Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Si le coût dudit « memorial » n'est contesté, à peu près par personne ( en dehors d'une dizaine de gaéliques ), il s'agirait, pour l'instant, de 65 millions d'euros, on ne peut pas dire que son esthétique ravisse le public, les touristes ( qui hurlent d'horreur ) comme les Gwadloupéyens. Les longues murailles noirâtres qui évoquent pour certains ( certes peut-être excessifs ?! ) un grand bunker allemand de la côte normande qui aurait été passé, longuement, au lance-flammes donnent sans doute à penser, même aux inspirateurs du projet ( si cela est possible ! ). Car ces jours-ci, et comme pour en atténuer l'aspect terrifiant, l'ensemble commence à être revêtu d'un curieux échafaudage de tubes métalliques, élaboré sans doute par quelque stipendié local du milliardaire Bernard Arnaud, qui spécule, comme on sait, pour se remplir les poches, sur la crédulité des larges masses. Il n'est toutefois pas certain que toute la publicité du monde décadent suffise à séduire, en faveur de l'art « post moderne » le public local qui est créole, et pas Gaélik.

Le Conseil Régional rentrera t-il dans ses fonds ( c'est à dire les fonds prélevés sur nos impôts )?

Rien n'est moins sûr.

D'autant qu'il est bruit que le poids du monument serait tel, que d'ores et déjà avant même qu'il ne soit achevé, il commencerait à s'enfoncer lentement sur un terrain au soubassement trop mou.

C'est de France-Antilles, et d'un ami que j'y ai, qui signe une chronique nommée « Indiscrétions », que je l'ai appris.

Mon ami qui n'a consacré que quatre lignes à la catastrophe prévisible, termine sa pointe par la formule suivante «  Mais Chuuut! Pé la » !

Autrement dit : Il ne faut pas en parler.

Mais pourquoi?

Il n'y a pas que la Soufrière qui constitue une menace pour la Guadeloupe.

Va-t-on un jour rebaptiser la pointe où fut jadis l'usine Darboussier, du nom de « Memorial d'Ys »? Du nom de cette ville d'Ys ( en Bretagne. Encore lage lik, pardon, la Gaélie ) qui par suite du péché d'un ( une, en fait , pour Ys ) de ses membres , fut proprement engloutie par les flots?

Est-il encore possible de conjurer le mauvais sort?

 

LS.

 

Au sujet de la ville d'Ys, voici ce qu'en dit l'Encyclopedia Universalis :

 

« En breton Ker-Is (de ker, maison et de l'adjectif is, peu élevé). Ys est une ville légendaire, que l'on situe dans la baie de Douarnenez. Au ve siècle, la Cornouaille armoricaine était gouvernée par un roi, Gradlon (Grallon), quelquefois surnommé Meur (le Grand), qui avait de pieux rapports avec Gwenole, le fondateur du monastère de Landevennec situé non loin de Douarnenez. D'après la légende, Ys était défendue contre l'invasion de la mer par un puits ou un bassin immense destiné à recevoir le trop-plein d'eau lors des grandes marées. Il existait à ce réservoir une porte secrète dont, seul, le roi avait la clef. Une nuit, sa fille Dahut, après un banquet donné à son amant, déroba la clef, ouvrit l'écluse, et la ville fut submergée. Cette submersion de Ker-Is est considérée comme un châtiment divin que Gwenole avait prédit. Cette prédiction est le sujet d'une ballade que La Villemarqué a introduite dans ses Chants populaires de Basse-Bretagne.

L'existence de cette ville d'Ys n'a jamais été prouvée. La Villemarqué fait état, ainsi que plusieurs autres, de la mention qu'en aurait faite l'Anonyme de Ravenne (viie s.). Celui-ci mentionne effectivement Chris, localité qu'il situe dans la Britannia in paludibus (la Bretagne-aux-marais) ; mais d'autres manuscrits portent le nom d'Ebris, et, de toute façon, il ne peut s'agir de Ker-Is. Gradlon a bien existé — Marie de France en parle dans ses lais — et Gwenole aussi. Mais le reste est pure légende. On retrouve dans l'histoire de bien des peuples cette croyance en une ville engloutie et, au pays de Galles, on parle également d'un territoire submergé dans la baie de Cardigan, Cantre'r Gwaelod. Au Cornwall, on a trouvé la preuve d'une forte avancée de la mer et l'on y a vu la ville de Lyonesse, que l'on associe avec le roi Arthur. Les Seven Stones, à sept milles à l'ouest du Land's End, sont quelquefois appelés « la Ville » (the Town). On a prétendu découvrir ici et là les « îles de saint Brendan ».

La légende de la ville d'Ys a donné naissance à un opéra en quatre actes d'Édouard Blau, sur une musique de Lalo (1888), qui prend quelques libertés avec la légende ».

 

 

La légende d'Ys a aussi suscité l'imagination des poètes et des musiciens. Edouard Lalo écrivit la musisque d'un opéra qui, pour être peu connu, n'en est pas moins ravissant. Ainsi que la voix de Roberto Alagna chantant un de ses airs.

 

http://www.youtube.com/watch?v=MxuKA4sXNkY 

 

Au cas où la catastrophe évoquée par le nouvelliste de France-Antilles se réaliserait, ce que nul homme de bon sens ne peut souhaiter ( des dizaines de millions d'euros engloutis !!! ); les concepteurs du projet auraient déjà prévu un enterrement de première classe, comme celui de la reine Elizabeth II, quand son heure aura sonné.

La musique choisie ne sera pas celle de Lalo, trop lyrique.

Il faudra quelque chose de plus tellurique.

Comme ça : http://www.youtube.com/watch?v=2sFqXviSEng

 

Je reste persuadé que Richard Strauss, s'il avait connu, cet art en aurait transposé quelques mesures dans sa célèbre partition intitulée : Ainsi parlait Zarathoustra.

 

Le « Memorial Act » de Pointe-à-Pitre, sera-t-il englouti par les eaux?
Le « Memorial Act » de Pointe-à-Pitre, sera-t-il englouti par les eaux?
Le « Memorial Act » de Pointe-à-Pitre, sera-t-il englouti par les eaux?
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
Ce qui reste de l ' usine DARBOUSSIER près du mémorial act va-t-il disparaitre ? ne serait -ce pas pourtant un édifice qui fait partie de la mémoire guadeloupéenne et qui aurait toute sa place dans les bâtiments à préserver ?
Répondre