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Publié par Edouard Boulogne

J'étais à l'écoute de RCI, ce matin, 19 octobre, où j'ai pu entendre lire la lettre ouverte de madame Josy-Anne Arékian, chargée de mission auprès du Recteur d'Académie.

Je dois dire mon respect, et mon admiration à madame Arékian pour ses propos, à la fois mesurés et fermes. Cette lettre est un document. A mes yeux il est important. Je vais dire pourquoi.

Des propos comme celui de Josyane Arékian sont partagés par de très nombreux Guadeloupéens, je dirai : par une majorité de Guadeloupéens. Mais ceux-ci se taisent, hélas! Car il n'est pas facile d'aller contre un discours terrorisant, voire terroriste, qui n'est pas sans conséquences pour des carrières, notamment dans le domaine de la politique, et dans l'éducation nationale. Donc, on se tait. Il y a bien quelqu'un qui parle, haut et fort, quoiqu'avec mesure, me semble-t-il et c'est le Scrutateur, celui-là même qui écrit ces lignes.

Très souvent on me félicite pour la pertinence de mon propos, pour mon courage. Et moi je me retiens de dire, « pourquoi ne tenez-vous pas le même discours » puisque vous l'approuvez? Mais la politesse me retient car mon propos est immédiatement contredit, non par des arguments, mais par le renvoi à ma condition de « blanc » et qui plus est de « blanc créole ». Peu de gens ont le courage de se faire traiter de "descendant d'esclavagiste", ou de "nèg a blan".

Or voici que Josy-Anne Arékian s'exprime. Elle parle comme j'aurais parlé, avec, sur le sujet en question ( le conflit avec les « syndicats » de l'éducation ) une compétence que je n'ai pas.

Mais Guadeloupéenne, comme moi, madame Arékian est noire. Dans mon esprit cette précision sur la couleur, n'est ni un compliment, ni une critique, et mon constat m'oblige à le dire sur le même ton de la neutralité qui aurait été le mien si j'avais eu à parler d'une femme blanche, ou d'une asiatique.

Mais, nous vivons dans le climat « politiquement  correct » du racisme comme idéologie dominante, impudemment pratiqué.

Face à ce terrorisme intellectuel, une femme noire, de chez nous, sur cette terre de Guadeloupe, se dresse et dit ; Non! ça suffit! Basta!

Ce faisant, elle ouvre une porte, une porte à la contestation de l'inadmissible idéologie, infantilisante et paralysante, qui fut, dans les années 1930 celle, au service d'une autre couleur, celle d'Hitler et de ses séides.

Une porte est ouverte, à la fois par la compétence, et le courage. Le courage d'une femme, cela mérite d'être noté, et peut n'être pas sans conséquences positives pour notre département, et même...au-delà, vu l'importance à la fois traditionnelle et grandissante des femmes dans nos îles ( la Guadeloupe, à laquelle j'ajoute la Martinique ).

Pour cela Josy-Anne Arékian mérite le remerciement de tous les Guadeloupéens.

Voici déjà le mien.

Edouard Boulogne.

 

http://rci.fm/Delire-machiste-et-refus-de-toute.html?fb_action_ids=10152579936829565&fb_action_types=og.comments&fb_source=other_multiline&action_object_map=[789075621130999]&action_type_map=[%22og.comments%22]&action_ref_map=[]#.VEO8Y1c43GA

 

Les récentes attaques contre le recteur, le rectorat, l’équipe administrative et l’école en Guadeloupe de la part des syndicats de l’éducation n’ont pas plu, mais alors pas du tout à l’ancienne directrice de cabinet du recteur. Josy-Anne Arékian s’est fendue d’une missive au titre qui ne manquera pas de faire parler "Délire machiste et refus de toute autorité".
RCI vous propose de retrouver l’intégralité de son droit de réponse :

18 octobre 2014

"Délire machiste et refus de toute autorité"
l’ancienne directrice de cabinet exerce son droit de réponse

Cela fait deux mois que je lis et que j’écoute la presse et les syndicats. Je suis passée de la surprise à l’étonnement, puis de la sidération à l’indignation, devant ce délire machiste et ce refus de toute autorité. Beaucoup m’ont conseillé l’effacement, la discrétion, le silence noble et méprisant. Mais je suis une femme libre et j’ai choisi contre leurs conseils avisés, de mettre les enjeux "souterrains" à ciel ouvert.

D’abord les enjeux de pouvoir, qui autorisent, en période d’élections, l’instrumentalisation trop facile des clivages du passé, opposant le méchant blanc arrogant, soi-disant violent et menaçant (sic !) que serait le recteur, qui en plus est d’origine allemande, tous les poncifs sont là, aux bons guadeloupéens, travailleurs noirs et méprisés, que seraient les représentants des organisations professionnelles et ceux qu’ils font semblant de défendre.
Cet amalgame facile n’ayant besoin bien sûr d’aucune preuve.

Ensuite, les enjeux de la domination masculine qui opposent des syndicalistes majoritairement masculins à une femme de pouvoir, celle que j’ai été, celle que l’on a longtemps craint et celle que je demeurerais, puisqu’une mission vient de m’être confiée par le recteur. L’ancienne directrice de cabinet dérange, et c’est ce qui explique cet acharnement médiatique. Elle connaît trop bien, et depuis des années, la face visible et la face cachée, le jeu pervers des actions soi-disant violentes, affichées, les propos outranciers, et dès le lendemain, la prolifération des petites demandes et sollicitations personnelles, la prolifération des petits arrangements entre amis, qu’ils croient reconnaître et condamnent si vite chez les autres. Oui, j’affirme que l’on me craint pour tout cela !
Et je n’occulte pas ce nouvel enjeu de société, qui intéresse, mais qu’on n’ose évoquer à visage découvert, l’interaction, très à la mode, entre espace public et espace privé .
Mais cela, chacun doit être capable de le mettre à distance. Pour conclure, oui j’ai une expertise professionnelle reconnue, mais j’ai aussi une expertise syndicale de plusieurs années qui m’autorise un commentaire dans ce domaine.
J’ai fait partie des membres fondateurs du SPEG et, à l’époque, nous défendions des idées, la réussite des élèves, l’ancrage dans le territoire, mais aussi, ce qui semble totalement oublié, des valeurs : le sens de la mesure, l’honnêteté des propos, la vérité des affirmations, en évitant toute rumeur ou tout "on dit".
Et je garde cependant confiance dans la jeunesse de ce pays, dans les femmes de mon pays, pour faire émerger des modèles positifs, courageux et méritants, qui ne forceront le respect que s’ils restent libres et engagés.
C’est le combat que j’ai mené et chacun sait très bien que notre académie avance.
Oui, après 13 ans au cabinet et un travail quotidien avec 5 recteurs, je fais partie de l’histoire de cette académie, je fais partie de ceux qui peuvent affirmer et mesurer le chemin parcouru, pour dire qu’elle progresse, qu’elle est de mieux en mieux organisée et pilotée, qu’elle engrange de bons résultats, sans aucune grève d’enseignants depuis 3 ans.
Bien sûr, je peux dire aussi qu’aujourd’hui notre académie connaît et mesure ses faiblesses, agit sur ses insuffisances, sait expérimenter et chercher de nouvelles pistes de progrès.
Comme l’école, notre académie est vivante, quand d’autres restent figés, pour de mauvaises raisons, non avouées, dans un racisme ordinaire, dans un discours "anti"... anti femmes, anti retraités, anti blanc et pourquoi pas demain anti jeunes ?
Oui, les organisations professionnelles devraient "jouer le jeu", comme l’a écrit Félix Éboué, devraient s’efforcer de jouer le jeu d’équipe, au lieu de saborder le travail de tous uniquement pour exister.

Josy-Anne Arékian


Directrice de cabinet honoraire
Chargée de mission auprès du recteur d’académie.

 

Important : "Délire machiste et refus de toute autorité", l’ancienne dir cab du recteur se lâche.
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olindi 19/10/2014 19:36

Elle est très courageuse en effet. Elle sera sans doute qualifiée de "neg a blan" par les syndicats mais ça s'arrêtera là car elle est noire de peau et cofondatrice du SPEG ce qui lui donne de fait le droit de s'exprimer dans les medias sans être agressée et ridiculisée par les journalistes comme le serait une personne plus claire de peau et sans le passeport du SPEG.
En tout cas, Bravo !! Josy-Anne. Tu rassures beaucoup de guadeloupéens. Nous sommes étouffés par une idéologie d'un autre âge, relayée et valorisée par les medias locaux et nationaux qui portent une lourde responsabilité dans le marasme sociétal actuel.