Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

 

La querelle sur la féminisation systématique, à tort et à travers, du vocabulaire, a donné lieu du fait d'un dragon socialiste ( faudrait-il dire « une dragonne » parce qu'il s'agit d'une femme? ) à l'Assemblée nationale, avant hier, n'est pas innocente.

( http://www.lescrutateur.com/2014/10/langue-francaise-mme-sandrine-celerier-est-elle-fasciste.html )

La subversion de la société française et européenne, par des nihilistes effervescents, vise notamment la langue, parce qu'elle est à la fois un facteur essentiel d'hominisation, et de progrès de l'humanité. Notre insurrection, ici, contre cette décadence programmée, ne relève pas de notre part de je ne sais quelle manie, et rejet peureux du changement. Elle repose sur une analyse que nous proposons aux lecteurs du Scrutateur, pour qu'ils rejoignent, ( par l'action ) en conscience, le combat légitime contre l'auto destruction de notre civilisation.

 

Le Scrutateur.

 

Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres

 

http://www.academie-francaise.fr/actualites/feminisation-des-noms-de-metiers-fonctions-grades-et-titres

 

Langue française

En 1984, après que le gouvernement eut pris une première initiative en faveur de « la féminisation des titres et fonctions et, d’une manière générale, le vocabulaire concernant les activités des femmes », l’Académie française, fidèle à la mission que lui assignent ses statuts depuis 1635, fit publier une déclaration rappelant le rôle des genres grammaticaux en français. Les professeurs Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, à qui la Compagnie avait confié la rédaction de ce texte, concluaient ainsi :

 

« En français, la marque du féminin ne sert qu’accessoirement à rendre la distinction entre mâle et femelle. La distribution des substantifs en deux genres institue, dans la totalité du lexique, un principe de classification, permettant éventuellement de distinguer des homonymes, de souligner des orthographes différentes, de classer des suffixes, d’indiquer des grandeurs relatives, des rapports de dérivation, et favorisant, par le jeu de l’accord des adjectifs, la variété des constructions nominales... Tous ces emplois du genre grammatical constituent un réseau complexe où la désignation contrastée des sexes ne joue qu’un rôle mineur. Des changements, faits de propos délibéré dans un secteur, peuvent avoir sur les autres des répercussions insoupçonnées. »

 

Cette analyse scientifique irréfutable était donc assortie, voici dix-huit ans, d’un avertissement dont il n’a été tenu aucun compte. Un catalogue de métiers, titres et fonctions systématiquement et arbitrairement « féminisés » a été publié par la Documentation française, avec une préface du Premier ministre. La presse, la télévision ont suivi avec empressement ce qui pouvait passer pour une directive régalienne et légale. Or, peu auparavant, la Commission générale de terminologie et de néologie, officiellement saisie par le Premier ministre, avait remis à celui-ci un rapport dans lequel elle déconseillait formellement la féminisation des noms de titres, grades et fonctions, par distinction avec les noms de métiers, dont le féminin découle de l’usage même. De ce rapport, le gouvernement n’a pas non plus tenu compte, alors qu’aucun texte ne lui donne le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français.

 

Sans revenir sur les arguments qu’elle exposait en 1984 et auxquels elle reste attachée, l’Académie française déplore les dommages que l’ignorance de cette doctrine inflige à la langue française et l’illusion selon laquelle une grammaire « féminisée » renforcerait la place réelle des femmes dans la société.

 

1. Valeur collective et générique du genre masculin

 

Il est inutile, pour désigner un groupe de personnes composé d’hommes et de femmes, de répéter le même substantif ou le même pronom au féminin puis au masculin. « Les électrices et les électeurs », ( ou le « toutes les parisiennes et les parisiens » cher à l'ancien maire de Paris, l'homoncule Bertrand Delanoë. Note du Scrutateur ) « les informaticiennes et les informaticiens », « toutes celles et tous ceux » sont des tours qui ne disent rien de plus que « les électeurs », « les informaticiens », « tous ceux ». On évitera également d’indiquer entre parenthèses ou après une barre oblique la marque du féminin : « les adhérent(e)s », « les animateurs/trices », etc. De même au singulier, lorsque le masculin revêt un sens générique, de telles surcharges (« recrutement d’un/une technicien(ne) diplômé(e) », etc.) n’apportent aucune information supplémentaire et gênent considérablement la lecture. Au surplus, elles s’opposent à la règle, très générale en français, de l’accord du pluriel au masculin. Il est impossible d’écrire : « Le fauteuil et la table sont blanc(he)s. »

 

Ces redondances et ces alourdissements révèlent sans doute que, dans l’esprit de certains, le masculin est devenu un genre marqué au même titre que le féminin, et ne peut plus désigner que des personnes de sexe masculin. C’est ainsi que la féminisation peut introduire un déséquilibre dans les structures mêmes de la langue et rendre malaisée la formulation des phrases les plus simples.
 

2. Néologismes

 

L’application ou la libre interprétation de « règles » de féminisation édictées, de façon souvent arbitraire, par certains organismes français ou francophones, a favorisé l’apparition de nombreux barbarismes.

 

Il convient tout d’abord de rappeler que les seuls féminins français en -eure (prieure, supérieure...) sont ceux qui proviennent de comparatifs latins en -or. Aussi faut-il éviter absolument des néologismes tels que professeure, ingénieure, auteure, docteure, proviseure, procureure, rapporteure, réviseure, etc. Certaines formes, parfois rencontrées, sont d’autant plus absurdes que les féminins réguliers correspondants sont parfaitement attestés. Ainsi chercheure à la place de chercheuse, instituteure à la place d’institutrice. On se gardera de même d’user de néologismes comme agente, cheffe, maîtresse de conférences, écrivaine, autrice... L’oreille autant que l’intelligence grammaticale devraient prévenir contre de telles aberrations lexicales.

 

Enfin, seul le genre masculin, qui est le genre non marqué (il a en effet la capacité de représenter les éléments relevant de l’un et de l’autre genre), peut traduire la nature indifférenciée des titres, grades, dignités et fonctions. Les termes chevalière, officière (de tel ordre), députée, sénatrice, etc., ne doivent pas être employés.

 

* * *

 

Comme l’Académie française le soulignait déjà en 1984, l’instauration progressive d’une réelle égalité entre les hommes et les femmes dans la vie politique et économique rend indispensable la préservation de dénominations collectives et neutres, donc le maintien du genre non marqué chaque fois que l’usage le permet. Le choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l’intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l’encontre du but recherché.

 

Féminisation systématique du vocabulaire : ce que dit l'Académie Française.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
ahhh......je suis assez d'accord avec vous, vouloir a tout prix "féminiser" une fonction, c'est créer une différence de fond autant que de forme dans la manière d'aborder la dite fonction...

après, cela peut dépendre de critère spécifiques, mais selon moi, si une fonction est d'ordre technique, on peut la féminiser ou pas, cela ne choque pas mon oreille...mais si la fonction est honorifique, ou liée a un aspect historique...j'ai plus de mal...

madame la présidente, oui, pourquoi pas en "language courant", c'est une féminisation d'usage facile a mettre en place parce que le terme s'y prête bien...mais le président de la commission XXX, madame YYY en "language officiel", c'est sur que ça crée l'égalité...même titre, même fonction...

c'est une bonne question, les termes féminisables..."madame la ministre, YYY"...en opposition a "le ministre de XXX, madame YYY"...
la ministre
la présidente
la députée
la sénatrice

-- langage courant--- donc une féminisation d'usage...

par contre :
le ministre de xxx
le président de xxx
le député de xxx
etc..

--une formalisation de la fonction obligatoire pour le respect de l’égalité ET le respect de la fonction --
Répondre