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Publié par Edouard Boulogne

On peut revendiquer son passé, ou le prendre en haine et le subir. Il est difficile de l'effacer totalement. Il est de toute façon nécessaire d'y faire face, même quand nous n'avons pas lieu d'en être fier. Benhassis, le médecin de campagne dans ce fameux roman de Balzac, est un homme de toute première grandeur, bien que volontairement effacé. Sa sainte et discrète ardeur au service des hommes, s'enracine dans une faute, commise jadis, qu'il aurait bien voulu n'avoir jamais commise, mais qui lui servira de terreau pour son action bienfaitrice. « Ce qui est fait ne peut être défait », mais peut être le pont d'appui d'un rebond, et d'une renaissance.

"Aux coeurs blessés, l'ombre et le silence". ( Balzac, dans Le médecin de campagne ).

C'est toute la différence entre le remord et le repentir. Je m'englue dans le remord, comme le Judas des Ecritures, et j'en meurs. Mais Jean Valjean des Misérables ( Hugo ) ressuscite des marécages du bagne.

L'oubli n'est guère la solution. Comme l'expérience le montre, et les travaux des psychanalystes au XX ème siècle, rien n'est oublié. Mais il y a du refoulé. Et le refoulé qui fait pression pour revenir à la surface, est redoutable, source de maux effroyables.

Mieux vaut rester lucide, et tenter d'assumer. Je n'ai pas à assumer ma religion catholique où je me meus avec aisance et fierté, en dépit du fait ( ou à cause du fait ) que par ma culture philosophique et historique, je puisse en remontrer, contre elle ( à cause des erreurs et péchés historiques ) à beaucoup de ses détracteurs ( dont l'ignorance fréquente ne saurait constituer une excuse ). Toujours est-il qu'il y a des chrétiens qui voudraient supprimer de leur existence jusqu'au fait qu'il ait été chrétiens et baptisés.

Les poussent à cette apostasie, tel malentendu sur la nature de la religion et du religieux ( le phénomène religieux ) en général, ou la propagande de l'Etat Islamique ( Daesh ) ou des Témoins de Jéhovah, par exemple.

Certains ont même recours à la loi, en France, pour tenter de faire que ce qui fut ne l'ait pas été. ( Tentation qui est à l'origine, sur le plan collectif, des totalitarismes les plus monstrueux ).

En témoigne l'évènement rapporté ce 25 novembre par Le Parisien .

 

LS.

 

Jugement de la cour de Cassation.

 

http://www.leparisien.fr/societe/la-cour-de-cassation-confirme-qu-un-bapteme-meme-renie-n-est-pas-effacable-20-11-2014-4308415.php

 

Un baptême renié ne peut pas pour autant être effacé: la Cour de cassation, plus haute juridiction civile française, a rejeté mercredi le pourvoi d'un homme qui souhaitait voir disparaître du registre paroissial la mention de son sacrement.

Baptisé à l'âge de 2 ans, René Lebouvier, qui en a aujourd'hui 74 ans, a renié son baptême en 2001.

Ce reniement figure sur le registre paroissial. Mais cette mention n'a satisfait cet habitant de la Manche que quelques années, ce qui l'a conduit à saisir la justice.

Un combat de longue haleine

S'il a obtenu gain de cause en première instance, le 6 octobre 2011, la cour d'appel de Caen a ensuite infirmé en septembre 2013 la décision du tribunal de Coutances et a rejeté la demande de l'apostat. René Lebouvier avait formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté mercredi par la 1ère chambre civile de la Cour de cassation.

Celle-ci a jugé que la cour d'appel avait «justement retenu que, dès le jour de son administration et en dépit de son reniement, le baptême constituait un fait dont la réalité historique ne pouvait être contestée, et a décidé, à bon droit, qu'il n'y avait pas lieu d'ordonner l'effacement de sa mention du registre».

 

LeParisien.fr

 

Un baptême, même renié, n'est pas effaçable, confirme la Cour de cassation
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L
Curieux que la Cour de cassation ait retenu sa compétence pour trancher le litige qui selon moi serait plutôt du ressort des juridictions catholiques.
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