le plaisir de souiller les croyances d'autrui puisse entrer dans leur champ – suffisait à justifier cette inégrité de nature.
Il poursuit : « (…) intercédez pour nous (sic!), chers Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, rendez-nous intelligents et respectueux des croyances d’autrui pour que la France se distingue encore par sa hauteur civilisatrice », prière étrange qui suppose que les intéressés soient au rang des saints.
Rappelons cette définition de la prière d'intercession donnée par Dietrich Bonhoeffer : « l'acte par lequel nous présentons à Dieu notre frère en cherchant à le voir sous la croix du Christ, comme un homme pauvre et pécheur qui a besoin de sa grâce ».
Enfin, le Père Zanotti-Sorkine leur adresse cette demande : « Un dernier point qui me tient à coeur : si vous croisiez au Ciel les trois petits enfants qui, lors de l’affaire Merah, ont été assassinés sauvagement, embrassez-les pour moi, et partagez avec eux la gloire qui est la vôtre aujourd’hui. (…) Allez, chers Cabu, Wolinski, Charb et Tignous, soyez dans la joie de Dieu, continuez votre vie, et éclairez-nous maintenant de vos clartés. »
Le propos est tellement énorme que l'on en vient à se demander si l'article n'est pas écrit sur le ton de la boutade. Pourtant, rien ne permet de le croire. S'agirait-il d'ailleurs d'une boutade, qu'elle serait d'un goût étrange, de la part d'un prêtre, et fort décevante de la part de celui-là. Le Père Zanotti-Sorkine paraît bien tenir que les intéressés, pour lesquels il n'appelle d'ailleurs pas nos prières – il est vrai que la lettre ne nous est pas adressée... – sont dans la joie de Dieu, au Ciel donc, dans la gloire des saints.
Entre l'obsession terrifiée de l'enfer et l'affirmation niaise et irresponsable « qu'on ira tous au paradis », pour reprendre la chansonnette de Polnareff, il existe une juste mesure exprimée par l'enseignement constant de l'Église. Il est bien fâcheux que le Père Zanotti-Sorkine ait choisi de s'en affranchir en une circonstance où, tout au contraire, il aurait été si opportun de le rappeler.
pierre Gabarra

anne.sireyjol@gmail.com 26/01/2015 10:24

Cet article est apaisant mais incomplet . Il y manque ce qu'il ya lieu de dire là haut aux criminels et aux musulmans : invitez vos fidèles sur terre à respecter la religion d'autrui , invitez les à s’associer aux manifestations contre la violence religieuse , invitez les à admettre qu'il y ai des gens sans aucune religion et enfin à accepter de vivre dans des états laics.
Dans la bonté , avec vous.

Catherine 25/01/2015 16:06

Magnifique lettre. Merci Père Michel-Marie

lizet 25/01/2015 15:17

on m'a toujours appris que la liberté des uns s'arrêtent où commencent celles des autres

lizet 25/01/2015 15:15

on m'a toujours appris que la liberté des uns s'arrêtent où commencent celles des autres

Katia 24/01/2015 13:33

Je suis sans voix...Un article profond, véridique et respectueux de chacun et de tous.Que le Seigneur est renouvelle la face de la Terre et guide cet univers vers la Perfection pour laquelle il nous a cree. Amen

Mado 24/01/2015 11:57

Quand je lis certains commentaires, je me demande comment les gens réfléchissent. Ce n'est pas parce que c'est un prêtre qu'il faut rappeler le mal que les chrétiens ont fait pendant 2000. Le journal "Charlie hebdo" ne vendait que 60 000 exemplaires avant les évènements tragiques ; ce qui veut dire que tous ne l'appréciaient pas. Et du jour au lendemain, tout le monde est Charlie. Quelle hypocrisie ! En ce qui me concerne je condamne les actes perpétrés contre les salariés du journal mais je refuse d'être Charlie. Car Charlie représente pour moi la provocation, le manque de respect pour le sacré, pour la croyance de l'autre. Je me rappelle lorsque Abdoulaye WADE, ancien président de République du Sénégal (un pays à 90% de musulmans) avait émis des propos blessants sur la divinité de Jésus. Tout le monde, chrétiens comme musulmans, s'est senti mal. Le RESPECT est la seule chose qui permet à des familles constituées de musulmans et de chrétiens de vivre en harmonie. Tout le monde est d'avis que le terrorisme n'a pas de religion. Ceux qui tuent des innocents le font au nom de tout sauf de Dieu qui est bonté et amour. Dans la Bible, il est écrit, il est écrit : quand vous rentrez dans une maison pour annoncer la Parole de Dieu, si l'on ne vous accueille pas, secouez la poussière et allez-vous-en. Jamais il n'a été dit qu'il fallait tuer les récalcitrants. ça, c'est de la LIBERTE et du RESPECT !

Olivier 23/01/2015 16:07

Même si je suis globalement d'accord avec ce texte, deux points font que je ne peux pleinement l'apprécier.

"vous avez provoqué l’avènement de la barbarie"
Je ne peux pas adhérer à ça.
Ca me semble du même acabit que de dire que les jeunes filles qui se font violées ont provoqué leur viol.
On a le droit de faire des caricatures, tout comme on a le droit de porter des vêtements sexy.
Ce n'est pas aux gens normaux de devoir se priver, mais aux détractés d'être enfermés.

Je n'adhère pas non plus à la comparaisons des victimes de cet attentats et des victimes de Merah.
Pourquoi dans ce cas ne pas comparer également avec toutes les autres barbaries ?
Pour moi c'est indécent.
Et de plus, pour rappel il y a bien eu une minute de silence aux victimes de Merah.

Au final, ce texte qui se veut tolérant semble pourtant dire que ce que faisaient ces dessinateurs n'était "pas bien", qu'ils servaient les intérêts politiques de certains et que c'est pour ça qu'il y a eu ces manifestations, qui n'étaient autrement pas justifiées surtout en comparaison de l'affaire Merah.

Dommage.

Essan Joséphine 23/01/2015 10:35

Merci mon Père, c'est Dieu lui même qui vous a inspiré cette lettre pour nous dire que nous sommes tous un et qu'il est Notre Père à tous. Évitons de nous blesser les uns les autres et nous entretuer à cause de lui.

Dupont 23/01/2015 01:35

Dans les rues des villes et des villages de France, ,les offensés étaient beaucoup nombreux ,que les lecteurs du journal
MERCI Monsieur le curé.de le dire avec autant de compassion

Valser valser 22/01/2015 14:33

Je ne suis pas sûre que tout le monde ait compris le message de cette lettre. Il y a une autre manière de dénoncer ce qu'on qualifie de "mal"... On ne peut pas tout écrire sous couvert de la liberté d'expression, surtout que cela peut choquer d'autres personnes. Je ne suis pas musulmane ni catholique, mais je sais que si mes parents m'avaient transmis des valeurs religieuses, je serais vraisemblablement choquée en voyant les caricatures... Il ne faut pas s'attaquer aux valeurs personnelles sous couvert de la liberté d'expression. C'est comme tuer, en silence, les croyances de certaines personnes et leur identité. Savez-vous que pour certaines personnes ces caricatures étaient comme si on humiliait leurs propres parents? Vous aimeriez qu'on publie la photo de vos parents nus dans un journal national? Bien sûr que non. Et certains diront: " mais cela n'a rien à voir". Je dirais que les gens sont différents... tout simplement...

Dominique André 22/01/2015 13:42

Père Zanotti vous accusez nos amis d'être responsable de l'avènement de la barbarie. Un avènement est un phénomène inédit capable de changer la face du monde, comme l'avènement du Messie. De quand date la barbarie? Quelles sont les communautés qui peuvent prétendre ne jamais l'avoir pratiquée?

Dominique André 22/01/2015 12:35

Père Zanoti votre culture du pardon est admirable. Mais le pardon autorise t-il des restrictions? Vous reprocher à nos amis de ne pas avoir mesurer les conséquences de l'expression de LEUR vérité sur les consciences. Qui vous permet de dire que VOTRE vérité a plus de valeur que la leur?
Certaines vérités sont blessantes mais nécessaires. Quand l'amour débordant de certains représentants de certaines religions veut s'épancher sur d'adorables enfants et quand l'expression de cet amour se manifeste par des actes engendrant des blessures qu'aucun pardon ne sera jamais capable de guérir, ne faut-il pas crever cet abcès putride d'un coup de crayon, certes outrancier mais capable de frapper les consciences.

Valser valser 22/01/2015 14:44

"Frapper les consciences" et donc humilier les croyances et les valeurs de certaines personnes.
"Certaines vérités sont blessantes mais nécessaires": leur vérité n'est pas nouvelle. D'autres journaux et chaînes de télévision montrent la face cachée et sombre de tout groupement politique et religieux. Je ne pense pas qu'une caricature d'un prophète, le derrière en l'air puisse apporter quelque chose de plus sinon de se moquer ouvertement de la religion des musulmans...
L'objectif de CH est louable, celui de dénoncer ce qui est à dénoncer... J'aurais aimé voir plus de respect dans les caricatures.

Cléopâtre Demontagne 22/01/2015 09:55

Magnifique!
j'ajouterai que je suis pour l'institution d'un délit de blasphème.

savelDominique@gmail.com 21/01/2015 21:53

Très peu de mots après un tel récit. ..merci

Bayle 21/01/2015 18:46

Oui, vos propos sont très sensés, intelligents, et modérés. Bravo de savoir dire les choses comme cela! même si je défends la liberté d'expression. Une leçon de modération à tous et à chacun.

cyndie 21/01/2015 14:51

Nous devons respecter toutes les croyances et ne pas les ofenser au nom de la liberté d'expression, on a vu où celà nous a emmené. Sous l'excuse de la liberté d'expression, on n'a pas le droit non plus de mettre en danger la securité des citoyens.

broche 21/01/2015 12:52

Magnifique lettre, très belle, il n'y a rien à dire d'autre.

lesueur 21/01/2015 12:39

Très jolie écrite avec le coeur ......

seiler 21/01/2015 09:03

Tous est clairement dit merci

ghislaine staub 21/01/2015 06:50

cette lettre est remplie d'Amour de Justice et de Paix...ce pretre Catholique est un fidele apotre du Christ de notre temps...je benie le Seigneur de l'avoir choisi...

Lydie M 20/01/2015 18:58

Ils n' ont jamais cru en DIEU, DIEU est Amour c' est vrai mais la Bible ne dit -elle pas que si vous me rejetez devant les hommes, Moi aussi je vous rejetterai devant mon Père. Ils ne sauraient être élevés en saint pour prier pour qui que ce soit. Ils doivent certainement être au regrets de leur déni du CHRIST. [confère l' histoire du Riche ( dans le séjour des morts) et du Pauvre Lazare ( dans le sein d' Abraham).]
Le crime perpétré contre leur vie est exécrable et à ne plus jamais rééditer. Des Dispositions doivent être prises pour éradiquer ce phénomène. A preuve des milliers de personnes meurent de façon Atroce ,brûlés, tués à bout portant et aucune marche, aucun soutien n' est entrepris! DIEU aime les sans voix !

Bourgois Yves 20/01/2015 11:27

Je ne voudrais rien ajouter à cette lettre que j'ai lue humblement de mes yeux de chairs (ce que ne feront pas ceux qui sont au ciel). Je l'ai trouvée moi sur facebook, elle résonne en moi, et je me réjouis qu'elle soit écrite. Lisez la, vous qui la trouvez par hasard sur fb ou ailleurs, mais avant de commencer à la lire, dites-vous que vous allez la lire avec l'intelligence du coeur. Quant à l'auteur de la lettre, je répète quelque chose qu'il a dû lire dans son livre de chevet : "Ne jetez pas vos perles aux porcs de peur qu'ils se retournent et vous piétinent...."

Roland 20/01/2015 04:29

Il ne peut pas faire ce que vous demader mon pere!

Luc 16:19-31
extract

"27 Le riche dit: Je te prie donc, père [Abraham], d’envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j’ai cinq frères. 28 C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. 29 Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu’ils les écoutent. 30 Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. 31 Et Abraham lui dit: S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si quelqu’un des morts ressuscitait."

Blancher 20/01/2015 00:19

je n'oublierai jamais un évêque sud américain qui a dit une fois: quand je donne de l'argent à un pauvre on me dit bravo, et quand je demande pourquoi il est pauvre on me traite de communiste. Bien à vous, ce saint homme avait raison...

Claudine Martinais 19/01/2015 23:36

Très belle lettre où tout est dit. Merci mon père. J'espère que ceux qui n'ont pas encore assez d'amour dans leur coeur s'en inspireront au plus profond de leur être pour que les mots amour, tolérance et partage prennent tout leur sens.

Xavier Huc 19/01/2015 22:03

Pourquoi ‪#‎jesuisCharlie‬?
Certainement parce que je ne trouve rien de blasphémant dans des caricatures de Mahomet, surtout lorsque l'Islam lui même l'a caricaturé dans des livres pour instruire. Après à chacun son interprétation. Tout comme l'extrémisme "islamique" (entre guillemets parce que je ne comprends pas pourquoi le mot islam est utilisé lorsqu'on parle d'extrêmes, mais ce noms "islamique" est le nom qu'ils se sont donnés eux-mêmes pour combattre. Alors je vais respecter leur choix même si ce n'est pas le mien), l'église a eu le même parcours en son temps. Des soit disant blasphémateurs hérétiques ont été brulés vifs par des barges et fous sanglants qui pouvaient enfin assouvir leur besoin de tuer, torturer et contrôler sous couvert de l'église et la religion, car même le fait d'avoir un chat noir ou le fait de vouloir vivre avec la nature ou en paix avec son prochain était du blasphème. Et ça a beaucoup arrangé certains qui on pu s'enrichir en détruisant et volant leurs prochains.
L'histoire, le temps et les guerres qui se répètent ne sont-elles pas des farces? J'espère qu'on ne va pas arrivé jusqu'à la guerre, mais les français sont très remontés là, et surtout solidaires comme jamais, ça fait peur, nous qui généralement nous tirons dans les pattes.
Aussi je ne trouve rien de blasphémant aux caricatures, et je ne trouve rien de blasphémant non plus lorsque je suis traité de sale français en France. C'est arrivé plus d'une fois, et même devant la mosquée de ma ville à Valence dans la Drôme où aux mots, se sont joints les actes. C'est important de le dire parce que je n'en veux à personne, et oui, c'est pardonné. Ça me fait surtout de la peine de savoir que certaines personnes non seulement se sabordent et se détruisent, mais aussi entrainent avec elles une partie de la population qui n'a rien demandée. Mais après tout, à chacun son destin, à chacun la volonté de s'en sortir et de demander de l'aide. Mon destin, je le choisi, et c'est mon plus grand atout dans la vie. Je n'ai rien à envier à personne comme ça.
Ce sent insulter celui qui veut se sentir insulter.
Ma valeur à moi est d'être libre et de ne laisser personne m’ôter cette liberté de vivre en paix avec moi même. Comment est-ce que je fais pour ne pas laisser une personne m'ôter ma liberté? Je l'excuse de se tromper tout comme je m'excuse de me tromper, et je continue mon chemin. J’appelle ça la compassion, et c’est très difficile à comprendre et a mettre en œuvre. Je ne prends pas la haine, le désespoir, le stress des autres, ils ne m’appartiennent pas, ce n'est pas à moi.
Personnellement, je ne comprends pas très bien ce qu'est le blasphème. Je veux vivre en paix avec moi-même, et surtout ne pas interpréter les dires des autres, car c'est là que ma paix sera troublée.
Je vais chercher ce qui m'apportera la paix sans pour autant me détourner des autres. Pour être clair, je ne rejette personne, mais plutôt je me sers des autres pour vivre en paix en essayant de les comprendre, et pas pas en interprétant des actes ou des dires qui ne serviraient qu'à nourrir un égo surdimensionné.
Après, chacun a le droit d'interpréter ce qu'il veut suivant son vécu, ce n'est pas une raison pour vouloir interdire à l'autre de s'exprimer car c'est là que le monde s'enfermera dans un mutisme idéologique glorifié par l'égo intérieur.
Du coup, c'est pour ça que #jesuisCharlie. Parce que je considère tout le monde comme étant un Charlie à sa manière.

Sylvain 22/01/2015 09:06

Bonne contribution, il faut dépasser toutes ces passions. La religion c'est la foi et non la passion. Chacun la vit avec sa conviction et non en suivant les mouvements de masse.

Rasomotra 21/01/2015 20:16

Liberté , liberté,liberté !...Non à la liberté à outrance !.... Oui mais pas pour faire n'importe quoi ou traiter de CONS des millions de fidèles !....Le pape François a résume en quelques phrases le lignes de conduite à respecter pour éviter que le scandale n'arrive !....Et Jésus l'a bien dit " Malheur à celui par qui le scandale arrive "

Cecília luz 21/01/2015 01:57

Bravo pour votre réponse

dominique 19/01/2015 21:03

Merci mon père pour cette magnifique lettre qui m'a fait du bien. Vous avez su partager vos émotions y compris en faisant allusion à ceux qui ne comprennent pas l engouement suscité par cette envahissante liberté d expression. Qui pour ma part finie par ressembler à un colonialisme intellectuel. De quel droit avons nous au prétexte que nous ayons inventé les droits de l homme, d'heurter, de blesser, d humilier la croyance d autrui. Qui sommes nous en nous prétendant propriétaire de l émotionnel de millions de croyants Musulman ? Je ne suis vraiment pas Charlie parce qu'ils nous font passer pour des Charlie.

Eric Sievers 19/01/2015 16:46

Quelqu'un a-t-il remarqué l'entête? Le père Zanotti écrit du boulevard Voltaire! C'est dire que sa très belle lettre est doublement éclairée: du Saint- Esprit bien sûr, mais aussi des Lumières. Par les temps qui courent c'est précieux.
C'est en tout cas mieux qu'un Charlie sans chair, avec une âme peut-être. C'est drôle de penser à ceux qui en sont convaincus! Un Charlie emblématique seulement d'une liberté d'expression si peu partagée entre quelques uns - ceux que l'on voit tous les jours, - et tous les autres, ceux qui se sont crus libres quand les journaux leur ont dit de défiler sous un drapeau, noir, blanc ou rouge, peu importe, un drapeau, mais oui mon cher Wolinski, un drapeau! Le doux Cabu a dû rire, à moins qu'il n'ait été effrayé, de voir la liberté marcher comme un seul homme... et, quelques jours plus tard, de voir l'émissaire d'Obama, tête basse, excuser l'absence de son maître et déposer des fleurs sur le temple dédié à la presse souveraine et offensée...

Non vraiment, je préfère cette lettre qui présente un avantage, en outre: la messe n'est pas dite et le père Zanotti pourra en écrire d'autres si le malheur frappe encore. Je doute que l'on nous fasse un nouveau Charliton ..

Mongagoe 19/01/2015 15:23

Tout a été dit et bien dit. Persone ne peut cautiionner l'extremisme
Mais la liberté d'expression a ses limites et une de ces limites comme vous le dites, mon père, c'est le respect de l'autre, de ce qui lui est cher et de qui est sacré pour lui. Tant que les médias quels qu' ils soient ne se plieront pas à cette exigence, les crayons porteront autant que les fusils, le risque d'embraser la terre.

Nadine 20/01/2015 09:31

Entièrement d'accord avec vous " je ne suis pas CHARLIE"

Flroence Bijot 19/01/2015 14:05

Tout simplement, merci.

loukou Eugénie 19/01/2015 11:40

émouvante cette lettre.Dieu si bon qui aime ses enfants et ne veut en perdre aucun vous prendra dans son PARADIS.et de l'endroit ou vous êtes nul doute que vous appréciez sa MISÉRICORDE à sa juste valeur

Flory Laurent 18/01/2015 22:04

Une très belle lettre. ..rien à jouter..merci mon père.

Jean 18/01/2015 21:07

Merci mon Père pour cette mure réflexion. Que la terre leur soit légère

céline 18/01/2015 19:28

Excellent article! Merci mon Père.

Bacquart Marie-Martine 18/01/2015 16:26

Très belle lettre, j'aurais aimé avoir le talent de ce prêtre pour exprimer tout ce que je ressens au fond de mon coeur !