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Publié par Edouard Boulogne

L'éditorial d'Edouard Boulogne de ce matin a suscité un beau commentaire de M. André Derviche, que je transfère, ici, en article. ( LS ).

 

Et voilà ! Sans vouloir adopter l'esprit Charlie-Hebdo, on dirait que deux pattes de la gauche (qui en compte bien plus de mille) se sont faites un croc-en-jambe. Ces deux pattes, ce sont la béatification de l’anarchie à travers l'anarchisme, et la complaisance avec une dégénérescence visible – et intentionnelle de la part de ceux qui en sont les organisateurs ? - de l'art de vivre dans cette nouvelle France, tellement éloignée de cette douceur angevine dont le souvenir est quasi effacé. La tragédie est là, dans l'acte lui-même - à la fois tellement significatif et tellement prévisible -, mais elle est encore plus, si j'ose dire, dans la "surprise" qui s'est emparée de tous nos vigilants maîtres à penser et stratèges du bien commun, qu'ils appartiennent aux cercles autorisés ou qu’ils soient libres prestataires – autorisés, cela va de soi.

Une fois de plus, le déni l'emporte sur le diagnostic. Et, bien entendu, la stupidité des commentaires qui s'empilent nous désole au moins autant que cette manifestation de la folie qui s'empare petit à petit de la France et que Zemmour qualifie de "suicide français" ce qui le fait traiter de tous les noms avec une unanimité qui montre quel bien dans quel concours de connerie se sont engagés ceux qui, aujourd'hui, découvrent que la pluie pleut, ou que l'eau mouille.La défaite de l'intelligence - la déroute, devrait-on dire - est là, dans la bêtise du commentaire, ce qui amène d’abord deux commentaires issus à la fois de la juste observation des choses et du bon sens, et qui ont été formulés par d’autres : le premier, se rapporte à Zemmour dont les diagnostics déchaînent la haine des bien-pensants à son égard (« En

France, on laisse courir ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin ») et le deuxième aux commentaires en général (« Ce qui entend le plus de bêtise au monde est sans doute un tableau de musée »). Hé oui ! C’est la triste réalité.

À force d'interdire aux gens de penser, la robotisation des esprits s'installe et personne ne s'aperçoit - en tout cas personne ne dénonce - certaines supercheries, quand par exemple les ténors du bien penser évoquent - sous le coup de l’émotion et sans doute de la surprise - la nécessaire solidarité de la cohésion nationale - qu'ils ne cessent de détruire d'abord et de nier ensuite - ainsi que l'État de droit, qu'ils ont perverti en y instituant l'inversion de manière systématique et surtout autoritaire. Si j'avais une leçon à donner aux socialos et autres infirmes de l'intelligence et de l'âme, je dirais que la subversion précède la submersion. Mais je me garderais bien de donner la moindre leçon à des pédants qui portent la culture au pinacle tout en étant incapable de la moindre relation de cause à effet, sauf quand il s'agit de technique de sabotage du bien commun par un nihilisme constant qui repose sur le déni, le mensonge et l'allégorie démagogique. Enfin, pour ne pas me faire remarquer, je les pleureuses du jour diraient qu'ils l'ont bien cherché.

Personne, évidemment, n’aurait le mauvais goût d’écrire : « Bal tragique dans le onzième, douze morts ! ». Or ce serait bien de la veine de Charlie-Hebdo héritée de Hara-Kiri. Ainsi, les propos des uns et des autres sur “la liberté d’expression” le droit de se moquer et autres antiennes ont un côté mécanique affligeant, car ce n’est pas tout à fait le ton que l’on entend lorsque les participants à la Manif’ pour tous expriment ce qu’ils croient être autorisés à exprimer en partant des mêmes principes, même si c’est au nom d’autres principes. Bref !

Sous la fumée, l’enfumage continue. On s’aperçoit alors que les ayatollahs du rire ne sont pas prêts à rire de tout, mais tous les ayatollahs se contredisent, ils passent même leur temps à cela, sauf quand il s’agit de tyranniser leurs cibles...

Nos condoléances à la famille Cabu. Cependant, si le défunt avait été Zemmour au lieu de Cabu (qui paya de sa vie sa croisade pour la rigolade, pour la diversité et pour l’anarchie), les commentaires auraient été bien moins empreints d'affect et de désolation, sans parler de cet étonnement étrange et pasteurisé. Bref ! le cheval de Troie, nos maîtres à penser n'en ont jamais entendu parler. Peut-être dans deux mille cinq cent ans les socialos se seront-ils un peu instruits de ce que l'on apprenait autrefois à neuf ans en lisant les fables de La Fontaine sans avoir besoin de pénétrer les mystères de L’Iliade.

Positivons : qu'est-ce que deux mille cinq cent ans de civilisation, puisque l'héritage grécolatin et gallo-romain de la France compte pour rien dans l'histoire de la République et dans la klaxonnitude des "valeurs républicaines" ?

Pour le moment, Tarik Ramadan, comme le pensent tous nos maîtres à penser accrédités, dit : « Houellebecq est au roman ce que Zemmour est à l'essai » et personne ne relève (encore moins parmi les vigiles - les vigies, voulais-je dire – de la liberté d’expression, principe qui devrait également bénéficier à ces deux auteurs).

Autrement dit, ce qui s'est passé ce matin dans les locaux de Charlie-Hebdo n'est qu'un épisode de la saga à venir, dont quarante ans d'incurie et de soixante-huitardise sont la cause.

Faire le deuil de la France est d'autant moins facile que la crétinerie ambiante appelle "bashing" toute tentative de rappeler que si le progrès, en France, réside dans les attentats, les voitures brûlées, sacs, pillages et autres égorgements, on n'est pas près de retrouver "la douceur angevine" malgré la perpétuelle auto-satisfaction des principaux sponsors de ce nouveau progrès qui est à la civilisation ce que la maladie d'Alzheimer est à la pleine possession de ses moyens intellectuels.

Certes, toutes les civilisations se valent, dirait le grand Chirac en personne, ce qui nous amènent à nous demander si toutes les politiques sa valent.

 

André Derviche

Attentats de Paris : C’est la surprise des chefs !, par André Derviche.
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castets 08/01/2015 07:33

Bonjour Mr Boulogne,
Merci pour cette révélation, au moins un Derviche qui n'est pas étourdi par la rotation effrénée de nos Politiques sur le petit écran et sur les ondes !
Merci aussi à P.Dac :
« Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir. »

Bonne journée, cordialement Cjj