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Publié par Edouard Boulogne

J'ai tenu ( je tiens encore ) pendant des dizaines d'années, un carnet, - des carnets - , serait plus exact, où je notais tout ce qui, au fil de mes lectures, retenait mon attention, recevait mon approbation, rationnelle ou/et passionnée, mes détestations aussi, rationnelles ou passionnées. Passionnelles aussi. C'est ainsi.

Il y en a des milliers de pages. Je les relis, parfois. C'est une occasion de retracer mon parcours et mon évolution depuis les quatorze ans où, d'une écriture maladroite, je traçai mes premiers gribouillis sur les premières pages du premier carnet. En fait des cahiers d'écolier.

Dans un cahier des années 70, que j'ouvre au hasard, je pêche aujourd'hui cette pensée de Thucydide, ce Grec, cher à Jacqueline de Romilly, l'un des fondateurs de l'histoire comme discipline de l'esprit, tel que le cite Montesquieu : «  Thucydide disait que les gens médiocres étaient les plus propres au gouvernement ».

Tous? Peut-être pas. Mais Thucydide dut connaître à Athènes, et Sparte, et Corinthe, des équivalents de nos.... ( je laisse un espace blanc, que chacun remplira en fonction de ses préférences actuelles...! ). Le grand homme, avait aussi, ses passions, ses emportements, et ses rancunes personnelles à l'égard de tel ou tel qui lui avait fait défaut.

Mais, dans l'ensemble, peut-on – sauf naïveté – lui donner tort?

Après tout, le chef est celui qui a besoin des autres, et en « démocratie » plus que dans tout autre régime.

Jarry, prête à UBU ce mot «  il faut bien que je les suive....puisque je suis leur chef ».

Thucidyde sait bien d'ailleurs qu'il y a des « politiques » d'exception. Poursuivant ma lecture de Montesquieu, ce jour lointain du 15 octobre 1976, j'avais noté cette autre pensée de l'auteur de l'Esprit des lois : «  Rarement les grands politiques connaissent-ils les hommes. Comme ils ont des vues fines et adroites, ils croient que les autres hommes les ont de même. Mais il s'en faut bien que tous les hommes soient fins : ils agissent, au contraire, presque toujours, par caprice ou par passion, ou agissent simplement pour agir et pour qu'on ne dise point qu'ils n'agissent pas ».

C'est fort bien vu.

Et l'on peut regretter que les grands classiques ne soient plus guère lus dans les « grandes écoles ».

Reste encore la philosophie. Mais comme vous le dira n'importe quel gamin petit fils de mai soixante-huit et de Daniel Cohn-Bendit : «  Montesquieu pense ce qu'il veut, et moi je pense le contraire ». Pourquoi pas? A une différence près. Quand le baron de la Brède critique un auteur, une théorie, il a passé des années à le lire et à dialoguer avec lui, à passer son dire au crible de la pensée.

Et au final, il en adoptait parfois, quitte à ce que la révision soit déchirante, le point de vue que la confrontation intellectuelle méthodique lui ordonnait de s'assimiler.

Aristote l'avait déjà dit, plus de XV siècle avant Montesquieu : «  je suis l'ami de Platon, mais de la vérité davantage encore »!

 

E.Boulogne.

 

Photographies :

La Troisième photo montre le chateau de La Brède, où Montesquieu ecrivit L'Esprit des lois.La quatrième est la reproduction de deux pages d'un de mes carnets, datant de 1961. 

 

Pages d'écriture ( 29/10/2014 ) : Hommes de gouvernement, par E. Boulogne.
Pages d'écriture ( 29/10/2014 ) : Hommes de gouvernement, par E. Boulogne.
Pages d'écriture ( 29/10/2014 ) : Hommes de gouvernement, par E. Boulogne.
Pages d'écriture ( 29/10/2014 ) : Hommes de gouvernement, par E. Boulogne.
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livia 29/10/2014 17:14

Bêtement, j'ai jeté mes premiers carnet de notes, je le regrette terriblement aujourd'hui et j'ai conseillé à ma fille qui voulait en faire autant de les garder!