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Publié par Edouard Boulogne

Depuis plusieurs jours maintenant, une grande partie de la Guadeloupe est privée d'eau du fait de la grève suivie par 141 employés de la Générale des eaux. On sait que cette compagnie, envisage de ne pas renouveler son contrat avec le Siaeag, pour une raison simple : ce syndicat de gestion de l'eau lui est redevable de 15 millions d'euros, et comme le disait son représentant, hier soir, sur Guadeloupe 1 ère, il n'est pas dans les attributions d'une compagnie privée de subventionner ce qui est du ressort d'entreprises publiques. Sauf solution trouvée rapidement, c'est-à-dire avant le 1er janvier 2015, le personnel de la Générale des eaux se trouvera au chômage.

On peut donc comprendre l'inquiétude du personnel de la compagnie.

De là à admettre la méthode utilisée pour tenter d'empêcher la solution la plus désastreuse pour elle, c'est-à-dire la prise en otage de la Région sur un point aussi capital que la distribution de l'eau, il y a un pas que ne semble pas prêt à franchir l'immense majorité des Guadeloupéens.

Hier soir sur Guadeloupe 1 ère, un débat avait été organisé, pour tenter de discerner les responsabilités et de trouver des solutions à la crise.

Force est de constater qu'il n'en est pas sorti grand chose.

On notait d'ailleurs l'absence des syndicats invités, notamment de l'UGTG, dont chacun sait qu'une crise, dans quelque domaine que ce soit n'a jamais été pour lui, qu'un moyen de créer du désordre, et d'ajouter au trouble.

Des politiciens, également invités brillaient par leur absence.
Un seul a fait face à ses responsabilités, M. Laurent Bernier maire de Saint-François, et actuel président du Siaeag.

On sait que le Siaeag a été longtemps, et jusqu'à un passé récent, géré de façon calamiteuse ( pour ne pas dire plus ). Il y a sept mois, Laurent Bernier a accepté de présider le syndicat de gestion de l'eau, avec un grand courage, car il acceptait d'affronter de très grandes difficultés, et d'encourir les critiques démagogiques de ses collègues de la politique, ses adversaires, mais aussi de ses « amis » ( qui sont souvent les pires ).

Hier soir, il a fait montre d'un belle lucidité, d'un beau courage. Mais il ne pouvait, politique oblige, fournir au grand public toutes les raisons de la catastrophe actuelle dans le domaine de la distribution de l'eau. Politique oblige, disais-je! Car comment dire toute la vérité quand certains de ses propres amis ( ies ) vous tirent dans les pattes, et se tiennent en embuscade, et que ….des élections approchent.

Comme à cet égard on aurait aimer entendre la « grande dame de la Guadeloupe », qui malheureusement avait du s'absenter. On sentait combien M. Laurent Bernier aurait souhaité sa présence, toujours éclairante, même en creux.

Quoiqu'il en soit, pour toutes sortes de raisons, économiques, mais plus évidemment encore, d'hygiène et de santé publique, il faut que cette grève s'arrête, et vite.

Une rude tâche pour le nouveau préfet, et pour les principaux organismes concernés, dont nos « politiques ».

 

Le Scrutateur.

 

 

( I ) Signer la pétition : https://secure.avaaz.org/…/Monsieur_le_Prefet_de_la_Guade…/…

 

 

( II ) Ce qu'en pense les gens sur les réseaux : https://www.facebook.com/106879605998916/photos/a.109456915741185.11045.106879605998916/852525451434324/?type=1&theater

 

( III ) Un point récent du journal France-Antilles :

 

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/environnement/quelles-solutions-pour-sortir-de-la-crise-300136.php le Siaeg

 

Troisième jour de grève à la Générale des eaux. Les syndicats UGTG et CFE-CGT ont rencontré la direction, mardi matin. Ils estiment que les réponses obtenues laissent planer un flou sur l'avenir des 143 salariés. Ils restent donc mobilisés. La situation est compliquée. Une conférence de presse est prévue ce matin.

« Il nous faut de sérieuses garanties avant de signer encore une convention provisoire. » Des mots prononcés par la direction de la Générale des eaux Guadeloupe (GEG) aux représentants syndicaux des salariés. Les deux parties se sont entretenues, mardi matin, sur les conditions de transfert au Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'assainissement de la Guadeloupe (Siaeag) des 143 salariés et d'une éventuelle convention provisoire proposée par le préfet.

Esnard Lycaon, porte-parole des grévistes, est ressorti de la réunion toujours aussi inquiet. « La direction a fixé ses conditions. Elle demande que le Siaeag paie les 18 millions dus et qu'il fournisse de solides garanties pour qu'elle signe encore pour un an. » Cela veut-il dire que le Siaeag doit réengager des négociations avec la GEG ou la Nantaise ? Il est difficile de comprendre comment il est possible de proroger encore une convention qui était déjà provisoire. « Pour la continuité du service publique, répond Esnard Lycaon. C'est la solution proposée. Cela donnera le temps au Siaeag de s'organiser. »

UNE CONFÉRENCE DE PRESSE PRÉVUE CE MATIN

Les employés penchent pour la solution d'une convention provisoire. Ils doutent de la capacité financière du Siaeag à englober 143 salariés de plus.

En attendant, les effets de cette grève se font ressentir dans les foyers, mais aussi dans tous les secteurs d'activité. Les maires ferment les établissements scolaires, les crèches ont du mal à recevoir les bébés. Les entreprises de Jarry, privées d'eau hier toute la journée, ont fonctionné au ralenti. Particulièrement les restaurants. « Sans eau, l'ambiance est morose » , a confié un restaurateur. Difficile aussi pour les médecins, les laboratoires, etc. Bref. La grève, à son deuxième jour, est déjà lourde de conséquences. « Nous savons qu'il y a des problèmes, confirme Esnard Lycaon. Nous ne sommes pas sur le terrain ou dans les usines. Nous répétons que nous ne sommes pas à l'origine des coupures. Le réseau exige une assistance quotidienne. » Le service minimum en plus des astreintes n'est apparemment pas suffisant. Une conférence de presse est prévue ce matin. On en saura peut-être plus.

De plus en plus de robinets à sec

Au premier jour de la grève, lundi, trois communes étaient fortement impactées : Le Gosier, Lamentin et Morne-à-l'Eau. Hier, le manque d'eau s'est généralisé à l'ensemble des communes de la Grande-Terre et à quelques localités de la Basse-Terre (Goyave, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg et toujours Lamentin).

Hier, dans certaines communes, la coupure était totale. Pas d'eau au robinet au Gosier, à Sainte-Anne, dans le bourg de Baie-Mahault et de Lamentin, ni dans les Grands-Fonds. Et à Jarry aussi.

Les internautes, invités à indiquer les zones non alimentées sur notre page Facebook, ont répondu massivement. Outre celles précitées, des coupures étaient signalées dans les sections de Baie-Mahault (Belcourt, Beausoleil, Fonds-Sarail, Destrellan, etc.), des Abymes (Dugazon, Pointe d'Or, Boisripeaux, Boisvin, Bazin, etc.), de Morne-à-l'Eau (Perrin, Bosrédon, Cocoyer, etc.). Mais aussi à Petit-Canal, Anse-Bertrand, Port-Louis, Saint-François et Goyave.

Hier soir, le nombre de foyers privés d'eau augmentait encore. Elle a arrêté de couler aux robinets à l'Autre Bord, Guénette et Morel, au Moule. À Moudong Sud, à Jarry, en revanche, l'eau est revenue dans la soirée.

Une seule commune semblait échapper à la pénurie, Pointe-à-Pitre, où toutefois des baisses de pression ont été observées. Du fait de bornes incendies qui ont été ouvertes. D'après la préfecture, les usines de production d'eau fonctionnent normalement. Ce qui fait défaut, c'est la maintenance, qui n'est plus assurée. Mais cela suffit-il à expliquer l'ampleur de la pénurie ?

Jacques Gillot pour une aide financière

Comme précisé dans notre édition du 13 décembre, le conseil général a décidé de mobiliser une enveloppe de 3 millions d'euros destinée à améliorer la trésorerie du Siaeag (Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'assainissement de Guadeloupe). Une décision annoncée lors de sa séance plénière du 12 décembre.

Pour Jacques Gillot, président du conseil général, « une contribution financière des deux collectivités locales majeures aux côtés des collectivités débitrices du Siaeag serait de nature à favoriser une sortie de crise » .

L'exécutif départemental a ainsi proposé au président du conseil régional, Victorin Lurel, de s'associer à cette initiative aux côtés du conseil général et de l'État, « compte tenu de l'urgence de la situation et des conséquences désastreuses qui pèsent à la fois sur l'ensemble des foyers guadeloupéens, sur l'activité économique et sur l'emploi » .

Fermeture des écoles

Les mairies ont décidé de fermer les établissements scolaires. Les conditions d'hygiène et de sécurité ne pouvant être assurées.

Dans les communes suivantes :

- Gosier ;

- Anse-Bertrand ;

- Petit-Canal ;

- Lamentin ;

- Morne-à-L'Eau ;

- Au collège Abymes bourg ;

- Au collège de Sainte-Anne.

Restent ouverts les établissements de :

- Sainte-Rose ;

- Pointe-à-Pitre ;

- Baie-Mahault : la ville a mis en place des citernes auprès des écoles. La situation sera revue aujourd'hui si la coupure se prolonge.

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Grève de l'eau en Guadeloupe, pour ne pas changer
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pierre 18/12/2014 22:46

Laurent Bernier ma semblé courageux à dire que les factures doivent être d'abord payées pour assurer la continuité du service public de l'eau, et aussi à poser les problèmes liés à la distribution d'eau pour y apporter les réponses adéquates. Difficile de faire mieux que Laurent Bernier qui tente de responsabiliser en demandant la levée de la grêve.
dommages que Mme Michaux Chevry n'était pas là pour un éclairage supplémentaire quand l'eau manque dans l'île aux belles eaux ! peut-être parce que les élections sont proches et qu'il vaut mieux ne pas y avoir de vagues!

capitaux privés 18/12/2014 22:23

sans les capitaux privés d'une compagnie comme la générale des eaux, il n'y aurait pas eu de réseaux d'eau ni d'eau potables pour alimenter et donner à boire à 420 000 habitants. les services publics de l'état n'ont pas les moyens financiers pour entretenir les tuyaux et réparer les fuites d'eau. les factures d'eau doivent être payées pour cela à la compagnie privée qui doit assurer la continuité du service public. Mais comprenons bien que la générale des eaux ne peut être responsable des grêves à répétitions qui ferment les robinets d'eaux.
quand aux problèmes de la vétusté des tuyaux c'est à l'état à assurer l'arbitrage et à veiller au bon fonctionnement de son service public, en alertant les acteurs privés de l'eau sur les nécessaires réparations périodiques du réseau d'adduction.
pourquoi les tuyauteries n'ont pas été changés depuis une trentaine d'années alors que le délai légal de leur remplacement est fixé à 20 ans par les normes européennes? d'autant que les usagés ont payé le coût de remplacement sur leur facture.l
Mais là encore l'état a manqué à ses obligations légales à ne pas exiger la transparence sur la gestion de l'eau. on en paye le prix fort aujourd'hui. pas d'eau dans les robinets et personne pour payer le coût de l'amortissement du réseau.

Robert Piès 18/12/2014 14:58

Tous les salauds de la terre s'enivrent de leur capacité de nuisance. Dans le cas des grévistes la plupart du temps aux Antilles, se prétendant victimes ils éprouvent une sorte de joie perverse à vouloir détruire la vie des autres, ce qui n'est rien d'autre que du terrorisme. Bref ! la conception du martyre des travailleurs guadeloupéens ressemble à s'y méprendre à celle d'autres martyres dont la seule vertu est de martyriser les autres. Mais c'est culturel. En 2009, une bande de joyeux fonctionnaires - rassurez-vous, il y a de la réserve - certains que ni leurs rémunérations ni leur retraites, ni leur avancement (institutionnel, car il serait abusif de dire "professionnel") ont pu ainsi pendant 44 jours acculer certains à la ruine, d'autres à la misère et la plupart des autres à l'embarras quotidien pendant de longues semaines en s'en glorifiant et en se prenant pour des héros. Sans vouloir être insultant, les nazis aussi bombaient le torse, du temps qu'ils salopaient tout sur leur passage...