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Publié par Edouard Boulogne

«  Nous n'avons jamais été aussi bien informés qu'aujourd'hui. Grâce aux progrès de la science et de la technique, et à la montée irrésistible de la « démocratie » l'homme « moderne » est en mesure d'assumer de mieux en mieux son « humanité ». Toutes ces chaines de télévision, ces radios, qui multiplient à l'infini le savoir, et les avis les plus dissemblables ( sic ), c'est merveilleux !! Le « citoyen » est en mesure de mettre en pratique son esprit critique et progresse vers l'assomption de l'homme total ».

Le tissu verbal, gonflé d'emphase et de prétention grand guignolesque, que vous venez de lire, est le discours passé à la moulinette du politiquement correct, auquel tant et tant d'entre nous adhèrent sans barguigner, et qu'ils répètent sans s'apercevoir qu'ils nourrissent ainsi, avec enthousiasme le monstre qui les ronge et les dévore.

Se préserver de ce conformisme masochiste est la tâche des hommes qui aspirent à la liberté vraie et à la véritable assomption de soi, laquelle ne va pas sans acquisition d'un minimum de culture, inséparable d'un effort constant, lequel effort n'est pas dans l'air de notre temps, essentiellement – du moins en occident – porté à l'hédonisme. ( L'anglais, ou le chinois...sans efforts, etc. Quand j'avais 14 ans, j'étais fasciné par une publicité récurrente dans France- Football, qui, photographie à l'appui, vous promettait d'acquérir en un mois, et « sans efforts » la plastique de Robert Duranton, le « meilleur athlète » de France. Je m'en ouvris à mon père. Il me répondit par un certain sourire, en me passant la main dans les cheveux, et un « on verra ». Je n'insistai pas. Mon père qui savait très bien dire « Oui », ne disait jamais « non » comme tout un chacun, mais par un certain sourire ( c'était l'époque des débuts de Françoise Sagan ), aussi amical que ferme et donnant à penser ).

Donc Il faut travailler, il faut douter, il faut savoir dire « non » à l'esprit de facilité, cette porte ouverte à la facilité, donc à la mort de l'Esprit.

C'est pourquoi j'ai voulu vous offrir cet article de John Pilger ( ci-dessous ). Certes il ne pourra réveiller les morts vivants ( que Roger Mucchielli appelait les jobards ) de nos sociétés si contentes d'elles-mêmes.

Mais il apportera un renfort à ceux dont les anticorps résistent encore.

Bonne lecture.


 

Le Scrutateur.


 

RE-SIS-TANCE !!!


 

La semaine dernière, le célèbre journaliste John Pilger a participé à une série de Questions-Réponses avec Des Freedman (le 18 novembre 2014), membre de la Media Reform Coalition (coalition pour la réforme des média) ; c’était à l’occasion de la sortie du nouveau livre de Des Freedman « The Contradictions of Media Power » (les contradictions du pouvoir des médias.) Nous avons extrait les meilleures citations de cette intervention de John Pilger, ce qui donne un aperçu de son expérience et de sa compréhension du pouvoir des médias ; nous pouvons tous en apprendre. Et il a véritablement été brillant.


http://www.mondialisation.ca/lessence-des-medias-nest-pas-linformation-cest-le-pouvoir/5417818


 

Aujourd’hui les médias sont, comme l’avait décrit le père de la propagande, Edward Bernays, « un gouvernement invisible ». Ils font partie du gouvernement. Ils défendent les intérêts du gouvernement. Le premier ministre est un chargé de relation publique de profession, et pas des meilleurs. C’est tout ce qu’il est. Il ne doit pas être pris au sérieux, c’est juste son rôle. Cette position lui confère certains aspects du pouvoir. Mais le véritable pouvoir réside dans la propagande et les médias. C’est aujourd’hui le cas sur la planète entière.

Durant les prémices de l’invasion de l’Irak, le journalisme a joué un rôle critique dans la concrétisation de l’invasion. Particulièrement aux USA, qui ont – selon la constitution – la presse la plus libre du monde.

Quand je discute de cela avec nombre de collègues distingués aux Etats-Unis et ici, à la suite de l’invasion, ils étaient unanimes, si les journalistes aux postes concernés, à la télévision et dans les journaux (surtout à la télévision, à cause de son pouvoir), si ils avaient contesté les mensonges, s’ils les avaient confrontés, s’ils avaient fait ce qu’est censé faire un journaliste, s’ils avaient, comme le dit Dan Rather de CBS – posé les questions critiques, au lieu d’amplifier et de faire écho aux mensonges, s’ils avaient fait leur travail, ils pensent tous que l’invasion n’aurait pas eu lieu. Le fait qu’ils disent ça, et il s’agit de membres éminents des médias des deux côtés de l’Atlantique, que si les journalistes avaient fait leur travail, l’invasion aurait pu ne pas avoir lieu, et des centaines de milliers de gens seraient encore en vie aujourd’hui. C’est le véritable pouvoir des médias.

Vous travaillez au sein d’un système qui est par nature hostile à la vérité. Je le dis sans ironie, je le pense vraiment. Il est hostile à la vérité. Il suffit de constater la réaction des médias face aux lanceurs d’alertes comme Edward Snowden, Julian Assange. La réaction amère de ceux qui font honte aux médias, tous en chœur.

Il y a ce qu’on appelle la censure par omission. Vous ne discutez pas de ce que vous choisissez d’ignorer, mais ça passe à la trappe.

Si vous remontez à 2008, les histoires sur BBC News, dans tous les journaux, les banques étaient soudainement des escrocs. Quand la Northern Rock s‘est effondrée, les banques étaient des escrocs, elles étaient toutes exposées. Le Guardian était rempli d’articles sépulcreux sur comment les banques étaient pourries de l’intérieur. C’était l’info du jour.

Un aperçu. Cette histoire s’est essoufflée après trois mois et fut totalement inversée, ce n’était plus les banquiers, mais le résultat d’une dette nationale et d’une narrative contrôlée qui était là et qui s’appelait austérité et cette dette devait être payée. Pourquoi ? Pourquoi devait-elle l’être ? Les gens que vous citez (46% des gens pensent que l’austérité va trop loin ou n’est pas nécessaire) c’est une majorité. Si vous obtenez cela dans les sondages, 46%, c’est une majorité. Cela prouve encore que la plupart des gens ont cerné les médias. Ils les ont cernés, en terme de guerre, d’économie, de mode de vie. Nous avons donc entre-aperçu la vérité sur cette criminalité massive, toute cette architecture pourrie s’était effondrée, enfin presque. Les banques furent nationalisées, sans conditions. La conscience des raisons pour lesquelles c’était arrivé, qui fut présente pendant environ 6 mois, fut, grâce à un système de propagande très efficace, totalement effacée. Ce n’était plus la faute des banques, mais « nôtre faute ».

Nous devrions arrêter d’utiliser le terme mainstream. C’est une appellation erronée. Nous en sommes toujours à regarder à travers ce prisme qu’on appelle mainstream. Ce n’est pas du tout mainstream. C’est en réalité extrême. Qu’y-a-t-il de plus extrême qu’une multitude d’institutions qui propagent des guerres illégales et voraces, des mensonges sur les politiques économiques. Qu’y-a-t-il e plus extrême que cela ? Il n’y a rien de mainstream là-dedans. Le plus grand institut de propagande, en Angleterre, c’est la BBC. Et ce parce qu’il est le plus connu. Il bénéficie de la plus grande crédibilité. Sa renommée est mondiale. Par certains aspects ça peut être mérité. Dans le domaine de l’actualité et des affaires courantes, ça ne l’est absolument pas. Et, encore une fois, ce n’est pas de l’ironie. Donc cette idée que l’on se concentre sur les démons, Murdoch, Le Daily Mail (assez mauvais)…d’une certaine façon le Mail et la BBC se complètent l’un l’autre et se suivent… il s’agit de comprendre le spectre de la propagande et la façon dont cela nous affecte.

Les journalistes doivent-ils représenter le peuple ? Oui, bien sûr, mais comme l’a dit Martha Gelhorn : « Tout journalisme doit se faire depuis la base, pas depuis le sommet ». Ce n’est quasiment jamais le cas. Et c’est quelque chose qu’il faut enseigner aux jeunes journalistes. Ces choses élémentaires que vous faites, les sources d’informations les plus fiables, la manière de chercher la vérité, doit se faire depuis la base. C’est mon expérience en tant que reporter. Et j’ai été amené à me rendre compte que ceux qui sont au-dessus de la base, particulièrement ceux d’en-haut, n’étaient pas des sources fiables d’information.

John Pilger

 


 

Photographies :

 

Parmi les photos, outre celle de John Pilger, et les images tournant autour de notre sujet, j'ai sélectionné un texte ( manuscrit ) de J-J Rousseau. Je l'avais noté à l'époque où l'ordinateur n'existant pas encore, on faisait des fiches. Rousseau écrit au 18 ème siècle, dit le siècle des Lumièèèèères, qui est à l'origine de bonnes choses, mais aussi des pires abus de la « modernité » ( terme ambigu, sur lequel il faudra revenir ) insupportablement arrogante et sûre d'elle-même.

Un autre texte émane de Jean-François Revel qui dans son livre La connaissance inutile, ( Grasset ) attire l'attention sur le rôle souvent militant, moins pour la vérité, que pour le parti ( du BIEN !!! ). J'ai retenu la page 287. Mais tout le livre mérite d'être lu, ou relu.

Enfin pour sourire ( peut-être ) : Robert Duranton.

LS.

« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
« L’essence des médias n’est pas l’information. C’est le pouvoir. »
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