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Publié par Edouard Boulogne

Ils n'en meurent pas tous, mais tous en sont frappés. Et si le ridicule tuait encore......!

LS.

 

 

24 juillet 2014

Quand la transparence de la vie politique vire à la mauvaise blague

 

file:///C:/Users/Bologne/AppData/Local/Temp/quand-la-transparence-de-la-vie-politique-vire-a-la-mauvaise-blague-3.htm 

 

Et aussi : 

 

http://www.hatvp.fr/consulter-les-declarations-rechercher.html 

 

L'open data, une "opportunité unique" de donner  "de nouveaux pouvoirs à la société civile, que nous demandent nos concitoyens". La phrase est de Marilyse Lebranchu, ministre de la réforme de l'Etat, le 24 avril. Et lorsqu'on y repense, alors qu'on s'escrime à transcrire, classer et saisir les déclarations d'intérêts des élus français, elle prête à sourire. Jaune.

L'open data, la libération des données, la transparence, sont réclamées, massivement, par nos concitoyens. La gauche l'a très longtemps professé lorsqu'elle était dans l'opposition. Mais si certaines branches de l'Etat font de réels efforts de mise à disposition de données, le moins que l'on puisse dire concernant la transparence des élus est, pour paraphraser l'un d'eux, que "la route est droite, mais la pente est forte".

Avec les déclarations d'intérêts, comme nous l'avions déjà pointé en juin pour les ministres, on sombre dans le ridicule :

Là où c'est une règle déjà instaurée dans la plupart des démocraties, en France, il aura fallu attendre l'affaire Cahuzac et l'année 2014 pour que soit instaurée une "Haute Autorité de la transparence de la vie publique" (HATVP) chargée de recenser les déclarations d'intérêts des parlementaires français.

>> le moteur de recherche est ici 

Mais, alors que l'Etat est capable, avec data.gouv.fr, de mettre en place une plateforme moderne, offrant à tout citoyen des fichiers de données dans des formats numériques exploitables de manière statistique et informatique, la HATVP prête elle aussi à sourire très jaune : elle vient, en guise de déclaration d'intérêts, de livrer... un millier de fichiers PDF, l'équivalent numérique d'une photocopie contenant des déclarations de patrimoine remplies à la main par les élus.

Pattes de mouches, chiffres illisibles et qui débordent du cadre, tout semble fait pour que le citoyen, le journaliste, aient les pires difficultés à tirer quelque chose de ce fatras. Jugez plutôt avec, au hasard, la déclaration de Denis Baupin, député de Paris.

baupin

 

Ou cette autre, du député PS Eric Jalton, qui se passe de commentaire.

BtOx5LSCQAAjuzz

Ne parlons même pas de la mauvaise foi évidente de nombreux parlementaires, quigriffonnent, annotent, commentent tels des professeurs le formulaire qu'on leur demande de remplir.

Pis : aucune consigne n'est respectée. Brut, net, revenus 2012 ou 2013, chaque député semble avoir fait sa petite affaire et noté un peu ce qu'il voulait bien dire, sans aucune méthodologie.

déclas

 

On ne peut pas blâmer la HATVP : son président, Jean-Louis Nadal, a été nommé fin décembre, dans la foulée de la loi "transparence d'octobre 2013", et a dû récolter à la hâte et sans guère de moyens (elle a un effectif d'une quinzaine de personnes et un budget minimal) les déclarations d'intérêt des parlementaires, qui devaient rendre leur copie avant la fin du mois de janvier.

La HATVP avait la possiblité de tout ressaisir à la main, mais cela aurait pris des semaines. Ils ont donc privilégié l'accès à l'information sur sa normalisation.  Ils indiquent désormais réfléchir à un système de télédéclarations, qui devrait être en place en 2015. En attendant, il faudra se contenter de ces PDF mal écrits.

 

Les graphologues y verront sans doute une occasion unique de s'intéresser à l'écriture manuscrite de nos élus et à ce qu'elle peut révéler de leur psychologie. Tous ceux qui comptaient, à partir de ces données, apprendre des choses sur les activités annexes des parlementaires, sur les personnes qu'ils emploient et surtout sur leurs conflits d'intérêts, en seront pour leurs frais.

On se souvient déjà, il y a quelques mois, de l'amère affaire des déclarations de patrimoine des élus. Certes, on peut les consulter. Mais uniquement celle du député de sa circonscription. En se rendant physiquement en préfecture pour la lire. Sans avoir le droit de la photographier. Ni de prendre de notes. Et hors de question de réaliser le moindre travail statistique sur le patrimoine des élus : nous risquons une amende. Bref, la transparence est des plus opaques.

Evidemment, nous n'allons pas nous contenter de nous plaindre. Avec l'association Regards citoyens, qui milite pour la transparence de la vie publique, nous allons demander à nos lecteurs et nos internautes de nous aider à transcrire ces pattes de mouches en fichiers propres et exploitables. Mais que de temps, d'énergie perdus et surtout que de mauvaise foi dans ces milliers de documents manuscrits balancés en guise de "transparence" financière ! Encore une fois, la France a du chemin à faire avant de parvenir à la cheville de ses voisins en matière de modernité démocratique.

Samuel Laurent

 

 

Ils n'en meurent pas tous, mais tous en sont frappés. Et si le ridicule tuait encore......!

LS.

 

 

24 juillet 2014

Quand la transparence de la vie politique vire à la mauvaise blague

 

file:///C:/Users/Bologne/AppData/Local/Temp/quand-la-transparence-de-la-vie-politique-vire-a-la-mauvaise-blague-3.htm

 

L'open data, une "opportunité unique" de donner  "de nouveaux pouvoirs à la société civile, que nous demandent nos concitoyens". La phrase est de Marilyse Lebranchu, ministre de la réforme de l'Etat, le 24 avril. Et lorsqu'on y repense, alors qu'on s'escrime à transcrire, classer et saisir les déclarations d'intérêts des élus français, elle prête à sourire. Jaune.

L'open data, la libération des données, la transparence, sont réclamées, massivement, par nos concitoyens. La gauche l'a très longtemps professé lorsqu'elle était dans l'opposition. Mais si certaines branches de l'Etat font de réels efforts de mise à disposition de données, le moins que l'on puisse dire concernant la transparence des élus est, pour paraphraser l'un d'eux, que "la route est droite, mais la pente est forte".

Avec les déclarations d'intérêts, comme nous l'avions déjà pointé en juin pour les ministres, on sombre dans le ridicule :

Là où c'est une règle déjà instaurée dans la plupart des démocraties, en France, il aura fallu attendre l'affaire Cahuzac et l'année 2014 pour que soit instaurée une "Haute Autorité de la transparence de la vie publique" (HATVP) chargée de recenser les déclarations d'intérêts des parlementaires français.

>> le moteur de recherche est ici 

Mais, alors que l'Etat est capable, avec data.gouv.fr, de mettre en place une plateforme moderne, offrant à tout citoyen des fichiers de données dans des formats numériques exploitables de manière statistique et informatique, la HATVP prête elle aussi à sourire très jaune : elle vient, en guise de déclaration d'intérêts, de livrer... un millier de fichiers PDF, l'équivalent numérique d'une photocopie contenant des déclarations de patrimoine remplies à la main par les élus.

Pattes de mouches, chiffres illisibles et qui débordent du cadre, tout semble fait pour que le citoyen, le journaliste, aient les pires difficultés à tirer quelque chose de ce fatras. Jugez plutôt avec, au hasard, la déclaration de Denis Baupin, député de Paris.

baupin

 

Ou cette autre, du député PS Eric Jalton, qui se passe de commentaire.

BtOx5LSCQAAjuzz

Ne parlons même pas de la mauvaise foi évidente de nombreux parlementaires, quigriffonnent, annotent, commentent tels des professeurs le formulaire qu'on leur demande de remplir.

Pis : aucune consigne n'est respectée. Brut, net, revenus 2012 ou 2013, chaque député semble avoir fait sa petite affaire et noté un peu ce qu'il voulait bien dire, sans aucune méthodologie.

déclas

 

On ne peut pas blâmer la HATVP : son président, Jean-Louis Nadal, a été nommé fin décembre, dans la foulée de la loi "transparence d'octobre 2013", et a dû récolter à la hâte et sans guère de moyens (elle a un effectif d'une quinzaine de personnes et un budget minimal) les déclarations d'intérêt des parlementaires, qui devaient rendre leur copie avant la fin du mois de janvier.

La HATVP avait la possiblité de tout ressaisir à la main, mais cela aurait pris des semaines. Ils ont donc privilégié l'accès à l'information sur sa normalisation.  Ils indiquent désormais réfléchir à un système de télédéclarations, qui devrait être en place en 2015. En attendant, il faudra se contenter de ces PDF mal écrits.

 

Les graphologues y verront sans doute une occasion unique de s'intéresser à l'écriture manuscrite de nos élus et à ce qu'elle peut révéler de leur psychologie. Tous ceux qui comptaient, à partir de ces données, apprendre des choses sur les activités annexes des parlementaires, sur les personnes qu'ils emploient et surtout sur leurs conflits d'intérêts, en seront pour leurs frais.

On se souvient déjà, il y a quelques mois, de l'amère affaire des déclarations de patrimoine des élus. Certes, on peut les consulter. Mais uniquement celle du député de sa circonscription. En se rendant physiquement en préfecture pour la lire. Sans avoir le droit de la photographier. Ni de prendre de notes. Et hors de question de réaliser le moindre travail statistique sur le patrimoine des élus : nous risquons une amende. Bref, la transparence est des plus opaques.

Evidemment, nous n'allons pas nous contenter de nous plaindre. Avec l'association Regards citoyens, qui milite pour la transparence de la vie publique, nous allons demander à nos lecteurs et nos internautes de nous aider à transcrire ces pattes de mouches en fichiers propres et exploitables. Mais que de temps, d'énergie perdus et surtout que de mauvaise foi dans ces milliers de documents manuscrits balancés en guise de "transparence" financière ! Encore une fois, la France a du chemin à faire avant de parvenir à la cheville de ses voisins en matière de modernité démocratique.

Samuel Laurent

 

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