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Publié par Edouard Boulogne

Les lecteurs anciens du Scrutateur savent ce que je pense de la politique française, qui depuis, au moins, la mort de Georges Pompidou, est une trahison plus ou ou moins avouée de son histoire et de sa vocation.

En ce mois de septembre 2014, la situation est des plus débilitantes. Beaucoup devant l'échec aveuglant de François Hollande, mais il faut le dire des socialistes et de toute la gauche, beaucoup donc souhaitent un redressement qui pourrait venir de « la droite ».

Mais se trouve-t-il dans cette droite UN homme ayant l'envergure, le courage, d'entreprendre, comme Hercule, selon la mythologie, le nettoyage des écuries d'Augias?

Sarkozy, Marine Le Pen, auraient-ils l'envergure et la volonté d'accomplir une telle tâche?

Comme vous sans doute, je les observe. Mais d'un regard critique. L'on nous a raconté tellement de balivernes depuis tant d'années.

Faisons leur savoir que nos voix ne leur sont pas acquises. Qu'en 2017, nous pourrions voter « blanc » faute de garanties de changements importants dans le sens de ce que nous voulons.

L'article de M. Christian Vanneste peut paraître désabusé. En fait il ne l'est pas. Il invite à jeter un regard froid et lucide sur ceux qui sollicitent nos suffrages. Et je crois qu'il a raison.

Il ne s'agit pas pour les gens de droite de crier, dans des meetings, comme des enfants à un concert de Johnny «  Ni-colas, Ni-colas, ou Ma-rine, Ma-rine, mais de soutenir quelqu'un qui travaille pour la France, et qui comme jadis de Gaulle, court le risque de l'échec à court terme, pour mieux, plus tard s'inscrire dans le cours de la politique pour relever la France, quelque chose de plus qu'un PIB.

 

Le Scrutateur.

 

 

http://www.christianvanneste.fr/2014/09/13/les-francais-sont-des-veaux/

 

Cette phrase assassine du Général de Gaulle sur les Français révélée par Raymond Tournoux et confirmée par son fils Philippe comme n’étant pas rare dans la bouche du Général, est hélas plus que jamais d’actualité. Elle pointe la passivité d’un peuple qui subit les événements  comme les veaux qu’on conduit à l’abattoir sans qu’ils opposent de résistance. Bien sûr, ce n’a pas toujours été vrai. Les Italiens du XVIe siècle parlaient de la Furia Francese, qui a su renaître en plusieurs grandes occasions de notre histoire. Les Gaulois passaient pour courageux, mais querelleurs et indisciplinés. En fait l’histoire récente offre le spectacle déprimant d’un peuple capable de se rebeller pour défendre des intérêts catégoriels, mener des grèves contraires au Bien Commun, mais incapable de se dresser pour montrer sa vitalité, son vouloir-vivre ! Deux exceptions à cette tendance : la manifestation gaulliste de 1968 et plus récemment les défilés contre la dénaturation du mariage. Mais, le soufflé est retombé. De Gaulle quittait le pouvoir en 1969. Quant aux manifestants qui se réuniront encore début Octobre, ils savent que leur mouvement, déjà récupéré par l’UMP, sera utilisé par le candidat Sarkozy qui n’a pas la moindre intention de revenir sur la Loi Taubira. Nullement fâché que d’autres aient instauré une disposition que lui-même aurait sans doute mise en oeuvre sous la pression des lobbys qui l’entourent s’il avait été réélu, il s’apprête seulement à reprendre la conduite du troupeau. Car beaucoup de manifestants estimeront comme un moindre mal le retour d’un guide au verbe fort qui ne changera guère la situation du pays, mais lui redonnera peut-être sur la scène internationale quelques illusions de fierté. Quand je vois l’ancien Président et son épouse accueillis par BHL à la porte du Théâtre de l’Atelier, je me rappelle la mise en scène parfaitement réussie de la corrida contre Kadhafi, mais je pense aussitôt que cette opération conseillée par le philosophe de salon et soutenue par le Qatar a été une faute politique lourde dont nous payons aujourd’hui l’irresponsabilité sur l’ensemble du Sahel et peut-être au Moyen-Orient.

En 2017 au plus tard, les veaux vont donc voter. Ils vont pouvoir « choisir » celui qui les mènera. Actuellement, ce « choix » paraît plus subi que réellement voulu. La plupart des grands pays européens ont bénéficié de responsables politiques vraiment courageux et ont procédé à des réformes difficiles pour lesquelles ils ont su fournir des efforts.  Thatcher au Royaume-Uni, Schröder en Allemagne, Monti en Italie n’ont pas hésité à braver l’impopularité pour redresser leur pays. D’autres Etats, comme la Suède, ont procédé à de véritables révolutions acceptées dans le consensus. Certains sont restés en dehors de la zone Euro et n’ont pas à s’en plaindre. D’autres s’y maintiennent au prix de l’austérité, passée ou présente. La France n’en fait pas partie. Elle appartient à l’Euroland et en souffre, mais n’a pas procédé aux réformes indispensables pour y être à l’aise. Depuis près de quarante ans, les veaux attendent de leurs maîtres qu’ils enrichissent leurs pâturages sans leur demander d’efforts particuliers et maintiennent certaines prairies plus vertes que d’autres tout en chantant le refrain de l’égalité. Lorsqu’ils sont fatigués du bouvier, ils en changent, pour en être déjà mécontents l’année qui suit. Le monde bouge, la France décroche, mais les Français attendent toujours de leurs dirigeants qu’ils redressent le pays sans trop de souffrances. Dès la moindre douleur, on souhaite modifier le traitement.

Ce comportement conduit bien sûr à une impasse. Le brinquebalant pouvoir socialiste est discrédité pour n’avoir pas annoncé la couleur et avoir mis en oeuvre après deux ans d’errements une politique qui n’a pas la moindre chance de succès avant la fin du mandat. Le PS encore divisé pat son archaïsme idéologique n’a qu’un faible espoir : celui que la division de la « droite » le laisse en face de Madame Le Pen au second tour. Sinon, ce sera comme d’habitude dans notre pays amnésique, le retour des socialistes, incapables de gouverner, dans leur niche de l’opposition. En face, l’UMP piaffe d’impatience. Moins ils ont fait leurs preuves au pouvoir, plus l’ambition les dévore. Le désastreux Raffarin se voit Président du Sénat. Le remuant Sarkozy va relancer son show avec le talent qu’on lui connaît. Copé va suivre pour se refaire une virginité. Fillon qui n’a pas eu le courage de casser la baraque quand il était à Matignon risque de pleurer sur le lait renversé et Juppé soutenu par Bayrou espère convaincre par le sérieux et la sagesse de celui qui offrira son intelligence au pays mais en ayant passé l’âge des tourbillons médiatiques. Tous se disent que contre Madame Le Pen au second tour, c’est dans la poche.  Quant à l’intéressée, elle continue de faire peur et de ne pas susciter la confiance. Les veaux aimeraient bien quitter l’Euro qui les étrangle, limiter au minimum l’immigration qui les submerge, mettre fin à la violence qui les agresse, mais ils pensent aussitôt que les discours qui les font rêver d’un autre destin ne sont pas réalistes et qu’il est préférable de se confier à ceux qui ont déjà fait leurs preuves… même si justement, ils ne les ont jamais faites. Mettre fin à la désastreuse expérience de l’Euro est possible, à une condition, c’est que ce soit dans le cadre d’une refonte rigoureuse de notre système comme on l’a connue en 1958 : non pas changer de monnaie pour se donner quelques années de facilité illusoire et suicidaire, mais pour redonner au pays une attractivité et une compétitivité salutaires. Les idées socialisantes défendues par le FN ne nous menacent pas d’une pareille cure. Elles font peur par manque de sérieux et non par les efforts exigés. Aucun de Gaulle à l’horizon ! Sur la morne plaine, on s’apprête seulement à changer le spectacle pour réjouir les veaux… à moins que…

 

 

Les Français : des veaux ?
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P
Christian Vaneste a bien décrit la situation tragique d'une UMP des petits chefs englués dans "les affaires" et incapable de se positionner sur des grands projets et des objectifs clairs. l'UMP en paye le prix fort.

Dans un de mes commentaires précédents, j'ai fais (à tord) l'éloge d'un Sarkosy qui serait capable de ne pas reproduire ses erreurs passés s'il revenait encore. Mais comment le croire ?
on voit bien aujourd'hui que ce n'est pas du tout le cas. Sarkosy est lui aussi incapable de se positionner clairement car avide de pouvoir et rien de plus. Quand il se positionne ,il n'agit pas dans le sens de ses déclarations chocs, mais il fait le contraire de ce qu'il dit , c'est plus qu'un manquement à ses promesses, c'est une trahison.
j'ai voté pour lui quand il voulait "karchériser" une France meurtrie de salissures, quand il prétendait par exemple, "débarrasser" cette vieille dame victime de la "racaille " des cités.
c'est le même qui prétendait investir les citées rebelles des forces de gendarmerie et de police la nuit quand "travaillent "la criminalité et la haute délinquance. Il avait le pouvoir d'agir dans le régime présidentiel actuel avec les pleins pouvoir d'une majorité absolu, et il ne l'a pas fait. Il porte en cela la responsabilité de la montée du FN.
d'ailleurs,.Florian Phillipot du FN dit de lui qu'il a fait "exploser la dette" et le chômage, et que "le karcher s'est transformé en vaporisateur."
une déclaration argumentée qui ne manquera pas d'ajouter des points à un FN qui grimpe à tord ou à raison.

désormais, UMP comme PS ne seront pas dans mes bulletins de votes n'ayant d'ailleurs jamais voté pour le PS utopiste. Je ne cautionne pas la trahison et l'imposture. Mais je n'attendrai pas n'ont plus un chef providentiel(surtout UMP) comme le messie.

"En ces temps d'impostures universels, dire la vérité est un acte révolutionnaire" G ORWELL.
mais les veaux savent-ils distinguer le faux du vrai ?
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B
En résumé, il y a les veaux de ville et les veaux des champs. Il y a aussi les dévots du politiquement correct, qui, à l'exemple de Tartuffe se répandent en... dévotions. Christian Vaneste n'est pas de ceux-là et c'est précisément ce qui nous le rend si sympathique. rares sont ceux qui ne sont ni des veaux ni dévots.
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