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Publié par Edouard Boulogne

Réjouissons nous, Jucundare, esultate ! La nouvelle est tombée ce matin non comme un coup de foudre, mais comme une averse bienfaisante, sur toutes les radios de notre cher département français des Antilles, au terme d'une longue sécheresse.

La dépêche était ainsi formulée, avant d'être commentée.

 

« L'UNESCO a inscrit hier le Gwoka sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité. « C'est un moment historique » pour Victorin Lurel, le président de la Région Guadeloupe.

 

« Des expressions qui démontrent la diversité du patrimoine immatériel et qui font prendre davantage conscience de son importance ».

 

Ce sont ces éléments qui composent la liste du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité. 

 

Jusqu'alors, elle en contenait 281. 

 

C'est le Comité intergouvernemental chargé de la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO qui les choisit. 

 

Hier, c'est le projet français qui était étudié. Le verdict est tombé : le Gwoka a été adopté à l'unanimité des membres du jury.

 

La capoeira du Brésil, la musique de Techova de Slovaquie, le Saman danse d'Indonésie, les danses yampara de Bolivie ont aussi été choisis.

 

L'exécutif régional, Victorin Lurel, présent à Paris, a accueilli cette décision de l'UNESCO « avec une grande fierté ».

 

Il a souligné l'engagement de Félix Cotellon, le président du « Centre Régional des musiques et danses traditionnelles et populaires de Guadeloupe » Rèpriz.

 

Mais également « l'implication de Mme Fély Kacy-Bambuck, la présidente de la commission Culture de la Région Guadeloupe dans le suivi de ce dossier ». 

 

Victorin Lurel précise que c'est le fruit d'un travail de collecte et d'inventaire, mené depuis de longues années par le comité « Lyannaj Pou Gwoka ».

 

Ce dernier rassemble des représentants associatifs, des musiciens, des chercheurs, des chanteurs et des danseurs. »


 

Sur RCI, c'était Félix Cotellon qui commentait la nouvelle justement étourdissante, voix ferme, rythme plus haletant que d'ordinaire, un peu tremblante, parfois hésitante, comme s'il doutait encore de l'authenticité de la nouvelle. Et comment ne le comprendrions-nous pas, lui le militant depuis toujours, du Ka, sa passion, son pain de vie, et celui d'une partie de nos compatriotes, et peut-être de la plupart quoique sur des tempos plus modérés, plus variés, et moins exclusifs. Nous ne pouvions ce jour, sur RCI, en l'entendant, nous retenir d'une association avec l'enthousiasme en 1945, du poète Paul Claudel : «  Ô JOUR, tant, et tant, et tant, et tant, et tant attendu, JOIE tellement, et tellement, et tellement, et tellement, et tellement, et tellement espérée! Me voici devant toi, pétrifié dans la stupéfaction bienheureuse, jusqu'alors imbécile, ignorante des nuances infinies de la béatitude » ( Ce n'est pas du Claudel littéral, mais un peu réinterprété, et réécrit par un Scrutateur stupéfié - c'est-à-dire plongé dans l'abîme de l'admiration, au sens, en quelque sorte de « l'étonnement » tel qu'au XVII ème siècle ).

Bravo donc à Félix Cotellon, et à ceux qui l'ont soutenu pendant ces longues années de lutte pour l'art, et le triomphe de l'authenticité musicale.

Notons toutefois que le patrimoine immatériel de l'humanité ne se partage pas entre le nord et le sud, entre le chaud et le froid ( comme dirait maître Félix Rodes ) entre un nord, figé dans des bâtiments visibles et touchables, , ces cathédrales de pierres, ce Parthénon, ce Louvre, ce palais de Versailles ou ces statues de Phidias ou de Praxitèle, ces violons de Stradivarius.

Car un palais de marbre, un Stradivarius, pour les singes qui en peupleraient les ruines ne seraient rien de plus que ces merveilles de l'art hindoue, dont les ruines ne servent aux Bandarlogs du Livre de la jungle, du grand Kipling, à rien de plus que prétextes à accrocher leurs queues en vue d'arabesques qui n'ont d'artistiques, que la signification que des yeux habités par l'esprit, donc humains voudront bien leur donner, avec plus ou moins de perspicacité.

De même, qu'est-ce qu'un Ka pour une bête brute? Rien de moins, ou de plus qu'un trompette d'argent, le violoncelle de Rostropovitch, ou la flute du joueur de flute de Hamelin.

Tout art, est immatériel, même quand il passe par la médiation des vibrations que nos sens ( tellement moins aigus pourtant que ceux du monde animal ) perçoivent, mais que notre esprit, seul, qualifie, en beau, laid, etc.


 

Ce dont il faut se réjouir c'est que le Ka, notre Ka, rejoigne au patrimoine universel le piano et les tambourins, le xylophone, et le violon, celui-ci et la clarinette, pas nécessairement égaux entre eux, mais indispensables pour la symphonie, à quoi doivent tendre, et la musique, et la philosophie, et même la politique ( mais là les grands chefs d'orchestre manquent ou défaillent devant la difficulté de la tache ).

En tous cas, heureux événement, dépouillé de tout connotation partisane, ou politicienne, du moins je l'espère.


 

Le Scrutateur.


 

L'enthousiasme ne doit pas nous faire oublier que le Gwo Ka n'est pas le seul élément de la culture populaire guadeloupéenne et antillaise en général.

Pressé par le temps, ce matin, j'ai du me borner à deux autres éléments de la musique de chez nous, qui le prouvent.

Allez donc à la suite pour cliquer, et surtout écouter et regarder.


 

( I ) Qu'est-ce que le patrimoine culturel immatériel ? : www.unesco.org/culture/ich/index.php?lg=fr&pg=00002

 

( II ) Fête 100 % Gwada au Gwo-Ka traditionnel

 

https://www.youtube.com/watch?v=0mBvnKjulCE

 

( III ) NÉGOCE MÈT KADRI GWADLOUP (OTANTIK TRADISYON NEW VERSION) MUSIQUE TRADITIONNELLE. AUTHENTIQUE

 

https://www.youtube.com/watch?v=rYBpmyhsjsk

 

 

( IV ) A Coeurs d'Hommes "Choeur d'hommes" de Guadeloupe, Chevalier Saint-Georges.

 

https://www.youtube.com/watch?v=U3tlBcinp6Q

 

( V ) En ce jour de joie, air célèbre du patrimoine immatériel du Nord, dédié à Félix Cotellon.

 

https://www.youtube.com/watch?v=76RrdwElnTU

 

 

Photo de Félix Cotellon. 

Réjouissons-nous : Le Gwoka est inscrit au patrimoine de l'humanité !
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