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Publié par Edouard Boulogne

«  Leurs médias » vont faire l'impossible pour brouiller le message. En témoigne déjà les sollicitations médiatiques, à l'égard de personnalités troubles. L'article ci-dessous de Gérard Leclerc, dans le Figaro, fait un point, provisoire, sur un débat en cours.

 

LS.

 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Gérard Leclerc décrypte les enjeux du synode pour la famille qui se tient actuellement à Rome. Il pense que les débats n'aboutiront pas à de profonds bouleversements théologiques.

 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/13/31003-20141013ARTFIG00296-divorces-remaries-l-eglise-est-elle-en-train-de-faire-sa-revolution.php

 

Gérard Leclerc est journaliste, philosophe et essayiste. Il est éditorialiste à France catholique et à Radio Notre-Dame.


FigaroVox: Dans un document intermédiaire du synode qui se déroule actuellement à Rome, l'Eglise catholique indique qu'elle serait prête à accepter la communion pour les divorcés remariés, ainsi qu'à accueillir les homosexuels (elle refuse toujours le mariage, mais souhaite leur ouvrir davantage l'Eglise). Elle appelle également à simplifier les procédures d'annulation de mariage. Êtes-vous surpris par ces pistes de réflexion? Comment les analysez-vous?

Gérard LECLERC: En ce qui concerne les divorcés remariés, il faut bien comprendre que ces réflexions ne sont pas surprenantes, dans la mesure où elles sont le fruit de plusieurs mois de débats intenses. Le texte produit par le synode propose à certaines personnes de faire un chemin de pénitence pour avoir à nouveau accès au sacrement de pénitence, ainsi qu'à l'eucharistie. Toutefois, les conditions de cette pénitence ne sont pas encore clairement définies, et le seront ultérieurement. Il ne s'agit, à mon sens, pas d'une révolution: en effet, ce genre d'exceptions, accordant aux divorcés le droit à l'eucharistie, existe en réalité dans les faits depuis longtemps. Certains évêques et confesseurs acceptent déjà les divorcés, par charité au vu de la difficulté de leur situation personnelle. Ainsi, ce texte, en tout état de cause, ne ferait que codifier ce qui relevait jusqu'alors de la dispense personnelle. L'Eglise préciserait, pour la première fois, officiellement, les conditions dans lesquelles une telle dispense pourrait être admise.

Il ne faut donc pas donner de faux espoirs aux divorcés remariés : une telle dispense relèverait de l'exception, du cas particulier, et ne concernerait en cela qu'une minorité de personnes.

Une analyse approfondie du texte sur les personnes homosexuelles nous amène à une conclusion similaire: la position de fond de l'Eglise, et son refus du mariage entre personnes du même sexe, y sont réaffirmés. La théologie traditionnelle n'est donc à mon sens nullement remise en cause. Toutefois, on y perçoit une démarche positive de la part du synode et du pape François: l'Eglise veut aller chercher les gens où ils sont et comme ils sont. Elle souhaite, plus que jamais, les aider, les accompagner, plutôt que les condamner et les excommunier. Elle reconnaît, par exemple, la formidable solidarité entre personnes homosexuelles, et une force, un courage qui tiennent presque de l'héroïsme, ce qu'on a vu par exemple lorsque le SIDA ravageait la communauté gay.

Il ne faut donc pas donner de faux espoirs aux divorcés remariés: une telle dispense relèverait de l'exception, du cas particulier, et ne concernerait en cela qu'une minorité de personnes. On ne peut donc pas parler d'un changement de fond de la doctrine de l'Eglise, ni d'une révolution: les conditions seront définies précisément, et la dispense restera limitée. De la même façon, l'Eglise ne change pas d'attitude de fond vis-à-vis des personnes homosexuelles: elle n'accepte toujours pas leur mariage. Cependant, elle se place dans une démarche positive, et reconnaît qu'elles sont parfois admirables.

De plus, les changements du synode n'auront pas lieu immédiatement: il ne s'achèvera que dimanche prochain, et l'Eglise se donne ensuite un an de réflexion avant de statuer définitivement sur ces questions. Un second synode se tiendra dans un an, et le Pape publiera alors un document conclusif. Le texte n'est donc nullement figé. Enfin, le texte doit d'abord être adopté, ce qui n'est pas encore certain: l'Eglise ne requiert pas la majorité pour prendre une telle décision, mais l'unanimité. Nous verrons donc si le processus d'acceptation actuellement en route se concrétisera.

En quoi de telles pistes en travail se heurtent-elles à la théologie chrétienne? Quelles en seraient, si elles se concrétisent, les conséquences?

Encore une fois, je ne pense pas qu'on puisse parler d'une modification fondamentale. On aurait pu parler d'inflexion théologique si l'Eglise s'était alignée sur la position orthodoxe ; or, ce n'est à mon sens pas le cas dans le texte. On peut toutefois dire que le texte propose une attitude pastorale novatrice, fondée sur l'attitude de miséricorde et la volonté d'aider l'autre à progresser, mais sans qu'elle soit contraire au fond de la doctrine catholique.

Ce synode va provoquer une énorme déception dans l'opinion : beaucoup, influencés par les médias, vont croire que l'Eglise revient sur sa doctrine ; dans la réalité, cependant, on voit bien que toutes les exceptions dépendront de conditions rigoureusement définies.

Ce document semble représenter la vision du pape François, qui préfère se focaliser sur les personnes. Rencontre-t-il une forte opposition dans sa vision? Est-il soutenu par les cardinaux, par les fidèles?

Certains cardinaux, par ailleurs excellents théologiens, comme le cardinal Müller, qui a rappelé la symbiose entre le mariage et l'eucharistie, s'opposent effectivement à l'idée d'exception pour les divorcés remariés. Les discussions se poursuivent donc, d'abord pendant le synode, ensuite pendant l'année de réflexion avant la tenue du prochain synode. Ces opposants refusent de remettre en cause le cœur de la doctrine sacramentelle, par peur de voir l'ensemble des doctrines de l'Eglise suivre le même chemin. Les cardinaux partagent tous le même point de vue, refusant, par exemple, de revenir sur l'indissolubilité du mariage ; les débats portent donc plutôt sur les exceptions, non sur la doctrine générale.

A mon sens, ce synode va donc provoquer une énorme déception dans l'opinion: beaucoup, influencés par les médias, vont croire que l'Eglise revient sur sa doctrine ; dans la réalité, cependant, on voit bien que toutes les exceptions dépendront de conditions rigoureusement définies. Le fond reste solide.

 

Synode sur la famille. Divorcés remariés, Homosexualité : l'Eglise est-elle en train de faire sa révolution ?
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P
Il m'a toujours semblé que l'organisation d'une église hiérarchisée avec un pape qui représente Dieu sur terre est une déviation du message d'origine du christ.
le christ n'a jamais demandé à qui que ce soit de le représenter sur terre .
par contre, la mission des prêtres a expliquer le message d'origine vers plus de justice et de vérité, à nous interroger sur nous même et sur les autres et notre place dans cette société, est en parfait accord avec la mission 1ère du christ .
Pierre qu'on assimile au 1er pape, a demandé à être crucifié la tête en bas par humilité, pour qu'on ne l'identifie pas au fils de Dieu sur terre. Quand aux autres disciples ils ont diffusé le message chrétien au prix de leur vie, et les prêtres ont fait le reste.
les révélations majeures sur notre condition humaine est que nous n'aurons pas d'autres signes que ceux qui précèderont l'apocalypse et le retour triomphal de notre créateur.
il n'y a donc pas de révélations divines à un pape qui doit nous guider. Chacun de nous est missionné pour être son propre guide, c'est cela la responsabilité et la liberté de choix.
Dieu est cette force de l'esprit,cette capacité qui est en chacun de nous de se changer, pour changer l'autre, mais dans le respect des principes chrétiens d'origines qui ont pacifié les individus. le message chrétien est en chacun de nous, ce n'est pas au pape de nous le dire, ce message est intrinsèque à chaque individu.
le pape est seulement un homme élu par ses pairs et pas le représentant de Dieu .
la loi morale ne doit pas être réinventé par les hommes sous peine d'être dénaturée.
Nous n'aurons pas d'autres messie pour nous sauver que celui qui reviendra.
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