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Publié par Edouard Boulogne

Cela me vient, tout à coup, ce soir, comme une bouffée. Oh! pas de spéculations, lecteurs ( lectrices ) amis, pas de spéculations hasardeuses. Cela va bien, merci. Mais enfin Jacques, Jacques Brel, il était bien. Il ne chantait pas principalement pour l'oseille, la thune, le pognon. Il exprimait, dans une époque qui s'éloigne,  dans les années frivoles, dansantes, valsantes, valdinguantes comme les secondes dans une Rollex, à la Sarkozy, lpas seulement la ronde folle de ceux qui choisissent l'étourdissement, pour fuir l'être profond. Il exprimait ce que dissimulent tant et tant d'entre nous, dès avant même l'adolescence, le tremblant désir d'être aimé, quand l'amour a encore un sens au lieu de n'être qu'un mot du glamour à la mode. Dans ce vieux document, cette video, nous retrouvons Jacques, le grand Jacques, notre grand, et aussi notre petit frère. En ce temps là, je n'évoquerai pas un soleil qui aurait été plus brûlant qu'aujourd'hui, mais un moment de l'art populaire, quand la chanson ( pas seulement le grand opéra ) exprimait, avec une pudeur simple, les sentiments de l'âme même de chacun, et le désir, par leur expression métamorphosée dans un art musical, vocal, mimique, le désir  d'une assomption vers un ciel du Salut.
"Ne me quitte pas.
Je t'inventerai des mots insensés"
( voire ).
"Je te parlerai de ces amants là qui ont vu deux fois leurs coeurs s'embraser". Vraiment? Jacques y croit-il? Que dit le visage? La mimique? Le tremblement indécis de la voix? Cet homme n'ignore pas les intermittences du coeur, la vanité des retours en arrière, ni celle, si souvent, des rêves impossibles. Car il arrive que l'autre n'aie pas été, dès le départ, à la même hauteur de respiration.
Toutefois, la rage de vivre la vraie vie ( absente selon Rimbaud ) persévère en lui. :

"On a vu souvent, rejaillir le feu de l'ancien volcan qu'on croyait trop vieux. Il est parait-il des terres brûlées, donnant plus de blé qu'un meilleur avril".
Ô douleur! Ô douleur ! Mais aussi quel espoir, et quel témoignage.
L'accord parfait qu'on avait cru possible s'est enfui, évaporé sous le ciel noir.
Mais subsiste l'espoir, l'espoir lucide, qui ne supprime pas la douleur ( ô douleur ! ), mais permet de vivre, c'est à dire de canalyser les larmes, de les transmuer dans la beauté d'un sourire d'enfant. Oui d'enfant. Regardez le visage de Jacques, artiste, et "enfant" comme il en est souvent chez les artistes quand le mot peut s'écrire, ou se dire, sans guillemets.
Suis-je devenu aveugle et sourd ? Mais je n'entends pas cet accent pathétique et joyeux à la fois dans la chanson, aujourd'hui. Trop de bruit, de cris, de criailleries,
de snobisme "artiste" chez nos chanteurs et chanteuses. Si je me trompe, j'en demande pardon. Mais je ne crois pas. Aujourd'hui cet art qui était aussi une morale publique ( au noble sens du terme ) n'est pas mort. Il est refoulé, réprimé par l'affreux nihilisme marchand qui prostitue et l'amour et le coeur, et la peine. Nos nouveaux "maîtres" pensent : " il faut qu'ils s'épanouissent", et disant, ils clignent de l'oeil, si vous voyez ce que je veux dire, après Nietzsche.
Mais les chefs d'oeuvre du passé subsistent. Faisons les connaître, afin que renaissent de nouveaux Jacques, de nouvelles Edith ( Piaf ), non sous leur forme ancienne, le monde a changé, les repères, et les mots aussi, mais leur inspiration profonde ( inspiration est un mot qui évoque le souffle. Un souffle de Pentecote?  Nous inspirons de l'air pour vivre. Mais plus profondément l'objet de l'inspiration, de quelle nature est-il ? Un air putréfié de latrines? Ou celui plus pur qu'évoquait Baudelaire, venu des profondeurs du ciel étoilé ? ) qui ne demande qu'à renaître sous une forme renouvelée, mais la même, au fond, dans l'Être. .

Jacques, Jacques, ne nous nous quitte pas !


 

LS


 

http://www.youtube.com/watch?v=n0ehZeWGXW0

 

Jacques, Jacques ! Ne nous quitte pas !
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C
De Jacques Brel, la plus belle reste "Quand on n'a que l'Amour"
Pour ceux qui l'apprécient :

Quand on n´a que l´amour
A s´offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu´est notre grand amour

Quand on n´a que l´amour
Mon amour toi et moi
Pour qu´éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour

Quand on n´a que l´amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d´y croire toujours

Quand on n´a que l´amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs

Quand on n´a que l´amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours

Quand on n´a que l´amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours

Quand on n´a que l´amour
A offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour

Quand on n´a que l´amour
A offrir à ceux-là
Dont l´unique combat
Est de chercher le jour

Quand on n´a que l´amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour

Quand on n´a que l´amour
Pour parler aux canons
Et rien qu´une chanson
Pour convaincre un tambour

Alors sans avoir rien
Que la force d´aimer
Nous aurons dans nos mains,
Amis, le monde entier.
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L
Y a-t-il encore des chanteurs aujourd'hui ?
Je n'en ai pas, noi vu ni entendu depuis...Jacques Brel !
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