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Publié par Edouard Boulogne

Je n'ai jamais, malgré des efforts méritoires, réussi à sourire d'un gag de Dieudonné, pas plus d'ailleurs qu'à un « trait d'esprit »de son collègue pied-noir, le ballonné Guy Bedos. Que de pesanteur dans ces mimiques grossières, ces propos empuantis de vapeurs pestilentielles et d'orgies back-room, s'exhalant en odeurs de pets cocaïnoalcaoolisée, mais traités de raffinements humanistes par la presse « progressiste » ( de gauche, of course !!! ), qui aujourd'hui prend peur, peut-être un peu tard, car les gens visés par Mbala-Mbala, ne sont plus seulement, les békés des Antilles, les descendants des profiteurs Nantais ou Bordelais du trafic triangulaire, ( ce qui, n'est-ce pas, ne serait pas très grave ) mais, je frémis en le disant : des juifs, des homosexuels et, même, des types super progressistes, et tout, dont certains écrivent au Nouvel-Obs, dernier refuge, et suprême espoir de cette « pensée » bobo qui soudain ouvre un œil et tremblotte.

 

De même ai-je mis en garde, des gens qui sont de braves gens, sont de droite, mais sans savoir pourquoi, par simple habitude familiale, et par manque de la culture minimum qui donne aux gens qui se mêlent d'agir la lucidité minimum permettant de n'être pas engagés par malentendu, sur des voies qu'on n'a pas voulues, mais qu'on découvre pour ce qu'elles sont, c'est à dire tout autres, aussi, que celles qu'aurait voulu « papa ».

Ainsi ce Soral, cet Alain Soral, qui passe pour être un penseur, de droite, un penseur de droite, et qui n'est ni l'un ni l'autre, tout juste un beau parleur pour niais, une sorte de nazillon provocateur, sûr que cette réputation le sortira de l'anonymat ( par la grâce de la gauche bobo qui a besoin de repoussoirs ) dont il n'aurait jamais dû sortir, et qui s'est acoquiné avec Dieudonné, à moins que ce ne soit l'inverse.

Je ne saurais trop le répéter aux jeunes, de droite, et de bonne droite, mais qui se laissent bluffer sur le web, par ces vomis du néant : «  prenez garde, non seulement à ces incubes ou succubes, c'est selon, et cultivez-vous vraiment, condition nécessaire, mais non suffisante, pour être utile plus tard à la collectivité ».

Car Soral, c'est du toc, du clinquant vide et prétentieux, carré sur le canapé rouge, dans un univers de kitch un peu débile, refilant les vieilles défroques brunes du temps de l'occupation, aux niais de tous milieux, mêlant le vrai avec le faux, comme il en est toujours en vertu du principe qu'on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre.

Soral venu, évidemment de l''extrême gauche, est passé par le PCF, toutes les nuances du kaléidoscope politique français, et même le Front National, avant d'en être exclu.

Un peu discrédité, il s'est refait une virginité, en s'alliant à un alter ego Dieudonné Mbala Mbala.

Ainsi Soral s'est-il refait auprès de Dieudonné qui possédait tous les atouts pour être porté au pinacle dans une France gavé d'antiracisme ( c'est à dire de racisme culturel anti occidental, et souvent, tout simplement de racisme tout court, mais...anti blanc ).

Drôle de drame, Dieudonné a pété les plombs. Il s'est mis, au nom des droits de l'homme, évidemment et de « l' antiracisme », of course, à plomber les juifs.

« Je n'suis pas juif, monsieur le commissaire, mais permettez moi de dire, que ces gars là, tu vois, j'les admire. Y savent s'défendre ». Z'ont pas toujours raison, mais z ' ont du répondant. OK ? ! ».

Et v »la que Libération, Libé pour parler « bobo », s'inquiète, et rejoint le Scrutateur sur le duo des zèbres dont nous parlons.

C'é ti pas un signe des temps? Hmmmm! ?

Il est à noter d'ailleurs que le ton de l'émission de Brothers Jimmy, sur RFO d'abord, puis sur Guadeloupe première a changé de registre, vous savez cette émission financée jadis par l'humaniste Lilian Thuram , et où le Dieudonné Mbala Mbala nous parla si gentiment de la traite négrière « telle qu'il l'a voyait ».

J'ai la nostalgie de ce temps là ( je veux parler des émissions de Jimmy, naturellement, c'était tellement cool, mes frères!...et mes Soeurs! Oyé! ).

Je voudrais terminer cette présentation de l'article de Libé, par une remarque, simple et courte : Le Dieudonné, le Soral, vous ont servi, messieurs de Libé, avant-hier, et hier encore, à déstabiliser la société française. Aujourd'hui, ils vous échappent, et vous en avez peur. Comme sont terrifiés certains parents lâches, veules, égoïstes, ne croyant en rien, par certains produits de leur progéniture « adolescentisants », dans le malheur, la drogue, et le délire, parfois le crime, et le parricide.

Au fond, vous contemplez le couple dont nous parlons, avec une part d'horreur, car il vous échappe, comme Frankenstein à son concepteur, mais une autre part de narcissisme à la fois douloureux et complice. Car ces deux là sont vos « produits », vos chacals de partouzes.

Mais Eux et Vous, n'allez pas gagner la partie. L'heure de grand soir n'est pas encore arrivé, pour nos valeurs.

Vous, avec eux, embrassés dans un même orgasme, vous allez vous enliser dans la diahrée de ce qui vous tient lieu de pensée.

Moi, je n'ai pas peur.

 

Le Scrutateur.

 

Après la quenelle, le temps des querelles

 

http://www.liberation.fr/politiques/2014/12/05/apres-la-quenelle-le-temps-des-querelles_1157617?utm_source=Facebook&utm_medium=Social&utm_campaign=SocialMediaEditor

 

 

Déçus par les dérives de la propagande soralo-dieudonniste, de nombreux soutiens quittent la «dissidence antisioniste», sur fond d’affaires de mœurs et d’argent. De leur côté, l’essayiste et l’humoriste lancent leur parti Réconciliation nationale.

Volubile et rieur, le bonhomme se présente : Jessie, 45 ans. Carrure de titan et visage balafré, il a, entre 2011 et 2013, fait office de garde du corps pour Dieudonné. Avant de lui tourner le dos, déchargé de pas mal d’illusions vis-à-vis d’un homme qu’il juge «pingre, méprisant et hypocrite». Aujourd’hui, Jessie raconte volontiers les «coulisses pathétiques de la Main d’or», le théâtre parisien qui sert de quartier général à l’humoriste controversé. «Personne ne connaît réellement Dieudonné et Soral, raconte Jessie. Le public ne voit que les spectacles et les vidéos mais, moi, j’étais là quand on fermait le rideau et j’ai vu des trucs hallucinants.»

«Ce théâtre, c’est un club complotiste et un site de rencontres, poursuit-il. Des fois, je restais jusqu’à 4 heures du matin pour fermer. Dieudonné et Soral restaient tous les deux à parler : ils racontaient que des conneries sur les juifs. En réalité, ils n’en ont pas grand-chose à foutre de la Palestine, de la cause noire, des inégalités sociales. Ce qu’ils veulent, c’est faire prospérer leurs petites PME personnelles. Autour d’eux, il y a plein de gens prêts à les épauler en pensant qu’ils défendent de nobles causes. Ils repartent tous brisés.» Un tel récit appelait évidemment une réponse des deux intéressés. Refus de Dieudonné par l’intermédiaire de ses avocats, fin de non-recevoir chez Egalité et Réconciliation (E & R), l’organisation de Soral : «Ah, désolé, on ne parle pas aux journalopes, au revoir.» Ses interventions, le duo les réserve pour Internet - l’outil magique permettant de s’adresser directement au public, par-dessus la tête des médias traditionnels. C’est par ce biais, par exemple, que Soral et Dieudonné ont annoncé le 11 novembre le lancement d’un parti politique, Réconciliation nationale, destiné à porter leurs idées sur la scène électorale. Mais voilà : ces derniers temps, la Toile est surtout le canal des multiples règlements de comptes qui agitent la «dissidence antisioniste». Histoires de mœurs, histoires de fric, coups de pression entre anciens alliés : quand ce drôle de milieu lave son linge sale, il ne le fait pas à moitié.

«Crânes rasés et croix gammées»

On s’en convainc d’un coup de fil à Jérémie Maradas-Nado, alias «Joe Dalton» - ancien leader de la bande de chasseurs de skinheads Black Dragons, désormais éducateur et professeur d’arts martiaux. Lui aussi a mis ses muscles au service de Dieudonné. «J’ai assuré sa protection, raconte-t-il. Au début, gracieusement, et puis j’ai fini par arrêter d’être bonne poire. C’est un boulot dangereux parce que son théâtre est parfois attaqué. Je lui ai dit : "Si je me mouille vraiment, c’est 5 000 euros." En juillet, des antifas ont tenté une descente au théâtre de la Main d’or, où se tenait une conférence sur la Palestine, et on a fait le boulot. Mais, sur l’argent, il m’a encore endormi. Je lui ai dit : "Dieudo, je rigole pas, maintenant tu payes ou ça va mal finir." Du coup, il m’a fait venir au théâtre début novembre. Sur place, il a appelé les flics et m’a accusé d’extorsion de fonds. J’ai fini en garde à vue.»

Depuis, Joe Dalton multiplie les vidéos dans lesquelles il s’en prend frontalement à l’humoriste ainsi qu’à son acolyte Alain Soral. «Au départ, je me suis dit que ces mecs disaient des trucs inédits, poursuit-il. Qu’ils étaient courageux. Et puis, j’ai vu débarquer des crânes rasés et des croix gammées. En s’alliant avec les fachos, Dieudonné a trahi la cause noire.» L’ex-chef de bande patronne désormais une web-télé, Les Vrais Savent, visant à démonter la propagande soralo-dieudonniste auprès des jeunes de banlieue : «Ils parlent à des jeunes qui ne lisent pas et ne s’abreuvent qu’à une seule source : leurs vidéos, explique Hugo Hayat, technicien impliqué dans le projet. Nous voulons contre-attaquer, être dans le clash. Chaque fois qu’ils parleront, on leur rentrera dedans.»

Une détermination qu’a renforcée la triviale «affaire Binti» - du nom d’un jeune mannequin d’origine camerounaise qui, ayant repoussé les pressantes avances de Soral, aurait reçu plusieurs textos insultants et menaçants de la part de celui-ci : «Les Blancs prennent les Blacks pour des putes (ce qu’elles sont le plus souvent)» ; «Finalement, il ne te reste de sûr que les juifs et les pédés !» ; «Les pédés comme amis pour t’écouter chialer que ton destin c’est d’être une pute à juifs», etc. Binti a porté plainte, et les mots doux d’Alain Soral tournent désormais sur Internet. De même qu’une photo de lui, nu, qu’il aurait également adressée à la top-model. De quoi provoquer pas mal de sarcasmes sur les réseaux sociaux. Et cette réaction tranchée du nationaliste noir Kemi Seba, pourtant réputé proche de Soral : «Ceux […] qui pleurent en découvrant en 2014 qu’Alain Soral a des préjugés négrophobes violents sont ceux qui ont dû découvrir en l’an 2000 que la Lune était un satellite de la Terre.» Et de préciser, ailleurs : «Je ne peux plus me sentir concerné par la dissidence.»

«Lobbys pharmaceutiques et communautaires»

«Dissidence» : personne ne se souvient en quelle occasion la mouvance soralo-dieudonniste s’est donné ce nom. Et il ne semble pas plus facile de définir précisément le programme de ce milieu hétéroclite. «Notre point commun, c’est de nous opposer au système», tente l’ex-député belge Laurent Louis, auteur d’une quenelle à la tribune de l’Assemblée nationale et de multiples accusations de pédophilie à l’encontre de plusieurs personnalités publiques. «Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de personnalités différentes, et beaucoup de combats différents», considère-t-il, citant la lutte contre la pédophilie, la malbouffe ou encore les «chemtrails» - les traînées blanches laissées dans le ciel par les avions, composées selon certains complotistes de produits chimiques répandus par l’armée ou des agences gouvernementales. «Le véritable dénominateur commun, c’est la conscience que le pouvoir et les médias sont manipulés, soumis aux lobbys alimentaires, pharmaceutiques ou encore communautaires, poursuit Laurent Louis. Cela et le fait d’être stigmatisés dans les médias.» C’est dire si la «dissidence» n’a d’unité que négative, et pour devise : «Les ennemis de mes ennemis sont mes amis.»

Cette mouvance, Jessie et Joe Dalton disent l’avoir quittée. Au-delà des histoires d’argent, ils expliquent en vouloir à Dieudonné parce que celui-ci aurait trahi la cause noire pour s’allier avec l’extrême droite, représentée par Soral. Leur cible prioritaire est bien ce dernier : «Dieudonné, en banlieue, les jeunes continuent de le voir comme un humoriste, explique Hugo Hayat. Soral, lui, est bien identifié comme un homme politique, donc écouté plus sérieusement.» Mais pour le patron d’Egalité et Réconciliation, ces derniers temps, les coups viennent aussi de l’intérieur de la «dissidence».

Une première rupture s’est jouée mi-octobre avec Farida Belghoul. Ancienne figure de l’antiracisme reconvertie dans le combat contre la «théorie du genre», elle a promu début 2014 des «journées de retrait de l’école», puis fondé une Fédération autonome de parents engagés et courageux (Fapec). Mais, le 13 octobre, un communiqué mis en ligne sur le site soralien annonce la «démission collective» de certains membres de cette organisation. A la fureur de Belghoul, qui croit y voir la main de Soral, l’accuse de «trahison» et réclame un «débat télévisé» avec lui. L’épisode semble aussi avoir précipité la fronde anti-Soral d’une autre figure de la blogosphère «dissidente» : Salim Laïbi, animateur du site complotiste le Libre Penseur. Dans un article récent, ce dentiste marseillais qualifie Soral de «psychopathe», de «schizophrène» et de «vaurien». Et annonce la publication d’une «soraloscopie» en vidéo, promettant de révéler les aspects les plus sombres de son ancien allié.

Le 11 novembre, c’est la web-télé «dissidente» Meta TV qui proclame son indépendance. Son animateur, Patrick Dhondt, alias Tepa, est un ancien membre de la confidentielle Union populaire républicaine, parti ultrasouverainiste et complotiste dirigé par l’énarque François Asselineau. Là encore, l’objet de la brouille est confus, mais il semblerait qu’Alain Soral ait reproché à Dhondt d’avoir accepté un entretien avec Jean Robin - un ancien proche, ayant lui aussi rompu avec le leader d’E & R au point de lui consacrer un livre à charge. Quoi qu’il en soit, Patrick Dhondt a pris sur lui de proclamer «la fin de la dissidence», parlant à son sujet d’une «mafia» et d’une «secte». Et assurant avoir «reçu énormément de messages de soutien de militants d’E & R qui sont scandalisés des écarts de langage de leur président».

Mégalomane et péremptoire

Dernière volte-face en date, celle de l’économiste «dissident», Etienne Chouard. Pourfendeur de l’Union européenne et partisan de la démocratie directe, celui-ci rencontre un grand écho auprès des soraliens. En retour, lui-même avait qualifié Soral de «résistant». Un jugement qu’il semble avoir revu : dans un billet publié le 28 novembre sur son blog, il s’alarme de propos tenus par Soral… en juin, et qu’il viendrait tout juste de découvrir. Commentant une interview du président russe, Vladimir Poutine, par Jean-Pierre Elkabbach, Alain Soral s’était alors livré - selon ses propres mots - à une «analyse racialo-communautaire» : «[Voir] le petit sémite séfarade se soumettre comme une femme à quelqu’un qui représente la virilité aryenne, même si elle est slave (sic), ça, c’est la juste hiérarchie traditionnelle : quand Poutine ouvre sa gueule, Elkabbach la ferme. Et c’est comme ça que se conçoit un monde qui fonctionne bien.» Discours «raciste, sexiste, autoritaire», veut bien concéder Chouard.

Aussi dérisoires soient-elles, ces querelles révèlent l’exaspération des seconds couteaux de la dissidence vis-à-vis du caporalisme soralien - ou leur recul vis-à-vis de ses pires outrances. Mégalomane et péremptoire, le patron d’Egalité et Réconciliation excelle dans la mise en scène de lui-même, mais ce talent a son revers. «Il a un gros souci dans son rapport aux autres et dans son rapport à la vérité», attaque Marc George, secrétaire général d’E & R entre 2007 et 2010, qui a quitté le mouvement suite à un différend avec Alain Soral et lui est désormais profondément hostile. «Soral a un comportement baroque. En réalité, c’est quelqu’un d’assez insupportable.» Plus soucieux d’arrondir les angles, Laurent Louis va cependant dans le même sens : «C’est sûr que je ne partirais pas en vacances avec lui, reconnaît-il. Ce n’est pas quelqu’un de fédérateur, il n’a pas cette capacité à plaire au plus grand nombre - contrairement à Dieudonné.» Quant à la présidente du Front national, Marine Le Pen, qui a croisé Soral lors de son passage au parti d’extrême droite entre 2005 et 2009, elle le qualifie de «gourou» et de «pervers narcissique» : «Il ne comprenait pas qu’une pauvre femme telle que moi puisse ne pas être sensible à son influence intellectuelle.»

Même certains militants soraliens semblent désormais s’interroger. «Il s’adresse aux gens comme à des valets et se fait appeler "Monsieur le président", témoigne l’un, qui l’a récemment croisé à la librairie d’extrême droite Facta, dans le IXe arrondissement de Paris. Et puis, où est-ce qu’il veut nous emmener ? A part dans des conférences en sous-sol avec néons et faux plafonds.» Un autre militant, basé en Seine-Saint-Denis : «Un jour, je l’ai entendu dire : "E & R est à moi, je décide et vous m’aidez à devenir le roi. Après, si vous avez fait du bon boulot, on parlera d’un partage des tâches".»

Le lancement du parti Réconciliation nationale semble précisément devoir répondre à quelques-unes de ces interrogations. «Il semblerait que Dieudonné et Soral aient connu un afflux de militants, et qu’ils veuillent leur donner quelque chose à faire», explique un familier de Soral, qui se dit toutefois sceptique : «Je ne vois pas où ils comptent aller, et je suis loin d’être le seul.»

Se rendre acceptable pour les électeurs

Si Egalité et Réconciliation, l’organisation de Soral, revendique 12 000 militants (chiffre sujet à caution), elle est relativement pauvre en cadres dignes de ce nom. Le nouveau parti devra en outre édulcorer les éléments les plus crus du discours soralo-dieudonniste, afin de se rendre acceptable à un plus grand nombre d’électeurs - ou tout simplement éviter la dissolution. Difficile par ailleurs d’évaluer le potentiel électoral du mouvement, même si l’on peut se référer au score de la «liste antisioniste» présentée par les deux acolytes lors des européennes de 2009, dans la seule région Ile-de-France : 1,3%, avec quelques pointes au-dessus de 5% dans plusieurs villes de banlieue.

Enfin, la place d’Alain Soral dans ce dispositif pourrait se révéler problématique : se présenter lors d’un scrutin, c’est s’exposer à une probable déculottée, ainsi qu’à des comparaisons potentiellement défavorables avec d’autres candidats. Mais rester en retrait, c’est risquer un procès en couardise et laisser le champ libre à d’éventuelles figures locales. Se pose aussi la question des rapports entre les deux têtes d’affiche de Réconciliation nationale. Pour Soral, se montrer avec Dieudonné dans la vidéo de lancement et tourner celle-ci au bar de la Main d’Or était une façon de capter la popularité de l’humoriste, qui porte plus loin que la sienne. Mais d’autres éléments indiquent assez clairement lequel des deux hommes aura la main sur le mouvement : celui-ci sera domicilié à Saint-Denis, à la même adresse qu’Egalité et Réconciliation et que la société regroupant les diverses activités commerciales d’Alain Soral. Dans la vidéo de lancement, les trois quarts du temps de parole reviennent à ce dernier. Peu disert, presque absent, Dieudonné semble à peine concerné par le sujet.

De même, dans les dernières vidéos de l’humoriste, le lancement d’un parti politique n’est jamais apparu comme une priorité. L’attention de Dieudonné allait plutôt au lancement d’une société d’assurance «dissidente» ainsi que d’une web-télé baptisée Quenel +. Dans sa dernière vidéo, pas un mot sur le nouveau mouvement, pas plus que pour soutenir Soral dans le cadre de l’affaire Binti. Lecteur régulier des commentaires postés sur sa page Facebook, selon un ancien collaborateur, il n’a pourtant pas pu manquer les nombreuses piques à l’égard de son acolyte - et les appels le poussant à prendre ses distances avec celui-ci.

«Dieudonné et Soral entretiennent une fascination l’un pour l’autre, mais n’ont pas grand-chose en commun, juge Marc George. En lançant Quenel +, Dieudonné vise, selon moi, à renforcer son autonomie.» Pour Laurent Louis, «Dieudonné a la volonté de mettre en place une dissidence bien organisée, via "l’ananassurance" [le projet d’assurance privée «dissidente» lancé par Dieudonné, ndlr]. On va passer à un stade supérieur, mais c’est vrai que ça crée beaucoup de jalousies en interne.» Des sentiments déjà présents dans un échange de mails entre Alain Soral et la compagne de Dieudonné, Noémie Montagne, révélé en novembre 2013 par le site JSS News. Les deux individus se querellaient autour de l’usage commercial de la quenelle, le geste de ralliement des sympathisants de Dieudonné.

«Au panthéon des résistants»

Mais au fond, ces derniers se laissent-ils toucher par ces querelles d’épiciers ? Nabil Ennasri en doute. Ce chercheur, proche des Frères musulmans, vient de publier les 7 Défis capitaux, un essai à destination des musulmans de France. Et croise fréquemment des sympathisants soraliens lors de ses conférences. «Parce qu’ils se disent antisionistes, parce qu’ils sont attaqués par la Ligue de défense juive [LDJ], parce qu’ils sont pris pour cibles par des figures publiques très impopulaires dans les quartiers, Soral et Dieudonné sont entrés au panthéon des résistants pour de nombreux jeunes, estime-t-il. Ils s’alimentent au carburant émotionnel de la cause palestinienne. Tant qu’ils resteront sur ce créneau, ce qu’ils feront par ailleurs aura relativement peu d’importance.»

Reste à savoir ce que propose exactement le duo à ses sympathisants. Entre offre électorale, petit commerce, sécession culturelle et consommation passive de vidéos «non conformistes», les buts du mouvement demeurent profondément ambigus - là est peut-être l’une des raisons de son succès. Dans le petit cirque de la «dissidence», il y a du monde à la caisse et pas mal de chausse-trapes. Mais la tournée continue.

Willy LE DEVIN et Dominique ALBERTINI

 

La troisième photo montre l'évasion du principal personnage d'un très beau film LA DECHIRURE. Evasion d'un camp de concentration communiste, au Cambodge, au début des années 1970. Ici, il émerge d'une rizière où les cadavres des non communistes, ont remplacé le riz nourricier.

Aujourd'"hui, la menace en Occident, pour le moment, concerne moins les corps que les âmes. Nos âmes.

Dieudonné, Soral : fruits pourris du nihilisme occidental.
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