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Publié par Edouard Boulogne

Cette video est étonnante. Je ne prendrai certainement pas la défense du régime politique chinois, tel qu'il est ( en 2014 ) malgré les incontestables progrès qu'il a réalisés ces trente dernières années, sur le plan économique, et même sur le plan des libertés ( tout est relatif, évidemment, mais par rapport à l'époque de Mao, c'est évident ). Alain Peyrefitte avait été assez clairvoyant, il faut l'admettre, dans son livre Quand la Chine s'éveillera )

Ces réserves étant faites, il faut admettre que le discours de M l'ambassadeur Wu Jinmin, est très clair, et mériterait une écoute attentive de nos « élites » françaises. Discours tenu à l'assemblée récente du Medef, devant diverses personnalités, dont M. Alain Juppé, assez crispé ( comme d'habitude dirait Bernadette Chirac ).

On notera que M. Wu Jianmin attribue les malheurs de la Chine à la politique de Mao Tsé Tougn, qui n'a connu que l'URSS, en dehors de la Chine. Tandis que la politique du renouveau chinois serait due, selon l'orateur, à la nouvelle politique inspirée de Deng Xiaoping qui, lui, a fait ses études pendant une dizaine d'années en France ( la France du début du XX ème siècle, bien différente de celle d'aujourd'hui, quoique déjà atteinte de la maladie spirituelle et intellectuelle, qui nous taraude, comme le montrait l'écrivain, socialiste, mais non marxiste Charles Péguy. Voir les textes cités plus loin ). La France de la fin des années 1940 et des années cinquante, percluse d'idéologie socialo marxiste forma, elle, hélas! Des leaders comme le sinistre Pol Pot : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pol_Pot

Notre classe politique est-elle capable de retenir ce qu'il y a de positif dans la politique chinoise actuelle? L'avenir nous le dira.

 

LS.

 

La leçon de l'ambassadeur Wu Jianming : http://www.youtube.com/watch?v=A57qY9MxiwQ

 

 

A méditer : ( Textes de Charles Péguy ).

 

Péguy, républicain, et socialiste mystique ( non marxiste ) dans sa revue Les cahiers de la quinzaine, critique l'idée que la gauche française de l'époque, celle de Jaurès, inspirée par le marxisme tente de faire passer pour la vérité, à savoir que le travail sous les anciens régimes ( d'avant la révolution. C'est encore la chanson, aujourd'hui d'un François Peillon et de nos petits maîtres ) était un abrutissement au service des élites. Au contraire, c'est la bourgeoisie capitaliste, issue de la Révolution, dont elle fit son instrument, qui est responsable, à ses yeux, de la perte du sens du travail.

Il écrit :

« J'ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même coeur et de la même main que ce même peuple avait taillé ses cathédrales ».

Et, plus loin :

« Que reste-t-il de tout cela? Comment a-t-on fait du peuple le plus laborieux de la terre ce peuple de saboteurs. Comment a-t-on pu en faire ce peuple qui sur un chantier met toute son étude à ne pas en fiche un coup?»

 

La bourgeoisie d'argent a infecté le peuple :

 

Dans son ouvrage, L'argent, en 1913, un an avant de mourir au champ d'honneur durant la première guerre mondiale, le philosophe écrivait :

 

 

« On ne saurait trop le redire. Tout le mal est venu de la bourgeoisie. Toute l'aberration, tout le crime. C'est la bourgeoisie capitaliste qui a infecté le peuple. Et elle l'a précisément infecté d'esprit bour­geois et capitaliste.

Je dis expressément la bourgeoisie capitaliste et la grosse bourgeoisie. La bourgeoisie laborieuse au contraire, la petite bourgeoisie est devenue la classe la plus malheureuse de toutes les classes sociales, la seule aujourd'hui qui travaille réellement, la seule qui par suite ait conservé intactes les vertus ouvrières, et pour sa récompense la seule enfin qui vive réellement dans la misère. Elle seule a tenu le coup, on se demande par quel miracle, elle seule tient encore le coup, et s'il y a quelque rétablisse­ment, c'est que c'est elle qui aura conservé le statut.

Ainsi les ouvriers n'ont point conservé les vertus ouvrières; et c'est la petite bourgeoisie qui les a conservées.

La bourgeoisie capitaliste par contre a tout infecté. Elle s'est infectée elle-même et elle a infecté le peuple, de la même infection. Elle a infecté le peuple doublement; et en elle-même restant elle-même; et par les portions transfuges d'elle-même qu'elle a inoculées dans le peuple.

Elle a infecté le peuple comme antagoniste; et comme maîtresse d'enseignement.

Elle a infecté le peuple elle-même, en elle-même et restant elle-même. Si la bourgeoisie était demeurée non pas tant peut-être ce qu'elle était que ce qu'elle avait à être, et ce qu'elle pouvait être, l'arbitre écono­mique de la valeur qui se vend, la classe ouvrière ne demandait qu'à demeurer ce qu'elle avait toujours été, la source économique de la valeur qui se vend.

On ne saurait trop le redire, c'est la bourgeoisie qui a commencé à saboter et tout le sabotage a pris naissance dans la bourgeoisie. C'est parce que la bourgeoisie s'est mise à traiter comme une valeur de bourse le travail de l'homme que le travailleur s'est mis, lui aussi, à traiter comme une valeur de bourse son propre travail. C'est parce que la bourgeoisie s'est mise à faire perpétuellement des coups de bourse sur le travail de l'homme que le travailleur, lui aussi, par imitation, par collusion et encontre, et on pourrait presque dire par entente, s'est mis à faire continuellement des coups de bourse sur son propre travail. C'est parce que la bourgeoisie s'est mise à exercer un chantage perpétuel sur le travail de l'homme que nous vivons sous ce régime de coups de bourse et de chantage perpétuel que sont notam­ment les grèves ( ce passage souligné en rouge, l'a été par le Scrutateur ) : Ainsi est disparue cette notion du juste prix, dont nos intellectuels bourgeois font aujourd'hui des gorges chaudes, mais qui n'en a pas moins été le durable fondement de tout un monde.

Car, et c'est ici la deuxième et la non moins redou­table infection : en même temps que la bourgeoisie introduisait et pratiquait en grand le sabotage pour son propre compte, en même temps elle introduisait dans le monde ouvrier les théoriciens patentés du sabotage. En même temps qu'en face elle en donnait l'exemple et le modèle, en même temps dedans elle en donnait l'enseignement. Le parti politique socia­liste est entièrement composé de bourgeois intellec­tuels. Ce sont eux qui ont inventé le sabotage et la double désertion, la désertion du travail, la désertion de l'outil. Pour ne point parler ici de la désertion militaire, qui est un cas particulier de la grande désertion, comme la gloire militaire était un cas par­ticulier de la grande gloire. Ce sont eux qui ont fait croire au peuple que c'était cela le socialisme et que c'était cela la révolution. Les partis syndicalistes socialistes ont pu croire plus ou moins sincèrement qu'ils opéraient ou qu'ils constituaient par eux-mêmes une réaction contre les partis politiques, contre le parti unifié ; par un phénomène historique très fréquent, par une application nouvelle et une vérification nouvelle d'une très vieille loi des antago­nismes cette réaction à une politique est elle-même politique, ce parti constitué est lui-même un nou­veau parti politique, un autre parti politique, un antagoniste parti politique. Les partis syndicalistes sont eux-mêmes, eux autant, infestés, et infestés d'éléments politiques, les mêmes, d'autres intellec­tuels, des mêmes, d'autres bourgeois, des mêmes. Ils ont pu croire plus ou moins sincèrement qu'ils s'étaient débarrassés de l'ancien personnel politique socialiste. Ils ne se sont pas débarrassés de l'ancien esprit politique socialiste, qui était éminemment un esprit bourgeois, nullement un esprit peuple. À pre­mière vue il peut sembler qu'il y a beaucoup plus de véritables ouvriers dans le personnel socialiste syndicaliste que dans le personnel politique socialiste, qui lui est pour ainsi dire entièrement composé de bourgeois. Et c'est vrai si on veut, si on procède, si on veut voir, si on veut compter par les méthodes superficielles d'un recensement sociologique. Ce n'est vrai qu'en apparence. En réalité ils sont encore infiltrés, et infectés, d'éléments intellectuels purs, purement bourgeois. Et surtout le très grand nombre d'ouvriers qu'on y voit ne sont pas réelle­ment des ouvriers, ne procèdent pas réellement, directement du peuple, purement de l'ancien peuple. Ce sont en réalité des ouvriers de deuxième zone, de la deuxième formation, des ouvriers embourgeoisés, (les pires des bourgeois), des ouvriers si je puis dire endimanchés dans la bourgeoisie, des intellectuels aux entournures, les pires des intellectuels, des ouvriers avantageux, encore plus sots, s'il est pos­sible, que les bourgeois leurs modèles et que les intellectuels leurs maîtres, des malheureux non seu­lement pourris d'orgueil mais entravés dans un orgueil gauche, embarbouillés dans des métaphy­siques où alors ils ne comprennent plus rien du tout, des ouvriers avantageux, coupés de leur peuple, abtronqués de leur race, pour tout dire d'un mot des malheureux qui font le malin1 ».

 

Charles Péguy.

 

Ce texte, bien qu'écrit en 1913, est toujours d'une étonnante actualité. Mais, la décadence intellectuelle, notamment à l'université est telle, qu'il court le risque de n'être pas compris. Les référents intellectuels ( et spirituels de Péguy sont tout autre que ceux dont se réclament nos socialos communos bobos trotskistes d'aujourd'hui.

Ce dont la jeunesse a besoin c'est d'apprendre à lire, je veux dire à comprendre vraiment les évènements, aux moyens de référents autres que ceux qu'on leur donne à l'école et à l'université.

Je ne vois guère que l'Eglise catholique qui soit suffisamment forte, organisée pour tenter d'accomplir une telle tâche. Mais, outre que certains secteurs de l'Eglise sont eux-mêmes infectés par l'idéologie mortifère qui tient lieu de « pensée » à notre époque, combien de catholiques ont-ils lu les encycliques sociales de léon XIII, de Pie XI, de Jean-Paul II?

Et puis l'Eglise est l'objet d'attaques multiples et non innocentes venues de ceux que Péguy désignait comme le monde de l'argent, de ceux qui ne croient plus en rien, où Mélenchon, Besancenot, Peillon, Martine Aubry, Pierre Laurent, et tutti quanti, tout en s'étripant gaillardement travaillent à achever ce qui reste du peuple français, au nom des grands principes, et des bons sentiments.

 

LS.

 

Bonus pour sourire :

 

Pour faire sourire peut-être, du moins les « vieux » comme le Scrutateur ( qui n'est pas toujours d'accord avec Péguy, lequel à écrit que se mettre à fumer la pipe, est le signe qu'on est devenu vieux. Comme quoi les plus remarquables des hommes, peuvent dire des c....!!! ).

 

http://www.youtube.com/watch?v=3wgJ2W-NUCU

Quand un ambassadeur Chinois donne une leçon d'économie à la France.
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P
le modèle économique chinois pourrait bien donner des leçons d'économie à la France de l'écologisme.
alors ? on censure ?
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P
pourquoi mon précédent commentaire a été censuré ?
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