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Publié par Edouard Boulogne

Le site indépendantiste martiniquais Bondamanjak, jouant les naïfs, fait semblant d'interprêter un propos de M. Roger de Jaham en un sens raciste, et tombant sous le coup de la loi, dite Taubira sur « l'esclavage, crime contre l'humanité ». R de Jaham est un chef d'entreprise martiniquais, un béké, comme on dit pour désigner l'une des communautés essentielles de la Martinique ( en Guadeloupe on parle des « blancs créoles » ).

Roger de Jaham, est aussi le créateur, et l'un des animateurs de l'association Tous créoles qui, s'efforcent de rassembler, fraternellement, tous les antillais de bonne volonté, qui résistent ou veulent résister à l'entreprise d'antagonisation radicale et permanente des rapports sociaux, sous un angle racialiste, dans nos îles, ces racleurs de grattelles oubliées, ou flaireurs affamés de fétidités enfouies. Sans rien nier de ce qu'eut de scandaleux ( pour nos consciences actuelles. Car, ne l'oublions pas, nombre d'anciens esclaves noirs, n'hésitaient pas, quand ils étaient affranchis, tant l'esclavage paraissait « normal » et dans le cours ordinaire des choses, à devenir propriétaires d'esclaves qu'ils traitaient selon les coutumes du temps. Ainsi, d'un des plus célèbres, Toussaint Louverture à St Domingue, devenu Haïti ) l'institution de l'esclavage, R. de Jaham a tenté de relativiser ( l'histoire est une discipline qui pratique la relativité des situations, où elle n'est que bavardage creux, dangereux aux mains d'escrocs et de manipulateurs ). Les racleurs de grattelle ont cru pouvoir interpréter dans un sens favorable à leurs obsessions ce simple membre de phrase :

« Un engagé un 36 mois » était « moins que rien, moins qu’un esclave les esclaves sont arrivés longtemps après et eux avaient une valeur marchande que n’avaient pas les blancs engagés pour 36 mois »

Voici ce qu'en dit Bondamanjak :

« Rappelez vous. Le 15 août 2011, Roger de Jaham, originaire de la #Guadeloupe, président de l’association Tous Créoles, faisait l’apologie d’un crime contre l’humanité sur les antennes de #France Inter en déclarant :  » Un engagé un 36 mois » était « moins que rien, moins qu’un esclave les esclaves sont arrivés longtemps après et eux avaient une valeur marchande que n’avaient pas les blancs engagés pour 36 mois »
Le 15 novembre 2011, le Mouvement International pour les Réparations déposait une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction à l’encontre de Monsieur Roger de Jaham.
Le 28 août 2014, en #Martinique, le juge d’instruction a ordonné le renvoi de cette affaire devant le tribunal correctionnel pour être jugée ».

 

( http://www.bondamanjak.com/roger-de-jaham-president-de-tous-creoles-renvoye-devant-le-tribunal-correctionnel-pour-apologie-de-crime-contre-lhumanite/ )

 

Je ne pense pas que, si la justice est indépendante, l'incriminé ait à craindre une quelconque condamnation.

Son raisonnement est parfaitement correct, et rejoint la pensée de personnages très remarquables et remarquablement en avance sur leur temps que furent dès le XVII ème siècle tel correspondant local de Colbert, cité par Gabriel Debien, ou le père du Tertre dans son Histoire générale des Antilles.

J'avais moi-même abordé cette question dans un entretien accordé en 2008, au journal guadeloupéen Le Mika déchaîné dont voici le passage déterminant :« Et puis il y a une autre catégorie (le singulier est un peu simplificateur, car cette catégorie est elle-même assez hétérogène), de très loin la plus nombreuse,   celle   des   « petits   blancs » :   amateurs   d'aventures, individus misérables qui cherchent, un « nouveau monde », dans l'espoir d'une vie nouvelle, parfois des repris de justice, qui espèrent aussi à se refaire loin des lieux de leurs turpitudes, etc.

Ces gens, étaient qualifiés « d'engagés », ou encore de « trente six

mois », car ils s'engageaient à travailler aux Isles, pour une durée de trois ans éventuellement renouvelable.

Ils furent les gros bataillons des débuts de la colonisation.

Ils furent ceux qui défrichèrent la Guadeloupe, édifièrent les premières agglomérations,    tracèrent    les   premières    routes,    inaugurèrent l'agriculture.

Très exploités par les planteurs riches (la minorité) ils vécurent dans des conditions extrêmement dures, misérables. Les chroniqueurs de l'époque en témoignent.

Par exemple Gabriel Debien cite un correspondant de Colbert qui écrit à ce dernier en 1669 : « II est à propos de dire et de savoir que cet engagement de service pour trois ans estoit une espèce d'esclavage, et  mesme quelque chose de plus quand l'engagé tombe entre les mains d'un mauvais maître ».

Et le père Du Tertre, dans son Histoire générale des Antilles, écrit : « II y a eu autrefois des maistres si cruels qu'on a esté obligé de leur deffendre d'en acheter jamais, et j'en ai connu un à la Guadeloupe qui en a enterré plus de cinquante sur la place, qu'il avait fait mourir à force de travailler, et pour ne pas les avoir assistés dans leurs maladies. Cette dureté vient sans doute de ce qu'ils ne les ont que pour trois ans, ce qui fait qu'ils ont plus de soin d'épargner leurs Nègres que ces pauvres gens ».

On est loin, on le voit, de l'image du blanc créole, au ventre proéminant, richement vêtu, le cigare au bec, et le fouet à la main, promenant son arrogance cruelle au milieu des champs de cannes, même si de tels « maîtres » ont parfois existé, certes. Mais cette image d'Epinal, surtout forgée dans le cadre   de la campagne justifiée des abolitionnistes des 18è et 19è siècles, ne donne pas une idée exacte de la réalité d'alors.

Ce qui différencie la vie des premiers colons blancs, les « engagés » des esclaves noirs qui arrivent peu à peu et deviennent majoritaires dès la fin du 17è siècle, c'est moins la dureté de la vie, que leur statut d'hommes « libres » (statut tout formel, mais malgré tout) pour les « engagés », quelle que soit leur humilité sociale, et d'esclaves pourles noirs, c'est-à-dire de biens meubles, achetables et disponibles à merci.

Ce sont les « nécessités » des politiques économiques européennes, à cette  époque  qui  ont  engendré  ce retour  à  l'esclavage   (aboli progressivement en Europe tout au long du moyen âge) en Amérique, et aux isles. C'est, rétrospectivement, une tragédie.

C'est cette législation distinguant les hommes libres, et les esclaves ( pas tout à fait hommes) qui créa une hiérarchie fondée sur la couleur, qui ne fut pas sans engendrer des conséquences néfastes et durables.

Ainsi les « engagés » dont les conditions d'exploitation par des blancs comme  eux étaient équivalentes,  sinon pires, à celles  de leurs compagnons de misère, noirs, vont se désolidariser de ceux-ci, ne voulant pas être assimilés à des esclaves.

C'est ce  qui explique,  en partie,  le tarissement progressif des « engagements », réduit à presque rien dès la fin du 17è siècle, et officiellement aboli en 1774 ».

 

Pour lire la totalité de l'interview sur les blancs créoles, voir le lien suivant : http://www.lescrutateur.com/article-22691893.html

 

Lors d'une matinée d'étude avec des jeunes guadeloupéens de 18 à 25 ans, et de milieux populaires, en 2008, à l'annexe de St-Claude ( Guadeloupe ) de l'UAG, j'avais entendu un jeune d'une vingtaine d'années, exprimer en créole, cette phrase de bon sens : «  je n'ai jamais senti sur mon dos la douleur d'un coup de fouet. Et mon père non plus. Je pense qu'il faut en finir avec tout ça, et aller d'avant ».

Remarque saine et de bon sens.

Mais « santé », « bon sens », sont-ce des mots acceptables pour les flaireurs de fétidités »?

 

Edouard Boulogne. 

Roger de Jaham injustement accusé de « crime contre l'humanité ».
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Béatrice Tropik 08/09/2014 17:34

"Si j'étais accusé d'avoir volé les tours de Notre-Dame, je m'enfuirais en courant"... On en est là aujourd'hui. N'importe qui peut (à partir du seul bon plaisir que peuvent susciter la jalousie, la haine ou la simple intention de nuire), être accusé à partir de n'importe quoi d'avoir volé la lune, voire d'avoir violé le soleil et même de lui avoir fait un enfant. Et la justice - comment dit-on encore : "malin comme un juge" ?

gilles dégras 08/09/2014 07:46

Quand ça vous arrange, vous remettez en question la justesse de la Justice française. Messieurs, Édouard et Luc...je vous en prie...reprenez vous. Respectez la France, notre mère patrie. Ne soyez pas de beaux rebelles fielleux. La Nation et la République vous regardent. Restez dignes. Vive de Gaulle.

Luc ANDRE 07/09/2014 19:07

Selon la couleur de peau les mots ont des poids différents pour certains complexés qui bientôt ne voudront même pas que l'on prononce les mots comme noir, nègre, esclavage. Les propos de Roger de Jaham ne peuvent valoir ce propos d'intention sauf si l'on veut à tout prix casser sa volonté et son ambition de rassembler des hommes et des femmes soucieux d'un meilleur vivre ensemble. "La race n'est qu'un prétexte pour nourrir un complexe".
Celles et ceux qui voudraient imposer une pensée unique ne feront qu'amplifier le mal être d'une société malmenée par des idéologies dépassées et inadaptées à l'évolution du monde.